L'exposition Archiskulptur dialogue entre l'architecture et la sculpture du XVIIIe siècle à aujourd'hui est reprise au musée de Wolfsburg du 1er avril au 2 juillet 2006
Archiskulptur 3 octobre - 30 janvier 2005
Dialogues entre architecture et sculpture du XVIII e siècle jusqu'à aujourd'hui.
Sculptures et architectures dialoguent depuis des siècles. Parfois les deux domaines affirment leur autonomie respective, parfois ils se rapprochent et posent alors des questions habituelles: qui domine l'autre? qui inspire l'autre? De plus en plus l'architecture semble s'inspirer de la sculpture. L'exposition de la Fondation Beyeler propose d'explorer ces dialogues, ces rapprochement volontaires ou inopinés du XVIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui. Elle associe des sculptures, des peintures et des maquettes architecturales. Le propos se déploie en dix sections qui explorent la thématique sous différents angles. L'exposition est inspirée par des poblématiques actuelles en architecture. Notamment la tension, l'alternative entre une architecture fondée sur des formes géométriques, le rectangle, le cube ou sur des formes organiques, le corps humain, l'animal, des formes trouvées dans la nature, ce qu'on nomme l'opposition entre box et blob! Les possibilités du dessin informatique élargissent à l'infini les références à l'une ou l'autre appproche. On voit que le projet de l'exposition est ambitieux et que l'appréhension du propos n'est pas évidente. Pourtant de nombreuses réalisations in situ, l'association de la peinture, de la sculpture et des maquettes architecturales créent des situations déroutantes qui renouvellent notre perception de certaines oeuvres tout en prenant conscience de problématiques et d'enjeux complexes. Comme l'indique Werner Hofmann dans sa contribution au catalogue, l'exposition demande depuis quand ces trois formes d'expression: l'architecture, la sculpture et la peinture disposent-elles d'un vocabulaire commun qui leur permet l'ouverture et la mise à l'écart des limites entre elles. Une histoire qui s'étend sur des décennies et où l'on rencontre des figures comme Eiffel ou Gaudi notamment.
Plusieurs travaux ont été commandés et réalisés sur place. A signaler un hommage à Boullée de Gerhard Merz, une évocation du monolithe de Jean Nouvel à Morat, alors que dans le parc de la Fondation, les architectes Herzog & de Meuron ont réalisé une structure Jinhua Structure II. Sans évoquer tout le déroulement de l'exposition, je voudrais relever la confrontation étonnante d'une construction de Dan Graham avec les sculptures d'Alberto Giacometti dans la section intitulée La place. Les jeux de miroir, la position du spectateur à l'intérieur et à l'extérieur d'une structure en verre renouvellent la perception des figures. Un chapitre est également consacré aux relations entre l'art minimal et l'architecture, en particulier son influence sur les architectes suisses Diener& Diener, Herzog & de Meuron, Peter Zumthor, il établit un lien avec l'exposition Donald Judd présentée au musée des beaux-arts et au musée d'art contemporain.
Les rapprochements entre maquettes d'architecture et sculptures reposent semble-t-il uniquement sur des similitudes formelles, perçues visuellement, ainsi on associe Ronchamp à Henry Moore ou le Guggenheim de Mies van der Rohe à Jean Arp. Les collages visuels sont séduisants, mais ne sont pas objectivement fondés. Cela devient gênant lorsque par exemple, on juxtapose L'oiseau de Constantin Brancusi avec le bâtiment de Swiss Re à Londres construit par Foster & Partners. En effet la source reconnue de ce bâtiment est bien un "animal", mais il s'agit d'un type d'éponge et pas du tout d'un oiseau!
En cassant les limites d'une exposition d'art au sens traditionnel, la manifestation, événement, installlation permet de saisir des problématiques actuellles qui touchent les divers domaines d'expression et dont le site même de la Fondation Beyeler fait partie.