|
Cette propose des articles sur Gustave Courbet, Paul Gauguin, Claude Monet, Auguste Rodin.
Gauguin constructeur de mythes, Tate Modern Londres jusqu'au 11 janvier 2011
Après la présentation du centenaire de la mort de l'artiste au Grand Palais à Paris en 2003, l'exposition Paul Gauguin (1848 - 1903) de la Tate Modern veut montrer Gauguin comme créateur d'histoires. Elle insiste aussi sur la personnalité de révolté du personnage et ses origines familiales révolutionnaires.
Organisée thématiquement elle prend en compte tous les aspects de la production de l'artiste: peintures, sculptures, céramiques, dessins et gravures. Si le propos est très intéressant, l'exposition souffre de la qualité moyenne de certaines oeuvres retenues et bien sûr de l'absence de la pièce centrale le fameux D'où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous? de Boston qui est essentielle au propos choisi et dont on ne fait aucune mention.
Certaines salles sont très réussies et d'autres beaucoup moins. La première consacrée aux autoportraits commence en fanfare, plus loin une grande salle, excellente, est consacrée à la façon dont il a rendu le familier étrange, on trouve ses sabots sculptés, des pièces de céramique et des toiles montrant un intérieur ou des natures mortes. Les choses se gâtent dans l'espace consacré au paysage et à la narration rurale, car les oeuvres choisies sont souvent médiocres. On ne comprend vraiment pas pourquoi la salle consacrée aux thèmes religieux ne mentionne pas d'une manière ou d'un autre D'où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous?. Les plus belles toiles sont réunies dans une petite salle consacrée aux titres des tableaux chez Gauguin. Etant donné l'approche très analytique et documentaire de l'exposition, deux salles de documentation apportent une quantité d'informations sur l'époque et le contexte, on aurait pu attendre encore une présentation sur la façon dont l'oeuvre de Gauguin a été conservée et transmise.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 20 octobre 2010
|
L'exposition Gustave Courbet est présentée au musée Fabre de Montpellier jusqu'au 28 septembre 2008.
Gustave Courbet (1819 - 1877)
Du 13 octobre 2007 au 28 janvier 2008, les galeries du Grand Palais à Paris ont présenté une vaste rétrospective Gustave Courbet. Le catalogue compte 219 numéros parmi lesquels se trouvent une soixantaine de photographies de contemporains de Courbet qui permettent de faire des parallèles entre la vision du peintre et celle des photographes. A relever également la présence de tirages noir-blanc monumentaux du photographe suisse Balthasar Burckhardt qui ont été intégrés à l'exposition pour évoquer l'importance de Courbet sur les générations d'artistes qui lui ont succédé. L'exposition sera présentée au Metropolitan Museum à New York du 27 février au 18 mai et au musée Fabre à Montpellier, qui grâce au legs Bruyas est l'un des gros prêteurs de cette exposition, du 14 juin au 28 septembre 2008.
L'exposition du Grand Palais offre un véritable "best of" de la création de l'artiste, on verra comment l'exposition évoluera lors de sa dernière étape. Elle est divisée en huit sections qui associent une approche thématique et chronologique. De nombreuses (60) photographies d'époque qu'il s'agisse de portraits, de nus ou de paysages permettent d'établir des relations entre la vision des photographes et celle du peintre. L'exposition débute avec les autoportraits de l'artiste pour saisir cette personnalité affirmée et la façon dont il se met en scène en particulier dans le Désespéré de 1844 - 45 et dans le Portrait de l'artiste dit le Fou de peur de 1848. Puis l'on passe à ses premiers portraits qui prouvent comment il a su utiliser ses origines francomtoises pour affirmer son identité artistique. Le portrait de son père Régis de 1843 ou celui de sa plus jeune sœur Juliette, 1844 ressortent tout particulièrement et devant ce dernier on comprend le culte que Balthus portait à Courbet. La troisième salle est consacrée aux peintures manifestes Un enterrement à Ornans et l'Atelier de l'artiste, sept années de ma vie artistique. Cette toile en particulier est entourée des portraits autonomes des personnages que l'on retrouve dans l'atelier Baudelaire, Champfleury et Alfred Bruyas notamment.
Les photographies de Balthasar Burckhardt introduisent un intervalle contemporain pour évoquer tous les artistes d'aujourd'hui qui ont une dette à l'égard de Courbet.
L'exposition se poursuit avec la présentation du paysagiste, ce genre occupe une place centrale dans sa production et un ensemble important a été retenu. On trouve l'attachement du peintre au haut plateau francomtois, l'exploration des sources de la Loue et en face cinq variations sur le thème de La Vague qui datent de 1869. Avant la peinture de nu sont rassemblés sous le titre La tentation moderne certains des chefs-d'œuvre de Courbet appartenant à diverses périodes, le Portrait de Joseph Proudhon 1853, Les Demoiselles de la Seine, La Belle irlandaise, 1866 par exemple. Puis l'on passe aux nus. L'Origine du monde, 1866 est mise en relation avec des photographies obscènes pour le stéréoscope réalisées au même moment. la Femme au perroquet, la Femme à la vague et le Sommeil en particulier permettent de découvrir les plus célèbres toiles de l'artiste accrochées l'une à côté de l'autre. Une grande salle est consacrée aux scènes de chasse rappelant que Courbet était un chasseur passionné. L'exposition s'achève en évoquant la période de la Commune, puis l'exil avec les natures mortes impressionnantes faites pendant son emprisonnement à Paris. Les truites et deux paysages du Léman évoquent les dernières années d'exil du réfugié venu s'installer en Suisse.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 29 janvier 2008
|
Kunsthaus Zurich jusqu'au 13 mai 2007:
Auguste Rodin (1840 - 1917)
Le Kunsthaus de Zurich possède une version de l'une des oeuvres majeures de Rodin La porte de l'Enfer. Récemment restaurée cette oeuvre a retrouvé sa place à l'entrée du bâtiment. Elle forme un élément central dans l'évolution créatrice de l'artiste, les esquisses, projets, groupes de figures que cette commande lui a inspiré sont l'un des points forts de l'exposition proposée par l'institution.
Le grand hall d'exposition du Kunsthaus de Zurich est en grande partie ouvert pour permettre aux visiteurs de découvrir quelques grandes étapes dans la carrière de Rodin. Les premiers succès avec Le Saint Jean Baptiste et l'Age de bronze. Puis les nombreuses esquisses et développement de groupes de figures pour La porte de l'enfer. On remarque une version en plâtre du Penseur de grande dimension. La deuxième grande étape est formée par Les Bourgeois de Calais pour laquelle on découvre de nombreuses études et versions diverses. Puis viennent encore les monuments à Balzac, à Victor Hugo, des portraits de commanditaires, quelques dessins et aquarelles et l'exposition s'achève sur le monument à Whistler et des portraits de Gwen John.
L'exposition reprend la plus grande partie des oeuvres proposées dans la rétrospective de la Royal Academy à Londres. Le point de vue et l'approche sont toutefois très différents. La version londonienne insistait sur les relations entre Rodin et L'Angleterre et développait deux discours l'un montrant le travail artistique et l'autre le succès et la réputation grandissante de l'artiste. Cet aspect informatif a été abandonné, de même qu'un section consacrée aux sources antiques de Rodin avec des éléments de sa collection personnelle.
L'exposition est intéressante, car elle insiste sur les processus créatifs de Rodin, la tension chez lui entre l'observation du réel, la recherche de modèles crédibles et le symbolisme. Les sculptures sont bien mises en valeur avec la lumière naturelle qui vient de la droite, ces fenêtres qui permettent de garder le contact visuel avec la Porte de l'enfer à l'extérieur.
Le site du musée Rodin à Paris offre une présentation détaillée des oeuvres de l'artiste.
un article sur les musées d'artistes, Bourdelle en particulier.
Patrick Schaefer, L'art en jeu 15 février 2007
Les Galeries nationales du Grand Palais à Paris présentent jusqu'au 24 mai 2010 Turner et ses peintres .
Galeries nationales du Grand Palais
Turner, Whistler et Monet jusqu'au 17 janvier 2005
L'exposition présente quelques groupes d'oeuvres illustrant chacun un aspect des relations, affinités, influences entre les trois artistes. On découvre quatre épisodes principaux, le premier est en fait une exposition dossier autour du tableau de Monet Impression Soleil Levant. Il montre d'une façon remarquable la composante anglaise dans la naissance de l'impressionnisme. Pour éviter les anachronismes les cartels des oeuvres de Turner indiquent à partir de quelle date elles furent visibles.
Le deuxième établit des affinités entre les nocturnes de Whistler et certaines vues de la Seine par Monet en 1897, il évoque encore Mallarmé et la réception de Turner. Le troisième montre les différents séjours de Monet à Londres et le quatrième s'attache à la vision de Venise proposée par les trois artistes. L'exposition est parsemée de citations d'artistes, d'écrivains, Mallarmé surtout, de critiques et d'historiens de l'époque qui ont souligné les affinités entre ces créateurs.
On comprend ainsi qu'il s'agit d'une construction, l'amitié entre Whistler et Monet d'une part, leur fascination commune pour Turner d'autre part. D'une ampleur relativement limitée l'exposition fait ressortir les spécificités de chaque démarche et les relations, les admirations qui les relient. Elle exalte particulièrement les aquarelles de Turner, les vues de Suisse et de Venise ressortent ici avec une intensité exceptionnelle, inégalée.
Il me semble que la confrontation avec les toiles de Monet et de Whistler les fait vibrer beaucoup plus que lorsqu'elles viennent compléter une présentation de toiles de Turner lui-même. Le choix de mettre sur le même mur et de confronter directement l'oeuvre phare de l'impressionnisme, Impression Soleil Levant avec une petite aquarelle de Turner des années 1830-1840 est audacieux et impressionnant! En multipliant les citations l'exposition montre aussi le discours qui acccompagne les travaux des artistes, discours qui n'est pas une vérité absolue, car on sait bien que d'autres expositions monographiques ont montré que lorsque l'on considère l'évolution interne de l'oeuvre de Turner, elle apparait bien éloignée des impressionnistes et qu'il existe de nombreuses autres sources de ce mouvement. L'approche choisie est tout à fait intéressante, mais se limite à documenter la conception des artistes et de leurs proches.
A signaler que le Kunsthaus de Zurich présente une importante exposition Claude Monet
Le jardin de Monet du 29 octobre au 27 février 2005
Par ailleurs vous trouvez sur L'art en jeu un article sur l'exposition de la Fondation Beyeler présentée en 2002 qui montrait les relations entre Monet et la peinture du XXe siècle Claude Monet ... jusqu'à l'impressionnisme numérique
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 19 octobre 2004
|
|