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Donald Judd Bâle jusqu'au 9 janvier

La rétrospective Donald Judd (1928 - 1994) présentée au Musées des beaux-art et au musée d’art contemporain de Bâle (2 octobre – 9 janvier), la première consacrée à l’artiste depuis son décès en 1994, comprend 40 travaux caractéristiques des différentes périodes d’activité du plasticien. Elle a déjà été montrée à la Tate Modern à Londres et à la Sammlung Nordrhein Westfalen à Düsseldorf.

Certaines œuvres de Judd sont pratiquement inévitables dans toute collection d’art moderne comme les stacks, ces fameuses structures verticales assemblant plusieurs pièces identiques superposées. On en trouve trois dans la rétrospective de Bâle et elles acquièrent un nouvel impact dans ce contexte, confrontées à d’autres pièces. L’exposition met en valeur le développement du travail, le passage de la peinture au relief, puis à la sculpture. Dès 1964 Judd renonce à toute exécution personnelle sur ses œuvres qui sont exécutées dans un atelier, d’après ses plans, mais il s’attache à faire vibrer des matériaux : le fer, l’aluminium, le bois, le plexiglas. Cette vibration des matériaux et les recherches sur les couleurs, la lumière, les laques ressortent particulièrement ici par le dialogue entre les différents travaux.

Judd fut un critique et un essayiste virulent (Donald Judd écrits, 1963 – 1990 Daniel Lelong éditeur, 1991). Il aborda aussi bien les oeuvres de ses collègues artistes que les problèmes liés à la réception et à la présentation de ses propres travaux.Les institutions font l'objet d'attaques virulentes. Il eut également de gros problèmes avec l’un de ses collectionneurs, Panzza di Buono, sur lesquels il s’explique en détail. Dans ses écrits bien qu'il parle assez peu directement de ses propres œuvres permettent de prendre la dimension du personnage. Les artistes qui lui sont proches, il fut l’un des principaux défenseurs de Dan Flavin et de Barnett Newman, et ceux qu’il rejette. Il tient aux valeurs modernistes, on constate que ses références sont Mies van der Rohe, Le Corbusier et de Stijl. Quant à lui, il rejette la catégorie de minimaliste, p. 141 «J’ai dit et écrit à plusieurs reprises que l’étiquette « minimalisme » ne signifiait rien de toute façon, et que mon œuvre n’est décidément pas une œuvre impersonnelle quoi que cela puisse signifier en art». Il attaque le retour à la narrativité et le postmodernisme.

Est-il paradoxal de montrer une rétrospective Donald Judd? lui dont les travaux sont des installations qui en principe devraient rester fixes. Premier point à relever, le deuxième étant que ces œuvres comme assertions, présences dans l’espace paraissent peu évolutives. Il est ainsi particulièrement intéressant de voir une tentative de les situer dans une évolution personnelle qui leur donne un impact différent et permet une véritable découverte. A la fois emblématiques, apparemment bien connues parce que omniprésentes dans les collections et les livres consacrés à l’art contemporain, elles restent déroutantes, caractéristiques d’un minimalisme (terme que Judd rejetait) qui a été mis en cause par les formes multiples du postmodernisme. La rétrospective s'avère particulièrement judicieuse et bienvenue en donnant une présence tout à fait inédite à ces travaux, en ravivant leur perception.

Quelques liens:

http://www.kunstmuseumbasel.ch/

La Fondation créée en 1986 à Marfa au Texas par Judd pour la présentation permanente des certaines de ses oeuvres et d'autres artistes.

Les Hallen für neue Kunst à Schaffhouse abritent une installation permanente de Judd.

Meubles de Judd réalisés en 1984 par une firme suisse.

Il existe une réflexion très actuelle dans l’art digital par rapport à l’art conceptuel comme proposition de relations entre des formes, des structures dans l’espace. Les pièces de Judd s'apparentent clairement à ce type de réflexions sérielles visant à placer des variables dans toutes les configurations possibles, à définir les rapports entre plusieurs éléments. Un projet du Whithney Museum autour de Sol Lewitt réfléchit à ces questions.

http://artport.whitney.org/commissions/softwarestructures/

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 2 octobre 2004

 

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Monet et les modernes

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