Jean Dubuffet

Lausanne, musée de l’Elysée

Jean Dubuffet, l’outil photographique; jusqu’au 23 septembre 2018

Le musée de l’Elysée propose une exposition intéressante qui montre comment Dubuffet archivait et communiquait autour de ses oeuvres, grâce à la photographie et diverses publications. Quelques exemples autour d’oeuvres originales, peintures, sculptures et travaux monumentaux ont été retenus.

Riehen- Bâle, Fondation Beyeler Jean Dubuffet. Métamorphoses du paysage jusqu’au 8 mai 2016.

De son vivant Jean Dubuffet (1901 – 1985) était l’un des artistes les plus connus et les plus présents sur la scène artistique. Non seulement par des expositions, mais aussi par des publications où l’on retrouvait ses cheminements créatifs et ses théories. De plus il était très présent en Suisse romande depuis qu’il avait légué sa collection de l’art brut à la ville de Lausanne. Cette dernière a d’ailleurs présenté des œuvres de la collection, en relation avec des travaux de Dubuffet, en 2005. Depuis 2001 au moins, date d’une exposition au centre Pompidou, Dubuffet a largement disparu de l’agenda des expositions. Il est intéressant de le retrouver à la Fondation Beyeler dans une exposition consacrée strictement à son œuvre plastique et non à ses activités annexes, collectionneur et écrivain notamment.

La présentation suit les périodes que l’artiste a lui-même définies, en cherchant un point commun à travers son œuvre : la métamorphose du paysage. Mentionnons les tableaux d’assemblage de 1955, les matériologies de 1959 – 1960 et bien sûr le cycle de l’Hourloupe qui débute en 1962 – 1963. Dubuffet ayant toujours pris soin de proclamer ses nouvelles périodes avec de nombreuses explications. Observateur et chercheur passionné des formes que peut prendre la créativité humaine, il commentait également son évolution personnelle. Cette voix, ces commentaires manquent dans une exposition très complète, mais froide qui propose un parcours réussi en prenant aussi en compte les travaux de la fin de la vie de l’artiste avec la présentation de Coucou bazar (1971 – 1973). Deux personnages de ce spectacle, présenté trois fois du vivant de l’artiste, sont animés à quelques moments de la semaine. Et de la dernière période, proche du street art, intitulée « Non lieux » qui a même été retenue pour l’affiche et la couverture du catalogue.

 L’oeuvre prolifique de Jean Dubuffet construite en thèmes et périodes bien spécifiques invite à la rétrospective. La Fondation Beyeler nous propose de suivre un thème récurrent, malgré les ruptures affirmées par l’artiste, celui du paysage. Il faut dire que cette institution est particulièrement  bien placée pour organiser une telle manifestation, puisque son fondateur a vendu 750 oeuvres de Dubuffet au cours de son activité de galeriste et que la fondation en possède une douzaine.

J’ajoute sur cette page un article consacré à Asger Jorn qui avait des préoccupations assez proches de Dubuffet.

Asger Jorn, un artiste libre 22 juin – 21 octobre 2012 Fondation de l’Hermitage, Lausanne

La Fondation de l’Hermitage propose une rétrospective Asger Jorn (1914 – 1973). Ce créateur danois fut un militant, penseur, théoricien passionné qui alla à la rencontre de nombreux autres artistes engagés à travers l’Europe. En se concentrant sur le travail pictural de Jorn, l’exposition ne présente qu’un aspect d’une activité foisonnante dont il est difficile de rendre compte. C’est peut-être une bonne chose puisque l’on peut saisir ainsi l’évolution et les très longues années d’apprentissage du métier de peintre.  Le format de la rétrospective offre toutefois un lourd défaut dans la mesure où il ne fait aucun doute que Jorn n’est arrivé à la maîtrise complète de la peinture que dans les 5-6 dernières années de sa vie, à la fin d’une existence bien trop courte. Toutes les plus belles toiles sont ainsi rassemblées dans la galerie du sous-sol. Alors que les oeuvres présentées dans les étages ne fonctionnent que dans le cadre des autres activités de l’artiste et paraissent un peu faibles et répétitives, très difficiles à comprendre, lorsqu’elles sont isolées de leur contexte. En fait dans une première période assez longue, la peinture n’est pour Jorn qu’un instrument d’expression parmi d’autres, il se passionne également pour la céramique et cherche constamment à casser les limites traditionnelles de l’art; notamment la notion d’expression individuelle, en développant les collaborations avec d’autres artistes et théoriciens. Après avoir été l’un des principaux instigateurs du mouvement COBRA avec Christian Dotremont, il fut également l’un des créateurs de l’internationale situationniste avec Guy Debord. On le retrouve aussi dans l’entourage de Jean Dubuffet. La vérité est sans doute qu’ Asger Jorn était une grande personnalité artistique, mais qu’il n’est devenu un grand peintre que tardivement! Rappelons que le centre Paul Klee à Berne a présenté en 2011 une exposition intitulée Klee und Cobra. Ein Kinderspiel dans laquelle l’influence de Klee sur Jorn a été précisément documentée, de même que leur intérêt commun pour l’expression artistiques des enfants. Patrick Schaefer, l’art en jeu 5 août 2012.