--
Maria Lassnig reçoit le Lion d'or à Venise en 2013.
A l'occasion de ses 90 ans Maria Lassnig fait l'objet de deux expositions qui seront présentées à Vienne MUMOK 13 février - 17 mai 2009 et à Cologne au Museum Ludwig 14 mars - 14 juin 2009.
Maria Lassnig, verschiedene Arten zu sein (différentes manières d'être)
Kunsthaus Zurich jusqu'au 29 février 2004
Maria Lassnig développe un travail de peinture passionnant. On pense à l’école de Londres: Francis Bacon, Frank Auerbach, Paula Rego peut-être et à Kokoschka bien sûr puisqu’elle est autrichienne. Bien qu’elle soit très connue des milieux spécialisés, la notoriété de Maria Lassnig est encore limitée auprès du grand public, malgré plusieurs expositions itinérantes présentant soit ses travaux sur papier, soit ses peintures. Née en 1919, elle vit à Vienne où elle a enseigné la peinture. L’exposition du Kunsthaus occupe l’espace du rez-de-chaussée de cette institution, souvent réservé aux jeunes artistes. Elle est organisée parce que l’artiste a obtenu le prix Roswitha Haftmann en 2002.
Cet accrochage accompagné dun catalogue se concentre sur un seul thème lautoportrait, tel quil a été traité par lartiste au cours de 10 dernières années. Ainsi la retrouve-t-on 27 fois dans des situations, des positions très diverses. La technique picturale de Maria Lassnig est expressionniste, mais ses peintures reposent sur un dessin très solide, elle est dailleurs une aquarelliste et dessinatrice hors pair. Par ailleurs cette expressivité nest pas tragique, il sagit dun langage pictural qui est plein dhumour, de distance et se met au service de lexploration systématique dun thème, dune idée. Elle se maltraite, se déguise on la voit avec une poële sur la tête, déguiséee en E.T. Dans une grande partie des toiles exposées elle se présente en relation avec un animal : lièvre, crapaud, âne, canard, singe, furet, cochon dinde. Un enfant aussi lorsquelle retrouve soudain le thème de la Maternité ou alors celui du Bon Berger elle se montre un âne sur les épaules, au lieu de lagneau traditionnel. On perçoit une verve déchaînée dans ses peintures. Une absence de complaisance qui est totalement au service de la peinture comme acte, comme matière, comme rapports de couleurs qui savèrent particulièrement acides chez elle, en accord avec son goût de lironie. Cette présentation limitée révèle la maîtrise totale des moyens picturaux et des possibilités techniques de ce mode dexpression.
Pour la curiosité, mais je n'ai pas essayé de la charger, je signale qu'il existe une thèse ("Dissertation") en ligne en allemand de 2002, sur les autoportraits de Maria Lassnig: