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Tate Britain Tate Triennial Altermodern jusqu'au 26 avril 2009
En invitant Nicolas Bourriaud, un commissaire d'expositions expérimenté, puisqu'il a été directeur du Palais de Tokyo, la Tate Britain a choisi une approche ambitieuse pour sa quatrième triennale. Elle a été précédée de débats préparatoires sur les concepts mis en oeuvre et réunit 28 artistes. L’exposition comprend 13 créateurs anglais, les autres sont allemand, américain, australien, français, indien et mauricien notamment. Le hall central de la Tate Britain, réservé à une seule installation sculpturale depuis quelques années, a été intégré à l'exposition et présente plusieurs oeuvres en particulier une grande pièce de Subodh Gupta, Line of Control, 2008 et un ensemble de céramiques de Pascale MartineTayou avec des figures religieuses ou des personages de dessins animés insérés sur des blocs de terre qui suggèrent une collection archéologique imaginaire. Le guide remis au visiteur invite à parcourir les salles dans un certain ordre. La première est consacrée à Franz Ackermann qui associe ici peinture et installation autout du thème de la cage et de l'enfermement. Suivent des installations vidéos, des sculptures tantôt avec une salle entièrement consacrée à un artiste, tantôt avec des confrontations entre plusieurs démarches comme celle où l'on voit les photographies de Darren Almond, les sculptures de Simon Starling et les reliefs découpés de Seth Price.
Le fil conducteur de l'exposition apparait comme une valorisation de différentes formes d'imaginaires par des expressions variées. Il y a le voyage au sens propre du terme, mais aussi la création d'un univers imaginaire comme celui de Charles Avery autour des "Islanders" ou l'allusion à des voyages plus statiques comme la projection de Joachim Koester "The Hashish Club" où l'on voit l'ombre de feuilles de haschich. Différentes formes de visions par exemple Liquid Crystal Environment de Gustave Metzger ou les recherches de Loris Gréaud "Tremors where forever (Frequency of an Image, White Edit)", 2008. Un film de Lindsay Seer est projeté dans un espace qui reconstitue le premier studio d’Edison en 1893 appelé Black Maria, on voit cette maquette surgir à plusieurs reprises dans le film lui-même, l'artiste raconte l'histoire d'un enfant, elle-même, qui a remplacé le langage par l'enregistrement photographique. L'approche à la fois pleine de références et de fantastique avec un goût de la narration qui aboutit à un travail étonnant.
Le spectateur quitte l’exposition après avoir visionné Giantbum, 2009 deux films théâtraux et une installation de Nathaniel Mellors qui racontent les péripéties de trois personnages qui se sont perdus à l’intérieur d’un géant!
Patrick Schaefer, l'art en jeu 18 mars 2009
Common Wealth
Tate Modern jusqu'au 28 décembre 2003
Le titre de cette exposition appelle lexégèse pourtant le dépliant de lexposition ne donne quune interprétation à cette expression et ne se lance pas dans des allusions diverses. On sait quen un seul mot le Commonwealth est la réunion dune quarantaine de pays qui ont fait partie de lancien Empire britannique. Par ailleurs en deux mots cest un slogan auquel recourent toutes sortes de groupes, cest aussi lévocation de valeurs écologiques, le bien commun, lair, leau etc. Ici, selon le dépliant il sagit dexplorer les notions de Common Wealth, ce qui est commun. Mettre en cause la création autonome, individuelle par une création à plusieurs dune part et par une implication directe du spectateur d'autre part. Sans pour autant faire du didactisme ou du militantisme. Lidée de linteractivité, du jeu et de lengagement politique et social sont associées dans cette exposition de manière originale. Une formulation inattendue, on est loin des créations de jeux par ordinateur. Il sagit plutôt de reprendre des jeux traditionnels connus comme le ping pong qui devient Ping Pond revu par Gabriel Orozco un jeu pour 8 participants, le billard intitulé billard avec pendule par le même Orozco et le frisbee revu par Carsten Höller, qui propose aussi un mur de miroirs avec portes coulissantes dans lequel le spectateur pénètre. Thomas Hirschhorn a construit une bibliothèque en carton qui tient lieu de salle de repos, présente des documents sur le mouvement davant-garde vorticiste et un hôtel conçu comme une gigantesque maison de poupées Hotel Democracy qui évoque divers aspects de lactualité récente dans chaque chambre. Le propos est complexe, mais la réalisation est très accessible et surprenante.
Cette approche rejoint peut-être certaines évolutions de lart public que lon a pu observer au cours des dernières année en particulier en Allemagne avec Rosemarie Trockel. Cet élément nest toutefois pas relevé dans lexposition.