{"id":1374,"date":"2018-04-29T06:24:23","date_gmt":"2018-04-29T05:24:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/?p=1374"},"modified":"2019-09-14T00:08:12","modified_gmt":"2019-09-13T23:08:12","slug":"francis-bacon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/francis-bacon\/","title":{"rendered":"Francis Bacon"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #0000ff;\">Paris Centre Pompidou<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Francis Bacon: En toutes lettres jusqu&rsquo;au 20 janvier 2020, le centre Pompidou propose une exposition Bacon centr\u00e9e sur l&rsquo;oeuvre tardif de l&rsquo;artiste et sa relation avec la litt\u00e9rature.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">B\u00e2le, Riehen 29 avril 2018<\/span><\/p>\n<p>Fondation Beyeler, Bacon &#8211; Giacometti jusqu&rsquo;au 2 septembre. De nombreux points r\u00e9unissent ces artistes, \u00e0 commencer par leur engagement dans la figuration \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;abstraction dominait totalement la sc\u00e8ne artistique. Ils se sont rencontr\u00e9s et s&rsquo;estimaient, presque contemporains, Giacometti est n\u00e9 en 1901, Bacon en 1909, Bacon \u00e9tait bien conscient de la dette qu&rsquo;il devait \u00e0 Alberto. Il est passionnant de les voir r\u00e9unis, dans une association que la valeur colossale atteintes par leurs oeuvres rend presque impossible.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Stuttgart 28 novembre 2016<\/span><\/p>\n<p>Staatsgalerie de Stuttgart:\u00a0<em>Francis Bacon Unsichtbare R\u00e4ume<\/em>\u00a07 octobre \u2013 8 janvier 2017. L\u2019exposition de la Staatsgalerie de Stuttgart pr\u00e9sente des \u0153uvres dans lesquelles l\u2019artiste a enferm\u00e9 ses personnages dans des cages transparentes. En se concentrant sur une probl\u00e9matique essentielle qui est \u00e0 la fois formelle et iconographique, tout en suivant un fil chronologique, l\u2019exposition de Stuttgart, montr\u00e9e auparavant \u00e0 la Tate Liverpool, parvient \u00e0 une intensit\u00e9 et une qualit\u00e9 exceptionnelles. R\u00e9unir une quarantaine d&rsquo;oeuvres de Bacon devient aujourd&rsquo;hui un v\u00e9ritable exploit. L&rsquo;exposition est partag\u00e9e en deux salles principales, dans la premi\u00e8re les toiles r\u00e9alis\u00e9es dans les ann\u00e9es 1950 tr\u00e8s sombres avec des fonds o\u00f9 l&rsquo;on voit les traces, les mouvements du pinceau. Dans la seconde, celles o\u00f9 dominent des fonds aux couleurs vives: vert, orange et une peinture plus lisse. <!--more-->Les deux salles sont s\u00e9par\u00e9es par un espace\u00a0o\u00f9 sont montr\u00e9s quelques dessins qui montrent le caract\u00e8re sculptural, volum\u00e9trique de la pratique de Bacon.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Londres<\/span>: Francis Bacon Tate Britain jusqu&rsquo;au 4 janvier 2009<\/p>\n<p>Pour marquer le centi\u00e8me anniversaire de l&rsquo;artiste une vaste r\u00e9trospective a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e par de prestigieuses institutions. L&rsquo;exposition Francis Bacon (1909 &#8211; 1992) est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Tate Britain dans les salles du mus\u00e9e \u00e9quip\u00e9es depuis quelques ann\u00e9es d&rsquo;un \u00e9clairage z\u00e9nithal ; un contexte mus\u00e9ologique parfait pour cette r\u00e9trospective. Contexte qui sera encore accentu\u00e9 par le tour annonc\u00e9 de l&rsquo;exposition, puisqu&rsquo;elle sera visible au Prado \u00e0 Madrid jusqu&rsquo;au 19 avril 2009 et au Metropolitan Museum \u00e0 New York. Bacon appr\u00e9ciait ce contexte mus\u00e9al et il d\u00e9veloppa ce jeu en adoptant un syst\u00e8me d&rsquo;encadrements dor\u00e9s toujours le m\u00eame pour ses toiles, plac\u00e9es par ailleurs sous-verre, ce qui cr\u00e9e une distance entre la peinture et le spectateur. Ces \u00e9l\u00e9ments solennels et de distanciation ressortent tr\u00e8s fortement dans cette exposition comme d&rsquo;ailleurs le recours au triptyque, r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la peinture religieuse ancienne, un mode d&rsquo;expression privil\u00e9gi\u00e9 par un artiste qui revendique pourtant son ath\u00e9isme.<\/p>\n<p>L&rsquo;exposition suit les \u00e9tapes de la carri\u00e8re de Bacon, mais ne veut pas montrer ce que lui-m\u00eame n&rsquo;a pas revendiqu\u00e9. Une seule salle est consacr\u00e9e aux d\u00e9couvertes r\u00e9alis\u00e9es apr\u00e8s sa mort dans son atelier. L&rsquo;exposition d\u00e9bute en soulignant la relation homme &#8211; animal dans cette oeuvre (fragments du corps: Head 1945 &#8211; 1949). La deuxi\u00e8me salle ( Zone 1951 &#8211; 1953) s&rsquo;attache \u00e0 la mise en \u00e9vidence de l&rsquo;espace pictural notamment l&rsquo;inspiration de Velasquez, rideaux, voiles, cadres et formats toujours identiques. Une troisi\u00e8me pi\u00e8ce souligne l&rsquo;angoisse (Apprehension) de la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1950, les craintes d&rsquo;une nouvelle guerre, la situation personnelle de l&rsquo;artiste menac\u00e9 dans son identit\u00e9 sexuelle. Elle s&rsquo;exprime dans ses repr\u00e9sentations d&rsquo;hommes en bleu. La salle suivante est consacr\u00e9e aux diff\u00e9rentes versions de la Crucifixion. Puis on met en \u00e9vidence la crise ( Crisis 1956 &#8211; 1961) personnelle de Bacon au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 qui s&rsquo;exprime par une \u00e9volution de sa peinture et la r\u00e9f\u00e9rence aux oeuvres de Van Gogh. L&rsquo;atelier de l&rsquo;artiste est \u00e9voqu\u00e9 avec des photographies et les dessins d\u00e9couverts apr\u00e8s sa mort, alors qu&rsquo;il avait toujours pr\u00e9tendu ne pas faire de dessin. Ensuite on se concentre sur les portraits des ann\u00e9es 1960, puis les grands triptyques ex\u00e9cut\u00e9s en hommage \u00e0 George Dyer. D&rsquo;autres triptyques prennent une dimension \u00e9pique et renvoient \u00e0 la litt\u00e9rature \u00e0 Eschyle et \u00e0 T.S. Eliot en particulier. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9trospective qui se concentre sur l&rsquo;oeuvre de Bacon qu&rsquo;elle cherche \u00e0 mettre en \u00e9vidence dans son d\u00e9veloppement et sa logique interne sans trop renvoyer \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments externes. Patrick Schaefer l&rsquo;art en jeu 21 octobre 2008<\/p>\n<hr \/>\n<p>A Milan, le Palazzo Reale pr\u00e9sente Francis Bacon jusqu&rsquo;au 29 juin 2008<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Lucerne<\/span>: Le Mus\u00e9e des beaux-arts de Lucerne propose \u00e0 son tour une confrontation <em>Bacon &amp; Picasso vis \u00e0 vis<\/em> jusqu&rsquo;au 25 novembre 2007.<\/p>\n<p>Francis Bacon a toujours revendiqu\u00e9 l&rsquo;influence de Picasso et celle-ci a tr\u00e8s t\u00f4t \u00e9t\u00e9 mise en \u00e9vidence. Cette probl\u00e9matique a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une exposition r\u00e9cente au mus\u00e9e Picasso dont j&rsquo;ai rendu compte sur cette page. L&rsquo;exposition de Lucerne aborde le probl\u00e8me sous un angle tr\u00e8s diff\u00e9rent. Il ne s&rsquo;agit pas de traquer d&rsquo;hypoth\u00e9tiques influences, mais plut\u00f4t de mettre en \u00e9vidence des similitudes dans le traitement de certaines questions picturales.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Paris<\/span>: Mus\u00e9e Picasso \u00a0<em>Bacon &#8211; Picasso La vie des images<\/em> jusqu&rsquo;au 30 mai 2005.<\/p>\n<p>Depuis la mise \u00e0 disposition du fond d&rsquo;atelier de Francis Bacon plusieurs expositions ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es aux sources revendiqu\u00e9es par cet artiste. Picasso \u00e9tant la r\u00e9f\u00e9rence principale, le mus\u00e9e Picasso a choisi de partir \u00e0 la d\u00e9couverte des oeuvres et de la p\u00e9riode qui auraient inspir\u00e9 Bacon. L&rsquo;exposition est divis\u00e9e en 8 salles, 8 chapitres pour examiner les oeuvres de Picasso qui ont pu marquer Bacon, mettre en \u00e9vidence des th\u00e8mes communs. 1. Baigneuses et chim\u00e8res 1928 &#8211; 1935. 2. La clef de fer 1928 &#8211; 1971. 3. Reconstitution de l&rsquo;exposition de 1927. 4. Crucifixions 1926-1933\/1944\/1988. 5.Tauromachies 1922 &#8211; 1969. 6. T\u00eates 1909-1914\/1930\/1966-1978. 7. Chutes 1934\/1954\/1969. 8. El\u00e9gies 1923\/1972-1988.<\/p>\n<p>Il faut relever que le parall\u00e8le entre les deux artistes avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 par Herbert Read en 1933. La richesse des collections du mus\u00e9e Picasso a permis d&rsquo;aller tr\u00e8s loin dans l&rsquo;\u00e9tude des oeuvres qui auraient influenc\u00e9 Bacon et une multitude de croquis et d&rsquo;\u00e9tudes de Picasso sont propos\u00e9s pour \u00e9clairer sa m\u00e9thode de travail. On d\u00e9couvre aussi les photographies d&rsquo;une partie des 100 dessins expos\u00e9s en 1927 que Bacon avait vus. Ici, petite surprise, ces oeuvres appartiennent plut\u00f4t \u00e0 la p\u00e9riode du d\u00e9but des ann\u00e9es 1920 celle des \u00e9l\u00e9gies comme l&rsquo;indique le titre de l&rsquo;une des sections. En fait l&rsquo;exposition permet avant tout d&rsquo;approfondir la connaissance du Picasso de la p\u00e9riode surr\u00e9aliste et la confrontation avec les oeuvres de Bacon montre que, s&rsquo;il existe une \u00ab\u00a0influence\u00a0\u00bb, surtout th\u00e9matique, il y a \u00e9galement une grande diff\u00e9rence dans la fa\u00e7on de travailler des deux artistes. On avait la m\u00eame impression dans l&rsquo;exposition de la Fondation Beyeler comment\u00e9e plus bas. Certes les oeuvres mentionn\u00e9es font partie d&rsquo;un bagage visuel, d&rsquo;un humus qui inspire Bacon, mais la fa\u00e7on de s&rsquo;exprimer, le recours \u00e0 la peinture fonctionne de fa\u00e7on profond\u00e9ment diff\u00e9rente. A c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un tr\u00e8s grand nombre de Picasso l&rsquo;exposition propose une douzaine de Bacon: 3 grands triptyques, 6 portraits et 3 toiles. Patrick Schaefer. L&rsquo;art en jeu 09 05 2005<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">B\u00e2le, Riehen<\/span>; <em>Francis Bacon et la tradition de l&rsquo;art<\/em> (avec des oeuvres de Titien Velazquez, Rembrandt, Goya, Ingres, Van Gogh, Degas, Giacometti, Picasso) Fondation Beyeler Riehen jusqu&rsquo;au 20 juin 2004<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Kunsthistorisches Museum de Vienne, la Fondation Beyeler \u00e0 Riehen propose de plonger dans la m\u00e9moire visuelle et l&rsquo;imaginaire du peintre Francis Bacon. Organis\u00e9e th\u00e9matiquement l&rsquo;exposition confronte une quarantaine de toiles et de triptyques avec des oeuvres anciennes et modernes que Bacon a cit\u00e9es comme sources. A travers le parcours de sept salles, le visiteur est introduit dans le monde des mod\u00e8les qui ont inspir\u00e9 l&rsquo;artiste, tels qu&rsquo;il les a confi\u00e9s, souvent avec une r\u00e9ticence r\u00e9elle ou affect\u00e9e, lors de nombreux entretiens et tels qu&rsquo;ils sont attest\u00e9s dor\u00e9navant par les milliers de documents visuels retrouv\u00e9s et inventori\u00e9s dans son atelier qui sont en partie pr\u00e9sent\u00e9s ici.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re salle explore le th\u00e8me du cri avec la fascination pour Picasso, mais aussi le Chien andalou de Bunuel et Dali et Le cuirassier Potemkine d&rsquo;Eisenstein. La deuxi\u00e8me salle expose la probl\u00e9matique du portrait et les fameuses s\u00e9ries des portraits de papes. Le Velazquez qui est la source principale de Bacon, qu&rsquo;il n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs jamais voulu voir n&rsquo;est pas pr\u00e9sent, mais d&rsquo;autres portraits de papes illustrent cette question. Le th\u00e8me parall\u00e8le du voile, du rideau est abord\u00e9 ici avec des oeuvres du Titien et de Degas. La salle suivante examine la repr\u00e9sentation du nu chez Bacon et son rapport \u00e0 la tradition. Dans la quatri\u00e8me pi\u00e8ce de grands triptyques sont associ\u00e9s pour \u00e9voquer le th\u00e8me du portrait, mais aussi la mise en cage des mod\u00e8les de l&rsquo;artiste inspir\u00e9e par les sculptures de Giacometti. A c\u00f4t\u00e9 de Velazquez la r\u00e9f\u00e9rence la plus connue de Bacon \u00e0 l&rsquo;histoire de la peinture est celle \u00e0 Van Gogh (elle a d&rsquo;ailleurs fait l&rsquo;objet d&rsquo;une exposition en 2002 \u00e0 Arles), elle est pr\u00e9sent\u00e9e dans la salle suivante parall\u00e8lement avec une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Ingres. Les deux derni\u00e8res salles pr\u00e9sentent des oeuvres importantes de Bacon illustrant les th\u00e8mes de l&rsquo;ombre, de la Crucifixion, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la chair, \u00e0 la viande et l&rsquo;exposition s&rsquo;ach\u00e8ve sur le th\u00e8me du miroir, de la r\u00e9flexion de soi-m\u00eame ou des autres.<\/p>\n<p>Douze ann\u00e9es apr\u00e8s la mort de Bacon, la pr\u00e9sentation de ce dernier a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 tout autocontr\u00f4le. On a vu des expositions qui insistaient sur le caract\u00e8re autobiographique de ses oeuvres. Cette pr\u00e9sentation au contraire s&rsquo;appuie sur les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;histoire de l&rsquo;art, \u00e0 la tradition picturale de la Renaissance au XXe si\u00e8cle. Les oeuvres de Bacon sont assur\u00e9ment polys\u00e9miques et d&rsquo;une puissance rare. Elles permettent \u00e0 des interpr\u00e9tations extr\u00eamement diverses et contradictoires de se d\u00e9ployer. Une exposition comme celle-ci est un r\u00eave ou un fantasme d&rsquo;historien d&rsquo;art. Ce qui frappe tout de m\u00eame et ce qui en fait sans doute une r\u00e9ussite, c&rsquo;est qu&rsquo;elle met particuli\u00e8rement en valeur les oeuvres de Bacon. Evidemment par leur format, par leur technique, elles \u00e9crasent dans une telle confrontation les mod\u00e8les r\u00e9els ou suppos\u00e9s qui les ont inspir\u00e9es. Ce que l&rsquo;on retient c&rsquo;est l&rsquo;exaltation du peintre Bacon, exaltation qui pouvait \u00eatre provoqu\u00e9e par les aventures de son quotidien ou par les reproductions d&rsquo;oeuvres anciennes ou modernes qui jonchaient le sol de son atelier ou encore par diverses lectures. C&rsquo;est une occasion exceptionnelle d&rsquo;entrer dans l&rsquo;alchimie de la cr\u00e9ation de Bacon. On pourrait tout de m\u00eame reprocher \u00e0 l&rsquo;exposition de mettre sur le m\u00eame plan des relations tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Ainsi la d\u00e9couverte de Picasso a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par Bacon comme une inspiration fondatrice \u00e0 l&rsquo;origine de sa vocation de peintre. La confrontation avec les portraits de papes est toute diff\u00e9rente. Wieland Schmied a bien montr\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une attaque contre la tradition, contre l&rsquo;histoire de la peinture. Les papes hurlants, th\u00e8me que Bacon a trait\u00e9 plus de 50 fois ont \u00e9t\u00e9 les oeuvres marquantes du d\u00e9but de sa carri\u00e8re qui ont scandalis\u00e9, tout en faisant beaucoup pour sa r\u00e9putation. Par la suite une peinture a pu inspirer des toiles au m\u00eame titre qu&rsquo;une photographie d&rsquo;actualit\u00e9 d\u00e9coup\u00e9e dans un journal. Bacon s&rsquo;inspirait d&rsquo;un v\u00e9ritable humus visuel sans privil\u00e9gier un domaine plus qu&rsquo;un autre. Plusieurs auteurs ont d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 que l&rsquo;un des enjeux de sa d\u00e9marche artistique \u00e9tait le refus de la lisibilit\u00e9, m\u00eame si l&rsquo;on peut reconstituer certains m\u00e9canismes de son inspiration. Mais cette exposition ne pr\u00e9tend sans doute pas d\u00e9voiler les oeuvres, elle offre des pistes pour entrer dans l&rsquo;imaginaire du peintre.<\/p>\n<p>On peut reprocher aux commentaires du catalogue de s&rsquo;appuyer essentiellement sur les entretiens avec Daniel Sylvester comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de v\u00e9rit\u00e9s d&rsquo;\u00e9vangiles, alors que l&rsquo;on sait d&rsquo;une part que Bacon \u00e9tait tr\u00e8s conscient de donner une certaine image de lui-m\u00eame dans ces entretiens et que d&rsquo;autre part Sylvester a d\u00e9velopp\u00e9 le caract\u00e8re l\u00e9gitimant des entretiens excluant par exemple les aspects autobiographiques au profit des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;histoire de l&rsquo;art. (Il existe un article int\u00e9ressant concernant les sources photographiques de Bacon qui montre que Muybridge n&rsquo;est pas la seule source de certaines oeuvres de Bacon: Simon Ofield, <em>Wrestling with Francis Bacon<\/em>, Oxford Art journal, 24.1 2000. pp. 113-130)<\/p>\n<hr \/>\n<p>Autobiographie ou expression autonome d\u2019une recherche picturale ? Bacon (1909-1992) est sans doute l\u2019un des peintres du XXe si\u00e8cle pour lequel cette question est le plus souvent pos\u00e9e. De plus, depuis la mort de l\u2019artiste on a assist\u00e9 \u00e0 un renversement total de l\u2019approche consacr\u00e9e \u00e0 son travail. De son vivant il refusa qu\u2019on publie une biographie, il joua toutefois avec l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 et laissa tra\u00eener des doutes disant tant\u00f4t que tout dans son oeuvre \u00e9tait autobiographique et assurant ensuite que ses peintures \u00e9taient autonomes. Il est rest\u00e9 ma\u00eetre de ce que l\u2019on savait sur sa vie et m\u00eame les moments de confidence, les ruptures apparentes doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es avec pr\u00e9caution. Il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se confier ou laisser \u00e9crire des \u00e9crivains prestigieux comme Michel Leiris et Gilles Deleuze. Quant \u00e0 Daniel Sylvester, il a depuis 1962 r\u00e9guli\u00e8rement publi\u00e9 des entretiens qui sont devenus la r\u00e9f\u00e9rence oblig\u00e9e pour tout discours sur l\u2019artiste. Il est pourtant \u00e9vident que ces entretiens contiennent des d\u00e9clarations contradictoires et qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 travaill\u00e9s avec beaucoup de soin par Daniel Sylvester. Depuis la mort de Bacon trois biographies sont parues, celle de Michael Peppiatt a le statut de biographie officielle, Michael Peppiatt, <em>Francis Bacon, Anatomy of an Enigma<\/em>, Weidenfeld and Nicholson, London 1996, edition de poche, 1999. Parmi les ouvrages \u00ab\u00a0officiels\u00a0\u00bb il faut aussi mentionner celui de John Russel, <em>Francis Bacon<\/em>, Thames &amp; Hudson, Paris, 1994 (1\u00e8re ed. anglaise 1971). La biographie de Daniel Farson est tr\u00e8s anecdotique et s\u2019efforce de rendre compte du milieu dans lequel vivait Bacon. Daniel Farson,<em> The Gilded Gutter Life of Francis Bacon<\/em>, London, Century Random House, 1993. Elle est la source principale du film de John Maybury, <em>Love is the Devil<\/em>. Enfin il existe une troisi\u00e8me biographie plus litt\u00e9raire, Andrew Sinclair, <em>Francis Bacon, His Life and Violent Times<\/em>, Sinclair-Stevenson, Londres, 1993. Si Bacon pr\u00e9f\u00e9rait manifestement les essais d\u2019auteurs prestigieux inspir\u00e9s par son \u0153uvre, il existe aussi des approches relevant de l\u2019histoire de l\u2019art notamment en Allemagne et aux Etats-Unis. L&rsquo;ouvrage principal \u00e9tant celui de Wieland Schmied, <em>Francis Bacon, Commitment and Conflict<\/em>, Prestel, Munich, New York, 1996 (1st ed. 1985) Bacon a d\u00e9truit tout ce qu\u2019il avait produit avant la guerre et seules quelques pi\u00e8ces,\u00a0vendues \u00e0 l\u2019\u00e9poque, permettent de saisir ses premi\u00e8res recherches. L\u2019influence du style de Picasso dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1920 est \u00e9vidente, mais l\u2019on a aussi pu montrer celle beaucoup moins prestigieuse de l\u2019un de ses premiers mentors le peintre australien Roy de Maistre, ce que Bacon avait soigneusement occult\u00e9 de son vivant. Par ailleurs on peut \u00e9voquer la relation avec le peintre Graham Sutherland et la question ambigu\u00eb des influences de l&rsquo;un sur l&rsquo;autre. Le d\u00e9passement des d\u00e9clarations de l\u2019auteur par son \u0153uvre est un probl\u00e8me constant, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 il ne faut pas n\u00e9gliger ses d\u00e9clarations, de l\u2019autre, on ne peut se baser uniquement sur elles. Le probl\u00e8me c\u2019est le d\u00e9rapage provoqu\u00e9 par certains types d\u2019interpr\u00e9tation qui reposent sur la biographie. Assur\u00e9ment Bacon est \u00e0 la crois\u00e9e de plusieurs univers, de syst\u00e8mes de valeur qui d\u00e9terminent la production et l\u2019\u00e9valuation de l\u2019\u0153uvre d\u2019art. Les d\u00e9clarations de Bacon ont laiss\u00e9 place \u00e0 des interpr\u00e9tations tr\u00e8s diverses qui vont de la lecture autobiographique \u00e0 une approche tr\u00e8s ext\u00e9rieure iconographique, l&rsquo;exposition de la Fondation Beyeler appartient \u00e0 la seconde.<\/p>\n<p>Il existe de nombreux sites consacr\u00e9s \u00e0 Bacon.<\/p>\n<p>Patrick Schaefer, 7 f\u00e9vrier 2004 L&rsquo;art en jeu<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris Centre Pompidou Francis Bacon: En toutes lettres jusqu&rsquo;au 20 janvier 2020, le centre Pompidou propose une exposition Bacon centr\u00e9e sur l&rsquo;oeuvre tardif de l&rsquo;artiste et sa relation avec la litt\u00e9rature. B\u00e2le, Riehen 29 avril 2018 Fondation Beyeler, Bacon &#8211; Giacometti jusqu&rsquo;au 2 septembre. De nombreux points r\u00e9unissent ces artistes, \u00e0 commencer par leur engagement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[66,31,19,22,1,8,63,34,36],"tags":[69],"class_list":["post-1374","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-picasso","category-cinema","category-expositions","category-musees","category-non-classe","category-peinture","category-photographie","category-sculpture","category-video","tag-francis-bacon"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p5k6Rq-ma","jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1374","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1374"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1374\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3362,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1374\/revisions\/3362"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1374"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1374"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1374"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}