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liste par artistes

Fondation Beyeler Riehen

Dali, Magritte, Miro, le Surréalisme à Paris 2 octobre 2011 - 29 janvier 2012 (musée royaux des beaux-arts, Bruxelles 16 mars - 15 juillet.)

Le surréalisme a été un creuset de créativité exceptionnel pour des artistes qui ont par la suite chacun suivi leur voie en développant un style, une vision propre. Nombreux sont ceux qui ont acquis une popularité incroyable, alors que d'autres sont restés moins connus. Le surréalisme a aussi offert des exemples audacieux de présentation et de jeu dans l'exposition des oeuvres. Bien que les documents soient relativement rares, c'est peut-être ce qui fait la plus grande actualité du surréalisme aujourd'hui. L'exposition de la Fondation Beyeler a la bonne idée d'aborder ces aspects. Le dispositif des salles reprend une idée de l'exposition surréaliste de 1938 en nommant chaque espace comme une rue parisienne. Par ailleurs les personnalités et la collection de deux compagnes du surréalisme, la première épouse d'André Breton, Simone Collinet et Peggy Guggenheim qui fut quelque temps la compagne de Max Ernst sont évoquées. D'ailleurs les artistes surréalistes et leurs proches furent souvent marchands et collectionneurs et participèrent à la promotion des oeuvres de leurs collègues.

L'exposition évoque les principales personnalités du mouvement Dali, Magritte, Miro, Max Ernst et quelques caractéristiques fondamentales de la créativité surréaliste. Les artistes un peu moins connus comme Yves Tanguy, Victor Brauner, Hans Bellmer, André Masson, Francis Picabia, Hans Arp sont également présentés. Cette exposition s'appuie sur des oeuvres de la collection Beyeler pour des artistes comme Miro, Picasso ou Max Ernst, elle a obtenu de nombreux prêts en Suisse et à l'étranger pour réunir finalement près de 300 oeuvres qui offrent un beau parcours à travers ce mouvement.

Patrick Schaefer L'art en jeu 6 octobre 2011

La Révolution surréaliste du 6 mars au 24 juin 2002

Paris, Centre Pompidou

A Londres on a pu découvrir le surréalisme sous l’angle du désir et de la sexualité; à Zurich on a pu voir les antécédents de la fortune critique du Marquis de Sade qui aboutit au surréalisme. En intitulant son exposition la Révolution surréaliste l’exposition du Centre Pompidou semble vouloir renouer avec les enjeux et les ambitions historiques du surréalisme. Qu’en est-il ? Le commissaire de la manifestation, Werner Spies, est l’un des meilleurs spécialistes du mouvement. L’exposition se concentre sur la présentation des 20 années essentielles entre 1920 et 1940 environ. Elle s'attache à la production des artistes les plus connus dont elle propose de véritables petites rétrospectives. La sélection des œuvres de Max Ernst, Miro, Dali et Magritte est particulièrement révélatrice, une place importante est également faite à André Masson et à Yves Tanguy.

L’exposition débute en rappelant la collaboration de Breton et Soupault dans la rédaction des « Champs magnétiques ». Elle présente des toiles de De Chricio et une peinture murale que Max Ernst réalisa pour Eluard en 1923 « Au premier mot limpide ». Puis sont évoqués le « Premier manifeste du surréalisme», les collages de Max Ernst, les rayogrammes de Man Ray, les premières peintures au sable de Masson en 1927 et l’idée d’écriture automatique. Suivent des groupes importants de toiles de Miro, Ernst, Picasso et Magritte. Une présentation intéressante de cadavres exquis réalisés par divers artistes attire l’attention sur les parentés très fortes qui existent entre les travaux de ces artistes à certains moments. Un autre concept surréaliste la paranoïa critique est illustré par de nombreuses toiles de Dali, en particulier les diverses versions de « L’Angélus » de Millet. Suivent des travaux de Picasso, Giacometti, Bellmer, une salle est consacrée au surréalisme et l’objet avec en particulier Meret Oppenheim. Les années 1930 sont évoquées avec Brauner, Dominguez et la décalcomanie enfin l’exposition s’achève sur le surréalisme en exil pendant la guerre avec des œuvres de Matta, Cornell et Duchamp.

L’exposition montre le foisonnement créatif, la fécondité des artistes concernés dans les années 1920, elle met particulièrement l’accent sur Max Ernst. Il s’agit d’une véritable célébration du mouvement qui repose sur une connaissance approfondie des œuvres, de leur localisation, qui parvient ainsi à montrer le meilleur de leur production. Si l'on considère la qualité des oeuvres réunies, on peut regretter la densité de l'accrochage, surtout pour une exposition qui aura de très nombreux visiteurs. Ceci dit en écartant tout didactisme, en mettant de côté toutes les problématiques récentes qui ont proposé de reconsidérer ce mouvement, l’exposition n’écarte pas les reproches habituels qui sont adressés au surréalisme. Ainsi dès le milieu des années 1930, on a l’impression que la qualité baisse, les décalcomanies de Dominguèz paraissent bien pâles lorsqu’on les compare aux collages et aux frottages de Max Ernst. L’exposition comme la vision traditionnelle du mouvement qu’elle propose semble s’effilocher. Elle ne fait pas évoluer la compréhension du public.

Il est saisissant de comparer cette présentation à celle qui fut proposée à Londres il y a quelques semaines et qui est montrée au Metropolitan Museum à New York actuellement. Sur le plan de la qualité des œuvres, de la satisfaction visuelle que l’on peut tirer de la visite de l’exposition, celle de Paris est très supérieure. Par contre au niveau de la compréhension de la cohérence artistique, de la signification des recherches des différents acteurs, il existe un véritable gouffre. Prenons un exemple. L’une des première salles de l’exposition londonienne qui explorait le thème du désir, présentait « La Mariée mise à nu par les célibataires, même » de Marcel Duchamp et des œuvres traitant le thème de l’amour et de la machine par Picabia et Ernst. Elle permettait de comprendre la spécifité de l’approche de ce thème par les surréalistes et servait en somme de fil conducteur. L’exposition de Paris montre un collage de Max Ernst « La grande roue orthochromatique qui fait l’amour sur mesure », il est en tête d’une très belle série, sans aucun commentaire ou explication. On se demande ce que les visiteurs retiennent ou voient.

Ainsi cette exposition révèle fort bien le foisonnement créatif, les interactions, l'extrême proximité parfois des résultats obtenus par les différents protagonistes, par contre elle n'entre pas en matière sur les polémiques récentes ou moins récentes qui ont agité la fortune critique des surréalistes. Les enjeux philosophiques et politiques de leur démarche et les innombrables réactions qu'ils suscitent sont passés sous silence toute l'attention est portée sur la production plastique et visuelle.

Patrick Schaefer. L'art en jeu 12 mars 2002.

L'exposition sera présentée à la Kunstsammlung Nordrhein Westfalen à Düsseldorf du 30 juillet au 30 novembre 2002.

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