www.art-en-jeu.ch

art-en-jeu.ch, webzine d'information artistique et culturelle francophone de Patrick Schaefer vous offre des critiques d'expositions (plus de 200 pages); un agenda d'expositions sélectif (200 liens); treize années de chronique (blog) artistique au jour le jour depuis 2001. Les boutons ci-dessous vous permettent de naviguer dans le site.
accueil agenda chronique listeartistesmentionnes listearticles photos contact

 
pour me contacter: infoat art-en-jeu.ch

liste par artistes

L’impressionnisme et la mode au musée d’Orsay jusqu'au 20 janvier 2013.

Le metteur en scène canadien Robert Carsen (1954) signe la scénographie très soignée et séduisante de deux expositions à Paris : Bohèmes au Grand Palais jusqu'au 14 janvier et l’impressionnisme et la mode au musée d’Orsay jusqu'au 20 janvier. Comme il est aussi l’auteur de la mise en scène de JJR, découverte à Genève ces derniers jours et qu’il avait réalisé Richard III de Giorgio Battistelli lors de la dernière saison, on lui porte un intérêt soutenu.

Avec l'impressionnisme et la mode on peut dire que la peinture saute à pieds joints hors de son cadre pour entrer dans son contexte. On ne parle plus de touche, de lumière et de perspective, mais de crinolines, gravures de mode et défilés!

Si les historiens d’art ont volontiers traité les questions formelles ou l’identité des modèles, ils se sont rarement attardés sur la description des vêtements portés par ces derniers. Ces étoffes chatoyantes et bouffantes sont cette fois au coeur de l’exposition, les robes authentiques sont présentées face aux peintures. Une large place est faite aux revues de mode et à la photographie, on apprend que Mallarmé avait créé la sienne et que Cézanne copiait de très près la position de certaines figures dans ces pages de revues. A côté des peintres les plus connus, Manet, Monet, Renoir, Degas, on trouve aussi James Tissot, Alfred Stevens, Berthe Morisot. Une salle évoque un défilé de mode et l’exposition se termine avec les grandes toiles éblouissantes des principaux artistes placées sur des piédestals ronds, à côté de robes qui tournent.

On ne peut s’empêcher de penser que ce point de vue original relativise beaucoup la spécificité des impressionnistes et l’on est un peu étonné de ne pas découvrir d’autres artistes européens, britanniques, allemands, autrichiens ou encore italiens, bien que James Tissot qui occupe une large place offre un lien.

Patrick Schaefer L'art en jeu 1er octobre 2012

------

Fondation Beyeler: Venise. De Canaletto à Turner et Monet jusqu'au 25 janvier 2009, prolongée jusqu'au 15 février.

Cet article est transféré sur la nouvelle version du site.

C'est pour marquer le centième anniversaire du séjour de Monet à Venise d'octobre à décembre 1908 que la Fondation Beyeler a décidé d'organiser une grande exposition consacrée à Venise vue par les peintres. Elle se concentre sur la période 1880 - 1910, mais consacre des salles aux prédécesseurs avec Canaletto, Guardi et Turner très largement représenté par une salle de toiles et une salle d'aquarelles. Un ensemble important d'oeuvres de Monet forme ainsi le coeur de l'exposition. L'exposition se poursuit avec une salle consacrée à Signac, une autre à Odilon Redon puis l'on découvre les gravures et les dessins de Whistler et l'exposition s'achève avec un autre américain John Singer Sargent. Par ailleurs des photographies d'époque sont présentées et au sous-sol on découvre deux photographes contemporains: Vera Lutter et David Claerbout, ce dernier propose de fascinantes visions nocturnes de Venise.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 27 septembre 2008

Fondation Beyeler Bâle: "Claude Monet ... jusqu'à l'impressionnisme numérique" jusqu'au 04 08 02

Cette exposition propose de considérer l'influence de l'oeuvre tardif de Claude Monet sur la peinture à partir des années 1950. Présentée auparavant à Munich l'exposition s'intitulait Claude Monet et les modernes. Un volet consacré à l'image numérique et une installation d'Olafur Eliasson sont venus compléter l'étape bâloise.

Il s'agit d'une présentation importante de 46 toiles de Monet : il faut dire que les Nymphéas sont chez eux dans ce bâtiment qui abrite en permanence un triptyque important de cette série auquel renvoie par ailleurs le bassin situé à l’entrée du musée. Plus loin l'influence de la découverte de l'oeuvre tardif sur la peinture américaine et française dès les années 1950-1960 est documentée par des toiles importantes de Pollock, Newman, Rothko, Sam Francis, Joan Mitchell par exemple, mais aussi Dubuffet, Yves Klein, Cy Twombly ou encore Anselm Kiefer. La démonstration en réunissant les travaux de grande qualité de 30 artistes est un peu énumérative. Certes ces œuvres ont toutes pour point commun l’abandon de la ligne d’horizon, l’investissement complet de la surface de la toile par la peinture, mais ce rapprochement de travaux qui sont par ailleurs très différents et dont l’émergence s’explique par des approches tout à fait distinctes, voire fondamentalement opposées est finalement assez étrange. Enfin en partant de toiles de Robert Ryman l’exposition s’achève sur une interrogation sur l'avenir de la peinture à l'ère du numérique, elle prend en considération la vidéo et des recherches sur ordinateur.

En fait l’exposition propose les œuvres d’un certain nombre d’artistes qui comme le fit Monet placent le spectateur dans une situation d’immersion : immersion visuelle dans la couleur, le mouvement de la lumière. Ce qui pose un problème, car certains des artistes sélectionnés peuvent sembler à une première lecture formelle proposer une telle immersion, alors même qu’ils introduisent une autre dimension dans leur démarche comme la mise en évidence du processus de création chez Dubuffet par exemple ou d’une autre manière chez Yves Klein. Par la suite intervient encore un élément important de distanciation qui est l’ironie. Les peintres qui relèvent plus ou moins de l’étiquette néo-géo qui pratiquent cette ironie n’ont pas été retenus, par contre il est certain qu’un Nam June Paik travaille de manière critique sur la notion d’immersion du spectateur telle qu’elle peut être proposée par la peinture, la photographie, le cinéma ou la télévision. Les rapprochements essentiellement formels proposés par cette exposition ne font pas ressortir ces distinctions et ne laissent aucune place à la distanciation.

L’idée est de montrer l’actualité de l’œuvre de Monet pour le reconsidérer à l’ère de l’image numérique comme on l’a reconsidéré à l’ère de la peinture abstraite et des Color Fields. Après la lumière, l’ornement la Fondation Beyeler propose une nouvelle mise en perspective originale.

Monet avait offert à la France ses Grandes Décorations, les Nymphéas de l’Orangerie. Elles furent inaugurées en 1927, une année après la mort de l’artiste. Les toiles non utilisées pour cette décoration demeurèrent roulées dans son atelier. Michel Monet les fit découvrir après la Seconde Guerre mondiale à quelques amateurs et une exposition fut organisée à la Kunsthalle de Bâle en 1949. Les premières toiles n’apparurent sur le marché qu’en 1952 et c’est en 1955 que certains musées commencèrent à s’y intéresser (cf. Reinhold Hohl, Monet und die moderne Malerei, pp. 13-19 du catalogue de l’exposition, Claude Monet …bis zum digitalen impressionismus, Fondation Beyeler, 2002). Bien que l’Orangerie ait toujours pu être visitée, la décoration de Monet tomba peu à peu dans l’oubli, elle fut restaurée peu après la guerre.

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 7 avril 2002

art-en-jeu.ch, webzine d'information artistique et culturelle francophone de Patrick Schaefer vous offre des critiques d'expositions (plus de 200 pages); un agenda d'expositions sélectif (200 liens); treize années de chronique (blog) artistique au jour le jour depuis 2001. Les boutons ci-dessous vous permettent de naviguer dans le site.
accueil agenda chronique listeartistesmentionnes listearticles photos contact

>