La biennale occupe un étage du Martin Gropius Bau , les salles d'exposition du KW institut d'art contemporain, (Kunst-Werke Berlin), alors que des projections de films sont programmées au cinéma Arsenal. La manifestation centrée sur Berlin et la notion de hub rassemble des travaux d'artistes autour de 5 problématiques urbaines: les migrations, l'urbanisme et les conditions de vie urbaines, la musique et la scène, la mode et le cinéma. Les travaux de chaque artiste sont le plus souvent présentés dans une salle. L'informatique et internet ne figurent pas dans la manifestation. Lexposition a pris pour fil conducteur la notion de hub, lieu de passage. Cette notion est entendue dans un sens urbain en relation notamment avec Berlin, mais aussi dautres lieux.
Commençons par la présentation qui occupe un étage du Martin Gropius Bau.
Un panneau à lentrée rappelle lhistoire de cet édifice qui se trouvait exactement à côté du mur. Un film est projeté dans chacun des escaliers du bâtiment. En entrant on découvre une série de vidéos sur les migrations, réflexions sur des éléments dactualité par Hito Steyer. Ensuite ce sont les panneaux de polyuréthane gravé de Piotr Nathan qui occupent une grande salle. Il s'agit de bas-reliefs muraux impressionnants, on apprend dans le catalogue que le dessin de base méconnaissable qui anime ces panneaux vient dimages de magazines pornographiques. Une vidéo sur 3 écrans dIsaac Julien, Baltimore 03 tournée dans 3 musées de cette ville évoque la condition des noirs. Les photographies de Thomas Struth montrent différents quartiers de Berlin. Les conditions de vie urbaines et les transformations de la ville sont évoquées par les travaux dUlrike Ottinger et de David Lamelas. Une réalisation interactive de Nomeda et Gedumnias Urbonas relève du monde sonore. Des mannequins suggèrent la scène et la mode. Les photographies Ryuji Miyamoto montrent les maisons en carton des clochards japonais; alors que Stephen Willats rappelle les rapports de voisinage dans un immeuble. Willie Doherty présente des vues nocturnes dont on sait quelles viennent dIrlande. Melik Ohanian a filmé les docks de Liverpool. Un travail est consacré à la restauration dun bibliothèque dAlvaar Aalto en Finlande. On peut encore noter les peintures de Karin Mamma Anderson et les films de Mark Lewis pour mentionner quen plus des thèmes qui structurent lexposition on observe une prédilection pour des vues larges, en grand angle ou carrément panoramiques.
Au KW
Au KW les édicules en bois qui abritent différents films du rez-de-chausée sont conçus par Bert Neumann. Lexposition se déroule sur 4 étages, le dernier est consacré aux groupes de recherches sonores, pour les autres on distingue en particulier la place faite à la mode avec Regina Möller et à la critique sociale avec Fernando Bryce.
Très cohérente dans la partie du Martin Gropius Bau, plus éclatée avec des travaux plus irréguliers au KW cette biennale de dimension modeste permet de découvrir des démarches intéressantes et assez peu vues avec des ouvertures vers le nord de l'Europe notamment.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 1er mars 2004
|
On assiste à une multiplication étourdissante des manifestations qui portent le titre de Biennale. C'est sans doute un moyen eficace d'attirer l'attention locale et internationale sur une exposition collective d'art contemporain. Contrairement aux grandes biennales comme Venise qui présentent des sélections cractéristiques de la création des pays respectifs d'une part et les choix d'un ou plusieurs commissaires invités d'autre part, la nouvelle génération des biennales tend à revendiquer l'insertion dans le lieu où elles se déroulent. Cela peut s'exprimer par le thème choisi dans la sélection des oeuvres. C'était le cas à Berlin en 2004 avec la notion de hub. Cela peut aussi se manifester en invitant des artistes à résider dans une ville, à y travailler avant de montrer dans le cadre de la Biennale le résultat de cette "immersion". C'est le cas de la Biennale de Liverpool (2004) et c'est aussi l'ambition de la Biennale d'Istamboul (2005).