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Barnett Newman
Barnett Newman (1905-1970) fait l'objet d'une rétrospective à la Tate Modern. Il sera intéressant de comparer cette exposition avec celle d'Ellsworth Kelly à la Fondation Beyeler à Riehen. En effet ces deux artistes incarnent des courants bien distincts de l'abstraction américaine. Tous deux ont une influence, un héritage considérables et sont des références incontournables avec lesquelles les artistes actuels continuent à entretenir un dialogue.
La rétrospective Barnett Newman est monumentale. Elle regroupe en 13 salles une grande partie de la production de cet artiste qui n'a peint ou plutôt conservé que 120 toiles environ. Après deux salles d'introduction qui évoquent les débuts (tardifs), influencés par Miro et Masson, on passe tout de suite au coeur du problème: les surfaces peintes en structure ternaire qui soulignent la verticalité ou l'horizontalité de la toile. La vue des premières recherches permet de comprendre l'idée du fameux "zip" comme une ouverture, la recherche d'une lumière, l'élaboration d'une évocation des rayons du soleil. Newman s'intéresse au cosmos, aux mythes juifs de la création du monde. L'exposition souligne la recherche spirituelle, le mysticisme qui caractérise toute l'oeuvre, une appréhension actuelle qui n'a pas toujours été ce que l'on retenait de l'oeuvre de Newman. Les peintures de la série Stations of the Cross auxquelles il travailla de 1958 à 1966 occupent la salle centrale de l'exposition. Elles sont de dimension humaine et se distinguent des véritables murs de couleur proposés dans les très grandes toiles.
Londres Tate Modern Barnett Newman jusqu'au 05 01 03