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liste par artistes

Cette page contient des articles sur Max Ernst, Fernand Léger, Francis Picabia.

Fernand Léger Paris - New York jusqu'au 7 septembre 2008

Fondation Beyeler Riehen

L'exposition Fernand Léger (1881 - 1955) proposée par la Fondation Beyeler est organisée chronologiquement. Elle présente la première partie de la carrière de l'artiste, montre comment il développe l'héritage cubiste. Les thèmes spécifiques sont bien mis en évidence: une passion pour la ville et les hommes qui l'habitent et une prise en compte du quotidien, du travail, liée à des positions politiques. Le film Ballet mécanique (1924) intervient dans cette recherche. Il est habituel de considérer qu'après des débuts prometteurs l'art de Léger s'est dégradé pour répondre à ses aspirations militantes par une simplification de plus en plus marquée et la recherche d'un langage accessible et populaire.

L'exposition tente de renverser cette approche en montrant les spécificités de la carrière américaine de Léger : après avoir séjourné à trois reprises aux Etats-Unis dans les années 1930, il a passé toute la Seconde Guerre mondiale dans ce pays qui le fascinait. Par ailleurs elle suggère des rapprochements avec la génération des artistes américains de l'immédiat après-guerre. Des oeuvres importantes de Rauschenberg, Lichtenstein, Kelly notamment sont placées dans les salles en relation avec celles de Léger. Une approche un peu agaçante au premier abord, mais qui a l'avantage de dépoussiérer le regard. Elle est d'ailleurs relativisée et argumentée dans le catalogue en particulier dans les contributions d'Yves-Alain Bois et de Raphaël Bouvier. Yves-Alain Bois relève que Léger a donné un développement particulier à un apport du cubisme, à savoir la séparation entre le dessin et le champ coloré une traitement destiné à connaître un grand succès auprès des générations postérieures. Par ailleurs avec les compositions consacrées au thème des plongeurs, il a cherché à supprimer la gravité, ce qui n'a jamais été fait par les cubistes, c'est-à-dire qu'il a réalisé des œuvres figuratives qui peuvent être regardées dans tous les sens. C'est sans doute l'un de ses apports majeurs et aussi par là qu'il exerce une influence sur des artistes comme Kelly ou Rauschenberg. Raphaël Bouvier relève que ce n'est qu'à partir des années 1970 que Lichtenstein a pris conscience de l'importance de Léger et qu'il a développé des références explicites à cet artiste. Par contre il est possible de relever de nombreux points communs en particulier: la standardisation des formes, la mise sur le même plan des objets et de la figure humaine. L'abandon d'un style pictural personnel au point que Léger laisse la réalisation des commandes monumentales (nombreuses dès son retour en France) à son atelier et à ses élèves.

L'exposition parvient à casser les à priori et le rejet des œuvres plus tardives en les réhabilitant, en montrant leur contexte, leur spécificité et leur rayonnement. Un point de vue intéressant qui donne une vision dynamique de l'oeuvre de Fernand Léger.

La réouverture du musée Fernand Léger à Biot près d'Antibes est annoncée pour le 21 juin 2008.

En 2000 - 2001, le musée d'art et d'histoire de Genève avait présenté:La création du monde, Fernand Léger et l’art africain des collections Barbier-Mueller.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 5 juin 2008

Max Ernst fait l'objet d'une exposition à l'Albertina de Vienne. Max Ernst Une semaine de bonté, un roman surréaliste jusqu'au 27 avril 2008. Présentation des collages originaux de ce livre.

Cette exposition est visible au musée d'Orsay à Paris Max Ernst " Une semaine de bonté", les collages originaux jusqu'au 13 septembre 2009.

Musée Tinguely, Bâle

Max Ernst. Im Garten der Nymphe Ancolie jusqu'au 27 janvier 2008

Le musée Tinguely propose Max Ernst. Im Garten der Nymphe Ancolie jusqu'au 27 janvier 2008. Une large présentation d'oeuvres ( 150 toiles, collages, sculptures, livres) appartenant à toutes les périodes créatrices de Max Ernst (1891 - 1976). Cette exposition est organisée à l'occasion de la restauration et du dépôt à long terme au musée Tinguely par le Kunsthaus de Zurich d'une peinture murale réalisée en 1934 à Zurich intitulée Pétales et jardin de la nymphe Ancolie. Cette commande fut exécutée dans le dancing Mascotte du théâtre Corso. Les oeuvres retenues ont été choisies en fonction des éléments qui interviennent dans cette composition: les passages, métamorphoses entre la nature, l'homme et l'animal qui habitent tout l'univers créatif de Max Ernst. On découvre les premiers collages mécaniques proches de Picabia. La création de livres détournant, réutilisant des livres illustrés anciens. Le développement de techniques d'inspirations spécifiques comme le frottage qui apparaissent dans la célèbre édition des histoires naturelles de 1926. Plus tard c'est l'association du collage, du frottage et de la décalcomanie qui nourriront les paysages fantastiques peints par l'artiste.

Pour donner le ton des enjeux créatifs chers à Max Ernst, citons un passage de l'Avis au lecteur par André Breton en préface de la Femme sans têtes, 1929 de Max Ernst.

" La surréalité sera d'ailleurs fonction de notre volonté de dépaysement complet de tout (et il est bien entendu qu'on peut aller jusqu'à dépayser une main en l'isolant d'un bras, que cette main y gagne en tant que main, et aussi qu'en parlant de dépaysement, nous ne pensons pas seulement à la possibilité d'agir dans l'espace)."

Dans le cadre de l'exposition est projeté un film de Peter Schamoni: Maximiliana oder die widerechtliche Ausübung der Astronomie, 1966 12'. (hommage à un astronome méconnu Guglielmo Tempel).

Depuis septembre 2005 il existe un musée Max Ernst dans la ville natale de l'artiste à Brühl: http://www.maxernstmuseum.lvr.de/

J'ai consacré plusieurs articles au surréalisme sur L'art en jeu:

Kurt Schwitters- Jean Arp, Bâle 2004--- Marcel Duchamp Bâle---Francis Picabia Paris--- René Magritte Paris, Bâle--- Desire unbound, Londres--- Revolution surrealiste, Paris.

Patrick Schaefer 31 octobre 2007

Francis Picabia, Singulier idéal, Musée d'art moderne de la ville de Paris jusqu'au 16 mars 2003

Il fut un temps où l’on partageait la carrière de certains artistes en bonnes et en mauvaises périodes. Aujourd’hui on tente de plus en plus de saisir la totalité de l’entreprise créatrice d’une personnalité. La rétrospective consacrée à Francis Picabia (1879-1953) au Musée d’art moderne de la ville de Paris est à cet égard exemplaire. Elle montre chaque période dans sa singularité et sa vigueur et rend justice à toute la carrière du peintre. Elle permet de saisir l’évolution de Picabia tout en appréciant son caractère toujours déroutant et provocateur.

Les 9 salles de l’exposition évoquent 9 moments, périodes, modes d’expression distincts. On passe ainsi d’un post-impressionnisme brillant au dadaïsme après une période orphiste. Puis viennent les réflexions, les réactions face au retour à l’ordre, l’ingrisme de Picasso notamment. Le ballet Relâche en 1924 avec le film Entr’acte que l’on peut voir ici. L’idée des transparences, superpositions d’images, de références culturelles et triviales, correspond au développement d’un style graphique. Bientôt ce sont les peintures très glamour, directement inspirées par les photographies de magazines érotiques Paris sex appeal, etc. Enfin toujours résolument engagé dans la peinture Picabia achève sa carrière en peignant des points de couleur plus ou moins abstraits. L'oeuvre présentée ainsi paraît d'une singulière actualité. Il faut relever que les artistes Peter Fischli et David Weiss sont mentionnés parmi les nombreux commissaires de l'exposition.

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 12 décembre 2002

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