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Sophie Calle sera au Festival d'Avignon à l'église des Célestins du 7 au 28 juillet 2012
Whitechapel Gallery Londres Sophie Calle 16 octobre - 3 janvier 2010
Palais des Beaux-arts Bruxelles
Sophie Calle jusqu'au 13 septembre 2009
L'installation de Sophie Calle et Daniel Buren Prenez soin de vous, proposée à Venise en 2007 est visible à la Bibliothèque nationale à Paris, site Richelieu, salle Labrouste jusqu'au 8 juin 2008.
La salle de lecture de la Bnf rue Richelieu est un espace architectural historique magnifique qui a perdu son usage. L'invitation à Sophie Calle de venir présenter prenez soin de vous est une idée excellente et le résultat est vraiment émouvant. L'artiste avait présenté ce travail dans le pavillon français à Venise avec Daniel Buren comme commissaire. Ici dans chaque rangée des tables de lecture sont placés deux écrans : le spectateur peut s'asseoir et écouter les 107 performances commandées par Sophie Calle à des actrices, chanteuses appartenant aux styles les plus variés. Elles chantent, interprètent, commentent, lisent la lettre de rupture reçue par l'artiste sur tous les tons et dans plusieurs langues. On passe de Jeanne Moreau à Natalie Desay, Victoria Abril ou encore Michèle Laroque ; mais aussi le théâtre de Guignol ou les marionnettes japonaises. Par ailleurs des photos et des textes sont accrochés aux rayons de la bibliothèque et des commentaires peuvent être consultés dans des classeurs. La salle immense vouée en principe au silence est ainsi remplie de la rumeur de ces textes répétés à l'infini.
Sophie Calle m'as-tu vue
Centre Pompidou jusqu'au 15 mars 2004
Parmi les artistes qui mettent en cause le statut de luvre dart et de lexposition depuis une trentaine dannées, Sophie Calle occupe une place caractéristique, bien identifiée. Lexposition quelle propose au centre Pompidou est à ce titre exemplaire.
Les installations de Sophie Calle se présentent comme le récit denquêtes, des journaux muraux qui associent étroitement texte et image. Le texte, le récit sont essentiels, ils impliquent une attention et une lecture prolongées de la part du spectateur. De ce point de vue le rapport au temps dans cette exposition est fascinant, car la plupart des visiteurs jouent le jeu et lisent ce qui leur est proposé, surtout lorsquil sagit dun récit intime. On consacre ainsi beaucoup plus de temps à une uvre absente, inexistante quà une uvre présente (je veux dire que le visiteur passera beaucoup plus de temps dans cette exposition que dans une exposition de peinture traditionnelle). Cest sans doute dans cette mise en espace du texte que réside le paradoxe des installations de Sophie Calle. En effet, le lieu de lexposition implique que lon attend soit un récit visuel, film, vidéo, soit éventuellement un récit oral, lu, enregistré et diffusé. Ici lessentiel du récit est écrit et affiché au mur, il exige du spectateur quil lui consacre tout le temps et lattention dune lecture. Cette attention est obtenue dans la première installation parce quil sagit dune affaire qui touche chacun: le récit dune rupture. Sous le titre Douleur exquise, Sophie Calle scande au rythme des jours qui passent et résonnent comme autant de cris, lévocation de la douleur d'une séparation. La continuité du récit est brisée par des panneaux dans lesquels dautres personnes ont répondu à la question « Quand avez-vous le plus souffert ? ». Il y a une gradation intéressante dun état à lautre, dune demande d'attention, de perception à lautre, au fil de lexposition. On passe des journaux muraux, aux objets, aux photos et au film. Objets trouvés, perdus, prêtés (le lit de Sophie Calle), volés participent à la construction d'une interrogation sur les registres d'existence très différents des statuts de limage et de l'objet.
L'exposition se déroule dans 12 espaces différents. La première installation Douleur exquise est divisée en 3 parties: Avant la douleur, récit d'un voyage en transsibérien vers le Japon, Le lieu de la douleur reconstitution d'une chambre d'hôtel à Dehli où elle a appris la rupture et enfin Après la douleur, la scansion des jours de douleurs alternant avec les entretiens développés avec d'autres personnes. Le thème du lit et du sommeil occupe encore les 3 prochaines salles dans lesquelles s'entrecroisent travaux récents et anciens. Les dormeurs de 1979 est associé à la reconstitution d'une chambre à coucher pour cette exposition et à un travail sur le lit de Sophie Calle prêté à un Américain. Les salles suivantes ont un caractère rétrospectif avec la présentation de travaux sur Les Aveugles, La couleur aveugle et Last Seen (évocation d'un vol d'oeuvres d'art à Boston). Puis l'on trouve sous le titre Unfinished un film et des photographies qui évoquent d'une part les prises de vue d'une caméra de surveillance devant un bancomat, d'autre part des photos de prisonniers aux Etats-Unis. L'exposition s'achève avec le thème de la filature qui a fait la célébrité de l'artiste.
A voir aussi l'excellente création web réalisée par la revue Panoplie en 2002 qui reprend une filature présentée dans la dernière salle de l'exposition d'ailleurs: http://www.panoplie.org.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 8 décembre 2003
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