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http://www.biennaledelyon.com/ Une terrible beauté est née jusqu'au 31 décembre 2011

La biennale de Lyon annonce avoir reçu 200'000 visiteurs.

La 11ème biennale de Lyon, dirigée par une commissaire venue d'Argentine Victoria Noorthoorn, est présentée dans quatre lieux différents: La Sucrière, au bord de la Saône, le musée d'art contemporain, un étage dans une usine abandonnée à Vaux-en-Velin et la Fondation Bullukian sur la place Bellecour. Les deux sites principaux sont la Sucrière et le musée d'art contemporain.

A la Sucrière le visiteur accède au premier plan d'exposition en traversant les cinq beaux rideaux de couleurs différentes installés par Ulla von Brandenburg (1974), comme s'il traversait le miroir ou montait sur scène. L'espace central est alors occupé par une construction en cercle de Robert Kusmirowski (1973) dont on ne voit pas le contenu, il faut attendre d'avoir accédé au premier étage pour découvrir cette bibliothèque, en partie consumée, qui évoque un cabinet du Dr Faust, victime d'un mystérieux cataclysme. Plus loin de longs rubans noirs vont et viennent sans raison apparente, avant qu'on ne réalise qu'ils sont tirés par un homme nu, véritable Sisyphe, qui accomplit cette tâche toute la journée, c'est une action conçue par Laura Lima (1971) dont on trouve aussi un poulailler coloré à l'usine Tase. Enfin la dernière partie est fermée par un rideau noir dans lequel on pénètre pour découvrir Le Souffle de Samuel Beckett. Dans un autre espace a été installé un immense bassin qui se vide de Eduardo Basualdo (1977). Ainsi le premier étage est avant tout consacré à des installations monumentales et des actions théâtrales qui plongent le spectateur dans un ailleurs. C'est ici aussi que l'on découvre le principal ensemble de peintures, des portraits en pied de Lynette Yiadom-Boakye, il y a encore des pièces de plusieurs artistes que l'on retrouvera sur d'autres points comme Erika Verzutti (1971) et Michel Huisman (1957).

Au premier étage on retrouve le théâtre, avec les marionnettes déposées de Marina  di Caro (1961) qui peuvent s’animer lors de performances. Un autre aspect mis en évidence dans les artistes retenus est l’attirance pour le fantastique, un imaginaire obsessionnel qui motive des créations. Ainsi d’un artiste brésilien qui relève plutôt de l’art brut avec ses innombrables broderies de textes Arthur Bispo do Rosario (1909 -1989). Mais on peut évoquer  le film d’Aurélien Froment (1976) qui représente un site où est tombée une météorite ou les réflexions de Stano Filko (1938) sur le souffle.

Plusieurs artistes sont présentés sur deux ou trois sites. L'accrochage au musée d'art contemporain est plus dense et cherche des correspondances à travers un parcours fixe qui met particulièrement en évidence de grands groupes de dessins fascinants. Au troisième étage en particulier on trouve Alberto Giacometti et Marlene Dumas. Puis tout en foulant les 3'000 km. de fil noir déployés au sol et dans l'espace par Cildo Meireles, on découvre des groupes de dessins d' Elly Strik (1961), Marina de Caro, Yun-Fei Ji (1963), Christian Lhopital (1953). Auparavant on a admiré les peintures de Hanna van Bart (1963) et les dessins de Virginia Chihota (1983).

A l'usine Tase on trouve quelques pièces monumentales: un immense poisson de Michel Huisman, un jardin à la française Jorge Macchi (1963), et un poulailler coloré Marina di Caro.

Biennale de Lyon 27 10 2011. Musée d'art contemporain, oeuvres de Cildo Meireles, Jessica Jackson Hutchins et Marina de Caro Biennale de Lyon 27 10 2011, usine Tase, Jardin à la française, Marienbad de Jorge Macchi

Incontestablement cette biennale peut s'interpréter à plusieurs niveaux et suscite des lectures différentes. Placée dans la perspective de l'évolution du temps, elle ressemble incontestablement à une success strory et semble même être devenue une histoire d'amour avec les Lyonnais de tous âges si l'on en juge par le nombreux public qui fréquente les sites, même en semaine (bien sûr c'était les vacances d'automne). Est-ce une biennale pour les enfants?, certes il y a de nombreux clins d'oeil et d'incitations du côté d'un jeune public, ce qui est sûr, c'est que l'on y va en famille et que tout le monde semble y trouver son compte. En se plaçant dans la perspective temporelle, on constate également le lien étroit entre cette manifestation et de gigantesques opérations immobilières qui ont été menées à grande vitesse. Tout le quartier qui entoure la Sucrière qui était un immense terrain vague, champ de ruines, lors de la première édition sur ce site est maintenant construit et le passage à Vaux-en-Velin correspond également à une autre grande promotion en cours.

Une biennale sans art numérique, sans photographie qui laisse une place dominante à l'expérience plastique dans l'espace, à une forme de théâtre et à l'expression personnelle des artistes telle qu'elle nous est transmise par le dessin en particulier, mais aussi la sculpture, les travaux en tissu ou en terre.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 30 octobre 2011

Biennale de Lyon 2005. L'expérience de la durée.

La 8ème Biennale d'art contemporain de Lyon est ouverte jusqu'au 31 décembre 2005.

Autour du thème l'expérience de la durée les deux commissaires invités, Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud, ont réuni les oeuvres d'une soixantaine d'artistes dont une quinzaine sont Français, dans cinq lieux répartis aux quatre coins de la ville à de grandes distances les uns des autres: le Musée d'art contemporain de Lyon, l'Institut d'art contemporain de Villeurbane, la Sucrière, le Fort St Jean, Le Rectangle (place Bellecour Wim Delvoye). Le site internet de la biennale présente les travaux des artistes exposés. Le centre de la Biennale se trouve à la Sucrière au Sud de Lyon, port Rambaud, à l'extrémité de la presqu'île entre le Rhône et la Saône.

Sur les trois étages d'un vaste bâtiment industriel désaffecté sont présentés le plus grand nombre de travaux, près de 40 artistes. Détail technique important: de nombreuses pièces ne peuvent être vues que par quelques visiteurs, les attentes sont parfois assez longues.

Le titre de cette Biennale comporte deux termes: l'expérience et la durée, après l'avoir visitée, on peut constater que chacun des termes a une importance équivalente. Il ne s'agit pas d'une exposition sur le temps dans l'art, mais plutôt sur l'expérience du spectateur, son implication et la relation au temps impliquée pour le spectateur ou l'artiste dans la confrontation avec chaque création.

A la Sucrière le visiteur est accueilli par la projection d'un film d'Andy Warhol, puis le brouillard vert de la pièce d'Ann Veronica Janssens se répand dans toutes les salles, on débouche sur une pièce ancienne d'Olafur Eliasson kaléidoscope et phare. Un film du vietnamien Jun Nguyen-Hatsushiba présente un dragon sous-marin cracheur de couleurs. Les ballons de Martin Creed font la joie des jeunes visiteurs. Une construction de John Bock et les douze films de Jonas Mekas Hommage à Fernand Léger, 2004 peuvent encore être évoqués sur cet étage.

La peinture est assez largement représentée avec un hommage à Robert Malaval, de grandes installations de Franz Ackermann, Jim Lambie Psychedelic Soil Stick avec notamment deux tournedisques à paillettes et les travaux de John Tremblay, peintures ovales, Verne Dawson (The Days of the Week, 2004) Piotr Uklanski, avec des assemblages de chutes de crayons taillés. Tony Conrad Yellow Movies, 1970, présente de grandes feuilles peintes qui suggèrent des écrans. Les installations sonores occupent aussi une place importante. Elles évoquent l'exposition Sons et lumières découverte à Beaubourg l'année passée, d'ailleurs dans l'ensemble on peut dire que la manifestation s'inscrit dans le prolongement de cette exposition. La Monte Young & Markan Zazeela, Terry Riley, Surasi Kusolwong (Erratum musical), Saâdane Afif, Power Chords, qui produit des accords musicaux en relation avec la couleur à partir de 11 guitares et amplificateurs. Alors que Dave Muller tente de résumer l'histoire de la musique dans une grande installation. L'interactivité est omniprésente, elle est encore plus marquée dans les travaux de Rivane Neuenschwander et Erwin Wurm: Adorno was wrong with his ideas about art.

A l'étage Kader Attia propose une nouvelle version assez terrifiante des Oiseaux de Hitchcock avec 150 pigeons réels et les mannequins de 45 enfants formés de graines pour oiseaux qui sont dévorés au cours de l'exposition. La photographie n'est présente que par les travaux de John Miller Le Milieu du jour, 1994- 2005.

Au centre de Lyon, place Bellecour dans l'édifice appelé le Rectangle, Wim Delvoye propose sa collection d'étiquettes de la Vache qui rit, par ailleurs des écrans vidéos présentent un élevage de cochons en Chine, alors que certaines peaux tatouées de ceux-ci sont accrochées. Le deuxième étage du musée d'art contemporain au Nord Est de la ville est entièrement consacré à une installation évolutive de Daniel Buren réunissant des éléments d'échafaudage et des plaques de plexiglas coloré. Alors que sur les autres étages on peut voir les films de Melik Ohanian, Seven Minutes before et Philippe Parreno & Rikrit Tiravanija, Stories are Propaganda. Par ailleurs une installation propose un Quiet club de Brian Eno (enoshop.co.uk), des travaux de Dieter Roth et Santiago Serra sont encore exposés. La partie peut-être la plus conceptuelle de la manifestation est proposée à l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne. Ainsi les photographies de Douglas Huebler Duration Piece ou le travail sur écran de Henrik Hakanson qui observe 24 heures de la vie d'une fleur, Blue Color Placebo de General Idea, enfin l'installation The Wait, 1989 de James Turrell.

L'ensemble propose un dialogue entre des artistes de plusieurs générations et s'inscrit tout à fait dans la mode actuelle tournée vers les années 1960.

D'autres articles sur L'art en jeu qui traitent d'artistes présents à la Biennale de Lyon 2005:

Sons et lumières

Sophie Calle

Olafur Eliasson

Biennale de Lyon 2001. Prélude à 2003. Connivence jusqu’au 23 septembre 2001.

Musée d’art contemporain, Subsistances, Parc de la Tête d’Or (l’Orangerie).

Trois lieux.

La Biennale de Lyon investit trois lieux différents cette année. Le musée d’art contemporain conçu par Renzo Piano et inauguré en 1995, l’Orangerie du parc de la Tête d’Or, qui jouxte le musée, à ces derniers vient s’ajouter un lieu nouveau : les Subsistances, inauguré en janvier 2001 http://www.les-subsistances.com. Situé au bord de la Saône cet ancien couvent offre d’immenses espaces destinés aux spectacles, aux ateliers d’artistes et aux expositions. Il est partiellement investi par la Biennale, notamment la magnifique cour intérieure couverte d’une verrière au XIXe siècle. Certains artistes occupent un seul lieu, d’autres apparaissent à plusieurs endroits. La présentation comprend essentiellement des photographies et des vidéos réalisées par plus de 80 créateurs, complétées par quelques installations.

Jeux et danse

Ce qui ressort de cette manifestation, c’est l’invitation à la participation du spectateur. De manière plus générale, on peut parler de mise en cause du spectacle et du rapport entre l’œuvre d’art et le spectateur par l’interactivité et le jeu. Ceci dit il y a une certaine faiblesse dans la présentation qui propose dans une alternance, finalement un peu monotone, des salles où sont alignées des photographies et d’autres où des vidéos sont proposées sur des écrans tv. Il faut relever toutefois quelques installations de projection importantes et spectaculaires 3rd Party, 1999 de Sam Taylor Wood (1967) et Maison portative, 2001 de Henk Hofstede (1951) notamment.

Le jeu est omniprésent surtout sous la forme de jeux électroniques et de jeux d’ordinateurs. Le deuxième étage du musée d’art moderne propose un véritable salon de jeux électroniques. Jan Cél (1975), des photographies inspirées par une génération de jeux vidéos, il y a une véritable mise en perspective des jeux vidéos et de leur évolution vers le net. On découvre aussi des jeux sonores interactifs au sol comme Zebra Crossing 1997, d’Angela Bulloch (1966) et News from an Unbuilt City, 1998 de Jan Kopp (1970). Matthieu Briand (1972) développe deux propositions, l’une consiste à munir le visiteur d’un casque équipé de lunettes qui permettent de faire alterner la vision de la personne qui porte le casque avec celle d’un autre visiteur également casqué avec qui il fait équipe dans la cour des Subsistances. Par ailleurs le même artiste propose un jeu de trampoline dans l’une des salles du musée d’art moderne. Véronique Aubouy (1961) invite le spectateur à lire un passage de Proust qui est enregistré et projeté par la suite. Par ailleurs les choix dans le domaine de la danse soulignent l’insertion du mouvement dansé dans le quotidien, dans les gestes au jour le jour. Le jeu est invitation au spectateur à participer, à développer un autre rapport avec le lieu d’exposition. Il est également espace de réalité virtuelle, construction spécifique, artificielle, susceptible d’instituer une dépendance, avec de règles qui lui sont propres. Il est étonnant d’ailleurs qu’il n’y ait pas d’installation spécifiquement liée au web, à l'exception de quelques adresses de sites dédiés aux jeux en réseau. On trouve ainsi un point commun avec une direction observée à la Biennale de Venise où l’on peut remarquer que les travaux en relation avec les jeux surtout sportifs prennent une place importante.

L'art en jeu. Patrick Schaefer 31 juillet 2001

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