L'ART EN JEU

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Image Counter Image 10 juin - 16 septembre 2012, Haus der Kunst Munich

Les techniques visuelles jouent un rôle considérable, central dans la guerre aujourd’hui. Non seulement par la transmission d’images dans des buts d’information et de propagande, mais aussi comme arme, comme moyen, instrument d’attaque avec les caméras, les drones. Beaucoup d’artistes sont conscients de cette double fonction et l’exposition tente de cerner cette évolution au cours des 20 dernières années de 1990 à 2012 et tous les aspects de l'usage de l'image.

Sean Snyder s'interroge sur la puissance optique de ceretains produits, il présente de des caméras vidéo très puissantes. Trevor Paglen tente de rendre visible ce qui ne l'est pas, vues de nuages, vues nocturnes, Drone vision, 2010. C'est depuis la première guerre du golfe que l'on dispose d'images nocturnes de grande qualité. Radenko Milak What else did you see réalise 24 peintures d'après une photographie fixant la violence gratuite à l'égard d'une femme. Harun Farocki avec Ernste Spiele montre comment les jeux vidéo sont utilisés pour préparer les soldats et aussi pour les soigner lorsqu'ils sont traumatisés par la guerre. Langlands & Bell The house of Usama Ben Laden, 2002 avaient reconstitué la demeure supposée de Ben Laden en 2002.Omer Fast superpose les titres de CNN. Deux peintures récentes de Wilhelm Sasnal sur la mort de Kadhafi figurent dans une salle consacrée à l’actualité immédiate.

Bureau d'étude a réalisé une installation sur produire l'ennemi tentant de saisir comment l'on prépare un conflit avec l'Iran avec des mots clefs notamment.

Patrick Schaefer 15 juin 2012

Tate Modern, Londres. Time Zones, Recent Film and videos jusqu'au 2 janvier 2005

L'exposition présente les travaux de dix artistes qui ont pour point commun une réflexion sur le temps de la perception et de l'enregistrement de l'image, le plan fixe, la caméra de surveillance par exemple. Si l'on cherche une autre caractéristique qui relie ses travaux, on dira que la sélection privilégie un regard plutôt ethnographique et non la mise en évidence de scénarios de fiction. On découvre ainsi les travaux de Fikret Atay, Fiona Tan, Wolfgang Staehle, Jeroen de Rijke et Willem de Rooij, Yael Bartana, Yang Fudong, Anri Sala, Bojan Sarcevic et Francis Alÿs.

Fikret Atay nous montre deux adolescents kurdes qui chantent et dansent devant un automate à billets comme si une caméra de surveillance les avait enregistrés. Fiona Tan présente des femmes qui tirent à l'arc, Saint Sebastian, 2001, l'image en gros plan, fixe les visages et les mouvements du haut du corps les réactions au tir aussi. Wolfgang Staehle est devenu célèbre parce qu’il avait fixé une caméra en face de Manhattan dans le cadre d'une exposition dans une galerie new yorkaise enregistrant ainsi en temps réel, de façon fortuite, les attentats du 11 septembre. Ici il a placé sa caméra au pied d'un couvent fortifié en Allemagne à Comburg. L' œil est en éveil permanent, observe là où il ne se passe rien.

Jeroen de Rijke et Willem de Rooij présentent une vue en plan fixe d'un cimetière dans la banlieue de Jakarta.

Yael Bartana propose Kings of the Hill, 2003, un reportage silencieux sur des hommes qui jouent avec des 4x4 très puissants en essayant de leur faire gravir des dunes sur une plage près de Tel Aviv.

De Yang Fudong on découvre un court-métrage évoquant le retour au pays d'un jeune homme.

Bojan Sarcevic laisse une caméra le suivre dans ses déambulations à travers les rues de Bangkok.

Anri Sala avec Blindfold, 2002 fixe la caméra devant des panneaux d'affichage métalliques vides et observe l'évolution de la réflexion lumineuse au cours de la journée.

La pièce de Francis Alÿs retenue date de 1999 et montre les personnes qui se mettent à l'abri d'un mât sur le Zocalo la grande place de Mexico.

La sélection est assez intéressante, mais pas très percutante me semble-t-il. Il y a notamment sur le thème des caméras de surveillance beaucoup de travaux qui auraient pu figurer ici par exemple chez Sophie Calle.

Le site de l'exposition est toujours accessible.

En fait plusieurs des approches présentées correspondent à la Camera obscura qui reproduit une image du lieu où elle est placée sur un mur. Il faut signaler qu'un exemple de ce procédé a été construit sur le toit de la Hayward Gallery dans le cadre de l'exposition Eyes, Lies & Illusions.

Dans la collection on trouve une œuvre de Nauman qui explore le même problème Mapping the Studio, 2000 5h 45 c'est un enregistrement nocturne dans son studio, à côté il dresse l’inventaire écrit de tous les événements qui se passent: craquements, souris, chien qui aboie etc

Au même étage de la Tate une grande rétrospective est consacrée au photographe et cinéaste suisse installé aux Etats-Unis Robert Frank (1924). Elle met en évidence le caractère expérimental de la démarche du photographe. Eprouvant une insatisfaction devant l’arrêt sur image imposé par la photographie, il s’intéresse ainsi à des suites de planches-contacts qui permettent de suivre une action. Finalement il passe au cinéma expérimental et il utilise le côté instantané du polaroïd. Par ailleurs il est motivé par une exploration autobiographique et l’ensemble de son œuvre apparaît comme un autoportrait.

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 7 novembre 2004

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