L'ART EN JEU

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liste par artistes

Cette page propose des articles sur des expositions collectives: Animismus, Common Wealth, Move, Tate Triennal qui s'interrogent sur l'interactivité, la participation du spectateur, on trouve également Julio le Parc.

Sous le titre Animisme, la Fondation Generali à Vienne propose une exposition engagée, complexe et ambitieuse autour de la problématique de la vie des objets, des oeuvres d'art et de la représentation de la vie, du mouvement, hors de la figure humaine. 16 septembre 2011 - 29 janvier 2012.

Les concepts derrière cette exposition sont très différents de celles mentionées ci-dessous, mais il est intéressant de les rapprocher. Elle aborde les limites entre l'animé et l'inanimé et la question du non humain dans les pratiques artistiques. L'exposition commence avec un film polémique d'Alain Resnais et Chris Marker Les statues meurent aussi, 1953 (extraits sur youtube), une critique radicale du regard occidental, à l'opposé du musée imaginaire!

Plus loin des vitrines remplies de pierres, métaphores ironiques de l'approche muséale par Jimmie Durham (1940), complétées par des photographies de lieux de conservation par Candida Höfer. La réflexion se poursuit sur le voyage intérieur avec un film d'Henri Michaux et Eric Duvivier Images du monde visionnaire, commandité en 1963 par Sandoz au sujet des expériences de Michaux avec la mescaline. On trouve aussi l'étonnant diaporama de Marcel Broodthaers sur les caricatures de Grandville, autour de la métamorphose. On évoque les Self Obliteration de Yayoi Kusama en 1967. Un long documentaire d'Adam Curtis The Century of the Self, 2002 évoque l'influence de Freud sur la gestion du monde moderne. Assemblages film d'Angela Melitopoulos et Maurizzio Lazzarato sur Félix Guattari et son intérêt pour l'animisme. Parmi de nombreux autres travaux, j'ai encore relevé le film de Luis Jacob sur des enfants face aux sculptures de Henri Moore à la galerie d'Ontario.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 13 décembre 2011

Move Choreographing You, Hayward Gallery, Londres 13 octobre 2010 - 9 janvier 2011

En visitant les expositions d'art contemporain, on est parfois confronté à des documentations photographiques, des vidéos qui relatent une performance. On se dit que ce moment devait être intéressant à vivre. L'exposition Move de la Hayward Gallery va au bout de cette pensée. Elle réunit des travaux d'artistes très divers, souvent bien connus, dans l'idée de permettre la réactivation de l'expérience proposée, des acteurs et des danseurs participent à la réalisation. Le site de l'exposition devient ainsi un véritable terrain de jeu, jardin d'enfant, ce que la liste des artistes présents ne laisse pas supposer à priori!, puisque l'on trouve Bruce Nauman , Lygia Clark, Isaac Julien, Franz Erhard Walther, qui fonctionne particulièrement bien avec les plus petits, mais qui implique tous les visiteurs.

On commence avec le corridor étroit de Bruce Nauman à la lumière verte inquiétante, dans lequel déboulent des gamins déchaînés. A côté on a reconstitué une pièce de Lygia Clark (1920 - 1988) The House is the Body. Penetration, ovulation, germination, expulsion, 1968, qui fascine tous les âges. Dans un autre espace, des acteurs vous proposent d'expérimenter l'une des performances de Franz Erhard Walther avec Für Zwei Nr. 31, 1. Werksatz, 1967. On peut déplacer les éléments d'une installation de Mike Kelley(décédé 1er février 2012) ou de Franz West. Dans un autre registre, celui de l'implication visuelle et émotionnelle du spectateur, Isaac Julien a réalisé une grande installation vidéo avec 8 écrans, où l'on découvre un film d'une cinquantaine de minutes Ten Thousand Waves, 2010, inspiré par la Chine qui confronte divers moments de l'histoire chinoise avec la tragique mésaventure de 23 immigrants illégaux qui finissent noyés en Angleterre en voulant chercher des coquillages. (Présenté au musée Brandhorst à Munich en 2011 - 2012).

Signalons encore les sculptures mouvantes de Robert Morris ou les anneaux suspendus de Simone Forti qui rencontrent un franc succès!

Un parcours étonnant, complété par des archives consultables sur écran dans les salles. L'exposition sera visible à Munich, Haus der Kunst, puis à Düsseldorf au K20.

L'art en jeu, Patrick Schaefer 20 octobre 2010

Tate Britain Tate Triennial Altermodern jusqu'au 26 avril 2009

En invitant Nicolas Bourriaud, un commissaire d'expositions expérimenté, puisqu'il a été directeur du Palais de Tokyo, la Tate Britain a choisi une approche ambitieuse pour sa quatrième triennale. Elle a été précédée de débats préparatoires sur les concepts mis en oeuvre et réunit 28 artistes. L’exposition comprend 13 créateurs anglais, les autres sont allemand, américain, australien, français, indien et mauricien notamment. Le hall central de la Tate Britain, réservé à une seule installation sculpturale depuis quelques années, a été intégré à l'exposition et présente plusieurs oeuvres en particulier une grande pièce de Subodh Gupta, Line of Control, 2008 et un ensemble de céramiques de Pascale MartineTayou avec des figures religieuses ou des personages de dessins animés insérés sur des blocs de terre qui suggèrent une collection archéologique imaginaire. Le guide remis au visiteur invite à parcourir les salles dans un certain ordre. La première est consacrée à Franz Ackermann qui associe ici peinture et installation autout du thème de la cage et de l'enfermement. Suivent des installations vidéos, des sculptures tantôt avec une salle entièrement consacrée à un artiste, tantôt avec des confrontations entre plusieurs démarches comme celle où l'on voit les photographies de Darren Almond, les sculptures de Simon Starling et les reliefs découpés de Seth Price.

Le fil conducteur de l'exposition apparait comme une valorisation de différentes formes d'imaginaires par des expressions variées. Il y a le voyage au sens propre du terme, mais aussi la création d'un univers imaginaire comme celui de Charles Avery autour des "Islanders" ou l'allusion à des voyages plus statiques comme la projection de Joachim Koester "The Hashish Club" où l'on voit l'ombre de feuilles de haschich. Différentes formes de visions par exemple Liquid Crystal Environment de Gustave Metzger ou les recherches de Loris Gréaud "Tremors where forever (Frequency of an Image, White Edit)", 2008. Un film de Lindsay Seer est projeté dans un espace qui reconstitue le premier studio d’Edison en 1893 appelé Black Maria, on voit cette maquette surgir à plusieurs reprises dans le film lui-même, l'artiste raconte l'histoire d'un enfant, elle-même, qui a remplacé le langage par l'enregistrement photographique. L'approche à la fois pleine de références et de fantastique avec un goût de la narration qui aboutit à un travail étonnant.

Le spectateur quitte l’exposition après avoir visionné Giantbum, 2009 deux films théâtraux et une installation de Nathaniel Mellors qui racontent les péripéties de trois personnages qui se sont perdus à l’intérieur d’un géant!

Patrick Schaefer, l'art en jeu 18 mars 2009

Le Parc Lumière daros-latinamerica jusqu'au 30 octobre 2005

L’événement à Zurich est certainement l’exposition Julio Le Parc: Le Parc Lumière proposée par la collection Daros elle est d’ailleurs prolongée jusqu’au 30 octobre. Tout l’espace d’exposition est plongé dans le noir, les seules lumières étant produites par les oeuvres. Celles-ci datent des années 1960, mais ont été reprises, revues par l’artiste pour cette exposition qui devient en elle-même une oeuvre nouvelle. 41 pièces différentes sont montrées. On trouve les séries continuel-lumières, les lumières alternées, saccadées, en vibration. Plusieurs pièces proposent aussi une interactivité avec le spectateur sous la forme de jeux avec des balles de ping pong ou en proposant d’utiliser des lunettes ou des miroirs qui fragmentent la vision. L’ensemble aboutit à un résultat tout à fait exceptionnel où la qualité de la lumière est frappante.

Julio Le Parc est né en 1928 en Argentine, il vit à Paris depuis 1958. Il fut un membre fondateur du GRAV avec notamment François Morellet.

On constate un regain d'intérêt pour l'art cinétique puisque le musée de Strasbourg présente une exposition sur ce thème:

L'oeil moteur art optique et cinétique 1950 - 1975 jusqu'au 25 septembre

Zentrum für Kunst und Medien Technologie ZKM

Die Algorithmische Revolution zur Geschichte der interaktiven Kunst jusqu'à fin 2005

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 4 septembre 2005

Common Wealth: Tate Modern jusqu'au 28 décembre 2003

Le titre de cette exposition appelle l’exégèse pourtant le dépliant de l’exposition ne donne qu’une interprétation à cette expression et ne se lance pas dans des allusions diverses. On sait qu’en un seul mot le Commonwealth est la réunion d’une quarantaine de pays qui ont fait partie de l’ancien Empire britannique. Par ailleurs en deux mots c’est un slogan auquel recourent toutes sortes de groupes, c’est aussi l’évocation de valeurs écologiques, le bien commun, l’air, l’eau etc. Ici, selon le dépliant il s’agit d’explorer les notions de Common Wealth, ce qui est commun. Mettre en cause la création autonome, individuelle par une création à plusieurs d’une part et par une implication directe du spectateur d'autre part. Sans pour autant faire du didactisme ou du militantisme. L’idée de l’interactivité, du jeu et de l’engagement politique et social sont associées dans cette exposition de manière originale. Une formulation inattendue, on est loin des créations de jeux par ordinateur. Il s’agit plutôt de reprendre des jeux traditionnels connus comme le ping pong qui devient Ping Pond revu par Gabriel Orozco un jeu pour 8 participants, le billard intitulé billard avec pendule par le même Orozco et le frisbee revu par Carsten Höller, qui propose aussi un mur de miroirs avec portes coulissantes dans lequel le spectateur pénètre. Thomas Hirschhorn a construit une bibliothèque en carton qui tient lieu de salle de repos, présente des documents sur le mouvement d’avant-garde vorticiste et un hôtel conçu comme une gigantesque maison de poupées Hotel Democracy qui évoque divers aspects de l’actualité récente dans chaque chambre. Le propos est complexe, mais la réalisation est très accessible et surprenante.

Cette approche rejoint peut-être certaines évolutions de l’art public que l’on a pu observer au cours des dernières année en particulier en Allemagne avec Rosemarie Trockel. Cet élément n’est toutefois pas relevé dans l’exposition.

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 13 novembre 2003

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