L'ART EN JEU

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Cette page propose des articles sur Kai Althoff, Christoph Rückhäberle, Anselm Reyle, Thomas Scheibitz.

Zurich Migrosmuseum

Christoph Ruckhäberle jusqu'au 16 août 2009

Christoph Ruckhäberle né en 1972 fait partie de ce que l'on appelle l'école de Leipzig où il a étudié. Il vit à Berlin et bénéficie d'une assez grande visibilité depuis 3 ou 4 ans. Il est plongé dans la gravure sur lino et la peinture qu’il traite avec un élan et une vigueur fantastiques à travers une foule de visages et de personnages.

Dans cette exposition Christoph Ruckhäberle propose deux séries d'oeuvres d'une part 102 portraits, pastels à l'huile, et d'autre part des figures en pied qui sont des peintures à l'huile. Il travaille sur la relation fond-figure et pousse au maximum la présence colorée et géométrique des fonds, les figures parviennent pourtant à se détacher. Mais de cette tension entre le fond qui pourrait la noyer et la présence plastique de la figure naît une grande intensité. Ces figures évoquent le théâtre, l'exotisme, les masques et des formes de primitivisme. Elles portent des titres qui renvoient à l'histoire de la peinture Grande joueuse de guitare, Fille aux fleurs, Femme lisant, Le Balcon ou à des figures de théâtre oriental ou du théâtre de guignol. Avant de passer au domaine beaux-arts, Christoph Ruckhäberle a étudié le dessin animé en Californie et l'on sent l'effet de cette référence dans les mouvements exagérés de ses figures. Ces dernières évoquent dans un premier temps le construcivisme russe, on pense à Malévitch notamment, mais s’appuient aussi sur beaucoup d’autres références qui vont de Matisse, Picasso à Balthus, ou encore Thomas Huber.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 25 mai 2009

A la Kunsthalle de Zurich Kai Althoff (né en 1966) propose Ich meine es auf jeden Fall schlecht mit Ihnen jusqu'au 13 janvier 2008.

Les expositions personnelles de Kai Althoff sont assez rares; en général il invite d'autres artistes. Ici on découvre une gigantesque installation-exposition qui se déroule sur six salles totalement transformées et parfumées. Moquettes colorées, murs tapissés, panneaux paravents sur lesquels sont accrochés des dessins ou des peintures, un refus militant des surfaces blanches et neutres des espaces d'art contemporain. Trois installations particulières dans l'installation d'ensemble: deux fois des objets multiples, collections de souvenirs d'éléments destinés à orner le corps, les habits et une grande machine mystérieuse qui joue avec des surfaces rouges et jaunes. Dans les salles sont diffusés trois parfums différents fabriqués par l'artiste. Les dessins et les peintures d'Althoff révèlent un talent polyvalent qui absorbe des sources multiples, Klimt, Schiele, Feininger, l'Allemagne des années 1920, la peinture ancienne ou contemporaine, je pense surtout à Kitaj en voyant ses toiles. Il place des personnages e relation les uns avec les autres dans des compositions intenses. L'ensemble de l'exposition est une réflexion sur les critères de la beauté, les passage entre les pratiques privées et publiques, l'accumulation également.

Kai Althoff est aussi un musicien.

Un site sur lequel on voit des peintures de Kai Althoff en entendant l'un de ses morceaux.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 2007

Zurich Kunsthalle

Anselm Reyle "Ars Nova". jusqu'au 26 mars 2006

La Kunsthalle de Zurich consacre l'essentiel de ses salles aux peintures et aux sculptures de l'artiste allemand Anselm Reyle (né en 1971)

Reyle a participé à l'exposition au Carré d'art à Nîmes qui présentait une quinzaine de peintres allemands contemporains en été 2005 et l'on découvrait l'une de ses sculptures au Migrosmuseum dans l'exposition de sculptures proposée à l'été 2004: It's All an Illusion, a Sculpture Project. Dans la présentation monographique actuelle, l'artiste propose une déclinaison virtuose de références dans une sorte de quintessence du postmodernisme. Il explique qu'il est motivé par la fascination éprouvée pour une peinture, une sculpture, une forme ou une couleur. Il travaille alors à grande échelle poursuivant le thème et l'objectif choisis, sans prétendre que sa démarche ait un sens. Le parcours proposé ici permet de suivre les diverses facettes de ses attirances. La première pièce est un hommage à Fernand Léger dont il a fait reproduire un tableau en grande dimension en recourant aux conseils d'un peintre d'enseignes. On pénètre ensuite dans une salle entièrement peinte en jaune éclairée de néons blancs au plafond. Il concrétise le désir de certains peintres qui voulaient faire entrer le spectateur dans leur peinture, en particulier Barnet Newman ou Mark Rothko. L'hommage suivant est adressé à Hodler, une immense toile horizontale aux larges bandes colorées évoque en effet les visions du Léman peintes par ce dernier à la fin de sa vie. Dans la même salle, une sculpture aux vides et aux pleins élégants en laque rouge est en fait la reproduction agrandie d'une sculpture africaine ramenée d'un voyage par la mère de l'artiste!

Plus loin trois toiles verticales évoquent des vitraux ou des mosaïques, elles sont inspirées par l'artiste Otto Freundlich. L'exposition s'achève sur une cascade de néons colorés. En parcourant cette présentation on perçoit bien le mot clef prononcé par l'artiste de fascination, on le sent fasciné par la peinture, ses spécificités, les effets qu'elle peut induire et qu'il tente de retrouver. On pense aussi au travail de Tobias Rehberger, mais Reyle est davantage tourné vers la peinture en tant que telle et moins vers l'industrie ou le design.

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 22 janvier 2006

Le musée d'Innsbruck Galerie im Taxispalais présente une exposition Thomas Scheibitz du 25 septembre au 28 novembre 2010.

Thomas Scheibitz est l'un des artistes sélectionnés pour représenter l'Allemagne à la Biennale de Venise 2005.

Thomas Scheibitz jusqu'au 30 mai 2004

Le Centre d'art contemporain à Genève propose 28 sculptures peintes et une cinquantaine de dessins de Thomas Scheibitz jusqu'au 30 mai 2004.

L'exposition est une véritable installation colorée dans laquelle les différentes pièces réalisées notamment en mdf, en bois ou en aluminium se répondent, renvoient les unes aux autres par différents jeux de perspectives et l'utilisation de fenêtres. On reconnait des objets, des animaux, il y a beaucoup d'humour, mais aussi un sens de la forme, de la couleur, de la présence des objets dans cette réalisation. Scheibitz est passionné par la perspective et le collage, l'agglomération, les rencontres fortuites, puis construites d'éléments, qui à piori, n'étaient pas destinés à se rencontrer. Alors que dans ces peintures on sentait la lutte avec le cadre, la volonté d'en sortir, ici on assiste à la mise en espace d'une peinture. Des enjambements, des recoupements qui sont tout à fait passionnants.

Patrick Schaefer, 11 mars 2004

Thomas Scheibitz, Ansicht und Plan von Toledo, jusqu’au 11 mars 2001

Le Kunstmuseum de Winterthour présente une exposition du peintre allemand Thomas Scheibitz. Formé à Dresde, il vit à Berlin.

Ses œuvres décoiffantes reprennent à la vitesse d’une soucoupe volante toutes les questions posées par la peinture depuis plus d’un siècle. En réalité depuis beaucoup plus longtemps, puisque l’ensemble de l’exposition est une suite de variations, véritable déconstruction de la vue de Tolède peinte par Le Greco.

On est loin d’une invitation à la contemplation. Il s’agit d’un travail ludique, énergique, décapant, extrêmement virtuose. Scheibitz joue avec les tensions du cadre, de l’espace pictural, du sujet, des couleurs et des formes. Par son côté systématique la démarche peut paraître académique ou par trop démonstrative, mais elle est incontestablement fascinante. A propos de cet artiste certains mentionnent Kokoschka, d’autres Baselitz, ou encore Viallat, Lüperz, Tuymans et Gary Hume, la liste paraît sans fin. Dieter Schwarz a choisi de consacrer la salle qui jouxte l’exposition aux oeuvres de Gerhard Richter, et des parallèles solides peuvent bien sûr être tissés avec cet artiste. Ceci dit Scheibitz intègre avant tout le langage de la b.d. et des mangas dans une problématique qui appartient à la tradition de la peinture. Le résultat est étonnant.

Patrick Schaefer, février 2001, L’art en jeu.

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