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Zurich Migrosmuseum
Christoph Ruckhäberle jusqu'au 16 août
Christoph Ruckhäberle né en 1972 fait partie de ce que l'on appelle l'école de Leipzig où il a étudié. Il vit à Berlin et bénéficie d'une assez grande visibilité depuis 3 ou 4 ans. Il est plongé dans la gravure sur lino et la peinture qu’il traite avec un élan et une vigueur fantastiques à travers une foule de visages et de personnages.
Dans cette exposition Christoph Ruckhäberle propose deux séries d'oeuvres d'une part 102 portraits, pastels à l'huile, et d'autre part des figures en pied qui sont des peintures à l'huile. Il travaille sur la relation fond-figure et pousse au maximum la présence colorée et géométrique des fonds, les figures parviennent pourtant à se détacher. Mais de cette tension entre le fond qui pourrait la noyer et la présence plastique de la figure naît une grande intensité. Ces figures évoquent le théâtre, l'exotisme, les masques et des formes de primitivisme. Elles portent des titres qui renvoient à l'histoire de la peinture Grande joueuse de guitare, Fille aux fleurs, Femme lisant, Le Balcon ou à des figures de théâtre oriental ou du théâtre de guignol. Avant de passer au domaine beaux-arts, Christoph Ruckhäberle a étudié le dessin animé en Californie et l'on sent l'effet de cette référence dans les mouvements exagérés de ses figures. Ces dernières évoquent dans un premier temps le construcivisme russe, on pense à Malévitch notamment, mais s’appuient aussi sur beaucoup d’autres références qui vont de Matisse, Picasso à Balthus, ou encore Thomas Huber.
Patrick Schaefer, L'art en jeu 25 mai 2009
Zurich Kunsthalle
Anselm Reyle "Ars Nova". jusqu'au 26 mars 2006
La Kunsthalle de Zurich consacre l'essentiel de ses salles aux peintures et aux sculptures de l'artiste allemand Anselm Reyle (né en 1971)
Reyle a participé à l'exposition au Carré d'art à Nîmes qui présentait une quinzaine de peintres allemands contemporains en été 2005 et l'on découvrait l'une de ses sculptures au Migrosmuseum dans l'exposition de sculptures proposée à l'été 2004: It's All an Illusion, a Sculpture Project. Dans la présentation monographique actuelle, l'artiste propose une déclinaison virtuose de références dans une sorte de quintessence du postmodernisme. Il explique qu'il est motivé par la fascination éprouvée pour une peinture, une sculpture, une forme ou une couleur. Il travaille alors à grande échelle poursuivant le thème et l'objectif choisis, sans prétendre que sa démarche ait un sens. Le parcours proposé ici permet de suivre les diverses facettes de ses attirances. La première pièce est un hommage à Fernand Léger dont il a fait reproduire un tableau en grande dimension en recourant aux conseils d'un peintre d'enseignes. On pénètre ensuite dans une salle entièrement peinte en jaune éclairée de néons blancs au plafond. Il concrétise le désir de certains peintres qui voulaient faire entrer le spectateur dans leur peinture, en particulier Barnet Newman ou Mark Rothko. L'hommage suivant est adressé à Hodler, une immense toile horizontale aux larges bandes colorées évoque en effet les visions du Léman peintes par ce dernier à la fin de sa vie. Dans la même salle, une sculpture aux vides et aux pleins élégants en laque rouge est en fait la reproduction agrandie d'une sculpture africaine ramenée d'un voyage par la mère de l'artiste!
Plus loin trois toiles verticales évoquent des vitraux ou des mosaïques, elles sont inspirées par l'artiste Otto Freundlich. L'exposition s'achève sur une cascade de néons colorés. En parcourant cette présentation on perçoit bien le mot clef prononcé par l'artiste de fascination, on le sent fasciné par la peinture, ses spécificités, les effets qu'elle peut induire et qu'il tente de retrouver. On pense aussi au travail de Tobias Rehberger, mais Reyle est davantage tourné vers la peinture en tant que telle et moins vers l'industrie ou le design.
http://www.kunsthallezurich.ch/
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 22 janvier 2006
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