A signaler que le Kunsthaus de Zurich propose du 1er avril au 31 juillet 2011, une exposition intitulée Tierisch gut! HundeKatzeMaus im Kunsthaus Zurich.
Comme des bêtes
Musée cantonal des beaux-arts Lausanne jusqu'au 22 juin 2008.
La première exposition du nouveau directeur du musée des beaux-arts de Lausanne, Bernard Fibicher, propose une approche thématique autour des animaux dans l'art d'aujourd'hui et d'autrefois avec 170 uvres provenant d'une centaine de prêteurs différents. L'exposition est organisée autour de neuf animaux. Elle commence par celui que l'on considère parfois comme le plus intelligent, le cochon et se poursuit avec une vie plus sauvage autour du cerf, puis de l'ours. Après ces épisodes on arrive à la grande icône helvétique: la vache. Puis l'on passe au chat et au papillon, on continue avec la poule et ses poussins, l'âne et le parcours s'achève avec la mouche.
L'exposition ne cherche pas à construire un discours sur les relations entre l'homme et l'animal, l'artiste et l'animal, mais présente des exemples appartenant à différentes époques sur la manière de traiter l'animal chez les artistes et par là le regard de la société sur l'animal. La salle consacrée aux chats oppose par exemple la vision femme et chat et la relation homme et chat. Une sorte de taxinomie de la représentation des animaux retenus nous est proposée. Elle est basée sur des critères de sélection liés d'un côté à l'histoire de l'art local (on remarque la présence de nombreuses sculptures d'Edouard Marcel Sandoz, mais aussi des oeuvres d'André Lasserre), celle des collections (Steinlen, Vallotton, Auberjonois par exemple) ou encore les expériences préalables du concepteur de l'exposition, à ce titre on relève la présence de plusieurs artistes chinois. Il n'y a pas non plus de référence aux performances avec les animaux qui sont nombreuses dans l'histoire de l'art des 40 dernières années depuis la rencontre de Beuys avec un coyote. En fait l'approche n'est assurément pas un traitement diachronique relevant de l'histoire de l'art, qui se baserait par exemple sur l'évolution de la notion de peintre animalier, ou sur la problématique des mythes et des métamorphoses. Elle favorise des confrontations denses d'oeuvres de différentes époques, des approches multiples autour du motif et laisse ouverte l'interprétation sans hiérarchie esthétique. Des artistes ont été invités à intervenir directement dans les salles Didier Rittener a dessiné une grande mouche sur un mur et Alexandre Joly propose un surprenant carrousel avec une vache. Le résultat est un tohu bohu plutôt joyeux et apaisant sans prétention excessive, mais tout à fait original. Le catalogue reprend cette approche taxinomique avec un texte du directeur du musée de zoologie sur ce sujet et des citations de textes de différentes époques sur chaque animal, accompagnant un commentaire des principales oeuvres retenues.
Les animaux sont à la mode lors de la dernière Skulptur Projekte Münster 07, l'artiste Andreas Siekmann s'en est pris d'ailleurs à la pratique de nombreuses villes adoptant comme emblème un animal. Au début des années 1990 c'est Damien Hirst qui a renouvelé la représentation de l'animal en présentant différentes bêtes dans des vitrines de formaldéhyde, mais il a aussi reconstitué dans de grands blocs en verre des milieux naturels, aquariums ou forêts emplies de papillons. L'exposition In a Gadda Vida à la Tate Britain à Londres en 2004 en offraient de bons exemples. Cette approche est contredite par l'engagement de Mark Wallinger qui revêt une peau d'ours et se filme lui-même errant dans la National Galerie à Berlin solitaire dans ce costume, une vidéo que l'on découvre dans l'exposition lausannoise. Un livre de Steve Baker, the Postmodern Animal, Londres, 2000 rend compte de cette évolution de la représentation des animaux. On peut aussi citer Jeff Koons dont on trouve un écho dans l'ours proposé ici par Valentin Carron.
Plus tôt c'est la relation identitaire, mimétique avec l'animal comme la relation Picasso- Minotaure évoquée dans l'exposition Picasso, Sous le soleil de Mithra en 2001 et 2002 qui était traitée.
On peut encore mentionner le néo-expressionnisme des années 1980 et une relation totémique dont l'artiste outsider François Burland offre un exemple.
Un catalogue et un programme d'animation important accompagnent l'exposition. A voir sur le site du musée.