L'ART EN JEU

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Urs Fischer (1973) représentera la Suisse à la Biennale de Venise 2007. Il occupera l'église San Stae avec Ugo Rondinone (1964).

Urs Fischer Kir royal, Kunsthaus Zurich jusqu’au 26 septembre2004

Urs Fischer (1973) a suivi une formation de photographe avant de séjourner à Amsterdam et à Londres. Il vit entre Los Angeles, Berlin et Zurich. Il a exposé au Centre Pompidou de mars à mai 2004 et son travail a été présenté à l’ICA à Londres de janvier à février 2000 « Without a fist - like a bird ». Il investit toute la grande salle d’exposition du Kunsthaus, le Bührle-Saal. Le lieu est traité de façon unitaire avec des parois découpées qui rythment le site. Tout le travail est structuré par ces trois parois de bois dont les parties découpées occupent l’espace de façon variée, alors que les vides créent des effets de profondeur. Par ailleurs dans les quatre espaces ainsi créés sont présentées une grande peinture qui introduit la couleur. On remarque aussi une présentation de petites gouaches derrière un panneau dans un coin. L’espace central est animé par une pluie de 1000 gouttes bleues, ces poires qui tombent du plafond confèrent une connotation surréaliste à l'ensemble. Enfin on retrouve dans chaque salle des sculptures en cire de femmes grandeur nature qui brûlent comme des bougies. Leur destruction progressive modifie considérablement l’aspect de l’exposition, si l’on regarde des photos du début de la manifestation. (On trouve sur le net des photographies de la réalisation de ses sculptures en cire : http://www.kunstguss.ch/_html/02_kunst/02_01_fischer.html)

Les quatre espaces pourraient suggérer un décor d'opéra que le visiteur traverserait. En plus des femmes-bougies un autre thème est décliné au long du parcours, c’est celui de la chaise avec des allusions évidentes à Bruce Nauman, Haim Steinbach, ou Claes Oldenburg et aussi à Van Gogh. On assiste ainsi au développemment d’une rhétorique grandiose, dans l’occupation de l’espace, imposante et qui en jette en multipliant les références. L’exposition est assez impressionnante, dans tous les cas spectaculaire. Pourtant il me semble qu’il y a un côté incroyablement prétentieux dans cette démarche, peut-être brillante, mais très immodeste. On saisit bien la joie iconoclaste à multiplier les références dans des constructions gigantesques, en même temps si l’on comprend le plaisir de l’artiste et de son équipe on peut s’interroger sur le rôle de l’institution qui renonce à toute mise en perspective, à tout dialogue au profit de l’expansion d’un seul discours. Ce qui favorise tout de même une certaine inanité, un côté vain et absurde de la démarche, bien sûr il l’est tout autant chez d’autres artistes qui bénéficient d’une grande promotion internationale comme Matthew Barney et son Cremaster. L’idée est peut-être, par une incroyable promotion, de donner également ce type de chance à celui-ci ?

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 17 août 2004

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