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Sam Taylor Wood expose à Baltic à Newcastle jusqu'au 3 septembre 2006
Sam Taylor-Wood, Hayward Gallery, Londres jusqu'au 21/06/2002
Née en 1967 Sam Taylor-Wood est l'une des plus jeunes artistes à bénéficier d'une rétrospective à la Hayward Gallery. (Elle sera bientôt suivie par son aîné d'une année Douglas Gordon).
La plupart des pièces présentée sont postérieures à 1994 et elles ont été vues dans de nombreuses expositions au cours des dernières années. Sam Taylor-Wood développe un travail sur le mouvement de l'image passant avec virtuosité de films immobiles à de gigantesques panoramas photographiques. Elle associe la performance et les références aux mises en scène iconographiques les plus connues de la peinture: la Sainte-Cène et la Pietà par exemple. Elle visite la structure du tableau divisé en panneau central et prédelle dans la série Soliloquy. Elle propose une nature morte en mouvement dans cette exposition.
Si l'on s'en tient à un certain niveau de discours très général, on peut utiliser les mêmes termes pour caractériser les travaux de Sam Taylor-Wood, de Gillian Wearing ou de Eija Lisa Ahtila: elles explorent toutes les trois les relations entre les êtres, la solitude, l'enfermement, le désir, la mort. Pourtant lorsque l'on compare les oeuvres, le style, les références adoptées on découvre des démarches fondamentalement différentes. Incontestablement Sam Taylor-Wood est celle qui veut être la plus proche du "registre artistique"; sa démarche est plus séduisante, imprégnée d'érotisme et de références cultivées, elle propose des produits techniquement très sophistiqués. Face à cette élaboration de plus en plus poussée, l'émotion a progressivement disparu. Je me souviens avoir vu Pent up, il y a quelques années à Zurich et avoir trouvé ces monologues sur 5 écrans très impressionnants, mais ici ils sont un peu aseptisés, perdent leur intensité.
Les principales pièces présentées dans la rétrospective de la Hayward Gallery.
Sustaining the Crisis, 1997, deux écrans se font face dans une grande salle. Sur l'un on la voit marcher seins nus dans la rue, sur lautre écran il y a un garçon immobile. Still Life, 2001 344 on assiste à la destruction par pourrissement dune nature morte de fruits. Un stylo à bille indique la profondeur et remplace le traditionnel couteau. La nature morte est par essence l'expression de l'immobilité dans la peinture, ici elle devient l'objet dune fusion entre limage immobile et celle qui est en mouvement. Le passage du temps n'est plus seulement évoqué, mais montré de manière très concrète. Pent up 1996 est une grande installation vidéo, sur 5 écrans différents, parallèles, on découvre 5 histoires différentes, 5 monologues.
Au 1er étage sont présentés Killing Time, 1994, qui présente 4 personnages sur la musique dElektra de Richard Strauss. Par ailleurs sont exposées quelques pièces des séries de photos panoramiques Five Revolutionary Seconds et de Soliloquy. On retrouve Brontausurus, 1995, un danseur nu qui évolue dans une cellule très étroite. Hysteria, explore les variations d'expression d'un visage extrêmement agité, alors que Pietà, 2001 est une vidéo qui montre l'artiste portant un acteur dans la position du Christ tel qu'il apparaît dans la Pietà de Michelange. Dans Noli me tangere, 1998, on voit un homme en caleçon de face et de dos effectuant un mouvement de gymnastique.
Au rez-de-chaussée on découvre Third Party, 1999, montré à Lyon en 2001. Sept écrans de différentes dimensions présentent les protagonistes d'une soirée. On assiste aux échanges de regards, d'attitudes, aux variations de rythmes des conversations, les objets sont également mis en évidence.
Sam Taylor-Wood peut sembler évoluer vers une expression de plus en plus mondaine en abandonnant la confrontation directe femme-homme qui marquait certaine de ses installations comme Travesty of a Mockery, 1995 et Atlantic, 1997. Ce qui ressort toutefois de l'exposition c'est l'attention portée aux mouvements du corps et aux variations d'expression du visage. L'image immobile ou en mouvement est imprégnée de cette fascination pour un théâtre de gestes silencieux et par cette écoute visuelle intense, elle rejoint aussi la peinture. Aujourd'hui, plus que la violence ou l'intensité dans les relations, on sent que c'est la perception et la traduction de ces mouvements codifiés ou naturels que Sam Taylor-Wood cherche à montrer.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 24 mai 2002
Vers d'autres articles concernant la vidéo contemporaine:
Bill Viola (2003)
Anri Sala (2003)
Steve Mac Queen (2003)
Douglas Gordon What have I done (2002)
Sam Taylor-Wood (2002)
Eija-Liisa Ahtila, Real characters, invented worlds
Tragedy, Mathilde ter Heijne (2002)
Mark Wallinger, no Man's Land (2001)
Doug Aitken , New Ocean (2001)
Bill Viola (2001)
Anne Katrine Dolven (2001)
About feminism Zurich
Gillian Wearing (2000) Sam Taylor Wood est exposée à la BAWAG Foundation à Vienne jusqu'au 29 novembre.
Novembre 2004: Sam Taylor Wood expose à la galerie White Cube à Londres jusqu'au 4 décembre. Elle joue avec les limites du kitsch en explorant lérotisme et les émotions avec un regard toujours intéressant. Elle a fait une série de photos dhommes qui pleurent, des acteurs connus. Par ailleurs avec Self Portrait Suspended elle a réalisé une série de photos dans lesquelles elle semble en lévitation. Elle présente aussi un film Strings avec un personnage suspendu qui danse au-dessus dun quatuor qui joue une pièce de Tchaikovsky. Par ailleurs à la National Portrait Gallery on découvre un portrait vidéo de David Beckham. Cest un plan fixe de plus de 60 minutes dans lequel on le voit dormir ou chercher le sommeil. On voit une partie de son visage, ses épaules et ses bras. Il évoque limage du faune endormi dans lhistoire de la peinture, mais aussi celle de Nijinsky; image de fragilité paradoxale pour un footballeur.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 2003
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