{"id":1131,"date":"2016-06-02T13:18:43","date_gmt":"2016-06-02T12:18:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/?p=1131"},"modified":"2025-02-28T09:32:38","modified_gmt":"2025-02-28T08:32:38","slug":"sculpture-on-the-move-donald-judd-dan-flavin-ellsworth-kelly-arte-povera","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/sculpture-on-the-move-donald-judd-dan-flavin-ellsworth-kelly-arte-povera\/","title":{"rendered":"Sculpture on the Move, Donald Judd, Dan Flavin, Ellsworth Kelly, arte povera"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"Apple-style-span\"><span style=\"color: #ff0000;\"><em>Sculpture on the Move 1946 &#8211; 2016<\/em><\/span>, Mus\u00e9e des beaux-arts de B\u00e2le et mus\u00e9e d&rsquo;art contemporain jusqu\u2019au 18 septembre 2016.<\/span><\/p>\n<p><span class=\"Apple-style-span\">Le mus\u00e9e des beaux-arts de B\u00e2le veut \u00e9voquer 70 ans d&rsquo;histoire de la sculpture moderne et contemporaine avec 55 artistes. \u00a0De Brancusi et <a href=\"http:\/\/wp.me\/p5k6Rq-a2\">Giacometti<\/a> \u00e0 Beuys, Serra ou encore Nauman. Les artistes am\u00e9ricains sont pr\u00e9dominants dans la collection d\u2019art moderne et contemporain du mus\u00e9e des beaux-arts de B\u00e2le et cette institution leur a consacr\u00e9 plusieurs expositions monographiques ou collectives au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant de les retrouver bien repr\u00e9sent\u00e9s dans l\u2019exposition inaugurale de la nouvelle extension du mus\u00e9e consacr\u00e9e \u00e0 la sculpture depuis 1946.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>D&rsquo;autres courants sont \u00e9galement pr\u00e9sents comme l&rsquo;arte povera. L&rsquo;\u00e9tat actuel de la sculpture est \u00e9voqu\u00e9 avec Damien Hirst, Sarah Lucas, Maurizio Cattelan et Urs Fischer par exemple. Bien qu&rsquo;il y ait de nombreux pr\u00eats ext\u00e9rieurs, l&rsquo;exposition conserve le caract\u00e8re d&rsquo;une pr\u00e9sentation tr\u00e8s li\u00e9e aux collections, presque un accrochage, plut\u00f4t que d&rsquo;une r\u00e9flexion ambitieuse sur l&rsquo;\u00e9tat de la sculpture aujourd&rsquo;hui face \u00e0 son \u00e9volution r\u00e9cente. Un parti-pris difficile pour la sculpture, qui s&rsquo;apparente plus \u00e0 un livre d&rsquo;images et qui ne permet pas vraiment d&rsquo;entrer dans les probl\u00e9matiques d\u00e9velopp\u00e9es par chaque artiste.<\/p>\n<p>J&rsquo;ins\u00e8re sur cette page les compte-rendus d&rsquo;expositions plus anciennes: Ellsworth Kelly, Donald judd, Dan Flavin et arte povera, ou encore Damien Hirst et Sarah Lucas; ainsi que l&rsquo;exposition Archiskulptur, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Fondation Beyeler en 2004:<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">B\u00e2le 14 octobre 2012<\/span> Mus\u00e9e des beaux-arts <em>Arte Povera de la collection Goetz. Der grosse Aufbruch<\/em> 9 septembre &#8211; 3 f\u00e9vrier 2013.<\/p>\n<p>Le mus\u00e9e des beaux-arts de B\u00e2le pr\u00e9sente l&rsquo;arte povera \u00e0 travers la collection Goetz. 12 artistes figurent dans cette pr\u00e9sentation, tous italiens, la plupart ont fait de grandes carri\u00e8res et on rencontre leurs oeuvres dans tous les mus\u00e9es d&rsquo;art contemporain. Cette pr\u00e9sentation fait bien ressortir l&rsquo;effervescence et l&rsquo;inventivit\u00e9 de ces artistes dans les ann\u00e9es 1960. Ils sont partis \u00e0 la recherche de nouveaux mat\u00e9riaux \u00ab\u00a0pauvres\u00a0\u00bb pour l&rsquo;expression artistique qu&rsquo;ils associent dans des installations, des travaux graphiques et parfois des peintures ( Michelangelo Pistoletto) avec ironie et provocation. L&rsquo;actualit\u00e9 de leur d\u00e9marche est saisissante et la pr\u00e9sentation favorise des dialogues heureux et stimulants. Certains sont morts pr\u00e9matur\u00e9ment Alighiero Boetti (1940 &#8211; 1994), Pino Pascali (1935 &#8211; 1968). D&rsquo;autres tiennent encore aujourd&rsquo;hui la premi\u00e8re place dans toutes les manifestations d&rsquo;art contemporain. Apr\u00e8s Mario Merz (1925 &#8211; 2003), Jannis Kounellis (1936), c&rsquo;est actuellement Giuseppe Penone (1947) , il est aussi le plus jeune. On constate qu&rsquo;il y a une g\u00e9n\u00e9ration de diff\u00e9rence avec Mario Merz, et le travail de Penone sur les arbres et la nature re\u00e7oit la plus grande attention.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Paris Exposition Dan Flavin &#8211; Une r\u00e9trospective Du 9 juin\u00a0au 8 octobre 2006 <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #000000;\">Apr\u00e8s la Hayward Gallery \u00e0 Londres, le Mus\u00e9e d&rsquo;art moderne de la ville de Paris reprend la r\u00e9trospective Dan Flavin (1933-1996) pr\u00e9par\u00e9e par la Dia Art Foundation pour marquer le dixi\u00e8me anniversaire de la mort de l&rsquo;artiste. L&rsquo;ampleur de la pr\u00e9sentation est exceptionnelle, compl\u00e9t\u00e9e par des esquisses, elle permet de prendre la mesure des recherches et des solutions propos\u00e9es par l&rsquo;artiste. La partie didactique qui expliquait le ph\u00e9nom\u00e8ne du n\u00e9on \u00e0 Londres n&rsquo;est pas reprise \u00e0 Paris. Dans treize salles, installations et dessins sont pr\u00e9sent\u00e9s en conservant la relation avec l&rsquo;ext\u00e9rieur en renon\u00e7ant \u00e0 obscurcir les fen\u00eatres. Certaines installations sont form\u00e9es de n\u00e9ons blancs, d&rsquo;autres de n\u00e9ons couverts de couleur par l&rsquo;artiste ou de lumi\u00e8re color\u00e9e. L&rsquo;atmosph\u00e8re color\u00e9e varie ainsi d&rsquo;une salle \u00e0 l&rsquo;autre, c&rsquo;est tout l&rsquo;espace qui est modifi\u00e9 par l&rsquo;irridiation. L&rsquo;effet obtenu \u00e9voque celui des vitraux dans une \u00e9glise et c&rsquo;est cette atmosph\u00e8re qui ressort ici, \u00e0 Londres par contre on pensait davantage \u00e0 une discoth\u00e8que, il est fascinant de voir comment l&rsquo;on peut obtenir des associations tr\u00e8s diff\u00e9rentes avec les m\u00eames pi\u00e8ces. Les oeuvres de Flavin sont sans titres, mais elles comportent toujours une d\u00e9dicace: \u00e0 son fr\u00e8re, \u00e0 un politicien, \u00e0 un collectionneur, un artiste (Constantin Brancusi, Tatlin, Matisse), on en voit m\u00eame une en rouge et blanc bien s\u00fbr, qui est d\u00e9di\u00e9e aux habitants des cantons suises! Flavin utilise un mat\u00e9riel industriel trouv\u00e9 dans le commerce, il explore diff\u00e9rentes configurations dans la disposition des n\u00e9ons: le sol, un angle, un tunnel, une barri\u00e8re. Ses r\u00e9flexions sur l&rsquo;espace sont proches de celles de Donald Judd.<\/span><\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;exposition sera aussi pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Pinakotheke der Moderne \u00e0 Munich: Dan Flavin &#8211; Eine Retrospektive du 16.11.2006 \u00a0au 04.03.2007, prolong\u00e9e jusqu&rsquo;au 8 avril.<\/p>\n<p>Patrick Schaefer 21 juin 2006<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Donald Judd B\u00e2le jusqu&rsquo;au 9 janvier 2005 <\/span><\/p>\n<p>La r\u00e9trospective Donald Judd (1928 &#8211; 1994) pr\u00e9sent\u00e9e au Mus\u00e9es des beaux-art et au mus\u00e9e d\u2019art contemporain de B\u00e2le (2 octobre 2004 \u2013 9 janvier), la premi\u00e8re consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019artiste depuis son d\u00e9c\u00e8s en 1994, comprend 40 travaux caract\u00e9ristiques des diff\u00e9rentes p\u00e9riodes d\u2019activit\u00e9 du plasticien. Elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 montr\u00e9e \u00e0 la Tate Modern \u00e0 Londres et \u00e0 la Sammlung Nordrhein Westfalen \u00e0 D\u00fcsseldorf. Certaines \u0153uvres de Judd sont pratiquement in\u00e9vitables dans toute collection d\u2019art moderne comme les stacks, ces fameuses structures verticales assemblant plusieurs pi\u00e8ces identiques superpos\u00e9es. On en trouve trois dans la r\u00e9trospective de B\u00e2le et elles acqui\u00e8rent un nouvel impact dans ce contexte, confront\u00e9es \u00e0 d\u2019autres pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>L\u2019exposition met en valeur le d\u00e9veloppement du travail, le passage de la peinture au relief, puis \u00e0 la sculpture. D\u00e8s 1964 Judd renonce \u00e0 toute ex\u00e9cution personnelle sur ses \u0153uvres qui sont ex\u00e9cut\u00e9es dans un atelier, d\u2019apr\u00e8s ses plans, mais il s\u2019attache \u00e0 faire vibrer des mat\u00e9riaux : le fer, l\u2019aluminium, le bois, le plexiglas. Cette vibration des mat\u00e9riaux et les recherches sur les couleurs, la lumi\u00e8re, les laques ressortent particuli\u00e8rement ici par le dialogue entre les diff\u00e9rents travaux. Judd fut un critique et un essayiste virulent (Donald Judd \u00e9crits, 1963 \u2013 1990 Daniel Lelong \u00e9diteur, 1991). Il aborda aussi bien les oeuvres de ses coll\u00e8gues artistes que les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9ception et \u00e0 la pr\u00e9sentation de ses propres travaux. Les institutions font l&rsquo;objet d&rsquo;attaques virulentes. Il eut \u00e9galement de gros probl\u00e8mes avec l\u2019un de ses collectionneurs, Panzza di Buono, sur lesquels il s\u2019explique en d\u00e9tail. Dans ses \u00e9crits bien qu&rsquo;il parle assez peu de ses propres \u0153uvres, on prend la dimension du personnage. Les artistes qui lui sont proches, il fut l\u2019un des principaux d\u00e9fenseurs de Dan Flavin et de Barnett Newman, et ceux qu\u2019il rejette. Il tient aux valeurs modernistes, on constate que ses r\u00e9f\u00e9rences sont Mies van der Rohe, Le Corbusier et de Stijl.<\/p>\n<p>Il rejette la cat\u00e9gorie de minimaliste, p. 141 \u00abJ\u2019ai dit et \u00e9crit \u00e0 plusieurs reprises que l\u2019\u00e9tiquette \u00ab minimalisme \u00bb ne signifiait rien de toute fa\u00e7on, et que mon \u0153uvre n\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment pas une \u0153uvre impersonnelle quoi que cela puisse signifier en art\u00bb. Il attaque le retour \u00e0 la narrativit\u00e9 et le postmodernisme. Est-il paradoxal de montrer une r\u00e9trospective Donald Judd? lui dont les travaux sont des installations qui en principe devraient rester fixes. Premier point \u00e0 relever, le deuxi\u00e8me \u00e9tant que ces \u0153uvres comme assertions, pr\u00e9sences dans l\u2019espace paraissent peu \u00e9volutives. Il est ainsi particuli\u00e8rement int\u00e9ressant de voir une tentative de les situer dans une cheminement personnel qui leur donne un impact diff\u00e9rent et permet une v\u00e9ritable d\u00e9couverte. A la fois embl\u00e9matiques, apparemment bien connues parce que omnipr\u00e9sentes dans les collections et les livres consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019art contemporain, elles restent d\u00e9routantes, caract\u00e9ristiques d\u2019un minimalisme (terme que Judd rejetait) qui a \u00e9t\u00e9 mis en cause par les formes multiples du postmodernisme. La r\u00e9trospective s&rsquo;av\u00e8re particuli\u00e8rement judicieuse et bienvenue en donnant une pr\u00e9sence tout \u00e0 fait in\u00e9dite \u00e0 ces travaux, en ravivant leur perception. Quelques liens: La Fondation cr\u00e9\u00e9e en 1986 \u00e0 <a href=\"https:\/\/chinati.org\/\">Marfa au Texas par Judd <\/a>pour la pr\u00e9sentation permanente des certaines de ses oeuvres et d&rsquo;autres artistes.<\/p>\n<p>Les Hallen f\u00fcr neue Kunst \u00e0 Schaffhouse abritent une installation permanente de Judd.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lehni.ch\/\">Meubles de Judd<\/a> r\u00e9alis\u00e9s en 1984 par une firme suisse. Il existe une r\u00e9flexion tr\u00e8s actuelle dans l\u2019art digital par rapport \u00e0 l\u2019art conceptuel comme proposition de relations entre des formes, des structures dans l\u2019espace. Les pi\u00e8ces de Judd s&rsquo;apparentent clairement \u00e0 ce type de r\u00e9flexions s\u00e9rielles visant \u00e0 placer des variables dans toutes les configurations possibles, \u00e0 d\u00e9finir les rapports entre plusieurs \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Un projet du Whithney Museum autour de Sol Lewitt r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 ces questions. <a href=\"http:\/\/artport.whitney.org\/commissions\/softwarestructures\/\">http:\/\/artport.whitney.org\/commissions\/softwarestructures\/<\/a><\/p>\n<p>Patrick Schaefer\u00a02 octobre 2004<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Ellsworth Kelly<\/span><\/p>\n<p>Le Haus der Kunst \u00e0 Munich pr\u00e9sente une imposante r\u00e9trospective d&rsquo;Ellsworth Kelly en se limitant strictement aux peintures en noir et blanc du 7 octobre 2011 au 22 janvier 2012. Le r\u00e9sultat est absolument impressionnant. Parall\u00e8lement la Pinakothek der Moderne propose les dessins de plantes du 7 octobre au 8 janvier 2012. La Villa M\u00e9dicis \u00e0 Rome propose une confrontation entre Ingres et Ellsworth Kelly du 20 juin au 26 septembre 2010.<\/p>\n<p>La Serpentine Gallery pr\u00e9sente 18 travaux r\u00e9cents d&rsquo; Ellsworth Kelly r\u00e9alis\u00e9s depuis 2002 jusqu&rsquo;au 21 mai 2006. Ces toiles explorent les formats horizontaux, verticaux et la superposition de deux toiles l&rsquo;une sur l&rsquo;autre l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9cal\u00e9es qui forment des bas-reliefs, mais toutes les toiles sont destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des objets. Les associations de couleur s&rsquo;\u00e9tendent sur toute l&rsquo;\u00e9tendue du spectre color\u00e9 y compris le noir et le blanc. Il joue sur les superpositions de couleur sur deux plans ou dans le m\u00eame plan. La beaut\u00e9 des salles et leur encha\u00eenement contribue particuli\u00e8rement \u00e0 la mise en valeur de chaque pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Ellsworth Kelly n\u00e9 en 1923 (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en d\u00e9cembre 2015) est un artiste particuli\u00e8rement mis en \u00e9vidence en 2002-2003, il y eut ce printemps la belle exposition Henri Matisse \/ Ellsworth Kelly : dessins de plantes au Centre Pompidou d\u00e9clin\u00e9e sous la forme d\u2019une filiation, d\u2019un passage de t\u00e9moins. Et puis sans que cela soit coordonn\u00e9 au d\u00e9part il y a deux expositions en Suisse: \u00e0 B\u00e2le \u00e0 la Fondation Beyeler o\u00f9 sont pr\u00e9sent\u00e9es les grandes peintures et les sculptures et \u00e0 Lausanne une exposition montr\u00e9e en premier au Drawing Center de New York, puis au Mus\u00e9e cantonal des beaux-arts de Lausanne en \u00e9troite collaboration avec l\u2019artiste : <em>Ellsworth Kelly Tablet 1948-1973<\/em>.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Ellsworth Kelly, Fondation Beyeler<\/span> L\u2019exposition se d\u00e9ploie dans quatre salles, auxquelles il faut ajouter le foyer et une pi\u00e8ce o\u00f9 sont montr\u00e9s trois films sur l\u2019artiste. Par ailleurs on d\u00e9couvre une grande sculpture blanche dans le parc. La premi\u00e8re salle propose des dessins pour des sculptures et des interventions sur des cartes postales. La deuxi\u00e8me \u00e9voque les ann\u00e9es 1957-1965 par une dizaine de toiles. La troisi\u00e8me salle est consacr\u00e9e aux \u00ab Curves \u00bb, la recherche sur les courbes, de 1980 \u00e0 aujourd\u2019hui. Enfin une derni\u00e8re salle plus petite pr\u00e9sente des \u00ab sculptures \u00bb. La g\u00e9om\u00e9trie, l\u2019abstraction de Kelly appara\u00eet comme fac\u00e9tieuse et inventive (un peu dans l&rsquo;esprit de Fran\u00e7ois Morellet). Son exploration des relations entre l\u2019espace et la surface peinte le conduit \u00e0 \u00e9laborer des pi\u00e8ces d\u2019une efficacit\u00e9 extr\u00eame qui ont un impact visuel tr\u00e8s fort. On peut penser qu\u2019il est un peu trop efficace peut-\u00eatre, mais l\u2019on est pris par l\u2019originalit\u00e9 des formes, la s\u00e9duction des courbes. On est loin du carr\u00e9 dans le carr\u00e9, il refuse syst\u00e9matiquement l&rsquo;angle droit. L\u2019invention des formes et la r\u00e9alisation ma\u00eetris\u00e9e des confrontations color\u00e9es d\u00e9gagent quelque chose de jubilatoire et d\u2019euphorique. La feuille explicative remise aux visiteurs, bas\u00e9e sur le texte de Gottfried Boehm, parle d\u2019une \u00ab force vitale et positive \u00bb. Il y a une part d\u2019interactivit\u00e9 avec le spectateur dans la mesure o\u00f9 la perception varie selon le point o\u00f9 l\u2019on se trouve. Je serais tent\u00e9 de dire que contrairement \u00e0 Barnet Newman ou \u00e0 Mark Rothko, il n\u2019y a aucun mysticisme dans cette peinture.<\/p>\n<p>Pourtant dans l\u2019un des films pr\u00e9sent\u00e9s Kelly revendique une certaine spiritualit\u00e9 dans ses recherches, mais ce qui frappe c\u2019est la d\u00e9cantation du r\u00e9el comme source d\u2019invention.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><em>Ellsworth Kelly, Tablet 1948-1973<\/em><\/span> mus\u00e9e des beaux-arts Lausanne.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019exposition du Mus\u00e9e du Jeu de Paume \u00e0 Paris, <em>Ellsworth Kelly, Les ann\u00e9es fran\u00e7aises, 1948-1954<\/em>, Paris, Galerie nationale du Jeu de Paume, 17 mars \u2013 24 mai 1992 et le texte d\u2019Yve-Alain Bois, Kelly en France ou l\u2019anti-composition dans ses divers \u00e9tats, c\u2019est le processus cr\u00e9atif de Kelly qui est mis en \u00e9vidence. On ne parle plus tellement de hard edge painting, d\u2019expansion de la couleur pure. On nous propose au contraire d\u2019assister \u00e0 l\u2019\u00e9laboration, \u00e0 la naissance de formes \u00e0 partir de l\u2019\u00e9tude des encadrements d\u2019une fen\u00eatre, des formes de wc turcs dans les bistrots parisiens ou de l\u2019ombre d\u2019une barri\u00e8re. L\u2019exposition lausannoise pr\u00e9sente d\u2019autres aspects de ce cheminement. On a l\u2019impression de d\u00e9couvrir des patrons de couturi\u00e8re assembl\u00e9s en collages par l\u2019artiste ou les projets d\u2019un bijoutier. Une salle de documentation bien fournie et un film de 52 minutes (<em>Au diable les oiseaux<\/em>. Regarder avec Ellsworth Kelly, 1995) pr\u00e9c\u00e8dent l\u2019exposition proprement dite. Celle-ci par son c\u00f4t\u00e9 de documentation strictement visuelle sans aucune explication annexe peut para\u00eetre d\u00e9sar\u00e7onnante, d\u2019autant plus que cet artiste n\u2019est pas tr\u00e8s connu en Suisse romande. Il est vivement conseill\u00e9 de voir le film avant la visite et, ou, de visiter l&rsquo;exposition de la Fondation Beyeler. La pr\u00e9sentation, con\u00e7ue et mise en sc\u00e8ne par lui-m\u00eame, offre une v\u00e9ritable descente dans le laboratoire du peintre. Il a document\u00e9 ses recherches de 1948 \u00e0 1973 en assemblant sur des cartons, esquisses et dessins; on suit le cheminement des id\u00e9es, les intuitions et l\u2019on assiste \u00e0 la naissance d\u2019une \u00e9criture qui est en fait une signal\u00e9tique tr\u00e8s personnelle. Soudain on reconna\u00eet en tout petit une grande pi\u00e8ce connue.<\/p>\n<p>Le livre-catalogue qui accompagne l&rsquo;exposition permet de retrouver cette documentation passionnante qui devient le film d&rsquo;une vie ou plut\u00f4t des id\u00e9es d&rsquo;une vie Ellsworth Kelly, Tablet 1948-1973 con\u00e7u par Yve-Alain Bois, The Drawing Center New York, Mus\u00e9e cantonal des beaux-arts, Lausanne, 2002. Il existe une bonne introduction g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la peinture abstraite aux Etats-Unis: Eric de Chassey, La peinture efficace, une histoire de l&rsquo;abstraction aux Etats-Unis (1910-1960), Paris, Gallimard, 2001.<\/p>\n<hr \/>\n<p>En 2013 le mus\u00e9e des beaux-arts de B\u00e2le a pr\u00e9sent\u00e9 Piet Mondrian, Barnett Newman, Dan Flavin 8 septembre 2013 \u00a0&#8211; 19 janvier 2014<\/p>\n<p>Des dessins et des estampes de Barnett Newman sont pr\u00e9sent\u00e9es dans les salles d&rsquo;art graphique du mus\u00e9e des beaux-arts de B\u00e2le jusqu&rsquo;au\u00a07\u00a0ao\u00fbt 2016.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Barnett Newman (1905-1970) f<\/span>ait l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9trospective \u00e0 la Tate Modern 2002- 2003. Il sera int\u00e9ressant de comparer cette exposition avec celle d&rsquo;Ellsworth Kelly \u00e0 la Fondation Beyeler \u00e0 Riehen.<\/p>\n<p>En effet ces deux artistes incarnent des courants bien distincts de l&rsquo;abstraction am\u00e9ricaine. Tous deux ont une influence, un h\u00e9ritage consid\u00e9rables et sont des r\u00e9f\u00e9rences incontournables avec lesquelles les artistes actuels continuent \u00e0 entretenir un dialogue. La r\u00e9trospective Barnett Newman est monumentale. Elle regroupe en treize salles une grande partie de la production de cet artiste qui n&rsquo;a peint ou plut\u00f4t conserv\u00e9 que 120 toiles environ. Apr\u00e8s deux salles d&rsquo;introduction qui \u00e9voquent les d\u00e9buts (tardifs), influenc\u00e9s par Miro et Masson, on passe tout de suite au coeur du probl\u00e8me: les surfaces peintes en structure ternaire qui soulignent la verticalit\u00e9 ou l&rsquo;horizontalit\u00e9 de la toile. La vue des premi\u00e8res recherches permet de comprendre l&rsquo;id\u00e9e du fameux \u00ab\u00a0zip\u00a0\u00bb comme une ouverture, la recherche d&rsquo;une lumi\u00e8re, l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une \u00e9vocation des rayons du soleil. Newman s&rsquo;int\u00e9resse au cosmos, aux mythes juifs de la cr\u00e9ation du monde. L&rsquo;exposition souligne la recherche spirituelle, le mysticisme qui caract\u00e9rise toute l&rsquo;oeuvre, une appr\u00e9hension actuelle qui n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 ce que l&rsquo;on retenait de l&rsquo;oeuvre de Newman. Les peintures de la s\u00e9rie <em>Stations of the Cross<\/em> auxquelles il travailla de 1958 \u00e0 1966 occupent la salle centrale de l&rsquo;exposition. Elles sont de dimension humaine et se distinguent des v\u00e9ritables murs de couleur propos\u00e9s dans les tr\u00e8s grandes toiles. Londres Tate Modern Barnett Newman jusqu&rsquo;au 05 01 2003.<\/p>\n<hr \/>\n<p>La Kunsthalle de Zurich pr\u00e9sente une r\u00e9trospective de <em>Sarah Lucas<\/em> du 2 avril au 15 juin 2005<\/p>\n<p>Le 11 mai \u00e0 19h. Angus Fairhurst (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2008) propose une conf\u00e9rence sur Sarah Lucas.<\/p>\n<p>La r\u00e9trospective Sarah Lucas (1962) propos\u00e9e par la Kunsthalle permet de d\u00e9couvrir la star no2 du mouvement YBA britannique. No 2 parce qu\u2019elle vient sans doute juste apr\u00e8s Damien Hirst sur le plan de la r\u00e9putation. Ses autoportraits photographiques provocateurs, ses silhouettes affal\u00e9es en bas remplis, ses bananes-sexes, ses ballons -seins, ses sculptures collages de cigarettes sont des pi\u00e8ces incontournables dans les expositions internationales depuis bien des ann\u00e9es. Il est int\u00e9ressant de les voir regroup\u00e9es ici sous la forme d\u2019une r\u00e9trospective. Tout le travail de Sarah Lucas est concentr\u00e9 sur l\u2019allusion \u00e0 d\u2019autres artistes, le remploi et les passages entre les divers niveaux culturels. La figure tut\u00e9laire dont la pi\u00e8ce est constamment reprise est bien s\u00fbr Marcel Duchamp et son urinoir, mais il y a aussi d\u2019autres allusions sarcastiques \u00e0 des contemporains. On mentionnera Cindy Sherman pour les autoportraits photographiques trash, Bruce Nauman pour les moulages, ici des cuvettes de wc en r\u00e9sine, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019une \u00e9vocation des travaux de Rachel Whiteread. On pense aussi \u00e0 Robert Gober pour la fragmentation provocante du corps, mais Sarah Lucas utilise des mat\u00e9riaux sans valeur: de vieux matelas, des baquets, des fruits pour ses compositions. Sans oublier les collages avec la presse de boulevard ou ses reliefs en cigarettes. Elle se place toujours au second degr\u00e9, en relation avec un autre travail, une autre production \u00e0 partir de laquelle elle construit ses propres assertions.<\/p>\n<p>L\u2019exposition s\u2019ach\u00e8ve sur de vitrines pr\u00e9sentant des travaux de petits formats qui forment une sorte de cabinet surr\u00e9aliste, mais ce sont bien ces jeux, ces \u00e9chos que l\u2019on retrouve dans chaque salle o\u00f9 les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments sont associ\u00e9s, confront\u00e9s. Dans la premi\u00e8re salle un caisson avec des collages de journaux et un autoportrait en cigarettes. Puis deux salles on l\u2019on trouve les bas remplis qui forment des silhouettes affal\u00e9es sur des chaises et les lits en fer, matelas dress\u00e9s, pli\u00e9s, compl\u00e9t\u00e9s par diff\u00e9rentes photographies. Et enfin une salle plus intime avec une vitrine qui propose des objets de dimension r\u00e9duite. On remarque l\u2019absence du dessin, de la peinture et de la vid\u00e9o. Tout le travail est dispos\u00e9 dans l&rsquo;espace, l&rsquo;exposition forme une grande installation elle sera pr\u00e9sent\u00e9e \u00e9galement par la suite \u00e0 Hambourg et \u00e0 Liverpool. Patrick Schaefer, L&rsquo;art en jeu, 4 avril 2005<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Fondation Cartier pour l\u2019art contemporain:\u00a0Damien Hirst: Cerisiers en fleurs 6 juillet \u2013 2 janvier 2022.<\/span><\/p>\n<p>D\u00e8s sa construction la fondation Cartier a \u00e9tabli un lien privil\u00e9gi\u00e9 avec la nature gr\u00e2ce au fascinant jardin qui entoure le b\u00e2timent, plusieurs expositions ont abord\u00e9 celle-ci sous diff\u00e9rents aspects et celle de Damien Hirst s\u2019inscrit dans cette continuit\u00e9. Damien Hirst (1965)\u00a0se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la s\u00e9rie telle qu&rsquo;elle \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9es par Monet dans beaucoup de ses travaux, il a d\u2019abord charg\u00e9 une machine de r\u00e9aliser des s\u00e9ries de peinture gicl\u00e9e, mais ici il reprend la figure du d\u00e9miurge, couvert de couleur en peignant exclusivement des cerisiers en fleurs \u00e0 diff\u00e9rents moments de la saison, dans diff\u00e9rents\u00a0sites sur des toiles de grand format. La notice de l\u2019exposition nous explique qu\u2019elles sont l\u2019aboutissement de trois ann\u00e9es de travail, au nombre de 107, une trentaine est pr\u00e9sent\u00e9e ici.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Punta della Dogana et Palazzo Grassi:<\/span>\u00a0<em>Damien Hirst Tr\u00e9sors de l\u2019\u00e9pave de l\u2019incroyable<\/em>\u00a0jusqu\u2019au 3 d\u00e9cembre 2017.<\/p>\n<p>Damien Hirst dans son exposition v\u00e9nitienne nous raconte une histoire, celle du naufrage de la gal\u00e8re d\u2019un riche affranchi, dont les tr\u00e9sors auraient \u00e9t\u00e9 rep\u00each\u00e9s par une exp\u00e9dition de scaphandriers. Deux films pr\u00e9sentent les fouilles sous-marines, la d\u00e9couverte et la sortie des tr\u00e9sors. Il y a des sculptures incrust\u00e9es d\u2019\u00e9ponges et de coquillages dans les formats les plus divers, mais aussi un tr\u00e9sor qui propose une collection de nuggets et des bijoux sophistiqu\u00e9s. L\u2019exposition est scand\u00e9e par des \u00e9crans qui rappellent des images des fouilles.<\/p>\n<p>L\u2019inventaire des d\u00e9couvertes est tr\u00e8s vaste d\u2019un buste de pharaon qui porte un piercing \u00e0 un ours g\u00e9ant. La cour centrale du Palazzo Grassi est occup\u00e9e par une sculpture de 18m. de haut agrandissement de mus\u00e9e d\u2019une \u0153uvre d\u00e9couverte dans l\u2019\u00e9pave. Si la Biennale de Venise c\u00e9l\u00e8bre l&rsquo;otium, le sommeil et le loisir, Damien Hirst est \u00e0 fond dans le negotium. Il multiplie les objets, artefacts en tout genre, il r\u00e9alise des espaces qui se situent entre le British Museum et un grand magasin comme Harrod\u2019s. Les artefacts \u00abd\u00e9couverts\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s plusieurs versions, en diff\u00e9rentes dimensions ou en plusieurs couleurs, comme dans un magasin.<\/p>\n<p><em>In-A-Gadda-Da-Vida<\/em> Tate Britain 2004<\/p>\n<p>Angus Fairhurst (1966 &#8211; 2008), Damien Hirst (1965), Sarah Lucas (1962) L\u2019exposition de ces trois artistes qui furent parmi les premiers acteurs du mouvement YBA qui a donn\u00e9 une forte r\u00e9sonance \u00e0 l\u2019art britannique d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1980 m\u00e9rite l\u2019attention. Ils exposent ensemble dans un seul espace o\u00f9 quelques parois seulement donnent des directions aux mouvements du visiteur. Que voit-on? Que propose-t-on? Je me limiterai pour commencer \u00e0 une description avant de poser quelques questions. Chaque artiste a r\u00e9alis\u00e9 12 \u00e0 15 travaux qui sont r\u00e9unis pour former 6 ou 7 groupes distincts. La r\u00e9p\u00e9tition des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments qui ont une identit\u00e9 bien marqu\u00e9e, associ\u00e9e comme une signature \u00e0 l\u2019un ou \u00e0 l\u2019autre participant est l\u2019une des caract\u00e9ristiques de l\u2019ensemble : de grandes cages en verre pour Hirst, des sculptures de gorilles en r\u00e9sine de Fairhurst et des sculptures en cigarettes coll\u00e9es sur des objets existants ou en d\u2019autres mat\u00e9riaux: b\u00e9ton, canettes \u00e9cras\u00e9es de Lucas. Les \u0153uvres sont associ\u00e9es \u00e0 chaque fois et pourtant on distingue facilement le caract\u00e8re des uns et des autres. Les parois des salles sont couvertes de papiers peints r\u00e9alis\u00e9s d\u2019apr\u00e8s des dessins de chacun ce qui cr\u00e9e une sensation d\u2019unit\u00e9 de l\u2019espace. A noter qu\u2019ils ont choisi de se tourner uniquement vers la sculpture, l\u2019installation et dans une certaine mesure la peinture, par contre les \u00e9crans, la photographie, les vid\u00e9os ou les films sont totalement absents de m\u00eame que la musique ou le son \u00e0 l&rsquo;exception du bruit de la filtration de l&rsquo;aquarium.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re pi\u00e8ce qui frappe le visiteur en entrant intitul\u00e9e <em>The Pursuit of oblivion<\/em> est en effet un immense aquarium vertical d\u2019une parfaite propret\u00e9 dans lequel \u00e9voluent diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de poissons y-compris une anguille qui semble tout \u00e0 fait heureuse. Par ailleurs deux grandes carcasses de viandes sont suspendues dans l\u2019aquarium ainsi qu\u2019une t\u00eate de veau et d\u2019autres cadavres d\u2019animaux (le d\u00e9pliant nous informe qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un hommage \u00e0 Francis Bacon). Sur les parois en plus des papiers peints mentionn\u00e9s, on d\u00e9couvre des compositions color\u00e9es form\u00e9es de papillons \u00e9galement caract\u00e9ristiques du travail de Damien Hirst. Simultan\u00e9ment on voit suspendue au plafond une bombe qui porte le titre de <em>Cola Zeppelin<\/em> de Sarah Lucas et un immense gorille noir coul\u00e9 en r\u00e9sine d\u2019Angus Fairhurst. On va retrouver sous des formes diverses cette trilogie au cours de la visite. Apr\u00e8s l\u2019aquarium de Hirst, le second point fort est une Crucifixion de Lucas. Le Christ suspendu au mur sur une croix rouge est fait de cigarettes coll\u00e9es. Plus loin la m\u00eame artiste a plac\u00e9 un vieux camion, derri\u00e8re, un travail de Fairhurst \u00e9voque des panneaux d\u2019affichage, alors que Hirst s\u2019est inspir\u00e9 d\u2019un collage de Max Ernst dans<em> The Hat makes the Man<\/em>.<\/p>\n<p>Le parcours s\u2019ach\u00e8ve sur une derni\u00e8re vitrine de cet artiste intitul\u00e9e <em>Le collectionneur<\/em> dans laquelle volent des papillons multicolores. L&rsquo;exposition propose un ensemble de r\u00e9alisations monumentales, plaisantes \u00e0 regarder, qui intriguent, mais sont finalement peu choquantes si l\u2019on conna\u00eet le travail des artistes, car il s\u2019inscrit tout \u00e0 fait dans la ligne de leurs r\u00e9alisations ant\u00e9rieures, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de r\u00e9p\u00e9ter l&#8217;embl\u00e8me d&rsquo;une marque. On dira qu\u2019il y a passablement d\u2019humour, de jeu, de d\u00e9coration et quelques allusions \u00e0 la tradition religeuse d\u2019une part et \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 politique d\u2019autre part, surtout chez Lucas pour ce dernier point. L\u2019exposition est entour\u00e9e de diverses pr\u00e9cautions de la part du mus\u00e9e et le visiteur re\u00e7oit deux d\u00e9pliants qui expliquent le propos, ainsi qu\u2019un plan pr\u00e9cis avec le titre de toutes les oeuvres. C\u2019est le commentaire ext\u00e9rieur qui nous apprend que l\u2019exposition traite de l\u2019enfer et du paradis! Le titre \u00e9voque une chanson des ann\u00e9es 1960 et signifie In the Garden of Eden.<\/p>\n<p>Un livre r\u00e9cent pr\u00e9sente l&rsquo;atelier de Mike Smith (<em>Making Art Work, Mike Smith Studio<\/em>, ed. by Parsy Craig, London, 2003). Cr\u00e9\u00e9 en 1995 c&rsquo;est dans cet atelier que sont r\u00e9alis\u00e9es certaines des nombreuses constructions de plus en plus complexes demand\u00e9es par les artistes. Si les techniques et les mat\u00e9riaux utilis\u00e9s sont multiples la d\u00e9marche n&rsquo;est pas tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle des sculpteurs qui s&rsquo;adressaient \u00e0 une fonderie d&rsquo;art. Le livre pr\u00e9sente des projets, des plans et des entretiens avec certains artistes qui ont command\u00e9 des r\u00e9alisations dans cet atelier. Tate Britain jusqu&rsquo;au 31 mai 2004.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Bien que cette page soit d\u00e9j\u00e0 charg\u00e9e, j&rsquo;inclus encore un compte-rendu de l&rsquo;exposition Archisculpture, en guise de r\u00e9flexion face au nouveau b\u00e2timent du mus\u00e9e de B\u00e2le. Celui-ci en effet appara\u00eet comme une r\u00e9alisation virtuose de deux jeunes architectes. Magnifique \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, les parti-pris int\u00e9rieurs notamment l&rsquo;escalier monumental et imposant sont plus critiquables. Il y a assur\u00e9ment un jeu de miroir avec le b\u00e2timent ancien de 1936. Les mat\u00e9riaux tr\u00e8s pr\u00e9sents, marbre, aluminium, b\u00e9ton, parquets donnent une lourdeur \u00e0 l&rsquo;ensemble.<\/p>\n<p>L&rsquo;exposition Archiskulptur dialogue entre l&rsquo;architecture et la sculpture du XVIIIe si\u00e8cle \u00e0 aujourd&rsquo;hui est reprise au mus\u00e9e de Wolfsburg du 1er avril au 2 juillet 2006<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Fondation Beyeler Archiskulptur 3 octobre 2004 &#8211; 30 janvier 2005<\/span> Dialogues entre architecture et sculpture du XVIII e si\u00e8cle jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Sculptures et architectures dialoguent depuis des si\u00e8cles. Parfois les deux domaines affirment leur autonomie respective, parfois ils se rapprochent et posent alors des questions habituelles: qui domine l&rsquo;autre? qui inspire l&rsquo;autre? De plus en plus l&rsquo;architecture semble s&rsquo;inspirer de la sculpture. L&rsquo;exposition de la Fondation Beyeler propose d&rsquo;explorer ces dialogues, ces rapprochement volontaires ou inopin\u00e9s du XVIIIe si\u00e8cle jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Elle associe des sculptures, des peintures et des maquettes architecturales. Le propos se d\u00e9ploie en dix sections qui explorent la th\u00e9matique sous diff\u00e9rents angles. L&rsquo;exposition est inspir\u00e9e par des pobl\u00e9matiques actuelles en architecture. Notamment la tension, l&rsquo;alternative entre une architecture fond\u00e9e sur des formes g\u00e9om\u00e9triques, le rectangle, le cube ou sur des formes organiques, le corps humain, l&rsquo;animal, des formes trouv\u00e9es dans la nature, ce qu&rsquo;on nomme l&rsquo;opposition entre box et blob! Les possibilit\u00e9s du dessin informatique \u00e9largissent \u00e0 l&rsquo;infini les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;une ou l&rsquo;autre appproche.<\/p>\n<p>On voit que le projet de l&rsquo;exposition est ambitieux et que l&rsquo;appr\u00e9hension du propos n&rsquo;est pas \u00e9vidente. Pourtant de nombreuses r\u00e9alisations in situ, l&rsquo;association de la peinture, de la sculpture et des maquettes architecturales cr\u00e9ent des situations d\u00e9routantes qui renouvellent notre perception de certaines oeuvres tout en prenant conscience de probl\u00e9matiques et d&rsquo;enjeux complexes.<\/p>\n<p>Comme l&rsquo;indique Werner Hofmann dans sa contribution au catalogue, l&rsquo;exposition demande depuis quand ces trois formes d&rsquo;expression: l&rsquo;architecture, la sculpture et la peinture disposent-elles d&rsquo;un vocabulaire commun qui leur permet l&rsquo;ouverture et la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des limites entre elles. Une histoire qui s&rsquo;\u00e9tend sur des d\u00e9cennies et o\u00f9 l&rsquo;on rencontre des figures comme Eiffel ou Gaudi notamment. Plusieurs travaux ont \u00e9t\u00e9 command\u00e9s et r\u00e9alis\u00e9s sur place. A signaler un hommage \u00e0 Boull\u00e9e de Gerhard Merz, une \u00e9vocation du monolithe de Jean Nouvel \u00e0 Morat, alors que dans le parc de la Fondation, les architectes Herzog &amp; de Meuron ont r\u00e9alis\u00e9 une structure Jinhua Structure II. Sans \u00e9voquer tout le d\u00e9roulement de l&rsquo;exposition, je voudrais relever la confrontation \u00e9tonnante d&rsquo;une construction de Dan Graham avec les sculptures d&rsquo;Alberto Giacometti dans la section intitul\u00e9e La place. Les jeux de miroir, la position du spectateur \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur d&rsquo;une structure en verre renouvellent la perception des figures.<\/p>\n<p>Un chapitre est \u00e9galement consacr\u00e9 aux relations entre l&rsquo;art minimal et l&rsquo;architecture, en particulier son influence sur les architectes suisses Diener&amp; Diener, Herzog &amp; de Meuron, Peter Zumthor, il \u00e9tablit un lien avec l&rsquo;exposition Donald Judd pr\u00e9sent\u00e9e au mus\u00e9e des beaux-arts et au mus\u00e9e d&rsquo;art contemporain. Les rapprochements entre maquettes d&rsquo;architecture et sculptures reposent semble-t-il uniquement sur des similitudes formelles, per\u00e7ues visuellement, ainsi on associe Ronchamp \u00e0 Henry Moore ou le Guggenheim de Mies van der Rohe \u00e0 Jean Arp. Les collages visuels sont s\u00e9duisants, mais ne sont pas objectivement fond\u00e9s. Cela devient g\u00eanant lorsque par exemple, on juxtapose L&rsquo;oiseau de Constantin Brancusi avec le b\u00e2timent de Swiss Re \u00e0 Londres construit par Foster &amp; Partners. En effet la source reconnue de ce b\u00e2timent est bien un \u00ab\u00a0animal\u00a0\u00bb, mais il s&rsquo;agit d&rsquo;un type d&rsquo;\u00e9ponge et pas du tout d&rsquo;un oiseau! En cassant les limites d&rsquo;une exposition d&rsquo;art au sens traditionnel, la manifestation, \u00e9v\u00e9nement, installlation permet de saisir des probl\u00e9matiques actuellles qui touchent les divers domaines d&rsquo;expression et dont le site m\u00eame de la Fondation Beyeler fait partie.<\/p>\n<p>Une exposition du Victoria &amp; Albert Museum \u00e0 Londres Zoomorphic (18 septembre 2003 &#8211; 4 janvier 2004) a \u00e9tudi\u00e9 les rapprochements entre structures animales et architecture contemporaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sculpture on the Move 1946 &#8211; 2016, Mus\u00e9e des beaux-arts de B\u00e2le et mus\u00e9e d&rsquo;art contemporain jusqu\u2019au 18 septembre 2016. Le mus\u00e9e des beaux-arts de B\u00e2le veut \u00e9voquer 70 ans d&rsquo;histoire de la sculpture moderne et contemporaine avec 55 artistes. \u00a0De Brancusi et Giacometti \u00e0 Beuys, Serra ou encore Nauman. Les artistes am\u00e9ricains sont pr\u00e9dominants [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[9,23,37,54,19,35,22,1,8,34],"tags":[],"class_list":["post-1131","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-art-suisse","category-architecture","category-artistes-suisses","category-estampe","category-expositions","category-installations","category-musees","category-non-classe","category-peinture","category-sculpture"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p5k6Rq-if","jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1131"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5411,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131\/revisions\/5411"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}