{"id":1244,"date":"2023-07-24T09:07:00","date_gmt":"2023-07-24T08:07:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/?p=1244"},"modified":"2023-07-24T10:13:46","modified_gmt":"2023-07-24T09:13:46","slug":"festival-davignon-des-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/festival-davignon-des-2001\/","title":{"rendered":"Festival d&rsquo;Avignon d\u00e8s 2001"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 16 \u2013 20 juillet 2023<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est la douzi\u00e8me fois que je vais au festival d\u2019Avignon depuis 1998 et ma derni\u00e8re visite datait de 2017.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il me semble qu\u2019il y a \u00e9norm\u00e9ment de monde partout les terrasses ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tendues et elles sont pleines les spectacles du off semblent faire le plein et il me semble qu\u2019il y a \u00e9norm\u00e9ment de nouveaux lieux. Pour le <em>In<\/em> la jauge des salles est tr\u00e8s grande et c\u2019est sans doute pour cela qu\u2019il reste presque toujours des places. Il n\u2019y a pas de grands acteurs ou de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s et pourtant les spectacles attirent un public qui va vers l\u2019inconnu, cette ann\u00e9e tous sont jou\u00e9s en anglais sous-titr\u00e9s et j\u2019ai vu deux productions anglaises. La chaleur est stup\u00e9fiante mon tel. indiquait 34 mais je pense qu&rsquo;il faisait plus chaud encore.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">5 spectacles du in\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">1 <em>Angela<\/em> \u00a0( a strange loop ) Susan Kennedy et Markus Selg<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">2 <em>All of it<\/em> Alistair Mc Dowall 3 pi\u00e8ces minimalistes r\u00e9f\u00e9rence John Cage<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">3 <em>Dans la mesure de l\u2019impossible<\/em> de Tiago Rodrigues<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">4 <em>The Confession<\/em> de Alexander Zeldin tr\u00e8s bien<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n<p style=\"font-weight: 400;\"><em>5 The Romeo<\/em> Trajal Harrell<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n<p style=\"font-weight: 400;\">Off<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">1 La fleur \u00e0 la bouche de Pirandello, compagnie Truculent<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">2 Pinter le monte-plat<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">3 Migrants Matei Visniec, 14 tableaux une douzaine d\u2019acteurs, tr\u00e8s bien<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">4 Zweig Lettre d\u2019une inconnue, mise en sc\u00e8ne William Mesguich<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">5 Soie d\u2019Alexandro Barrico texte de 1997 qui raconte l\u2019histoire de l\u2019importation de vers \u00e0 soie depuis le Japon mise en sc\u00e8ne William Mesguich comme la lettre d\u2019une inconnue.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon juillet 2017<\/span><\/p>\n<p>Avignon du 18 au 21 juillet. Vu quatre spectacles du in et trois du off, plus une lecture: le ventre de l&rsquo;Atlantique de Fatou Diome, adaptation d&rsquo;un roman du S\u00e9n\u00e9gal, et une installation de Katie Mitchell, autour d&rsquo;Oph\u00e9lie dans Hamlet, \u00e0 la maison Jean Vilar.<\/p>\n<p>Les spectacles vus ne correspondent pas toujours \u00e0 un premier choix, on doit s&rsquo;accommoder des disponibilit\u00e9s. Ainsi cette ann\u00e9e, je me suis retrouv\u00e9 avec trois billets pour des pr\u00e9sentations chor\u00e9graphiques et un seul pour une production th\u00e9\u00e2trale. Comme c&rsquo;est la tradition le fran\u00e7ais n&rsquo;est gu\u00e8re pr\u00e9sent et deux spectacles \u00e9taient en n\u00e9erlandais, mais d&rsquo;autres \u00e9taient en allemand, en italien ou en portugais.<\/p>\n<p>Commen\u00e7ons par le th\u00e9\u00e2tre<strong><em> Ibsen Huis<\/em> <\/strong>mis en sc\u00e8ne par Simon Stone et une troupe d&rsquo;Amsterdam, Toneelgroep, cette troupe pr\u00e9sentait \u00e9galement les Bonnes de Jean Genet dans une mise en sc\u00e8ne de Katie Mitchel (pas vu)l. Un travail de trois heures qui retient des \u00e9l\u00e9ments de plusieurs pi\u00e8ces d&rsquo;Ibsen, en particulier <em>Solness le constructeur<\/em>. Disons qu&rsquo;en ne gardant que le c\u00f4t\u00e9 r\u00e9aliste d&rsquo;Ibsen et en laissant tomber la partie symboliste, fantastique de l&rsquo;auteur norv\u00e9gien, Simon Stone nomme ce qui n&rsquo;est que sugg\u00e9r\u00e9. Cette interpr\u00e9tation lui donne une actualit\u00e9 singuli\u00e8re, elle en fait une parole plus militante que litt\u00e9raire.\u00a0Le metteur en sc\u00e8ne a frapp\u00e9 un grand coup en pla\u00e7ant une maison design moderne au centre de la cour du lyc\u00e9e Saint-Joseph, l&rsquo;effet est \u00e9tonnant. Les acteurs \u00e9voluent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cette maison vitr\u00e9e et n&rsquo;ont pas de contact direct avec les spectateurs.<\/p>\n<p>Ayant assist\u00e9 \u00e0 une discussion avec les acteurs, ces rencontres avec les acteurs sont tr\u00e8s utiles, on a appris qu\u2019ils ont travaill\u00e9 au fur et \u00e0 mesure, le metteur en sc\u00e8ne n\u2019avait pas texte pr\u00eat \u00e0 l\u2019avance, il s\u2019est construit avec les r\u00e9p\u00e9titions.<\/p>\n<p><strong>Borderline<\/strong>, Guy Cassiers et Maude Le Pladec,\u00a0est bas\u00e9 sur un texte de Elfriede Jelinek, les Suppliants, consacr\u00e9 aux r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>The Great Tamer<\/strong>, un metteur en sc\u00e8ne Grec, Dimitris Papaioannou, qui a fait la c\u00e9r\u00e9monie des jo d\u2019Ath\u00e8nes en 2004. Travail de mime, tableaux vivants, r\u00e9f\u00e9rence aux m\u00e9tamorphoses d\u2019Ovide. Musique de valse pas tr\u00e8s originale. On pense un peu aux Mummenschanz.<\/p>\n<p><strong>Kalakuta Republik<\/strong>, chor\u00e9graphie de Serge Aim\u00e9 Coulibaly, Burkina Faso, clo\u00eetre des C\u00e9lestins. Musique enregistr\u00e9e.<\/p>\n<p>A la maison Jean Vilar pr\u00e9sentation de vid\u00e9os de Katie Mitchell montrant l\u2019interpr\u00e9tation de diff\u00e9rentes versions de la mort d\u2019Oph\u00e9lie dans Hamlet.<\/p>\n<p>Exposition \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise des C\u00e9lestins du peintre Ronan Barrot n\u00e9 en 1973 dont les figures sur fond rouge illustrent l\u2019affiche et tous les documents du festival, il expose \u00e0 la galerie Claude Bernard.<\/p>\n<p>Dans le off\u00a0: Mouawad, les assoiff\u00e9s.<\/p>\n<p>Mikhail Boulgakov biographie de Moli\u00e8re (le in proposait au d\u00e9but du festival une interpr\u00e9tation de Frank Castorf de cette pi\u00e8ce en 6h.<\/p>\n<p>Shakespeare Romeo &amp; Juliette.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon juillet 2016<\/span><\/p>\n<p>Retour \u00e0 Avignon pour les derniers jours du festival in, qui s\u2019ach\u00e8ve le 24 juillet 2016 . Par contre le off dure encore une semaine. J\u2019ai ainsi pu voir tranquillement trois pi\u00e8ces lundi et mardi matin, car il y a tout de suite moins de monde. Concernant le off, il me semble que les tractages \u00e9taient moins nombreux, peut-\u00eatre pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9, par contre les spectacles sont toujours tr\u00e8s nombreux.<\/p>\n<p>J\u2019ai vu six spectacles du in\u00a0: Le premier vendredi 22 \u00e0 18h \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra d&rsquo;Avignon\u00a0 Espaece, d&rsquo;apr\u00e8s Esp\u00e8ce d\u2019espace de Perec, un spectacle d\u20191h d\u2019Aur\u00e9lien Bory, sans paroles, \u00e0 la crois\u00e9e de l&rsquo;installation artistique, de l&rsquo;acrobatie et du mime, qui m\u2019a paru excellent. Ensuite, c\u2019est le gros morceau \u00e0 21h 30 \u00e0 la carri\u00e8re de Boulbon <em>Karamazov<\/em>, fantastique r\u00e9cit de 5h30 dans une mise en sc\u00e8ne par Jean Bellorini, des mouvements sur rails, les acteurs regroup\u00e9s dans de petits espaces, aucun ennui. <!--more-->Le lendemain en fin d\u2019apr\u00e8s-midi pr\u00e8s de la place des Carmes, <em>Lotissement<\/em> (2011) de Fr\u00e9d\u00e9ric Vossier, un auteur qui a d\u00e9j\u00e0 plusieurs pi\u00e8ces \u00e0 son actif. Un\u00a0 texte bien men\u00e9 et brillamment jou\u00e9, une situation \u00e0 trois, un p\u00e8re, un fils et la ma\u00eetresse du p\u00e8re, qui a l\u2019\u00e2ge du fils, ce qui pourrait faire un vaudeville, mais ce n\u2019est pas le ton choisi. Tommy Milliot pour la mise en sc\u00e8ne et la compagnie Man Haast. Et pour terminer au clo\u00eetre des C\u00e9lestins un moment \u00e9mouvant et tr\u00e8s ethnographique avec <em>Leila se meurt<\/em> de Ali Chahrour, une chor\u00e9graphie qui \u00e9voque les rites fun\u00e9raires chiites au Liban. Avec deux musiciens, un danseur, une parente pleureuse qui raconte la vie qu&rsquo;elle a men\u00e9e faite de deuils successifs, ensuite le danseur joue le mort. L&rsquo;ensemble est sobre et \u00e9mouvant.<\/p>\n<p>Le dernier jour \u00e0 18h, <em>La Dictatura de lo cool<\/em>, de Marco Layera un Chilien ( dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 vu un spectacle en 2014) qui propose une critique virulente de l&rsquo;art contemporain, \u00e0 travers un d\u00e9lire festif, tr\u00e8s bien jou\u00e9 avec une \u00e9nergie \u00e9tonnante dans une suite de f\u00eates et de saoulerie. Enfin \u00e0 22h. dans la cour d\u2019honneur du Palais des Papes, <em>Prima Donna<\/em> de Rufus Wainwright, Une version concert et projecttion de l\u2019op\u00e9ra avec un film de Francesco Vezzoli qui pr\u00e9sente Cindy Sherman. En seconde partie un r\u00e9cital du chanteur. D\u00e9couverte de la Fondation Lambert agrandie, avec notamment une exposition sur les diff\u00e9rentes formes de tortures d&rsquo;Andres Serrano. Adel Abdessemed est tr\u00e8s pr\u00e9sent, il a install\u00e9 dix bas-reliefs dans l&rsquo;\u00e9glise des C\u00e9lestins et dessin\u00e9 l&rsquo;image qui figure sur les programmes du festival.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 28 juillet 2014<\/span> Avignon 18 au 24 juillet 2014.<\/p>\n<p>Assur\u00e9ment Olivier Py, nouveau directeur du Festival d&rsquo;Avignon, recherche davantage le d\u00e9bat, la confrontation que l\u2019adh\u00e9sion et la catharsis dans le choix des spectacles propos\u00e9s. Par les temps qui courent c\u2019est un choix l\u00e9gitime et courageux, il donne aussi une large place au texte lu, en pr\u00e9sentant par exemple sous diff\u00e9rentes formes les \u00e9crits de Lydie Dattas, une exp\u00e9rience envo\u00fbtante. Cette ann\u00e9e mon parcours des spectacles d\u2019Avignon ( tr\u00e8s restreint face \u00e0 l&rsquo;abondance de l&rsquo;offre) m\u2019a confront\u00e9 \u00e0 une v\u00e9ritable tour de Babel. Le premier \u00e9tant en grec, le deuxi\u00e8me en n\u00e9erlandais, le troisi\u00e8me en fran\u00e7ais avec un fort accent belge, le quatri\u00e8me en espagnol et pour terminer en beaut\u00e9 un concert chant\u00e9 et rapp\u00e9 en arabe. En plus dans le off, j\u2019ai vu un spectacle en cor\u00e9en et un autre en italien\u00a0! Vitrioli, texte Yannis Mavritsakis, mise en sc\u00e8ne d\u2019Olivier Py. On assiste au martyr d\u2019un jeune homme qui manifeste une orientation sexuelle non conforme, tour \u00e0 tour par un pr\u00eatre, un m\u00e9decin, l\u2019amant de sa m\u00e8re, \u00e0 l\u2019instigation de celle-ci. The Fountain Head, la source vive d\u2019apr\u00e8s un livre de Ayn Rand paru en 1943. Mise en sc\u00e8ne d\u2019Ivo van Hove. Un d\u00e9bat sur l\u2019architecture et la cr\u00e9ation. Cette pi\u00e8ce d\u00e9ploie un d\u00e9bat sur l\u2019architecture et plus largement l\u2019autonomie ou non de la cr\u00e9ation artistique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 il semble un peu d\u00e9pass\u00e9, opposant de fa\u00e7on assez caricaturale le pur g\u00e9nie moderniste qui refuse tout compromis, au m\u00e9diocre affairiste qui est pr\u00eat \u00e0 tout pour obtenir les plus grandes commandes. Une seconde facette de la pi\u00e8ce concerne le r\u00f4le des m\u00e9dias dans la promotion ou la destruction d&rsquo;un projet, d&rsquo;une conception de l&rsquo;architecture. Les protagonistes sont trois architectes, deux journalistes et un propri\u00e9taire de journaux. Une pr\u00e9sentation stimulante, mise en sc\u00e8ne de fa\u00e7on int\u00e9ressante, mais qui manque de prise de distance, d\u2019humour. On pense au Citizen Kane d\u2019Orson Wells sorti en 1941, soit deux ans avant le livre qui raconte la vie du magnat de la presse Charles Foster Kane. On nous explique que le h\u00e9ros architecte serait une \u00e9vocation de Frank Lloyd Wright (1867 &#8211; 1959). An Old Monk, produit par Vidy Josse de Pauw &amp; Kris de Foort concert de jazz reprenant les th\u00e8mes de Thelonius Monk. La Imaginacion del futuro de Marco Layera . Le plus pol\u00e9mique et le plus d\u00e9lirant, inventif, dans la mise en sc\u00e8ne. Concert dans la s\u00e9rie intitul\u00e9e 5 chants j\u2019ai vu Interzone extended, le 23 juillet, chant, rap en arabe et 6 musiciens. Une lecture de La Foudre de Lydie Dattas. Dans le off. L\u2019\u00e9lu de Thomas Mann. Exposition Les Lucioles, collection Lambert, dans la prison Sainte-Anne.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 2013<\/span>, artistes asoci\u00e9s Stanislas Nordey et Dieudonn\u00e9 Niangouna Trois ans d\u00e9j\u00e0 que je n&rsquo;\u00e9tais pas retourn\u00e9 \u00e0 Avignon! Sans doute est-ce bien de faire une pause. On constate aussi que l&rsquo;on retrouve parfois les m\u00eames, bien s\u00fbr. C&rsquo;est aussi mon choix, il y a des metteurs en sc\u00e8ne dont j&rsquo;ai envie de suivre le travail, Krzysztof Warlikowsky par exemple. Et puis il y a aussi le hasard des dates et des places disponibles. Ainsi j&rsquo;ai vu 4 spectacles du In du 20 au 23 juillet, dont j&rsquo;avais achet\u00e9 les billets le premier jour de location; par contre, pas moyen d&rsquo;obtenir des places pour d&rsquo;autres repr\u00e9sentations dont la rumeur des conversations entendues dit qu&rsquo;ils sont bien: Germinal de Antoine Defoort et Halory Goerger ou Reise durch die Nacht de Katie Mitchell. Mais voici ce que j&rsquo;ai vu: j&rsquo;ai commenc\u00e9 avec le plus dur Cabaret Varsovie de Warlikowsky, 5 heures de spectacle dans le nouveau th\u00e9\u00e2tre de la Fabrica. Une \u00e9vocation du spectacle, de la vie au cabaret en deux \u00e9pisodes, l&rsquo;un dans le Berlin des ann\u00e9es 1930 et l&rsquo;autre aujourd&rsquo;hui. Un spectacle \u00e9clat\u00e9, en moments successifs avec une suite de num\u00e9ros ou de performances. Notamment en deuxi\u00e8me partie un morceau important consacr\u00e9 \u00e0 Radiohead. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression de voir un carnet d&rsquo;esquisses, des notes qui pourraient servir \u00e0 d&rsquo;autres spectacles ou qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es dans certains cas. La performance des acteurs, musiciens est impressionnante, mais ce n&rsquo;est pas vraiment une production aboutie. Le lendemain c&rsquo;est un autre d\u00e9paysement \u00e0 la carri\u00e8re de Boulbon, qui cr\u00e9e un effet magique. Ludovic Lagarde propose une version synth\u00e9tique, 2h. environ, minimaliste, r\u00e9duite \u00e0 trois personnages, du Roi Lear de Shakespeare avec Lear is in Town. La synth\u00e8se du texte est assur\u00e9ment tr\u00e8s int\u00e9ressante et met en \u00e9vidence les effets et la description de la s\u00e9nilit\u00e9 chez Lear, en se concentrant en somme sur cet aspect clinique. Ce qui est un peu \u00e9trange, c&rsquo;est que la pi\u00e8ce pourrait \u00eatre une production radiophonique et que rien n&rsquo;est ajout\u00e9 au dire du texte. Le meilleur fut pour le troisi\u00e8me soir avec Ivresse de Falk Richter et Anouk van Dijk, une stup\u00e9fiante association du ballet et du th\u00e9\u00e2tre et un grand spectacle. Il faut dire qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, il y a plus d&rsquo;une ann\u00e9e et qu&rsquo;il est donc plus au point que le Cabaret de Warlikowsky. On retrouve chez les deux metteurs en sc\u00e8ne un hommage \u00e0 Radiohead. La pi\u00e8ce rend compte des relations amoureuses et sociales au temps de Facebook et d&rsquo;internet comme troisi\u00e8me intervenant permanent. Difficile d&rsquo;aller \u00e0 Avignon sans passer une soir\u00e9e \u00e0 la Cour d&rsquo;honneur. Il n&rsquo;y avait plus de th\u00e9\u00e2tre, mais du ballet, ce qui n&rsquo;est pas ma sp\u00e9cialit\u00e9. Partita 2, Anne Teresa de Keersmaeker et Boris Charmatz et Amandine Beyer, violon. Ici aussi ce qui m&rsquo;a frapp\u00e9, c&rsquo;est une approche ultra minimaliste. Une violoniste, seule, sans aucun \u00e9clairage, dans la nuit, joue la partita de Bach, trois mouvements, avant que les deux danseurs n&rsquo;interviennent, seuls d&rsquo;abord, sans musique, puis avec la musicienne. Ce que je retiens c&rsquo;est le passage de la musique au silence, avec pour seul bruit le pas des danseurs, leur souffle et des avions qui passent et paraissent soudain tr\u00e8s bruyants. Les deux danseurs interviennent comme des enfants qui jouent dans une cour de r\u00e9cr\u00e9ation. Pendant tout le spectacle il n&rsquo;y a qu&rsquo;un rais de lumi\u00e8re qui \u00e9volue sur la sc\u00e8ne comme un quatri\u00e8me personnage, une conception du plasticien belge Michel Fran\u00e7ois. Un spectacle qui est court, mais \u00e9tonnant. J&rsquo;en ai profit\u00e9 pour voir quelques pi\u00e8ces du Off, les surprises sont bonnes et le hasard fait bien les choses! Je retiens: Mon nom est rouge, une interpr\u00e9tation du roman de Pamuk par des sortes de marionnettes, un th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;ombre, qui ne retenant que la trame narrative montre la richesse et la densit\u00e9 des possibles de l&rsquo;oeuvre de Pamuk. Narcisse, une com\u00e9die de Rousseau tr\u00e8s bien interpr\u00e9t\u00e9e. L&rsquo;\u00e9cole des femmes, des acteurs tr\u00e8s jeunes qui visitent Moli\u00e8re avec un esprit d\u00e9jant\u00e9. Si l&rsquo;on ajoute une journ\u00e9e \u00e0 Arles, la visite des expositions Les Papesses \u00e0 Avignon, le temps prend un autre sens, lorsque l&rsquo;on va au spectacle \u00e0 22 heures.! D&rsquo;autre part ce festival se termine sur deux perspectives prometteuses: Vincent Baudriller qui a codirig\u00e9 le festival d&rsquo;Avignon depuis 10 ans sera le directeur du th\u00e9\u00e2tre de Vidy Lausanne, d\u00e8s cet automne et d&rsquo;autre part c&rsquo;est Olivier Py qui reprend la direction d&rsquo;Avignon. On se r\u00e9jouit d\u00e9j\u00e0 des aventures \u00e9piques qu&rsquo;il va nous proposer.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0Avignon 2012 du 7 au 28 juillet<\/span> . Deux artistes sont annonc\u00e9s Sophie Calle et William Kentridge.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 2011 du 6 au 26 juillet<\/span> le chor\u00e9graphe Boris Charmatz est l&rsquo;artiste associ\u00e9.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 7 au 27 juillet 2010<\/span> Les deux artistes associ\u00e9s cette ann\u00e9e sont Olivier Cadiot et Christoph Marthaler. J&rsquo;ai s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 <span style=\"color: #000000;\">Avignon du 19 au 24 juillet 2010<\/span>. De retour du festival d&rsquo; Avignon, je suis partag\u00e9 entre la satisfaction d&rsquo;y \u00eatre all\u00e9 et d&rsquo;avoir assist\u00e9 \u00e0 des spectacles int\u00e9ressants et stimulants et la frustration en pensant aux spectacles que je n&rsquo;ai pas vus, car malgr\u00e9 l&rsquo;offre incroyablement pl\u00e9thorique, la r\u00e9ponse du public est impressionnante et presque tout se joue devant des salles compl\u00e8tes. Il me semble que c&rsquo;\u00e9tait une tr\u00e8s bonne \u00e9dition, r\u00e9v\u00e9latrice de la richesse des d\u00e9marches et des r\u00e9flexions dans le monde du spectacle, qui, pour les productions que j&rsquo;ai vues mettait l&rsquo;accent sur le processus cr\u00e9atif et lan\u00e7ait des ponts dans toutes les directions: musique, mime, danse, parole et travail sur l&rsquo;espace. Alors qu&rsquo;Olivier Cadiot \u00e9tait omnipr\u00e9sent, Christoph Marthaler \u00e9tait invisible, mais peut-\u00eatre tr\u00e8s pr\u00e9sent?. J&rsquo;ai vu 4 spectacles du programme in L&rsquo;orchestre perdu de Christophe Huysman, tr\u00e8s mal re\u00e7u, et qui pourtant m&rsquo;a paru tout \u00e0 fait int\u00e9ressant; Big Bang du Vivarium studio de Philippe Quesne; Un mage en \u00e9t\u00e9 d&rsquo;Olivier Cadiot, une mise en sc\u00e8ne de Ludovic Lagarde et une performance fantastique en solo de Laurent Poitrenaux; Richard II et les deux concerts Dusapin et deux off, l&rsquo;\u00eele aux esclaves de Marivaux et Agatha de Duras. J&rsquo;ai encore suivi la conf\u00e9rence de presse publique autour de Schutz vor der Zukunft de Marthaler avec Stefanie Carp qui a expliqu\u00e9 l&rsquo;origine de ce spectacle inspir\u00e9 par des euthanasies d&rsquo;enfants pratiqu\u00e9es \u00e0 Vienne par centaines au cours de la deuxi\u00e8me guerre mondiale et les rencontres avec les artistes de Big Bang et de Richard II, d&rsquo;excellents moments qui \u00e9clairent bien les productions \u00e9voqu\u00e9es. Le festival fait ressortir la fascinante richesse du monde th\u00e9\u00e2tral et le niveau tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 dans chaque domaine (auteur, metteur en sc\u00e8ne, acteur notamment) des personnalit\u00e9s impliqu\u00e9es. L&rsquo;orchestre perdu de Christophe Huysman. Il s\u2019agit certes d\u2019une production tr\u00e8s fragment\u00e9e dont le propos d\u2019ensemble est difficile \u00e0 saisir. Pourtant j\u2019ai trouv\u00e9 que toutes les composantes \u00e9taient belles \u00e0 commencer par le texte, la musique, le jeu des acteurs, la mise en sc\u00e8ne et les lumi\u00e8res. http:\/\/www.leshommespenches.com\/ Big Bang de Philippe Quesne. On assiste \u00e0 la construction d\u2019une s\u00e9rie de tableaux vivants avec tr\u00e8s peu de paroles, \u00e0 la naissance d\u2019images par une s\u00e9rie d&rsquo;associations, de collages qui soudain se oncr\u00e9tisent, se fixent. Les premi\u00e8res sc\u00e8nes m\u2019ont fait penser aux Mummenschanz. On part d&rsquo;une \u00e9vocation de la banquise pour passer \u00e0 des hommes pr\u00e9historiques qui se transforment en vacanciers avides de grand air qui font du rafting, pour arriver \u00e0 des cosmonautes! Quelque chose d&rsquo;improbable, d&rsquo;absurde qui suit imperturbablement son cours avec le plus grand s\u00e9rieux! A signaler que Big Bang sera pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Nyon ( en fait le spectacle est donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Arsenic \u00e0 Lausanne) du 14 au 16 ao\u00fbt 2010 dans le cadre du festival-far. \u00a0Un mage en \u00e9t\u00e9 d\u2019Olivier Cadiot pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9ra th\u00e9\u00e2tre dans une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019italienne. C\u2019est une formidable performance de Laurent Poitrenaux, seul sur sc\u00e8ne dans une superbe mise en sc\u00e8ne de Ludovic Lagarde. Laurent Poitrenaux dit le texte tout en \u00e9tant acteur et mime et parvient \u00e0 fixer l\u2019attention pendant 90 minutes. Malgr\u00e9 la beaut\u00e9 du spectacle, j\u2019avoue n\u2019avoir pas retenu beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments du texte, \u00e9vocation d\u2019images li\u00e9es \u00e0 l\u2019eau, de tableaux,\u00a0 fil conducteur des activit\u00e9s d\u2019un mage, mais en r\u00e9alit\u00e9 le texte lui-m\u00eame ne m\u2019a pas marqu\u00e9. Richard II Shakespeare, mise en sc\u00e8ne Jean-Baptiste Sastre et sc\u00e9nographie de Sarkis. Lors de la rencontre avec les artistes j&rsquo;ai appris que l&rsquo;image flout\u00e9e des murs de la Cour d&rsquo;honneur \u00e9tait due au fait que cette paroi a \u00e9t\u00e9 photographi\u00e9e enti\u00e8rement et que l&rsquo;on voit une projection et non le mur r\u00e9el. Ce qui cr\u00e9e une distance, par contre la mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s sobre, avec un tronc immense qui se consume et \u00e9voque un feu de chemin\u00e9e ou la destruction des ch\u00e2teaux par la guerre cr\u00e9e un contexte contemporain de la pi\u00e8ce, les costumes sont inspir\u00e9s de peintures de l&rsquo;\u00e9poque. La musique qui intervient parfois tr\u00e8s stridente est totalement dissoci\u00e9e avec des trompes \u00e9lectroniques, le Beau Danube Bleu, une com\u00e9die musicale am\u00e9ricaine. Assur\u00e9ment il y a une volont\u00e9 de cr\u00e9er une distance, par ailleurs le texte est dit et la pi\u00e8ce se d\u00e9roule dans une grande clart\u00e9 sans surint\u00e9repr\u00e9tation. Denis Podalyd\u00e8s propose une fantastique incarnation du r\u00f4le principal de ce roi sur le chemin de la d\u00e9ch\u00e9ance.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 2009 du 7 au 29 juillet<\/span>. Le metteur en sc\u00e8ne associ\u00e9 au Festival en 2009 est Wajdi Mouawad n\u00e9 en 1968 d&rsquo;origine libanaise il vit au Canada. Je n&rsquo;ai pas vu le spectacle qu&rsquo;il pr\u00e9sentait en 2008 intitul\u00e9 Seuls et o\u00f9 il \u00e9tait effectivement seul, par contre j&rsquo;ai entendu un dialogue dans lequel il pr\u00e9sentait sa conception du travail d&rsquo;acteur et de metteur en sc\u00e8ne construit sur une longue dur\u00e9e et cela semblait tr\u00e8s int\u00e9ressant! A relever \u00e9galement un spectacle de Warlikowski sur la sc\u00e8ne du Palais des Papes Apollonia du 16 au 19 juillet (vu \u00e0 Gen\u00e8ve en janvier 2010). Christophe Marthaler est pr\u00e9sent avec Riesenbutzbach une colonie permanente du 23 au 29 juillet. On retrouve Stefan Kaegi, Rimini Protokoll avec Radio Muezzin.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 2008 du 4 au 26 juillet<\/span> artistes associ\u00e9s Val\u00e9rie Dr\u00e9ville, Romeo Castellucci. J&rsquo;ai vu 4 spectacles du in du 19 au 21 juillet 2008: Das System de Falk Richter qui est lui-m\u00eame auteur et metteur en sc\u00e8ne. Ici il a \u00e9t\u00e9 mis en sc\u00e8ne par Stanislas Nordey, sans doute la recherche la plus int\u00e9ressante que j&rsquo;ai pu voir, 5 heures de spectacle qui explorent les diff\u00e9rents registres de l&rsquo;expression th\u00e9\u00e2trale, allant de l&rsquo;invective au dialogue ou au monologue intime, en passant par des jeux vid\u00e9os. Le texte est construit autour d&rsquo;une critique v\u00e9h\u00e9mente de divers aspects de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle: ce qui va de la guerre en Irak, \u00e0 la manie de recourir \u00e0 des consultants d&rsquo;entreprises!. Hamlet dans la conception de Thomas Ostermeier un grand spectacle fantastiquement bien jou\u00e9, surtout par le r\u00f4le titre, Lars Eidinger, qui fait un num\u00e9ro \u00e9poustouflant, mais qui ne rend pas justice au texte. Empire (Art &amp; Politics) de Superamas une tentative de pr\u00e9senter les probl\u00e9matiques de la guerre et du pouvoir dans un esprit proche de Mamma Mia, c&rsquo;\u00e9tait sympa, mais pas tr\u00e8s convaincant! Enfin la lecture d&rsquo;extraits de la Divine com\u00e9die de Dante dans la cour d&rsquo;honneur dans un froid glacial. C&rsquo;\u00e9tait fascinant d&rsquo;entendre ce texte rigoureusement contemporain de la construction du b\u00e2timent. On parvient tout de m\u00eame \u00e0 la conclusion que dans le fond l&rsquo;architecture nous est plus famili\u00e8re et compr\u00e9hensible que le discours de cette \u00e9poque. J&rsquo;ai encore vu l&rsquo;installation Paradiso de Romeo Castellucci \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise des C\u00e9lestins qui pose la question du kitsch dans le th\u00e9\u00e2tre! Dans le off j&rsquo;ai vu Product de Mark Ravenhill.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 2006<\/span> La soixanti\u00e8me \u00e9dition du Festival d&rsquo;Avignon se d\u00e9roulera du 6 au 27 juillet 2006. L&rsquo;artiste associ\u00e9 est Josef Nadj. Programme 2006 du Festival d&rsquo;Avignon du 6 au 27 juillet. L&rsquo;\u00e9dition 2006 achev\u00e9e voici quelques observations sur les spectacles vus entre le 22 et le 24 juillet 2006. Arriv\u00e9 dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je prends la temp\u00e9rature en parcourant la ville et je regarde les innombrables affiches des spectacles du off. Je veux aller voir une pi\u00e8ce avant la soir\u00e9e dans la cour d&rsquo;honneur du Palais des Papes et je d\u00e9cide que je verrai un spectacle qui d\u00e9bute lorsque je passe devant le th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 il a lieu. Et bien ce sera Les Errants de C\u00f4me de Bellescize par le Th\u00e9\u00e2tre du fracas. Les articles affich\u00e9s m&rsquo;apprennent qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une troupe de jeunes qui ont obtenu un prix \u00e0 Paris. Une pi\u00e8ce qui parle d&rsquo;actualit\u00e9, les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Sangate, en l&rsquo;int\u00e9grant dans la tradition de l&rsquo;histoire th\u00e9\u00e2trale: 12 acteurs et 2 musiciennes proposent un excellent spectacle. J&rsquo;ai vraiment appr\u00e9ci\u00e9 cette tentative de cr\u00e9er une pi\u00e8ce avec un th\u00e8me actuel, m\u00eame si elle est parfois un peu scolaire. De plus c&rsquo;est une excellente mise en condition pour appr\u00e9cier le spectacle du soir Les Barbares de Maxime Gorki mis en sc\u00e8ne par Eric Lacascade. Ici aussi l&rsquo;auteur a choisi un th\u00e8me de l&rsquo;actualit\u00e9 de son temps (1905): la construction du chemin de fer dans un petit village russe pour dresser le portrait de diff\u00e9rentes personnalit\u00e9s et construire un r\u00e9cit sur les relations entre des personnages aux caract\u00e8res tr\u00e8s marqu\u00e9s selon leur niveau culturel et leur \u00e2ge. La mise en sc\u00e8ne sobre met en \u00e9vidence des num\u00e9ros d&rsquo;acteur tr\u00e8s accomplis. Le lendemain c&rsquo;est le domaine de la science fiction parano\u00efaque dans une atmosph\u00e8re qui \u00e9voque le meilleur des mondes qui m&rsquo;attend avec Chaise d&rsquo;Edward Bond. La mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Alain Fran\u00e7on et le jeu des quatre acteurs aboutissent \u00e0 un spectacle d&rsquo;une intensit\u00e9 extr\u00eame. Lundi je d\u00e9couvre Les Marchands de Jo\u00ebl Pommerat au Th\u00e9\u00e2tre municipal. La voix est celle d&rsquo;une seule narratrice, tous les autres intervenants \u00e9voluent dans un silence presque complet sur la sc\u00e8ne, mimant les \u00e9l\u00e9ments du r\u00e9cit. L&rsquo;histoire d&rsquo;une ville qui d\u00e9pend d&rsquo;une seule entreprise et l&rsquo;\u00e9volution tragique d&rsquo;une marginale qui ne travaille pas dans cette usine. Un spectacle qui laisse des images fortes et l&rsquo;\u00e9cho de ce r\u00e9cit inscrit dans ma m\u00e9moire. Enfin j&rsquo;\u00e9voque la production la plus insolite d\u00e9couverte au cours de cette \u00e9dition Rimini &#8211; Protokoll cargo Sofia-Avignon, un voyage en camion bulgare. Ici on est dans un champ qui se situe entre le spectacle, le documentaire film\u00e9, le reportage et l&rsquo;art contemporain propos\u00e9 avec une ma\u00eetise \u00e9tonnante par le Soleurois Stefan Kaegi (n\u00e9 en 1972) qui fait partie du collectif Rimini-Protokoll. J&rsquo;avoue avoir h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 m&rsquo;engager dans cette aventure! Lorsque j&rsquo;ai vu le camion et les trois banquettes destin\u00e9es aux spectateurs j&rsquo;ai eu mal au coeur. J&rsquo;ai cru d&rsquo;abord que le camion \u00e9tait enti\u00e8rement ferm\u00e9 sans fen\u00eatres avec seulement des \u00e9crans, apr\u00e8s avoir lu la notice qui accompagne chaque spectacle j&rsquo;ai compris que toute la longueur gauche du v\u00e9hicule \u00e9tait une fen\u00eatre tant\u00f4t ouverte sur l&rsquo;ext\u00e9rieur, tant\u00f4t transform\u00e9e en 3 \u00e9crans de projection. Je me suis heureusement d\u00e9cid\u00e9, il faut dire que cela valait la peine; et pourtant! 2 heures en camion sur une banquette \u00e0 la place du papier de toilette ou des caisses de melon comme nous le rappelle aimablement notre chauffeur bulgare sont une v\u00e9ritable \u00e9preuve surtout par une temp\u00e9rature ext\u00e9rieure de 38\u00b0. La r\u00e9alisation est absolument \u00e9poustouflante, elle associe simultan\u00e9ment plusieurs lieux, plusieurs r\u00e9cits et une multitude d&rsquo;exp\u00e9riences. On peut dire que cette d\u00e9marche s&rsquo;inscrit dans la suite des travaux de Thomas Hirschhorn. Ce dernier en effet avait \u00e0 Avignon, en 2000, dans le cadre de l&rsquo;exposition la Beaut\u00e9 plac\u00e9 un kiosque philosophique au pied d&rsquo;un gigantesque HLM situ\u00e9 hors les murs historiques de la ville o\u00f9 se cantonnent habituellement les visiteurs. Stefan Kaegi nous propose un parcours sur le p\u00e9riph\u00e9rique ext\u00e9rieur d&rsquo;Avignon. Tentons de r\u00e9sumer cette exp\u00e9rience. Attach\u00e9s sur leur banquette, les spectateurs sont accueillis par les deux chauffeurs bulgares et une traductrice blonde \u00e0 l&rsquo;accent oriental. Il existe une liaison vid\u00e9o avec la cabine de pilotage comme avec l&rsquo;ext\u00e9rieur. Les \u00e9crans baiss\u00e9s, une projection nous raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une grande entreprise de transport allemande qui a rachet\u00e9 les transports d&rsquo;\u00e9tat bulgares. On va suivre d&rsquo;une part un reportage sur cette entreprise qui sera projet\u00e9 au cours du parcours, nous apprendrons \u00e0 la fin qu&rsquo;elle a fait l&rsquo;objet de la plus grande descente de police de l&rsquo;histoire allemande en 2005. Par ailleurs tout \u00e9cran baiss\u00e9 le parcours d\u00e9bute par une pr\u00e9sentation de Sofia, les chauffeurs vont nous raconter leur p\u00e9riple de Sofia \u00e0 Avignon, les douanes, les particularit\u00e9s de chaque pays. Ils se pr\u00e9sentent aussi, racontent leur vie, leur famille, nous montrent des photos. Un premier arr\u00eat: les \u00e9crans se l\u00e8vent et l&rsquo;on d\u00e9couvre la gare des containers d&rsquo;Avignon, un employ\u00e9 vient expliquer le fonctionnement de cette gare. Nous ferons ainsi plusieurs \u00e9tapes qui font d\u00e9couvrir les \u00e9l\u00e9ments sous-jacents de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique des transports routiers de la r\u00e9gion. Plus loin ce sera un immense march\u00e9 de gros, ouvert de 5h \u00e0 7h du matin o\u00f9 sont \u00e9coul\u00e9s les fruits et l\u00e9gumes fran\u00e7ais, ces \u00e9tapes comment\u00e9es s&rsquo;ach\u00e8veront par le r\u00e9cit d&rsquo;un transporteur avignonnais, actif dans ce domaine depuis deux g\u00e9n\u00e9rations. Au cours du parcours nous rencontrons aussi une myst\u00e9rieuse figure f\u00e9minine. La premi\u00e8re fois elle est assise immobile, prostr\u00e9e dans un giratoire. Plus loin, elle chante une chanson et nous la retrouvons \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e. Il y a ainsi une multitude de niveaux qui permettent le d\u00e9ploiement de plusieurs r\u00e9cits et l&rsquo;expression d&rsquo;exp\u00e9riences multiples sans oublier celle des spectateurs embarqu\u00e9s dans le camion. Stefan Kaegi a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Avignon un autre spectacle Mnemopark cr\u00e9\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre de B\u00e2le en 2005 que je n&rsquo;ai pas vu. Le cr\u00e9ateur associ\u00e9 \u00e0 cette \u00e9dition est le chor\u00e9graphe hongrois Josef Nadj. Une exposition \u00e0 la maison Jean Vilar permet de d\u00e9couvrir son travail, en particulier gr\u00e2ce \u00e0 des vid\u00e9os de ses spectacles. Par ailleurs la performance Paso Doble r\u00e9alis\u00e9e avec le peintre Miguel Barcelo a \u00e9t\u00e9 film\u00e9e et elle est projet\u00e9e dans le cadre de l&rsquo;exposition de la collection Lambert Figures de l&rsquo;acteur, le paradoxe du com\u00e9dien.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Avignon 2005<\/span> Jean Fabre est le cr\u00e9ateur associ\u00e9 au Festival. Il produira plusieurs spectacles notamment une reprise de Je suis Sang mentionn\u00e9 ci-dessous du 15 au 17 juillet. On retrouvera \u00e9galement Olivier Py et Krzysztof Warlikowski. Le cr\u00e9ateur associ\u00e9 au Festival cette ann\u00e9e est le Belge flamand Jean Fabre. J\u2019avoue n\u2019avoir pas beaucoup d\u2019atomes crochus avec son travail, je n&rsquo;ai donc pas vu les deux spectacles qu&rsquo;il propose dans la cour d&rsquo;honneur du Palais des Papes, j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 vu Je suis sang en 2001. Ceci dit il semble avoir con\u00e7u une belle \u00e9dition du Festival ouvert sur des approches vari\u00e9es, laissant une place importante aux d\u00e9bats et aux lectures dans l\u2019id\u00e9e visiblement d\u2019offrir un panorama le plus complet possible de la cr\u00e9ation et de la r\u00e9flexion autour de la sc\u00e8ne et de ses publics en France et en Belgique aujourd\u2019hui. Le grand int\u00e9r\u00eat d\u2019Avignon r\u00e9side dans cette richesse, il y a des spectacles qui \u00e9chappent compl\u00e8tement au th\u00e9\u00e2tre et d&rsquo;autres au contraire qui se concentrent avec intensit\u00e9 sur la parole dite par des acteurs compl\u00e8tement au point et qui veulent montrer tout ce qu\u2019ils savent faire \u00e0 cette occasion. En quatre jours j\u2019ai vu quatre spectacles ce qui signifie pr\u00e8s de 20h de repr\u00e9sentation: An\u00e9antis de Sarah Kane par Thomas Ostermeier. Un huis clos dans une chambre d\u2019h\u00f4tel, sur un plateau tournant on d\u00e9couvre un grand lit et les accessoires d\u2019une chambre d\u2019h\u00f4tel y compris la salle de bain, il y a 3 acteurs. C&rsquo;est moins violent que Purifi\u00e9s par Krzysztof Warlikowski en 2001. La pi\u00e8ce pr\u00e9sente la relation rompue entre un homme m\u00fbr et une tr\u00e8s jeune fille. Elle l\u2019a suivi pour la derni\u00e8re fois dans une chambre h\u00f4tel. La pi\u00e8ce explore le passage de la violence priv\u00e9e \u00e0 la violence publique, celle de la guerre. L\u2019homme qui se dit \u00e0 la fois journaliste et espion se sait traqu\u00e9. Finalement un troisi\u00e8me protagoniste intervient, un soldat qui raconte les horreurs qu\u2019il a subies et commises et qu&rsquo;il continue \u00e0 commettre. 2h. Hamlet en version fran\u00e7aise. Apr\u00e8s une version lituanienne tr\u00e8s imag\u00e9e en 1998, une version polonaise de Warlikowski en 2001, voici une version fran\u00e7aise qui revendique la pr\u00e9sentation int\u00e9grale du texte. La mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Hubert Colas est ing\u00e9nieuse, elle n\u2019offre pas d\u2019images spectaculaires et se concentre sur le texte fort bien pr\u00e9sent\u00e9. 4h 30 . La vie de Galil\u00e9e de Bertold Brecht par Jean-Fran\u00e7ois Sivadiez, magnifique spectacle, dense et enjou\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 dans l\u2019esprit d\u2019un th\u00e9\u00e2tre de foire. 3h. Enfin Les Vainqueurs d\u2019Olivier Py 10h de spectacle de 15h \u00e0 1h du matin un travail qui r\u00e9ussit \u00e0 \u00eatre prenant, \u00e0 accrocher le spectateur par les d\u00e9cors, la mise en sc\u00e8ne et le jeu virtuose d\u2019acteurs qui savent tout faire. il faut dire qu&rsquo;Olivier Py est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans ce festival avec deux concerts accompagn\u00e9s de lecture de ses textes, une journ\u00e9e consacr\u00e9e \u00e0 Srebrenica le 12 juillet et un concert de chansons.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Festival d\u2019Avignon 6 au 28 juillet 2001<\/span> Pour une fois je vais sortir des limites de l\u2019art et des expositions et me livrer \u00e0 quelques consid\u00e9rations sur le Festival d\u2019Avignon. Ce Festival comprend, tout le monde le sait, le In, dirig\u00e9 par Bernard Faivre d\u2019Arcier et le Off. Contrairement \u00e0 ce que cette division pourrait laisser croire, il faut se rendre compte que le In propose les spectacles les plus originaux, souvent difficiles, le Off offre des spectacles plus commerciaux, (les troupes doivent rentabiliser leur pr\u00e9sence \u00e0 Avignon) plus accessibles, presque toujours fort bien jou\u00e9s qui durent g\u00e9n\u00e9ralement une heure et sont pr\u00e9sent\u00e9s pendant toute la dur\u00e9e du Festival. Plus de 40 spectacles, r\u00e9citals ou ballets sont pr\u00e9sent\u00e9s dans le cadre du In, alors que le Off propose environ 500 spectacles. Le In offre un panorama de la cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale en France tout en proposant des ouvertures sur le th\u00e9\u00e2tre \u00e9tranger. Cette ann\u00e9e il pr\u00e9sentait des options tr\u00e8s diff\u00e9rentes relevant de conceptions souvent diam\u00e9tralement oppos\u00e9es du th\u00e9\u00e2tre. Apr\u00e8s ces g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s encore une remarque liminaire. Ce qui me frappe dans ce Festival , c\u2019est la qualit\u00e9 d\u2019attention et d\u2019int\u00e9r\u00eat du public. On peut sans doute parler de ferveur. C\u2019est une grande diff\u00e9rence avec le public des expositions d\u2019art qui est souvent un passant \u00e0 la recherche de sensations fortes imm\u00e9diates. Voici quelques r\u00e9flexions sur 3 spectacles vus entre le 19 et le 22 juillet. (A relever que je n\u2019ai pas vu, faute de billets, les spectacles les plus courus pendant cette p\u00e9riode B\u00e9r\u00e9nice, mise en sc\u00e8ne par Lambert Wilson et La Mort de Danton de B\u00fcchner, mise en sc\u00e8ne par Thomas Ostermeier.) Hamlet. Mise en sc\u00e8ne de Krzysztof Warlikowski (1962), spectacle en polonais surtitr\u00e9. Cette mise en sc\u00e8ne de Hamlet propose un d\u00e9coupage presque cin\u00e9matographique, des sc\u00e8nes qui s\u2019encha\u00eenent avec beaucoup de clart\u00e9, un rythme soutenu, intense. Malgr\u00e9 la narration simultan\u00e9e de certains \u00e9pisodes, l\u2019attention est tr\u00e8s centr\u00e9e, les spectateurs sont assis face \u00e0 face, la pi\u00e8ce se d\u00e9roule au centre comme sur un ring. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 des miroirs qui soulignent la mise en sc\u00e8ne et le caract\u00e8re trompeur des apparences, les jeux de la trahison, de la manipulation et du th\u00e9\u00e2tre qui forment le c\u0153ur de la pi\u00e8ce. Le jeu des acteurs est intense. Krzysztof Warlikowski n\u2019insiste pas sur les caract\u00e8res anecdotiques de l\u2019apparition du fant\u00f4me dans la premi\u00e8re partie et se concentre sur les relations entre les personnages; les probl\u00e8mes d\u2019attraction- r\u00e9pulsion, le d\u00e9sir et la trahison. Horatio est un ami plus important qu\u2019Oph\u00e9lie. La seconde partie est centr\u00e9e sur le combat entre Laerte et Hamlet fortement marqu\u00e9 par les arts martiaux orientaux. Anatomie Titus Fall of Rome, un commentaire de Shakespeare de Heiner M\u00fcller, mise en sc\u00e8ne de Philippe Vincent. Ici on est confront\u00e9 \u00e0 un double commentaire, la pi\u00e8ce Titus Andronicus de Shakespeare, comment\u00e9e par Heiner M\u00fcller, puis la mise en sc\u00e8ne de Philippe Vincent qui vient s\u2019ajouter en somme au commentaire de M\u00fcller. Pour r\u00e9pondre \u00e0 ce d\u00e9fi la mise en sc\u00e8ne utilise des techniques employ\u00e9es dans l\u2019art contemporain, en particulier la vid\u00e9o. La premi\u00e8re partie est caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019\u00e9clatement, la parcellisation, l\u2019absence de centre, alors que dans la seconde moiti\u00e9 du spectacle, on revient \u00e0 une conception plus centr\u00e9e, plus jou\u00e9e. Dans la premi\u00e8re partie un grand \u00e9cran de cin\u00e9ma propose des paysages et la vue de certains personnages du drame, un autre \u00e9cran tv introduit un espace diff\u00e9rent dans le dialogue entre les acteurs, il marque la distance du commentaire. Par exemple sur l\u2019\u00e9cran tv, c\u2019est ironiquement un requin qui coupe les mains dans l\u2019une des nombreuses sc\u00e8nes d\u2019horreur qui marque la pi\u00e8ce, puis l\u2019on voit deux t\u00eates qui flottent sous l\u2019eau. La premi\u00e8re partie est accompagn\u00e9e par un duo saxophone-violoncelle. Le caract\u00e8re caricatural de l\u2019horreur shakespearienne est soulign\u00e9 avec brio dans l\u2019esprit du commentaire de M\u00fcller. Les acteurs interviennent \u00e9galement dans l\u2019espace r\u00e9serv\u00e9 au public. Dans la seconde partie, les \u00e9crans de cin\u00e9ma et de tv disparaissent, et laissent la place \u00e0 un fond rougeoyant, deux tours dans lesquelles \u00e9voluent les personnages au d\u00e9but marquent les limites de la sc\u00e8ne qui devient toujours plus r\u00e9duite. La mise en sc\u00e8ne p\u00e9tille d\u2019id\u00e9es et explore des champs d\u2019expression tr\u00e8s vastes. http:\/\/scenes.free.fr Je suis sang (conte de f\u00e9es m\u00e9di\u00e9val) de Jean Fabre\/ Troubleyn. Jean Fabre (n\u00e9 en 1958) est typiquement un artiste qui appartient \u00e0 plusieurs champs du domaine artistique. On parle de d\u00e9cloisonner, m\u00e9tisser lui assure vouloir concilier. On le connait comme sculpteur, fascin\u00e9 par les insectes qu&rsquo;il emploie comme constituant essentiel de ses travaux plastiques. Il y a du paradoxe, de l&rsquo;audace et peut-\u00eatre de l&rsquo;inconscience \u00e0 vouloir proposer un spectacle sur le th\u00e8me du sang en Avignon. En effet, ce liquide coule \u00e0 flots dans les grands textes classiques du r\u00e9pertoire, en particulier chez Shakespeare et Marlowe et nombreux sont les metteurs en sc\u00e8ne (il suffit de penser \u00e0 Matthias Langhoff) qui ont port\u00e9 ce th\u00e8me sanglant \u00e0 des paroxysmes toujours plus insoutenables au cours des derni\u00e8re ann\u00e9es. Ainsi Jean Fabre en proposant une succession de tableaux manifestement inspir\u00e9s par J\u00e9r\u00f4me Bosch et Breugel ou par des motifs iconographiques comme le Martyr de Saint-S\u00e9bastien ou l&rsquo;\u00e9corchement de Marsyas ne frappe pas tr\u00e8s fort. Par ailleurs l&rsquo;invocation lancinante du liquide gluant dans un texte \u00e9sot\u00e9rique n&rsquo;est pas convaincante. Cela dit comme plasticien, il a de nombreuses id\u00e9es int\u00e9ressantes, l&rsquo;utilisation de l&rsquo;ombre des danseurs projet\u00e9es contre le mur qui cl\u00f4t la sc\u00e8ne par exemple. Et surtout les mouvements des danseurs qui s&rsquo;inspirent des insectes et parviennent avec une incroyable virtuosit\u00e9 \u00e0 \u00e9voquer leur affolement lorsqu&rsquo;ils sont pris au pi\u00e8ge dans un rayon de lumi\u00e8re est fascinant. Ce ballet d\u2019insectes \u00e9perdus offre une id\u00e9e, une recherche int\u00e9ressante qui donnerait beaucoup d&rsquo;intensit\u00e9 \u00e0 une performance, il ne parvient pas \u00e0 s\u2019imposer v\u00e9ritablement sur une sc\u00e8ne aussi vaste que celle de la Cour d\u2019honneur du Palais des Papes. Une exposition de Jean Fabre intitul\u00e9e Umbraculum, un lieu hors du monde pour travailler et r\u00e9fl\u00e9chir, est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la chapelle Saint-Charles \u00e0 Avignon jusqu\u2019au 6 octobre 2001. Au sol des scies en m\u00e9tal ayant servi dans diff\u00e9rentes usines, un bruit de fond \u00e9voque des cliquetis m\u00e9caniques inqui\u00e9tants. Suspendus au plafond, comme \u00e9cho \u00e0 ces instruments de torture et d\u2019amputation potentiels, on d\u00e9couvre les moyens utilis\u00e9s pour aider ceux qui sont atteints dans leur mobilit\u00e9. Divers types de b\u00e9quilles et de chaises roulantes sont r\u00e9alis\u00e9s dans le mat\u00e9riau favori de l\u2019artiste, \u00e0 savoir des insectes. Par cette utilisation d\u2019objets trouv\u00e9s, ici les scies et l\u2019accumulation d\u2019un \u00ab mat\u00e9riau \u00bb inattendu pour cr\u00e9er ses sculptures Jean Fabre s\u2019inscrit dans l\u2019h\u00e9ritage de nouveaux r\u00e9alistes, on pense \u00e0 Daniel Spoerri, \u00e0 Arman et peut-\u00eatre m\u00eame \u00e0 Tinguely.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Puisque olivier Py dirige le festival d&rsquo;Avignon depuis 2014, j&rsquo;ajoute sur cette page des compte-rendus de spectacles th\u00e9\u00e2tres et op\u00e9ras d&rsquo;Oloivier Py.<\/p>\n<p>J&rsquo;utilise cette page pour rendre compte de spectacles d&rsquo;Olivier Py qui m&rsquo;interpellent. Lulu; Freisch\u00fctz; Damnation de Faust; L&rsquo;Orestie; Tannh\u00e4user; Tristan und Isolde; Les contes d&rsquo;Hoffmann.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Gen\u00e8ve 8 f\u00e9vrier 2010<\/span><\/p>\n<p>Olivier Py est de retour \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra de Gen\u00e8ve avec une magnifique mise en sc\u00e8ne de Lulu d&rsquo;Alban Berg \u00e0 voir jusqu&rsquo;au 20 f\u00e9vrier. La vie nocturne, le monde de la rue est \u00e9voqu\u00e9 en utilisant les n\u00e9ons color\u00e9s en bleu, rouge, jaune notamment. Ces derniers d\u00e9roulent des textes, sentences, une note de couleur qui donne un caract\u00e8re magique \u00e0 la repr\u00e9sentation. La mise en espace de l&rsquo;op\u00e9ra est tr\u00e8s originale en abandonnant la vision des films expressionnistes o\u00f9 dominent les gros plans en noir et blanc tout en maintenant une r\u00e9f\u00e9rence au cin\u00e9ma dans le d\u00e9roulement des sc\u00e8nes. L&rsquo;espace est utilis\u00e9 en hauteur et en profondeur et l&rsquo;on retrouve cette roue qui tourne dans de nombreux spectacles d&rsquo;Olivier Py.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Gen\u00e8ve 9 octobre 2008<\/span><\/p>\n<p>A l&rsquo;op\u00e9ra de Gen\u00e8ve, Olivier Py propose la trilogie du diable avec la reprise de trois op\u00e9ras dont le r\u00e9cit et la probl\u00e9matique sont li\u00e9s au romantisme allemand: le Freisch\u00fctz (1821) de Carl Maria von Weber ( 9 oct. &#8211; 7 nov. 2008), la Damnation de Faust de Berlioz (1846) ( 14 oct &#8211; 8 nov), les Contes d&rsquo;Hoffmann (1881) d&rsquo;Offenbach ( 19 oct &#8211; 9 nov.). Les op\u00e9ras sont programm\u00e9s de telle fa\u00e7on qu&rsquo;il est possible de les voir \u00e0 la suite.<\/p>\n<p>Pendant un mois, du 9 octobre au 9 novembre Gen\u00e8ve a v\u00e9cu au rythme du Diable \u00e9voqu\u00e9 par Olivier Py dans trois op\u00e9ras qui racontent la naissance du romantisme et les fantasmes du 19e si\u00e8cle. Le th\u00e9\u00e2tre ou l&rsquo;op\u00e9ra sont fascinants dans la mesure o\u00f9 ils stimulent l&rsquo;imagination de ceux qui les mettent en sc\u00e8ne, qui viennent \u00e0 proposer une nouvelle perspective sur les oeuvres pr\u00e9sent\u00e9es.<\/p>\n<p>Le Freisch\u00fctz de Carl Maria von Weber (1786 &#8211; 1826) date de 1821 (2h 40 dont 25 &lsquo; d&rsquo;entracte). Max, le h\u00e9ros, ayant \u00e9chou\u00e9 aux \u00e9preuves de tir impos\u00e9es pour conqu\u00e9rir sa belle, subit les bizutages violents des paysans du village. Il se retrouve d\u00e9shabill\u00e9 avec juste un slip, attach\u00e9 sur la grande sculpture d&rsquo;un cerf. Cette premi\u00e8re sc\u00e8ne est tr\u00e8s brutale. Elle \u00e9voque Sc\u00e8nes de chasse en Bavi\u00e8re, une pi\u00e8ce de Martin Sperr dont Peter Fleischmann a fait un film terrible en 1968, une pi\u00e8ce qui se joue toujours. On peut voir sur Youtube, la poursuite dans la for\u00eat extraite du film, il semble bien qu&rsquo;elle ait inspir\u00e9 le d\u00e9but de la mise en sc\u00e8ne du Freisch\u00fctz de Py. Une mani\u00e8re de se distancer des approches niaises ou folklorisantes que cet op\u00e9ra peut susciter.Tout est en noir, avec une lumi\u00e8re blanche, m\u00e9tallique qui devient parfois rouge en pr\u00e9sence du feu. Sur la sc\u00e8ne, on trouve deux chiens loups et un corbeau. Une atmosph\u00e8re infernale est cr\u00e9\u00e9e en jouant avec les ombres. Pendant l&rsquo;ouverture, l&rsquo;ermite et le diable suspendent des figurines d\u00e9coup\u00e9es sur un carrousel de l&rsquo;avent dont l&rsquo;ombre est projet\u00e9e sur le rideau de sc\u00e8ne. Apr\u00e8s la violence de la premi\u00e8re sc\u00e8ne, les choses reviennent au calme avec l&rsquo;arriv\u00e9e du p\u00e8re de la fianc\u00e9e qui demande des explications. Max ne comprend pas son \u00e9chec et soup\u00e7onne un enchantement. Kaspar, son mauvais g\u00e9nie, lui conseille de se rendre dans la vall\u00e9e des loups pour fondre des balles magiques. En fait Kaspar essaie de vendre l&rsquo;\u00e2me de Max au diable. Ils se retrouvent dans la vall\u00e9e et r\u00e9alisent les balles. Agathe est envahie de mauvais pr\u00e9sages. Si l&rsquo;op\u00e9ra \u00e9voque par certains aspects La Fl\u00fbte enchant\u00e9e ou Fidelio, il contient d\u00e9j\u00e0 bien des \u00e9l\u00e9ments que l&rsquo;on va retrouver chez Wagner et la mise en sc\u00e8ne le tire dans cette direction, en faisant un pr\u00e9curseur de Wagner plut\u00f4t que comme oeuvre du d\u00e9but du 19e si\u00e8cle, en soulignant l&rsquo;originalit\u00e9 de cette cr\u00e9ation. Il y a des \u00e9l\u00e9ments de mise en sc\u00e8ne que l&rsquo;on retrouve dans les trois spectacles comme l&rsquo;utilisation de la salle du th\u00e9\u00e2tre pour des arriv\u00e9es et des d\u00e9parts d&rsquo;acteurs, du choeur; la pr\u00e9sence d&rsquo;une passerelle devant la fosse d&rsquo;orchestre qui place les chanteurs tr\u00e8s pr\u00e8s du public. L&rsquo;espace sc\u00e9nique est pris en compte en hauteur avec trois niveaux et en profondeur, celle-ci est moins employ\u00e9e en raison d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment tournant au centre de la sc\u00e8ne sur lequel de nombreux d\u00e9cors sont install\u00e9s.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">La Damnation de Faust 1846<\/span>. La Damnation de Faust est structur\u00e9e en une succession de tableaux dans lesquels alternent les \u00e9l\u00e9ments chant\u00e9s et dits en musique par les solistes et les parties confi\u00e9es au choeur.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re partie ne montre pas Faust dans un laboratoire comme on s&rsquo;y attend. Elle sugg\u00e8re plut\u00f4t qu&rsquo;il m\u00e9dite sur la religion et l&rsquo;humanit\u00e9, on voit ainsi se succ\u00e9der l&rsquo;\u00e9vocation du P\u00e9ch\u00e9 originel, de la Crucifixion et finalement de la R\u00e9surrection. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une partie confi\u00e9e au choeur avec une grande libert\u00e9 pour le metteur en sc\u00e8ne dans la reconstitution de ces moments. On voit arriver M\u00e9phistopheles qui emm\u00e8ne Faust \u00e0 la d\u00e9couverte du monde. La premi\u00e8re sc\u00e8ne de beuverie d\u00e9plait \u00e0 Faust. Elle est trait\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s sarcastique avec le choeur habill\u00e9 en tutu. Puis il l&#8217;emm\u00e8ne vers autre chose, vers Marguerite et c&rsquo;est le d\u00e9but de la d\u00e9couverte de l&rsquo;amour. En fait les tableaux sont distincts les uns des autres. Il semble que le metteur en sc\u00e8ne jouisse ainsi d&rsquo;une grande libert\u00e9, Py utilise \u00e0 nouveau tout l&rsquo;espace la hauteur de la sc\u00e8ne parfois divis\u00e9e en trois registres, la profondeur et la salle avec cette passerelle qui passe devant l&rsquo;orchestre en direction du public. On trouve aussi une atmosph\u00e8re nocturne, des jeux d&rsquo;ombres, l&rsquo;utilisation de carrousels.<\/p>\n<p>Les Contes d&rsquo;Hoffmann 1881. Hoffmann dans un caf\u00e9 pris d&rsquo;alcool r\u00eave \u00e0 ses amours pass\u00e9s. Il est toujours accompagn\u00e9 par la muse qui le surveille et le conseille. On va d\u00e9couvrir trois femmes, trois moments. La premi\u00e8re Olympia s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre un automate, la deuxi\u00e8me Antonia et la troisi\u00e8me Giuletta. La mise en sc\u00e8ne est totalement diff\u00e9rente de celle propos\u00e9e il y a sept ans (compte-rendu au bas de cette page). Elle est plus concentr\u00e9e, plus simple avec moins de figurants et de danseurs, utilise trois niveaux en hauteur sur le devant de la sc\u00e8ne. Cette concentration favorise sans doute la qualit\u00e9 musicale qui est splendide.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">L&rsquo;Orestie th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on Paris jusqu&rsquo;au 21 juin 2008<\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;Orestie trilogie d&rsquo;Eschyle ( Agamemnon, Les Cho\u00e9phores, les Eum\u00e9nides) mise en sc\u00e8ne et en lumi\u00e8re par Olivier Py au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on \u00e0 Paris. Plus de 5 heures de spectacle pour trois pi\u00e8ces qui relatent le destin des Atrides et la naissance du droit \u00e0 Ath\u00e8nes sous l&rsquo;impulsion d&rsquo;Ath\u00e9na et d&rsquo;Apollon. La mise en sc\u00e8ne propose un spectacle sur trois niveaux en hauteur. Elle confirme le sentiment qu&rsquo;Olivier Py est autant plasticien que metteur en sc\u00e8ne. Un quatuor \u00e0 cordes accompagne le spectacle et les parties du chxur sont chant\u00e9es en langue grecque avec des surtitrages. Ce qui introduit une dimension d&rsquo;op\u00e9ra ou d&rsquo;oratorio dans la production. L&rsquo;intensit\u00e9 du jeu des acteurs, la clart\u00e9 de leur diction, jamais d&rsquo;acteurs qui parlent le dos au spectateur!, les id\u00e9es du d\u00e9cor et des \u00e9clairages donnent une grande intensit\u00e9 dramatique et une vitalit\u00e9 impressionnante \u00e0 cette production qui pourrait \u00eatre indigeste, mais qui fourmille d&rsquo;inventions et n&rsquo;est jamais ennuyeuse. J&rsquo;ai vraiment eu l&rsquo;impression d&rsquo;avoir passer un long moment exceptionnel avec un descendant direct de Moli\u00e8re. Olivier Py dirige le Festival d&rsquo;Avignon d\u00e8s 2014.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Olivier Py propose Tannh\u00e4user au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve du 23 septembre au 11 octobre 2005. <\/span><\/p>\n<p>D\u00e8s les premi\u00e8res notes le rideau s\u2019ouvre sur la sc\u00e8ne noire, enti\u00e8rement vide \u00e0 l\u2019exception d\u2019un cercle dont les rayons sont form\u00e9s de n\u00e9ons blancs qui avance lentement vers l\u2019avant. Cette \u00e9toile restera pos\u00e9e \u00e0 l\u2019avant de la sc\u00e8ne jusqu\u2019au 3\u00e8me acte lorsqu\u2019elle est invoqu\u00e9e par Wolfram. Arrivent les protagonistes du Venusberg. Les hommes sont v\u00eatus d\u2019habits noirs, les femmes de robes longues rouges, certaines partiellement d\u00e9nud\u00e9es ex\u00e9cutent les danses lascives par lesquelles elles s\u00e9duisent les hommes. Un rideau de n\u00e9ons blancs est tomb\u00e9 il \u00e9voque la cascade du Venusberg. Les couleurs du spectacle sont pos\u00e9es avec les contrastes violents du blanc de la lumi\u00e8re des n\u00e9ons et du noir de la sc\u00e8ne, le rouge des femmes du Venusberg, certains personnages sont en gris notamment les p\u00e8lerins. A la fin du ballet, dans lequel sont intervenus un Minotaure et les Trois Gr\u00e2ces, Tannh\u00e4user demande \u00e0 quitter les orgies du Venusberg. Il est finalement lib\u00e9r\u00e9 et se trouve sur une route o\u00f9 passent des p\u00e8lerins avant que ses anciens compagnons troubadours ne le reconnaissent. Il est invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer la communaut\u00e9 qu\u2019il avait myst\u00e9rieusement quitt\u00e9e. On lui rappelle qu\u2019Elisabeth n\u2019a plus suivi les joutes chant\u00e9es de la Wartburg depuis son d\u00e9part. Il la retrouve. A l\u2019exception de diff\u00e9rentes structures en n\u00e9on l\u2019espace sc\u00e9nique reste vide, l\u2019immense profondeur de la sc\u00e8ne ressort, alors que des passerelles et des structures amovibles permettent le d\u00e9roulement de l\u2019action sur plusieurs niveaux. Au deuxi\u00e8me acte un concours de po\u00e9sie a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9, Elisabeth sort d\u2019une petite maison en n\u00e9ons. Elle invoque la halle sacr\u00e9e \u00a0o\u00f9 se d\u00e9roulent les chants. Les participants et les spectateurs prennent place reproduisant comme par un jeu de miroir la salle de spectacle avec des gradins qui font face \u00e0 la salle et une petite estrade centrale. L\u2019enjeu du concours est la main d\u2019Elisabeth et le th\u00e8me donn\u00e9 l\u2019amour. Apr\u00e8s Wolfram, \u00a0Heinrich (Tannh\u00e4user), alors que l\u2019on parle d\u2019amour courtois et spirituel, finit par avouer avoir d\u00e9couvert l\u2019amour sensuel au Venusberg, scandale ses compagnons veulent l\u2019ex\u00e9cuter, mais Elisabeth interc\u00e8de en sa faveur. Il est banni et doit partir en p\u00e8lerinage \u00e0 Rome. La mise en sc\u00e8ne joue sur un d\u00e9pouillement absolu sans fioritures dans une approche minimaliste qui souligne le d\u00e9roulement de la narration et met en \u00e9vidence chaque moment fort. Une \u00e9glise de n\u00e9ons pos\u00e9e sur la sc\u00e8ne s\u2019\u00e9l\u00e8ve pendant l\u2019introduction orchestrale du 3\u00e8me acte. Le caract\u00e8re d\u00e9pouill\u00e9 que l\u2019on pourrait qualifier de conventuel est encore accentu\u00e9 dans le troisi\u00e8me acte qui d\u00e9bute par la pri\u00e8re d\u2019Elisabeth et le retour des p\u00e8lerins, elle cherche en vain Tannh\u00e4user parmi eux. Pourtant il est bien l\u00e0 et appara\u00eet \u00e0 Wolfram apr\u00e8s que ce dernier ait invoqu\u00e9 l\u2019\u00e9toile qui accompagne tout le spectacle. Heinrich fait le r\u00e9cit du p\u00e8lerinage, le refus du pardon papal, il veut retourner au Venusberg, les femmes du Venusberg ressurgissent et tentent d\u2019entra\u00eener les deux hommes avant le coup de th\u00e9\u00e2tre final qui annonce le pardon de Tannh\u00e4user par la pri\u00e8re et la mort d\u2019Elisabeth. Les tensions entre sensualit\u00e9 et spiritualit\u00e9, religion et paganisme sont mises en \u00e9vidence \u00e0 travers l\u2019extr\u00eame sobri\u00e9t\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne qui laisse place \u00e0 l\u2019expression de la complexit\u00e9 du personnage de Tannh\u00e4user.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Olivier Py met en sc\u00e8ne Tristan et Iseult au Grand Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Gen\u00e8ve du 10 au 28 f\u00e9vrier 2005<\/span><\/p>\n<p>Les mises en sc\u00e8ne d&rsquo;Olivier Py m&rsquo;int\u00e9ressent depuis plusieurs ann\u00e9es voici une pr\u00e9sentation de celle qu&rsquo;il propose au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve pour Tristan et Iseult. Une fois le rideau ouvert des n\u00e9ons blancs dress\u00e9s \u00e9blouissent les spectateurs et \u00e9clairent la sc\u00e8ne plong\u00e9e dans le noir alors que dans le fond un rideau noir \u00e9voque les reflets et le mouvement de la mer. Le premier acte se d\u00e9roule sur le pont d\u2019un bateau, cuirassier noir qui avance lentement \u00e0 travers la sc\u00e8ne de gauche \u00e0 droite. Iseult et sa servante sont sur le pont inf\u00e9rieur, Tristan sur le pont sup\u00e9rieur. Olivier Py aime disposer ses personnages dans l\u2019espace en utilisant la hauteur de la sc\u00e8ne. Tristan am\u00e8ne Iseult au roi Marke en Cornouailles pour qu\u2019il l\u2019\u00e9pouse comme tribut de sa victoire sur l\u2019Irlande. Les personnages se pr\u00e9sentent alors que l\u2019intrigue se noue lentement. Le metteur en sc\u00e8ne respecte le statisme de Wagner et ne cherche pas \u00e0 l\u2019\u00e9dulcorer, par contre il fait ressortir la sp\u00e9cificit\u00e9 dramatique des coups de th\u00e9\u00e2tre et les renversements de situation qui caract\u00e9risent le d\u00e9roulement de chaque acte avec une intensit\u00e9 extr\u00eame. Ainsi alors qu&rsquo; Iseult a annonc\u00e9 son plan de vengeance et qu\u2019elle croit faire boire \u00e0 Tristan le filtre de mort, la situation est totalement renvers\u00e9e puisqu\u2019ils tombent \u00e9perdument amoureux. Le deuxi\u00e8me acte se d\u00e9roule dans une chambre \u00e0 coucher sur\u00e9lev\u00e9e. La pi\u00e8ce est tant\u00f4t toute noire tant\u00f4t toute blanche et les amants passent de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre alors que le texte chant\u00e9 propose une m\u00e9ditation sur la nuit et le jour, la lumi\u00e8re et l\u2019ombre, l\u2019amour, la vie et la mort. L\u2019accent est mis sur la verticalit\u00e9 et le confinement. Ici le coup de th\u00e9\u00e2tre de la d\u00e9couverte des amants est mis en sc\u00e8ne de fa\u00e7on \u00e9tonnante lorsque la chambre \u00e0 coucher s\u2019av\u00e8re \u00eatre un \u00e9chafaudage truff\u00e9 d\u2019espions, deux chiens policiers apparaissent. A la fin du deuxi\u00e8me acte on a cru Tristan mort, mais le voici alit\u00e9 dans son ch\u00e2teau pour une longue agonie. Le d\u00e9cor du troisi\u00e8me acte est \u00e0 couper le souffle. Tout l\u2019espace de la sc\u00e8ne est r\u00e9v\u00e9l\u00e9, dans sa profondeur, une structure en bois noir scande le c\u00f4t\u00e9 droit, elle \u00e9voque une jet\u00e9e. La sc\u00e8ne est pleine d\u2019eau, il y a m\u00eame un bassin dans lequel un enfant roi nage. Le lit de Tristan est plac\u00e9 au milieu de cette atmosph\u00e8re brumeuse et humide. Le cor anglais dont la sonorit\u00e9 donne un caract\u00e8re \u00e0 toute cette partie vient du fond de la sc\u00e8ne et marche comme un saxophoniste vers Tristan. La mise en sc\u00e8ne assume compl\u00e8tement l\u2019immobilisme, la longueur des dialogues chant\u00e9s caract\u00e9ristiques de Wagner avec sur la fin de chaque acte un \u00e9l\u00e9ment spectaculaire, lorsque les \u00e9v\u00e9nements se pr\u00e9cipitent soudain. Le troisi\u00e8me acte est structur\u00e9 sur l\u2019attente d\u2019Isolde, elle survient \u00e0 la fin suivie de peu par le roi Marke. Tristan meurt et Iseult s\u2019\u00e9l\u00e8ve sur un phare qui monte en tournant lentement. Olivier Py traduit une v\u00e9ritable vision de l\u2019oeuvre et s\u2019exprime en plasticien qui travaille sur l\u2019espace, le volume et la lumi\u00e8re dont il exploite les potentialit\u00e9s de fa\u00e7on paroxysmique. Les attitudes, les gestes des chanteurs reposent sur une vaste culture visuelle et \u00e9voquent souvent des peintures. Il fait ressortir l&rsquo;extr\u00eame \u00e9tranget\u00e9 de l&rsquo;oeuvre sans chercher \u00e0 l&rsquo;expliquer, \u00e0 la r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>Vers une pr\u00e9sentation de la conception de Tristan et Iseult par Bill Viola.<\/p>\n<p>Olivier Py pr\u00e9sente Le Soulier de satin de Paul Claudel au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve le 18 octobre 2003. Le soulier de satin est jou\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de la ville \u00e0 Paris jusqu&rsquo;au 11 octobre 2003. Olivier Py met en sc\u00e8ne La Damnation de Faust de Berlioz au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve du 13 au 26 juin 2003.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Les Contes d&rsquo;Hoffmann de Jacques Offenbach au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve.<\/span><\/p>\n<p>L\u2019Op\u00e9ra de Gen\u00e8ve a invit\u00e9 le metteur en sc\u00e8ne Olivier Py \u00e0 r\u00e9aliser une pr\u00e9sentation des Contes d\u2019Hoffmann de Jacques Offenbach. Celle-ci suscite des r\u00e9actions contrast\u00e9es. Les facettes de l\u2019activit\u00e9 d\u2019Olivier Py sont innombrables: acteur, \u00e9crivain, metteur en sc\u00e8ne, cin\u00e9aste, chanteur aussi parfois. Pour une fois, je vais sortir du domaine que je traite habituellement, car apr\u00e8s avoir vu Requiem pour Srebrenica et l\u2019Apocalypse joyeuse \u00e0 Avignon, j\u2019attendais avec impatience cette pr\u00e9sentation genevoise. Au th\u00e9\u00e2tre et \u00e0 l\u2019op\u00e9ra on parle de tableaux, pour caract\u00e9riser les sc\u00e8nes qui se succ\u00e8dent. Ainsi l\u2019op\u00e9ra est organis\u00e9 en actes et en tableaux. Les Contes d\u2019Hoffmann sont divis\u00e9s en 5 actes, les trois principaux correspondant \u00e0 trois fantasmes f\u00e9minins d\u2019Hoffmann : Olympia, Antonia et Giulietta. Olivier Py prend ce terme de tableau \u00e0 la lettre dans la mesure o\u00f9 il introduit d\u2019innombrables cadres sur la sc\u00e8ne, cadres superpos\u00e9s dans une structure m\u00e9tallique qui fonctionne tant\u00f4t comme cellules, pi\u00e8ces et parfois aussi se ferme pour former un miroir fascinant qui renvoie au public sa propre image. Pour tenter d\u2019appr\u00e9hender la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019approche d\u2019Olvier Py, on peut distinguer trois \u00e9l\u00e9ments que le metteur en sc\u00e8ne g\u00e8re de mani\u00e8re distincte et parfois d\u00e9routante: les chanteurs-acteurs dont la voix, l\u2019intensit\u00e9 expressive sont magnifiquement mis en valeur, la mise en sc\u00e8ne, la direction d\u2019acteurs favorise l\u2019intimit\u00e9 et l\u2019intensit\u00e9 des relations. Le r\u00e9sultat vocal est magnifique. Puis viennent les tableaux qui comprennent des accessoires, des figurants, des choristes et bien s\u00fbr les chanteurs principaux, mais les tableaux ont une vie autonome et les chanteurs peuvent en sortir ou y entrer. Ces tableaux expriment l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019op\u00e9ra et des Contes du metteur en sc\u00e8ne, interpr\u00e9tation qui cherche manifestement \u00e0 cr\u00e9er des images chocs impr\u00e9gn\u00e9es de culture visuelle: les prisons de Piran\u00e8se, le Paris du temps d\u2019Offenbach, les xuvres de F\u00e9licien Rops, la peinture de la Neue Sachlichkeit allemande et d\u2019innombrables r\u00e9f\u00e9rences, notamment \u00e0 la com\u00e9die musicale, on peut encore penser aux films de Peter Greenaway. Ces tableaux habit\u00e9s de figures all\u00e9goriques ou mythologiques \u00e9voquent dans le troisi\u00e8me acte un bordel ou un atelier de prises de vues pornographiques, ce qui suscite un certain \u00e9moi. Enfin, le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment, le principal dans cette mise en sc\u00e8ne est la lumi\u00e8re, celle-ci est g\u00e9r\u00e9e de mani\u00e8re particuli\u00e8rement d\u00e9routante et paradoxale. En effet, bien que le spectacle soit inond\u00e9 de lumi\u00e8re par des milliers d\u2019ampoules \u00e9lectriques, par de v\u00e9ritables ballets, feux d\u2019artifices, feux follets de traces lumineuses ou encore par des flammes v\u00e9ritables qui descendent comme un rideau de sc\u00e8ne; les figurants, les choristes v\u00eatus de noir ou m\u00eame les solistes sont souvent dans le noir ou \u00e0 peine \u00e9clair\u00e9s. Le public re\u00e7oit quelques fois la lumi\u00e8re par un effet de miroir ou bien il est \u00e9bloui par une ampoule tr\u00e8s forte. En fait c\u2019est dans l\u2019utilisation de la lumi\u00e8re, beaucoup plus que dans les sc\u00e8nes de nus que r\u00e9side la provocation qui entra\u00eene un certain inconfort des spectateurs. La lumi\u00e8re est dissoci\u00e9e de son r\u00f4le traditionnel d\u2019\u00e9clairage, elle n&rsquo;accompagne pas comme on s&rsquo;y attend l&rsquo;\u00e9volution de chanteurs sur sc\u00e8ne. Les voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent de la nuit, les hommes marchent dans l\u2019ombre. La lumi\u00e8re perd sa fonction, elle devient alors signifiante, elle intrigue et d\u00e9range. Comme les cierges dans une \u00e9glise, elle \u00e9voque, elle n\u2019\u00e9claire pas. Ainsi Olivier Py est un cr\u00e9ateur polyvalent qui affirme la l\u00e9gitimit\u00e9 de la recherche d\u2019un sens \u00e0 travers la cr\u00e9ation, un programme suffisamment original pour m\u00e9riter l\u2019int\u00e9r\u00eat, m\u00eame si le r\u00e9sultat n\u2019est pas ripolin\u00e9 comme il pourrait l\u2019\u00eatre s&rsquo;il se contentait de ressasser des clich\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avignon 16 \u2013 20 juillet 2023 C\u2019est la douzi\u00e8me fois que je vais au festival d\u2019Avignon depuis 1998 et ma derni\u00e8re visite datait de 2017. 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