L'ART EN JEU

art-en-jeu.ch, webzine d'information artistique et culturelle francophone de Patrick Schaefer vous offre des critiques d'expositions (plus de 200 pages); un agenda d'expositions sélectif (200 liens); treize années de chronique (blog) artistique au jour le jour depuis 2001. Les boutons ci-dessous vous permettent de naviguer dans le site.
accueil agenda architecture chronique listeartistesmentionnes listearticles photos contact

 
pour me contacter: infoat art-en-jeu.ch

liste par artistes

Olafur Eliasson, The Weather Project Londres 2003 - 2004

La Tate Modern devient Temple du soleil

Olafur Eliasson (1967) est un artiste danois (il a passé son enfance en Islande) dont les installations ont la particularité de mettre en évidence des phénomènes naturels. Ces derniers sont reconstitués dans les espaces d’exposition. Il s’agit sans doute d’une forme de développement du Land Art, mais l’artiste intervient dans des bâtiments. Il ne recherche pas une qualité sculpturale et souvent ses réalisations ont le caractère d’une édicule utilitaire construit en fonction de l’effet, du phénomène qu’il veut mettre en évidence. Au premier abord ses travaux sont déroutants, car on y cherche en vain une recherche plastique. C’est un effet naturel, une sensation immatérielle qu’Eliasson reconstitue et fait expérimenter au spectateur dans une sorte d’architecture événementielle.

Depuis plusieurs années on rencontre ses interventions dans de nombreuses expositions, elles paraissent toujours étranges et surprenantes. Peut-être l’un des travaux qui permet le mieux de saisir sa démarche (c’est du moins le premier qui m’ait véritablement touché) est-il, celui qu’il a fait pour la Fondation Beyeler dans le cadre de l’exposition Monet et les modernes en 2002. L’une des salles de cette Fondation a été conçue pour abriter un grand Nymphéa de Monet et le bassin à l’extérieur est lui-même inspiré par les bassins que Monet a peints. Eliasson a construit un grand tube de fonte surélevé dont l’intérieur est formé de facettes de miroirs, le spectateur pénétrant dans ce tuyau comme s’il entrait dans un kaléïdoscope perçoit différemment le bassin et le paysage extérieur de la salle, ses propres perceptions recréant en quelque sorte un Nymphéas à la Monet.

Cette année, Eliasson est sans doute l’un des artistes qui acquiert la plus grande visibilité internationale. Il a exposé au Lenbachhaus à Munich, Sonne statt Regen. Il a occupé le pavillon danois à la Biennale de Venise et l’intervention qu’il a réalisée dans le grand hall (Turbine Hall) de la Tate Modern à Londres devient un événement exceptionnel qui attire une foule de visiteurs.

Sous le titre The Weather Project Eliason a placé un grand soleil à l’Est du Hall de la Tate Modern. Soleil qui irradie une lumière suffisante pour que les visages des spectateurs soient éclairés dans tout l’espace. Par ailleurs le plafond de ce lieu immense a été entièrement couvert de miroirs. Enfin une brume est diffusée dans tout l’espace cachant le soleil et lui donnant un halo de mystère. Il s’agit donc dans un site dédié à l’art d’une reconstitution d’un élément de la nature, mais aussi d’une reconstitution des sentiments que ces phénomènes : couchers ou levers du soleil suscitent chez le spectateur, notamment dans la façon dont ils ont été exprimés par les peintres. Ce qui est extraordinaire c’est la réaction du public et j’ignore si elle était prévue. Le hall de la Tate Modern est devenu un immense terrain de jeu et de méditation. Certaines personnes s’arrêtent et contemplent l’effet comme ils le feraient dans la nature, d’autres se couchent par terre en groupes et jouent avec les miroirs en essayant de créer des formes ou des lettres que l’on peut lire au plafond.

Cette réalisation est étonnante. On pourrait penser qu’il s’agit d’un travail comparable à celui du nuage d’Yverdon (Blur de Dilller + Scofido Expo 02, 2002), mais en fait la démarche est très différente. Eliasson travaille sur différents registres culturels liés à la perception de certains phénomènes naturels dont les tableaux, les œuvres d’art sont un aboutissement et il reformule complètement cet aboutissement.

Il utilise des éléments comme la lumière, l’eau, le miroir mais aussi parfois des machineries plus complexes. Au début de sa carrière, il avait reconstitué un arc-en-ciel. Depuis il a continué à élaborer des installations qui interrogent les notions de nature et de culture, mais aussi les sentiments suscités par la nature.

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 6 novembre 2003

Eliasson annonce une exposition au musée des beaux-arts de Reyjkjavik du 17 janvier au 14 mars 04

http://www.listasafnreykjavikur.is/

Olafur Eliasson expose à Wolfsburg: Olafur Eliasson, Your Lighthouse. Works with Light 1991-2004 jusqu'au 5 septembre 04

http://www.kunstmuseum-wolfsburg.de/

On pourrait faire un lien avec les couchers de soleil peints par Félix Vallotton.

En 2008

Au moins trois expositions Eliasson sont annoncées.

Au Museum of Modern Art de New York 20 avril - 20 juin

A la Fondation Miro à Barcelone ( juin - septembre)et à la Pinakothek der Moderne à Munich (mai- juillet)

Zoug: Olafur Eliasson poursuit une collaboration avec le Kunsthaus de Zug jusqu'au 10 février 2008 on peut découvrir une installation sur le thème de la lave d'Islande: Lava Floor.

Olafur Eliasson The Body as Brain jusqu'au 19 mars 2006 (développement d'un projet débuté en 2003)

Kunsthaus

Le Martin-Gropius Bau à Berlin expose Olafur Eliasson Innen Stadt Aussen du 28 avril jusqu'au 9 août 2010.

Le site de l'artiste: http://www.olafureliasson.net/

art-en-jeu.ch, webzine d'information artistique et culturelle francophone de Patrick Schaefer vous offre des critiques d'expositions (plus de 200 pages); un agenda d'expositions sélectif (200 liens); treize années de chronique (blog) artistique au jour le jour depuis 2001. Les boutons ci-dessous vous permettent de naviguer dans le site.
accueil agenda architecture chronique listeartistesmentionnes listearticles photos contact

>