Cette page réunit des articles sur les expositions consacrées à Paul Klee.
Centre Paul Klee, Berne: Klee rencontre Picasso jusqu'au 26 septembre 2010
Après Matisse-Picasso (2003), Bacon-Picasso (2005), Picasso et les maîtres (2009), le centre Paul Klee à Berne présente une magnifique exposition Klee - Picasso à voir jusqu'au 26 septembre 2010.
De nos jours le rapprochement entre les deux artistes ne va pas de soi, pourtant certains marchands et collectionneurs comme les Rosengart et Heinz Berggruen ont senti ces affinités. En fait jusqu'à la mort de Klee, il était assez fréquent de considérer ces artistes presque exactement contemporains, (Klee est né en 1879 et Picasso en 1881) comme deux piliers de l'art du XX e siècle, d'importance égale et de nature très différente. L'exposition montre brillamment ces affinités et le dialogue entre les deux personnalités. Organisée de manière chronologique et thématique, elle suit l'évolution de chaque artiste et met en évidence les points de rencontres par les oeuvres et par une importante documentation.
Dans l'introduction du catalogue, traduit en français, Christine Hopfengart, qui a réalisé l'exposition, écrit: "...on ne peut se contenter de définir l'attitude de Klee vis-à-vis de Picasso en termes d'"imitation" ou d'"influence". Il s'agit bien davantage d'un champ de tension autant psychologique qu'artistique, d'une discussion imaginaire faite d'appropriation et de contradiction, d'admiration secrète et d'ironie critique."
Après une réflexion et une discussion très détaillée du cubisme en 1912 et en 1913, Klee va rencontrer l'oeuvre de Picasso à travers des marchands, des collectionneurs. Le dialogue prendra une nouvelle intensité avec la rétrospective du Kunsthaus de Zurich en 1932 (exposition qui sera d'ailleurs partiellement reconstituée cet automne à Zurich) qui aura notamment comme conséquence de pousser Klee à aborder de plus grands formats et à donner une place importante à la figure humaine. Klee rendra visite à Picasso à Paris en 1933 et ce dernier lui rendra la politesse en 1937 à Berne.
Le récit de ce dialogue fascinant couvre la première moitié du XXe siècle et se poursuit même après la mort précoce de Klee.
Patrick Schaefer l'art en jeu 13 juin 2010
Centre Paul Klee, Berne: A la recherche de l'Orient de Bellini à Klee jusqu'au 24 mai 2009
Le voyage, l'exotisme, Paul Klee y a goûté une première fois lors d'un périple en Tunisie en 1914 avec August Macke et Louis Moilliet, un bref séjour de 12 jours qui l'a marqué et auquel il a donné une place prépondérante. Puis il s'est consacré à ses travaux, son enseignement. Il est allé en Egypte à la fin des années 1920, deux semaines lors des vacances de fin d'année. Les oeuvres inspirées par la Tunisie sont parmi les plus populaires de Paul Klee et l'ont toujours été. Le voyage est devenu rêve, ailleurs, évocation. Quant à "l'inspiration" égyptienne, sphynx, hiéroglyphes, elle frappe les observateurs depuis longtemps. A côté de la présentation des oeuvres de Klee inspirées par ces lieux, l'exposition prend ces moments exceptionnels dans la carrière de l'artiste comme prétexte pour suivre plusieurs pistes d'explorations complexes.
D'une part présenter les artistes attirés par l'orientalisme avant Paul Klee, afin d'illustrer le regard porté sur l'Orient. D'autre part proposer une sélection d'une trentaine de pièces exceptionnelles d'art islamique sans chercher des influences directes, mais pour montrer des affinités qui frappent. L'exposition débute par cette sélection d'oeuvres islamiques d'époques et de provenances diverses. Puis vient le chapitre consacré à l'orientalisme qui présente les relations entre Venise et L'Orient et les travaux d'artistes qui ont abordé ce thème depuis le 16e siècle. Ensuite sont confrontées les aquarelles des trois artistes Klee, Macke et Moilliet et l'exposition se poursuit avec des oeuvres de Klee dans lesquelles on trouve des éléments "égyptiens".
Une deuxième exposition va s'attacher aux relations liant Orient et Occident dans l'art d'aujourd'hui sous le titre Rêve et Réalité, art contemporain du Proche-Orient 28 février - 16 août ( le numéro de février 2009 de la revue Du est consacré à cette exposition). A partir du 30 mai l'exposition de Bellini à Klee sera modifiée, renouvelée sous le titre Paul Klee. Tapis du souvenir et mettra l'accent sur l'ornement dans l'art du XXe siècle. Un programme de concerts de musique orientale accompagne les expositons.
Patrick Schaefer, L'art en jeu 8 février 2009
Mouvement dans l'atelier, Berne 12 novembre 2008
Le centre Paul Klee parvient toujours à renouveler le regard sur l'oeuvre de l'artiste auquel il est consacré.
Actuellement et jusqu'au 18 janvier 2009 sous le titre Mouvement dans l'atelier, il documente deux aspects dans le travail de Klee: d'une part les différents lieux dans lesquels il a vécu et créé et d'autre part la manière dont il travaillait, la cuisine interne de ses travaux ce qui est tout à fait passionnant. Lexposition évoque les lieux dans lesquels Klee a travaillé depuis lappartement de ses parents, ses trois ateliers successifs à Munich, puis Weimar, Dessau, Düsseldorf, finalement le retour à Berne. Des photographies documentent ces ateliers. Les uvres produites sont parfois replacées dans le contexte de latelier. Par ailleurs différents aspects du mode de travail de Klee sont évoqués : le découpage, le collage, diverses méthodes de report, les recherches sur les couleurs, l'emploi de matériaux inédits, des relations avec ses écrits théoriques sont également établies. On découvre à la fois lintimité et la cuisine interne de la création des uvres de lartiste dans une approche très intéressante.
Au sous-sol, on découvre la collection de 27 travaux de Klee réunie par un collectionneur japonais jusqu'au 8 février 2009. Ici aussi le résultat est remarquable, car ces oeuvres sont mises en relation avec des travaux proches par les thèmes ou les dates appartenant au Centre, ce qui permet d'offrir une présentation inédite, mais très complète de l'oeuvre de l'artiste.
Patrick Schaefer 12 novembre 2008
L'Albertina à Vienne propose une exposition Klee
Centre Paul Klee:
Le paradis perdu. Le regard de l'ange jusqu'au 26 octobre 2008
Opposant le jardin au rez et l'enfer ou le paradis perdu au sous-sol, le centre Paul Klee propose une deuxième exposition qui met en relation les dessins de Klee dans lesquels on sent l'écho de la guerre à des oeuvres contemporaines ou du XXe siècle qui réagissent à divers conflits. Cela va des deux guerres mondiales aux conflits récents, notamment dans les Balkans. L'espace est entièrement obscurci. Des dessins, des photographies, des vidéos sont présentées. L'accrochage est très dense, les oeuvres sont superposées et se touchent. Un effet d'accumulation est ainsi créé, ce qui donne une atmosphère, mais ne favorise guère la perception individuelle des oeuvres.
Jenseits von Eden. Eine Gartenschau in Paul Klees Zaubergarten 17 mai - 31 août 2008
du 31 mai au 4 juin le centre sera ouvert sans interruption à l'occasion de l'exposition Lost Paradise - Der Blick des Engels qui sera présentée au sous-sol jusqu'au 26 octobre.
Paul Klee au jardin des merveilles. Après la musique et le théâtre, le Centre Paul Klee à Berne consacre une exposition à la nature dans l'oeuvre de Paul Klee. Un thème fondamental pour l'artiste dont les divers aspects sont présentés ici. A noter que cette exposition sera également visible en Scandinavie au musée de Bergen notamment qui possède un fond Klee important.
Le nom de l'artiste, trèfle en allemand, le place sous la houlette de l'observation naturaliste, il signait parfois avec un trèfle d'ailleurs. Très tôt il a peint de petits paysages avec la crainte explicite de se perdre dans la nature. On constate une tension entre une vision romantique et une approche analytique. Les oeuvres ont été regroupées autour de différents thèmes sans chronologie. On trouve ainsi la fleur bleue, référence à Novalis, les arbres, l'artiste utilisant la métaphore de l'arbre pour se comparer à un tronc et plus tard celle des fruits pour évoquer l'accomplissement de ses recherches. L'analyse des formes des plantes, leur croissance, leur évolution l'inspirent souvent. Le mouvement, la germination, le potentiel dans la plante l'intéressent davantage qu'une observation statique. Des relations sont établies avec de Haller, Goethe, Blossfeldt dont les photos fascinaient Klee, Kandinsky lui a offert un livre de ce photographe. On passe à des aspects plus fantastiques avec les plantes nocturnes et l'oeuvre intitulée Das botanische Theater ou encore une interprétation surréaliste avant la lettre du foisonnement végétal sans oublier le jardin imaginaire. Au centre de l'espace du premier étage ont pris place des oeuvre entièrement abstraites qui sont une forme d'aboutissement des recherches et des réflexions de Klee: Harmonie de la flore nordique, 1927 ou Le jardin en fleurs, 1930.
Les artistes Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger (Le site des artistes informe sur leurs très nombreuses réalisations, notamment Jardin de lune jusqu'au 30 septembre 2008 dans l'ancienne mine d'argent à Sainte Marie aux mines en Alsace) ont été invités à envahir l'espace de circulation du centre Paul Klee avec leurs structures végétales et artificielles. Ils pénètrent également dans l'espace d'exposition par plusieurs interventions. Pour donner un autre regard sur la vision de la nature aujourd'hui une installation vidéo de Kutlug Ataman (1961) consacrée à une femme obsédée par la culture des amaryllis est projetée.
Patrick Schaefer 16 mai 2008
Au centre Paul Klee jusqu'au 6 janvier 2008 on peut découvrir Paul Klee - Überall Theater
Présentée dans la halle centrale à l'étage l'exposition offre plusieurs facettes que le visiteur perçoit simultanément en raison de l'organisation de l'espace: des dessins et des peintures venant de nombreuses collections suisses et étrangères et qui illustrent les relations de Klee avec le théâtre, une documentation chronologique sur les spectacle vus par Klee au cours de sa vie et des travaux d'élèves réalisés au Bauhaus. Les 30 marionnettes réalisées par Klee forment le point d'orgue de l'exposition. Malheureusement, elles ne sont certainement pas mises en évidence de façon idéale d'autant plus qu'à travers les vitrines de plexiglas qui entourent chaque pièce, on voit l'écran suspendu au fond de la salle. Par un saut chronologique qui n'est peut-être pas évident au premier abord, on découvre sur cet écran des productions d'artistes contemporains, un dernier aspect de l'exposition qui est encore complété par deux écrans de télévision sur lesquels sont projetées d'autres vidéos d'artistes qui s'intéressent au mime et à l'expression théâtrale.
Les oeuvres, environ 200, sont regroupées par thèmes: les comédiens; les stars et célébrités; les marionnettes et figures artistiques; danseurs et artistes en mouvement; le cirque; le théâtre au Bauhaus; pièces et fantaisies théâtrales. Une approche thématique qui traverse les années depuis les débuts de l'artiste jusqu'à la fin de sa vie. L'exposition complète heureusement et recoupe parfois celle de l'année passée qui était consacrée à Klee et la musique.
Une présentation chronologique des oeuvres de l'artiste réunies autour de la toile Ad Parnassum est visible jusqu'au 18 mai 2008 au sous-sol de l'institution.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 26 septembre 2007.
Berne Centre Paul Klee
Paul Klee Mélodie et rythme jusqu'au 12 novembre 2006
La musique occupait une place centrale dans la vie de Paul Klee. Il était fils de musiciens, avait épousé une pianiste et jouait du violon; il pratiquait régulièrement cet instrument en faisant de la musique de chambre. Tout en évoquant cet aspect de la personnalité de l'artiste l'exposition mélodie et rythme propose un regard sur toute la production de Klee en établissant des relations avec les structures musicales. Sept sections forment autant de points de vue qui montrent l'imbrication étroite entre l'oeuvre graphique et picturale de Klee et la musique. L'ordonnance rythmique des compositions au carré, l'évocation des structures d'une partition dans l'organisation de l'espace des oeuvres, les structures picturales polyphoniques autant de références directes à la musique que l'on trouve dans des oeuvres dont le sujet n'est pas musical, il peut s'agir d'un paysage ou d'une composition abstraite. Par ailleurs de nombreuses oeuvres sont imprégnées par les références à des opéras ou la représentation souvent caricaturale de musiciens. La démonstration très dense (150, toiles, dessins et aquarelles) est particulièrement convaincante. Elle offre aussi sans doute une excellente occasion d'entrer dans l'oeuvre de l'artiste à ceux qui ne le connaîtraient pas encore bien.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 27 septembre 2006.
Dans l'arche centrale deux espaces sont prévus, le premier est consacré à une sélection des oeuvres de Paul Klee choisies parmi le 4'000 oeuvres que le centre abrite dorénavant, alors qu'à l'étage inférieur un espace destiné aux expositions temporaires est consacré à Paul Klee également pour l'instant. Sous le titre Nulla dies sine linea , Pas un jour sans un trait jusqu'au 6 mars 06 la pemière exposition temporaire met en évidence l'intensité du travail de Klee au jour le jour ici au cours des années 1938 - 1940. La deuxième exposition temporaire du 1er avril au 18 juin 2006 proposera Max Beckmann. Mais l'activité du centre est aussi tournée vers la musique et le théâtre un auditorium de 300 places peut accueillir le public. Les deux semaines d'ouverture prévoient un programme dense que l'on peut consulter sur leur site internet. Un musée pour les enfants Creaviva se trouve également sur le site.
Paul Klee, laccomplissement de luvre tardif
Lexposition Paul Klee, laccomplissement de luvre tardif à la Fondation Beyeler propose jusqu'au 9 novembre 2003 120 uvres accrochées dans 4 salles.
Elles forment un ensemble très dense d'une grande intensité émotive. Alors que dans le catalogue les travaux sont reproduits dans lordre chronologique de 1930 à 1940, laccrochage les présente en
associant les pièces qui ont le plus daffinités. Ainsi après lexposition consacrée aux travaux de lannée 1933 au musée de Berne (que l'on peut encore voir à Francfort (dès le 18 septembre) et à Hambourg, alors que l'exposition de la Fondation Beyeler sera également présentée à Hanovre du 23 novembre au 15 février 2004) on découvre à nouveau avec cette manifestation un Klee très différent de celui que lon voit habituellement. Une sensibilité à fleur de peau lui permet d'exprimer avec le langage quil a créé ses angoisses, ses réactions et ses prémonitions face à la situation générale du monde qui lentoure et face à sa situation personnelle, à savoir le développement dune maladie incurable qui va lemporter.
Paul Klee (1879 - 1940)
Après avoir enseigné pendant treize ans aux Bauhaus de Weimar, puis de Dessau et enfin à l'académie de Düsseldorf, Klee se retrouve seul à Berne dès la fin de 1933, licencié, suite à l'arrivée des nationaux- socialistes au pouvoir. Une relation ironique, parfois caricaturale au monde et aux faits quotidiens est une caractéristique récurrente du travail artistique de Klee. Pourtant en principe, on le perçoit avant tout préoccupé par des questions de construction, de jeu avec les forme et leur équilibre ou déséquilbre dans l'espace de la feuille ou de la toile. Les deux expositions de cette année soulignent son implication face aux événements du moment qui le touchent très directement dans son existence, qu'il s'agisse de l'évolution politique ou de l'apparition de la maladie.
Lexposition de Riehen débute avec une toile de 1939 Blumen im Stein qui évoque les figures caractéristiques de Klee, mais qui fait aussi penser à une pierre tombale. La mort, la torture, lemprisonnement et la catastrophe sont omniprésents. Une pièce comme Le labyrinthe brisé apparaît comme une suite de signes puissants et prend une signification tragique comme La Clef brisée de 1938 (jeu de mot sur son nom?). Ou encore Après linondation de 1936 et La ville touchée de la même année.
Le monde des métamorphose, les transformations homme-animal, les fantômes et les sorcières ouvrent vers un imaginaire plus large où apparaissent encore les esprits et les anges qui évoquent le passage vers un autre monde. Le prisonnier, La mort et le feu sont les pièces emblématiques de cette présentation.
Lexposition est montée conjointement par la fondation Beyeler à Riehen où lon peut la voir jusquau 9 novembre et le musée Sprengel de Hanovre où elle est présentée du 23 novembre au 15 février 2004.
http://www.beyeler.com
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 27 août 2003
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