Musée Rath Genève. Les sujets de l’abstraction jusqu’au 14 août 2011. Peinture non figurative de la seconde école de Paris, 1946 -1962. 101 chefs-d’oeuvre de la Fondation Gandur pour l’art. L'exposition est présentée au musée Fabre de Montpellier jusqu'au 25 mars 2012.
Un symposium est annoncé le 28 mai de 9h. à 13h. 15 au musée d’art et d’histoire.
L'histoire de l'art moderne et contemporain est toujours à faire et à refaire. Eric de Chassey, commissaire de cette exposition, développe dans ses écrits une réflexion originale sur les mouvements artistiques de l'après-guerre, il propose ici une vision inhabituelle grâce aux toiles de la collection Gandur.
L’organisation thématique inédite fait sortir les oeuvres de leurs catégories habituelles. Ainsi, par exemple, dans la salle intitulée Primitivismes, on trouve des toiles d’artistes COBRA comme Asger Jorn et Karel Appel confrontées avec Atlan, Wols, Jean Fautrier, Nicolas de Stael ou encore Picabia. Une manière de proposer des rapprochements réfléchis et inattendus entre les toiles, qui donnent une vision des préoccupations de l’époque, tout en prenant une certaine distance. C’est très stimulant et cela renouvelle le regard porté sur les artistes, certains sont toujours très connus aujourd’hui comme Pierre Soulages et d’autres plutôt oubliés.
La dernière section intitulée Ruines est aussi passionnante, elle rapproche Jacques de Villeglé, Lucio Fontana, mais encore ceux qui se tournent vers la matière pour se détourner du tableau: Tapiès, Dubuffet. Les oeuvres retenues, souvent de grands formats, sont de belle qualité et n’ont pas été vues. Au sous-sol on trouve des présentations monographiques pour rendre justice aux points forts de la collection. Au centre des oeuvres de Pierre Soulages, à gauche des travaux de Georges Mathieu et à droite Hans Hartung et Gérard Schneider. Un court montage d'extraits de documentaires sur certains artistes donne une vision vivante de certaines personnalités.
Patrick Schaefer L'art en jeu 11 mai 2011
Weltraum Die Kunst und ein Traum jusqu'au 15 août 2011
La Kunsthalle Wien a décidé de marquer le cinquantième anniversaire du premier voyage dans l'espace de Juri Gagarin. Les oeuvres d'une soixantaine d'artistes contemporains traitant de thèmes liés à l'espace ont été réunies. On a regroupé les travaux autour de divers thèmes: Perspectives utopiques, invasions de mars, perspectives technologiques, nouvelles visions de l'espace et théories sur le monde, etc.. Les artistes retenus vont de Warhol et Rauschenberg aux peintres russes Vladimir Dubrossovsky et Alexander Vinogradov, en passant par Keith Tyson, Simon Patterson, William Kentridge ou encore Sylvie Fleury et Mariko Mori.
Zurich 28 février 2009 Hot Spots jusqu'au 3 mai 2009
Après Europop et les années 1960 - 1970, le Kunsthaus de Zurich poursuit une exploration de la modernité au XXe siècle sous le titre Hot Spots, il examine l'activité artistique dans trois centres au premier abord périphériques (par rapport à New York et Paris): Rio de Janeiro, Los Angeles et Milan- Turin entre 1956 et 1969 jusqu'au 3 mai 2009.
16 artistes de Rio, 38 de Milan-Turin et 24 de Los Angeles ont été retenus. Il s'agit d'une exposition dense qui montre des recherches parallèles et simultanées sur une décennie. La confrontation est stimulante et propose un retour aux problématiques de la peinture, de la sculpture. On peut aussi rappeler la reconstitution de l'exposition Max Bill à Sao Paolo en 1951 proposée au Haus konstruktiv qui est tout à fait dans le même esprit.
Au Brésil on découvre un mouvement néo-concret influencé par Mondrian et Max Bill avec des artistes comme Hélio Oiticica, Lygia Clark ou l'architecte Oscar Niemeyer.
A Milan Lucio Fontana, Piero Manzoni, Pistoletto et beaucoup d'autres et à Los Angeles Vija Celmins, David Hockney, James Turrell, Kenneth Anger pour citer quelques noms.
Londres Victoria & Albert Museum
Cold War Modern Design 1945 - 1970 jusqu'au 11 janvier 2009
S'il y a une exposition qu'il ne faut manquer sous aucun prétexte à Londres en ce moment, c'est la remarquable réalisation du Victoria & Albert Museum sur les enjeux politiques de l'art, du design et de l'architecture pendant la guerre froide: Cold War Modern (jusqu'au 11 janvier). J'ai rarement vu des oeuvres d'art ressortir aussi bien dans une exposition, puisque l'on sent vraiment le contexte face auxquelles elles s'expriment. Une synthèse historique et visuelle tout à fait brillante est proposée à travers 8 chapitres qui évoquent un quart de siècle de confrontations est - ouest. Le premier chapitre est intitulé: Peur et espoir dans l'immédiat après-guerre. C'est le moment le plus étonnant où l'on voit les deux camps partir dans des directions totalement différentes autour de la reconstruction de l'après-guerre. L'URSS édifie de gigantesques gratte-ciels dans le style des années 1930 qu'elle impose aux pays satellites et s'accroche aux dogmes de la figuration et du réalisme socialiste. Alors qu'en Occident on développe les idées modernistes des années 1930 en leur donnant un nouvel essor. Une affiche de Max Bill pour le Kunstgewerbemuseum de Zurich en 1945 annonce une exposition intitulée USA baut, elle exprime parfaitement les enjeux de cette section. On retrouve Max Bill un peu plus loin avec tous les objets qu'il a conçu à Ulm dans une école fortement subventionnée par les Etats-Unis. Une toile de 1951 de Constant évoque la désolation de la période et les craintes d'une nouvelle guerre. En fait le hiatus sera assez rapidement compensé avec l'arrivée de Kroutchev. L'exposition universelle de 1958 à Bruxelles est évoquée pour montrer cette évolution. C'est le pavillon tchèque qui ont obtient le prix du meilleur pavillon pour avoir présenté les recherches poursuivies dans le domaine du verre artistique dans ce pays. D'un autre côté on évoque la collaboration entre Le Corbusier, Xenakis et Varèse pour les débuts de la musique électronique. Les pays de l'Est ont compris qu'ils avaient intérêt à montrer une image moderne et à développer des domaines de designs originaux dans un but de propagande. On constate toutefois que le plus souvent il s'agit de prototypes et qu'ils n'ont pas été construits en masse, à l'exception de la fameuse Trabant issue de cette évolution et qui correspond à une valorisation du plastique comme matériau moderne. Une large place est faite à la rivalité qui s'exprime autour de la conquête de l'espace. Elle trouve des échos dans l'art et la mode notamment, mais s'exprime aussi par la construction de tours tv spectaculaires. L'exposition de Montréal en 1967 est une nouvelle occasion de faire le point, elle précède les événements de 1968 auxquels une section est également réservée. L'art cinétique avec une pièce de Nicolas Schöffler prend aussi un sens particulier dans cette présentation.
En associant technologie, plans d'architecture, maquettes, mode, objets quotidiens, vêtements et oeuvres d'art, l'exposition dresse le panorama d'un contexte et de ses enjeux d'une manière tout à fait intéressante.