L'ART EN JEU

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L'art en jeu

Notes d’un passant, quelques galeries londoniennes

Les artistes mentionnés étaient exposés entre le 28 et le 30 juin 2001 à Londres, mais il est intéressant de voir ce que ces galeries présentent à d'autres moments.

L’amateur d’art contemporain aurait tort de croire qu’une visite à la foire d’art de Bâle, Art, le dispense de tout autre démarche s’il veut se tenir au courant de la création contemporaine. Genève et Zurich proposent déjà un parcours fort riche au visiteur régulier. Londres dispose d’un nombre d’espaces hallucinants propres à épuiser le Marathonien le plus déterminé. Pour cette fois je vais me limiter à mentionner quelques galeries du centre, faciles d’accès, en évoquant leur présentation en ce week end qui marquait le passage de juin à juillet 2001.

Commençons tout près de la station Bond Street à Dering Street où 3 galeries importantes ont leur siège. Annely Juda présente les sculptures et les dessins de David Nash. Un artiste qui et proche du Land art. Il réalise des sculptures en bois brut et des interventions en plantant, orientant ou brûlant des arbres. Des dessins préparatoires et des photographies témoignent de ces actions.

Anthony Reynolds expose des aquarelles abstraites de David Austen complétées par quelques portraits photographiques. Relevons que ce galeriste a fait un carton à Venise cette année. En effet 4 artistes exposés régulièrement dans ce lieu sont présents à la Biennale. Mark Wallinger dans le pavillon britannique, Paul Graham, Richard Billingham et Keith Tyson dans l’exposition Plateau de l’humanité.

Anthony d’Offay présente les derniers travaux de Bill Viola et quelques dessins de Rachel Whiteread pour son intervention à Trafalgar Square. Cette dernière expose par ailleurs à la Serpentine Gallery. Malheureusement cette fois il n’y avait pas d’exposition au London Institute, 65 Davies Street, mais il vaut la peine de s’arrêter dans cet espace qui présente des expositions organisées à tour de rôle par les diverses écoles de la ville. Elles sont souvent très intéressantes.

Descendons un peu en direction de Green Park et de la Royal Academy. C’est là que se trouvent les galeries les plus classiques, mais il existe aussi des présentations d’art contemporain importantes. Sadie Cole propose Simon Periton. Cold warmed up. Il travaille avec des découpages de papiers superposés présentant des portraits qui évoquent notamment Warhol. La recherche technique est assez fascinante. Comme David Thorpe, il revalorise cette technique du découpage superposé, ils ont d’ailleurs exposé ensemble. Thorpe réalise des paysages d’une stupéfiante complexité alors que Periton se consacre aux portraits. Le processus est davantage souligné chez ce dernier par la superposition de feuilles découpées.

La galerie Gagosian présente un triptyque de Malcom Morley Rat Tat Tat. Depuis 1998 Morley reproduit de modèles de navires découpés. Tout son œuvre est consacré aux navires de guerre ou de plaisance et la rétrospective de la Hayward Gallery montre le développement de ce thème, depuis les années 1960, à travers divers styles de l’hyperréalisme au néo-expressionnisme. Laurent Delaye, installé dans la rue des tailleurs, présente un jeune artiste Andrew Lewis, Ark Royale with cheese, qui s’intéresse également aux bateaux et propose une série de dessins d’utopie autour d’un porte-avion parqué au milieu d’une ville. Cette galerie semble se spécialiser dans des travaux narratifs, figuratifs, très originaux. Elle expose les vases, recouverts de récits imagés réalisés par Grayson Perry qui font l’objet d’une présentation importante à la galerie Saatchi dans le cadre de l’exposition New Labour ou encore les peintures de Chad McCail.

En partant sur la gauche dans Soho on arrive à la Frith Street gallery qui expose Callum Ines, beau travail abstrait associant la matière et l’effacement de celle-ci dans des diptyques.

Si l’on reste sur la droite, on peut s’arrêter chez Stephen Friedman qui expose la dernière installation de Thomas Hirschhorn intitulée Laundrette, il reconstitue un salon de lavage avec des écrans vidéos à l’intérieur de machines à laver montrant des scènes de violence, par ailleurs son vocabulaire habituel de cartons, scotchs et textes remplit l’espace dans un réseau dense. On trouve un autre artiste suisse quelques mètres plus loin chez Asprey Jaques qui présente dans une collective Belle de jour une lampe formée d'emballage de barre chocolatées de Costa Vece.

Pour en savoir plus et partir à la découverte de ce labyrinthe de galeries, voici quelques suggestions de lectures et d’informations: (depuis la rédaction de ce texte plusieurs galeries ont déménagé ou ont fermé! il faut recourir aux agendas).

L’agenda new exhibitions of contemporary art que l’on peut consulter en ligne propose des liens vers les sites des galeries. Sur place il faut compléter l’information en consultant l’agenda de Time out.

http://www.newexhibitions.com/

Par ailleurs un livre régulièrement réédité depuis 1997, Louisa Buck, Moving Targets, A User’s Guide to British Art Now, offre une introduction aux artistes, galeries et espaces d’exposition londoniens. Le livre de Julian Stallabrass, High Art Lite, très critique par rapport à la scène britannique, mais fort bien documenté vient d’être réédité en livre de poche.

Patrick Schaefer L'art en jeu, 5 juillet 2001

Complément du 26 septembre 2002

La Royal Academy consacre une exposition aux galeries londoniennes. 20 galeries sont invitées à présenter les artistes qu'elles défendent. Il s'agit évidemment d'un palmarès des galeries les plus actives en ce moment, même si l'on constate l'absence de quelques acteurs de marque (en fait elles ont dû payer une location). The Galleries Show, Contemporary Art in London, 20 galleries in 1. jusqu'au 12 octobre. On constate que plusieurs galeries parmi les plus importantes sont très récentes et ont été créées il y a cinq ans, voire moins. D'autre part, elles se déplacent souvent.

Voici le site des galeries de l'est londonien. http://www.f-est.com

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