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Cette page propose des articles sur les expositions collectives Je ne vois que le soleil, Visions du déluge.

Lausanne 21 novembre 2010

Musée cantonal des beaux-arts "Je ne vois que le soleil". La lumière dans les collections du musée jusqu'au 2 janvier 2011. Il ne s'agit pas d'une exposition sur l'évolution du  clair-obscur, quoique cet élément soit aussi présent. Il s'agit de la présence réelle d'oeuvres contemporaines qui utilisent la lumière comme Michel Verjux par exemple, François Morellet, des néons, Jean Otth, des vidéos, des projections. Une dizaine de thèmes, de lectures formelles des oeuvres ont été retenus pour organiser des regroupements: vibrations, ténèbres, solarisation par exemple. La présentation est assez étonnante, démantèle une approche historique au profit d'un regard à la fois matérialiste et formaliste! et renouvelle la perception des oeuvres de la collection, grâce à un éclairage très étudié également.

L'accent est mis sur des artistes contemporains locaux Jean Otth, Jean Scheurer, Robert Ireland, Alain Huck, Claudia Renna. Des points forts de la collection sont ainsi réunis et confrontés de manière inattendue. On commence tout de même avec les pièces les plus anciennes, Le Maître de Rimini, des néo caravagesques de la collection Ducros confrontés à Christian Boltanski et à Michel Verjux. Dans la salle suivante on trouve de grandes compositions de François Bocion et Emile David confrontées à des formats horizontaux de Scheurer plus loin c'est Vallotton et Jean Otth. Une place importante est faite aux travaux sur papier de Gleyre, Ducros, Bocion, l’exposition s’achève avec Thomas Huber et Pierre Soulages.

L'art en jeu, Patrick Schaefer 21 novembre 2010

Lausanne Musée cantonal des beaux-arts:

Visions du déluge 2 février - 29 avril 2007

L'exposition du musée des beaux-arts de Lausanne intitulée Visions du déluge offre un large panorama artistique de la Renaissance à l'art contemporain. Elle part des illustrations du texte de la Genèse pour montrer l'évolution d'un thème et de sa représentation au cours de cinq siècles. L'exposition se signale en mettant l'accent sur certains points forts sans tomber dans l'énumération, comme c'est trop souvent le cas des expositions thématiques. Elle propose des approfondissements bienvenus autour de certaines oeuvres de la collection du musée tout en élargissant la perspective pour offrir l'occasion d'admirer des peintures, des dessins et des gravures provenant du musée du Louvre et d'autres institutions en France et en Europe.

Les trois premières salles sont consacrées à des propositions contemporaines. Dans la première on trouve un montage de films catastrophes évoquant le déluge. Dans la deuxième une installation vidéo de Bill Viola, The Raft, 2004 (le radeau inspirée du Radeau de la Méduse). Un groupe d'hommes et de femmes est en attente comme s'ils étaient dans un abri bus. Ils sont 12 pour commencer, d'autres personnes évoluant en extrême lenteur les rejoignent, au moment où l'eau les assaille de gauche et de droite ils sont 19. Après la catastrophe on les voit tenter de reprendre leurs esprits ou se rassurer mutuellement. L'eau occupe une place centrale dans les travaux de Bill Viola. La vidéo de Paul Pfeiffer d'une durée de 20' que l'on découvre dans la salle suivante évoque Le matin après le déluge, 2003 et montre l'évolution du ciel sur l'horizon une atmosphère paisible toute différente. Bien que ces travaux contemporains puissent former une exposition autonome, ils s'articulent bien avec le propos de l'exposition qui évoque aussi trois moments: l'avant, le moment crucial et l'après.

Dans la salle suivante le texte de la Genèse évoquant le Déluge est présenté avec des bibles illustrées évoquant cet épisode. Aux murs sont accrochées des tapisseries qui illustrent le récit du Déluge. Les salles suivantes sont centrées autour d'une toile principale complétée par d'autres peintures, dessins ou gravures. On commence avec Antonio Caracci et Aessandro Turchi. Plus loin c'est l'évocation de l'humanité avant le déluge qui est montrée avec notamment une toile de Cornelisz Cornelisz de 1615 évoquant les plaisirs qui conduisent à la punition de la catastrophe. Un épisode central dans l'iconographie du déluge est proposé par une toile de Nicolas Poussin L'Hiver ou Le Déluge, entre 1660 et 1664, absente cette toile est remplacée par des copies et d'autres oeuvres dont elle est la source. Après la Renaissance, le maniérisme, le 17e siècle on passe au 18e siècle.

C'est l'occasion d'évoquer d'une part un changement iconographique avec la concentration sur le drame personnel d'un couple ou d'une famille et le rappel concret d'événements vécus: les tremblements de terre, suite aux catastrophes de Lisbonne et de Messine qui ont beaucoup frappé les esprits de l'époque. Avec Le Tremblement de terre, 1806 de Jean-Pierre Saint-Ours et des aquarelles de Ducros, le musée des beaux-arts possède des oeuvres clefs illustrant cette problématique. On trouve également Johann Heinrich Fuessli, La Vision du déluge, vers 1800. L'exposition s'achève en mettant en perspective une oeuvre de Charles Gleyre intitulée Le Déluge, 1856 qui montre la terre après la catastrophe survolée par deux anges, on la découvre ici avec une toile de Turner (1805) et des travaux de Francis Danby ( vers 1828 et 1840), John Martin (1828, 1840) notamment.

En 1999 le Kunsthaus de Zurich accordait une large place au Déluge et aux tremblements de terre dans son exposition Weltuntergang & Prinzip Hoffnung, il s'agissait alors d'évoquer les peurs millénaristes à l'occasion du changement de siècle. Il est intéressant de constater que le point de vue devient très concret aujourd'hui et se réfère non pas à des craintes, mais à des expériences récentes vécues (11 septembre, tsunami, inondations) pour les mettre dans une perspective historique!

On peut aussi rappeler la réflexion sur L'accident développée par Paul Virilio dans une exposition intitulée Ce qui arrive à la Fondation Cartier à Paris à la fin 2002. Paul Virilio qui réfléchit au phénomène de l’accident naturel, industriel ou terroriste dans notre société depuis longtemps.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 8 février 2007

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