{"id":1656,"date":"2017-05-11T07:52:32","date_gmt":"2017-05-11T06:52:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/?p=1656"},"modified":"2017-06-05T21:52:04","modified_gmt":"2017-06-05T20:52:04","slug":"documenta-11-12-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/documenta-11-12-13\/","title":{"rendered":"Documenta 11, 12, 13,"},"content":{"rendered":"<p>Le directeur d\u00e9sign\u00e9 pour la Documenta 14 est Adam Szymczyk, ancien directeur de la Kunsthalle de B\u00e2le, elle se d\u00e9roulera du 10 juin au 17 septembre 2017.<\/p>\n<p>La Documenta 13 a eu lieu \u00e0 Kassel du 9 juin au 16 septembre 2012. Le nombre de visiteurs s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 860&rsquo;000 personnes. Le nom de la directrice artistique a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 le 3 d\u00e9cembre 2008 il s&rsquo;agit de Carolyn Christov-Bakargiev, actuellement responsable du Castello di Rivoli \u00e0 Turin.<\/p>\n<h3><strong>Documenta 13 jusqu&rsquo;au 16 septembre 2012 <\/strong><\/h3>\n<p>Apr\u00e8s avoir visit\u00e9 la Documenta pendant un jour et demi, je tente d\u2019en d\u00e9finir les caract\u00e9ristiques principales. La premi\u00e8re chose qui frappe, c\u2019est l\u2019\u00e9parpillement des sites d\u2019expositions. J\u2019en ai compt\u00e9 32 dans la ville, auxquelles il faut ajouter au moins une trentaine de pavillons dans le Karlsauepark.<!--more--> En effet, il y a l\u00e0 quelques interventions artistiques qui fonctionnent comme des sculptures ou des r\u00e9alisations de jardin, mais la plupart sont pr\u00e9sent\u00e9es dans des pavillons autonomes qui vont de la tente saharouie, \u00e0 la caravane de camping ou \u00e0 des b\u00e2timents existants dans le parc. Un grand nombre de pavillons en bois ont \u00e9t\u00e9 construits pour l\u2019exposition. Ainsi c&rsquo;est la rencontre individuelle entre le travail d&rsquo;un artiste et le spectateur qui est privil\u00e9gi\u00e9e. Un d\u00e9fi extraordinaire pour une exposition qui vise un large public et il faut dire qu&rsquo;il y a vraiment beaucoup de rencontres exceptionnelles, je vais tenter d&rsquo;en \u00e9num\u00e9rer quelques-unes.<\/p>\n<p>Deux travaux sont particuli\u00e8rement caract\u00e9ristiques de cette option. A la gare on se fait remettre des \u00e9couteurs et un support vid\u00e9o pour suivre un parcours de 26&prime; propos\u00e9 par Janet Cardiff &amp; George Bures Miller. C&rsquo;est un moment tr\u00e8s \u00e9mouvant, car on entend le r\u00e9cit de cette gare, notamment les d\u00e9parts pour la d\u00e9portation. Un autre exemple est la nouvelle production de Tino Seghal. Dans une nuit compl\u00e8te, des acteurs chantent, parlent, se d\u00e9placent. Il faut un tr\u00e8s long moment d&rsquo;acclimatation pour percevoir leur pr\u00e9sence et sentir comme ils interagissent avec chaque spectateur.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Maintenant quels th\u00e8mes peut-on voir ressortir\u00a0? Le premier est assur\u00e9ment la guerre, il est omnipr\u00e9sent, soit sous forme de r\u00e9cit, soit par ses effets sur l\u2019art, destructions, spoliations, soit comme source de cr\u00e9ation, de r\u00e9sistance. Wael Shawky propose deux films sur des spectacles de marionnettes qui \u00e9voquent les Croisades avec de fortes similitudes avec les \u00e9v\u00e9nements en cours au Proche-Orient. Charlotte Salomon a produit un ensemble impressionnant de gouaches au cours de la derni\u00e8re guerre qui sont pr\u00e9sent\u00e9es ici. Francis Al\u00ffs avec de toutes petites peintures \u00e9voque l&rsquo;Afghanistan. Sopheap Pich r\u00e9alise d&rsquo;impressionnantes peintures-reliefs em bambou qui \u00e9voquent la captivit\u00e9 au Cambodge et l&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;un pays. Nedko Solakov investit une partie des salles du mus\u00e9e des fr\u00e8res Grimm pour raconter de d\u00e9lirantes histoires de chevaliers li\u00e9es \u00e0 certaines actualit\u00e9s. Clemens von Wedemeyer pr\u00e9sente l&rsquo;\u00e9volution des usages d&rsquo;un couvent proche de Kassel qui servit notamment de camp de concentration, il fait jouer cette histoire dans un film.<\/p>\n<p>La paix est \u00e9voqu\u00e9e par un juke box dans lequel Susan Hiller a rassembl\u00e9 100 chansons pacifistes, on les trouve dans les restaurants de la Documenta. La nature, la pollution est un second th\u00e8me r\u00e9current surtout \u00e0 l&rsquo;Ottoneum et dans le Karlsauepark. The Otolith Group a r\u00e9alis\u00e9 un film documentaire sur la contamination \u00e0 Fukushima, alors que Willie Doherty parle d&rsquo;une autre histoire de contamination r\u00e9elle ou imaginaire, en filmant des zones humides dans un film magnifique (assez proche de celui qu&rsquo;il a r\u00e9alis\u00e9 sur Murcia pour Manifesta).<\/p>\n<p>Toutefois ce qui m\u2019a le plus frapp\u00e9 dans cette Documenta, c\u2019est la c\u00e9l\u00e9bration du livre, non pas du tout pour son contenu, mais comme forme, comme objet. De nombreux artistes travaillent sur ce support, accessoirement le magazine ou encore la lettre et les archives, la biblioth\u00e8que. On les retrouve partout et je n\u2019en mentionne que quelques-uns. Amar Kanwar projette des vid\u00e9os sur les pages de grands albums r\u00e9alis\u00e9s avec des feuilles de papier en fibres naturelles, alors que Mark Dion a dessin\u00e9 une biblioth\u00e8que pour une extraordinaire collection de livres abritant des plantes s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Ottoneum. Paul Chan dessine des paysages sur les couvertures de livres dont les pages ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9es. Il a couvert les murs d&rsquo;un local \u00e0 la Friedrichstrasse avec ce travail. Kader Attia \u00e9voque l&rsquo;histoire coloniale et les guerres en pla\u00e7ant livres et revues dans des rayons ainsi que des objets et des sculptures. Geoffrey Farmer r\u00e9alise de gigantesques collages avec des coupures de photos de magazines, il occupe ainsi une longue galerie de la neue Galerie. Matias Faldbakkenn intervient dans la biblioth\u00e8que municipale en renversant tous les livres des rayons. Il faut encore rappeler le tr\u00e8s \u00e9trange p\u00e9riple r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;instigation de Michael Rakowitz autour d&rsquo;une biblioth\u00e8que incendi\u00e9e par un bombardement \u00e0 Kassel: des images de leurs couvertures connues par des inventaires, ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es \u00e0 des sculpteurs sur pierre de la r\u00e9gion de Bamyan, o\u00f9 les bouddhas ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits par les talibans. Ces sculpteurs ont r\u00e9alis\u00e9 des copies en pierre de ces livres; pour ne citer que quelques exemples.<\/p>\n<p>Au niveau des concepts, il me semble que cette Documenta s&rsquo;inscrit dans la continuit\u00e9 de Manifesta 8 pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Murcie et \u00e0 Cartag\u00e8ne en 2010. Elle tente d&rsquo;\u00e9voquer l&rsquo;histoire, l&rsquo;identit\u00e9 de la r\u00e9gion et intervient dans une vaste typologie de lieux. On regrettera tout de m\u00eame l&rsquo;absence d&rsquo;une grande exposition qui propose un regard sur l\u2019art contemporain et une mise en perspective, il n\u2019y a que des juxtapositions de d\u00e9marches cr\u00e9atrices et ce ne sont pas quatre toiles de Morandi accroch\u00e9es comme dans une brocante, en compagnie de quelques jolis objets, qui vont en tenir lieu. Culturellement, il ne fait aucun doute que la directrice Carolyn Christov-Bakargiev appartient \u00e0 l&rsquo;Italie et cette dispersion dans un tr\u00e8s grand nombre de sites fait penser aux pavillons des Giardini \u00e0 Venise, on peut dire que c&rsquo;est une Documenta tr\u00e8s italienne. Patrick Schaefer 15 juin 2012, l&rsquo;art en jeu.<\/p>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-1656 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/kas1\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/kas1.gif?resize=150%2C150&amp;ssl=1\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-1-1761\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-1761'>\n\t\t\t\tKarlsauepark, l&rsquo;un des nombreux b\u00e2timents \u00e9difi\u00e9s dans le parc, Kassel, 2012\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/kas2\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/kas2.gif?resize=150%2C150&amp;ssl=1\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-1-1760\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-1760'>\n\t\t\t\tTacita Dean, ancien b\u00e2timent des finances, Kassel, 2012\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl>\n\t\t\t<br style='clear: both' \/>\n\t\t<\/div>\n\n<hr \/>\n<p>Kassel La Documenta fait le bilan de l&rsquo;\u00e9dition 2007: elle a re\u00e7u 754&rsquo;301 visiteurs payants 100&rsquo;000 de plus qu&rsquo;en 2003 et pr\u00e8s de 20&rsquo;000 journalistes et professionnels de l&rsquo;art.<\/p>\n<h3><strong>Documenta 12 (XII) jusqu&rsquo;au 23 septembre 2007 <\/strong><\/h3>\n<p>Tous les cinq ans, Kassel re\u00e7oit l&rsquo;une des plus prestigieuses expositions d&rsquo;art contemporain. Cette ann\u00e9e le budget s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 23 millions d&rsquo;euros, plus de 2&rsquo;ooo journalistes ont assist\u00e9 \u00e0 la conf\u00e9rence de presse, environ 70 guides sont pr\u00eats \u00e0 conduire les visiteurs dans les diff\u00e9rents sites.<\/p>\n<p>La Documenta qui a retenu 113 artistes s&rsquo;\u00e9tend principalement sur six lieux diff\u00e9rents : le Schloss Wilhelmsh\u00f6he, la neue Galerie, le Museum Fridericianum, la Documenta Halle, le Aue Pavillon et le Kulturzentrum Schlachthof o\u00f9 interviennent 2 artistes Hito Steyerl et Arthur Zmijewski.<\/p>\n<p>Le directeur de la Documenta Roger M. B\u00fcrgel et sa compagne Ruth Noack qui est la curatrice de la manifestation ont d\u00e9velopp\u00e9 l&rsquo;exposition autour de la question \u00ab\u00a0la modernit\u00e9 est-elle notre antiquit\u00e9?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Avec un regard centr\u00e9 sur la premi\u00e8re Documenta de 1955 et les significations id\u00e9ologiques qu&rsquo;on lui donnait. Ceci implique que l&rsquo;on trouve dans les expositions de nombreuses confrontations chronologiques, entre notamment des travaux des ann\u00e9es 1960 et ceux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Dans le catalogue par contre les oeuvres apparaissent dans l&rsquo;ordre de leurs dates de cr\u00e9ation. Un autre axe de r\u00e9flexion est l&rsquo;exposition comme m\u00e9dium sp\u00e9cifique, diff\u00e9rent des m\u00e9dias \u00e9crits, radiophoniques ou t\u00e9l\u00e9visuels. On observe une exploration de la typologie des expositions, de leur caract\u00e8re, de leur atmosph\u00e8re d\u00e9termin\u00e9e par l&rsquo;identit\u00e9 du b\u00e2timent o\u00f9 elles se d\u00e9roulent. Il y a un refus de consid\u00e9rer l&rsquo;oeuvre d&rsquo;art ou l&rsquo;exposition comme une structure ferm\u00e9e, univoque et un appel aux r\u00e9actions du spectateur. Enfin il y a un souci d&rsquo;esth\u00e9tique et de recherches de parent\u00e9s ou d&rsquo;oppositions formelles avec une valorisation de la r\u00e9alisation personnelle. On constate que ces pr\u00e9ambules aboutissent \u00e0 une exposition qui met l&rsquo;accent sur la peinture, le dessin, la photographie documentaire sans grandes retouches, certains m\u00e9dias mixtes, des installations, qui rejette par contre les nouvelles technologies, les ordinateurs et les d\u00e9veloppements spectaculaires de la vid\u00e9o. Lorsque cette derni\u00e8re appara\u00eet, c&rsquo;est avant tout dans un r\u00f4le documentaire ou comme un moyen de cr\u00e9ation simple qui n&rsquo;implique pas de ressources spectaculaires dans sa r\u00e9alisation.<\/p>\n<p>Une approche sobre par cons\u00e9quent qui montre une r\u00e9alit\u00e9 de la cr\u00e9ation artistique aujourd&rsquo;hui et des liens possibles avec le pass\u00e9 r\u00e9cent. On rel\u00e8vera que chaque site propose une exposition sp\u00e9cifique tr\u00e8s dense qui peut se visiter pour elle-m\u00eame d&rsquo;autant plus que plusieurs artistes sont pr\u00e9sent\u00e9s dans des lieux diff\u00e9rents. Je conseillerai pourtant au visiteur de commener par la neue Galerie qui offre d\u00e9j\u00e0 une exposition riche en d\u00e9couvertes et en \u00e9motion. L&rsquo;atmosph\u00e8re est tr\u00e8s sombre, l&rsquo;\u00e9clairage est faible pour prot\u00e9ger les \u0153uvres, mais aussi afin de cr\u00e9er un effet : la plupart des travaux expos\u00e9s sont sur papier ou des photographies. Les murs sont peints en vert, en bleu ou en rouge virant au rose. Les spots donnent une tonalit\u00e9 assez dramatique dans leur \u00e9clairage. On est loin du White Cube comme le relevait Mary Kelly lors de la conf\u00e9rence de presse. Cette artiste justement occupe une place dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art moderne et contemporain pour avoir revendiqu\u00e9 la pr\u00e9sence de l&rsquo;autobiographie dans la production artistique avec ses Post Partum Documents, 1973, mais ses \u0153uvres paraissent assez rarement dans les expositions. Elle est ici largement repr\u00e9sent\u00e9e.<\/p>\n<p>Les propositions retenues rel\u00e8vent d&rsquo;une approche intime qui implique une mise en relation entre le priv\u00e9 et le public par certains \u00e9v\u00e9nements comme le deuil, la naissance, la protestation. On trouve le deuil dans l&rsquo;installation de Churchill Madikida qui \u00e9voque les victimes du sida ou dans le grand ruban de Mary Kelly qui rappelle les morts du Kosovo dans <em>The Ballad of Kastriot Rexhepy<\/em>. Un autre moment de la vie est pr\u00e9sent\u00e9 dans la grande installation de cette artiste <em>Love Songs<\/em> et elle pr\u00e9sente aussi la naissance avec <em>Primapara, Bathing Series<\/em>, 1974 des photos noir blanc de son b\u00e9b\u00e9 au Aue Pavillion.<\/p>\n<p>De grandes s\u00e9ries de dessins interrogent le statut de ce m\u00e9dium et ses multiples fonctions. On trouve les dessins d&rsquo;enfant de Peter Friedl, les aquarelles magnifiques de Sheela Gowda partant d&rsquo;un autoportrait photographique, les dessins de Nedko Solakov Fears, ceux de Kerry James Marshall dont les peintures forment l&rsquo;un des Leitmotiv de l&rsquo;exposition que l&rsquo;on retrouve \u00e0 plusieurs endroits en particulier au ch\u00e2teau de Wilhemsh\u00f6he dans la salle consacr\u00e9e \u00e0 Franz Hals. Il y a aussi la vie des esquimaux racont\u00e9e par Annie Pootoogook. Les photographies de Louise Lawler, en particulier Pollock &amp; Tureen, 1984 sont embl\u00e9matiques du propos de cette Documenta. Elle montre comment en effet des oeuvres d&rsquo;art peuvent \u00eatre confront\u00e9es \u00e0 des contextes totalement impr\u00e9vus. Une grande installation avec un film de James Coleman <em>Retake with evidence<\/em> inspir\u00e9 par le roi Lear \u00e9voque un autre \u00e2ge de la vie. L&rsquo;installation de Amar Kanwar pr\u00e9sente les cris de col\u00e8re de femmes viol\u00e9es par les soldats indiens d&rsquo;une intensit\u00e9 dramatique tr\u00e8s impressionnante. Deuil, impr\u00e9cation, lamentations, cris sont des \u00e9l\u00e9ments r\u00e9currents dans les \u0153uvres propos\u00e9es \u00e0 la neue Galerie. Bien que les organisateurs se d\u00e9fendent d&rsquo;avoir cherch\u00e9 toute distribution th\u00e9matique.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Le Fridericianum est plut\u00f4t consacr\u00e9 au jeu et \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rimentation et surtout \u00e0 la danse avec la superbe performance chor\u00e9graphi\u00e9e par Trisha Brown qui sera r\u00e9p\u00e9t\u00e9e dix fois par jour pendant cent jours. Luis Jacob expose un album de travail r\u00e9unissant diff\u00e9rents types de travaux, d&rsquo;images, cr\u00e9ant une archive personnelle sur les mouvements du corps, traduits dans l&rsquo;art ou le quotidien. Un film propose la reconstitution d&rsquo;une danse chor\u00e9graphi\u00e9e dans la neige. Une salle associe des pi\u00e8ces au mur de Mc Cracken en bleu et rouge, Electric Dress, 1956 de Tanaka Atsouko qui para\u00eet tr\u00e8s actuelle et les cordes suspendues de Sheela Gowda. Une grande installation de la br\u00e9silienne Alejandra Riera raconte une exp\u00e9rience de th\u00e9\u00e2tre. On d\u00e9couvre plus loin des interrogations sur la nature de la performance, les traces qu&rsquo;elle laisse notamment sous la forme d&rsquo;une documentation photographique. Une grande installation d&rsquo;Imogen Stidworthy I Hate \u00e9voque une exp\u00e9rience avec le photographe Edward Woodman rendu muet par un accident en 2001. Signalons encore les analyses sur \u00e9cran du jeu de football par Harun Farocky avec Deep Play. La spectaculaire installation transparente qui d\u00e9borde sur la fa\u00e7ade de Iole de Freitas qui est aussi danseuse avant d&rsquo;\u00eatre plasticienne. Les sculptures en laque de John Mc Cracken se retrouvent dans tous les sites de l&rsquo;exposition confront\u00e9es \u00e0 des situations tr\u00e8s diff\u00e9rentes, on retrouve aussi par exemple les travaux de Gerhard Rockenschaub, les cibles de l&rsquo;artiste danois Poul Gernes (1925 &#8211; 1996). Ou les chaises de Ai Weiwei qui \u00e9voquent les 1000 chinois de toutes origines invit\u00e9s \u00e0 venir voir l&rsquo;exposition.<\/p>\n<p>Dans la Documenta Halle on trouve avant tout deux grandes installations l&rsquo;une de Inigo Manglano Ovalle qui reconstitue un camion tel que ceux qui \u00e9taient suppos\u00e9s transporter des armes chimiques en Iraq Phantom Truck et l&rsquo;autre de Cosima von Bonin, dont on retrouve les installations \u00e0 de nombreux endroits. A signaler aussi les tranches de pain grav\u00e9es et taill\u00e9es en bois d&rsquo;Anatoli Osmolovski. Dans le Fridericianum cet artiste expose des moulages en bronze de tanks. Allusion \u00e0 l&rsquo;une des principales activit\u00e9 \u00e9conomiques de cette ville qui abrite une usine de tanks.<\/p>\n<p>Le Aue Pavillon est une structure provisoire qui remplit tout l&rsquo;espace devant l&rsquo;Orangerie. &#8211; On y trouve des confrontations, des rencontres d&rsquo;\u0153uvres comme cela se produit dans ce type de lieu qui \u00e9voque un site de foire commerciale, tr\u00e8s \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. La volont\u00e9 est clairement de d\u00e9contenancer le visiteur et l&rsquo;on sourit en voyant une pi\u00e8ce verte de John Mac Cracken devant les cultures d&rsquo;Ines Doujak intitul\u00e9es Siegesg\u00e4rten, l&rsquo;artiste d\u00e9nonce le bio-colonialisme, l&rsquo;utilisation des ressources de certains pays sans contre-partie en pr\u00e9sentant un bac \u00e0 fleurs sur\u00e9lev\u00e9 de 16 m\u00e8tres de long. Les 13 guitares de Sa\u00e2dane Afif jouent tout seul dirig\u00e9e par un ordinateur et s&rsquo;entendent de loin. Les peintures de Monika Baer \u00e9voquent Odilon Redon. Les immenses rouleaux peints de Lu Hao documentent le d\u00e9veloppement d&rsquo;une ville chinoise. La grande pirogue de Romuald Hazoum\u00e9 intitul\u00e9e R\u00eave rappelle les noy\u00e9s d&rsquo;Afrique qui tentent de quitter leur pays.<\/p>\n<div id='gallery-2' class='gallery galleryid-1656 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/auepkassel\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/auepkassel.gif?resize=150%2C150&amp;ssl=1\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-2-1762\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-2-1762'>\n\t\t\t\t\u00e9difice d&rsquo;exposition devant l&rsquo;Orangerie, Kassel, 2007\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/kasselwilhelm\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/kasselwilhelm.gif?resize=150%2C150&amp;ssl=1\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-2-1763\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-2-1763'>\n\t\t\t\tInstallation d&rsquo;une rizi\u00e8re devant le ch\u00e2teau de Wilhelmsh\u00f6he\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl>\n\t\t\t<br style='clear: both' \/>\n\t\t<\/div>\n\n<hr \/>\n<p>Le ch\u00e2teau de Wilhelmsh\u00f6he abrite la Gem\u00e4ldegalerie surtout connue pour un groupe d&rsquo;\u0153uvres flamandes (Rubens) et hollandaises (Rembrandt, Franz Hals). C&rsquo;est ici que l&rsquo;on trouve une intervention dans le paysage de Sakarin Krue-On avec la transformation du talus tr\u00e8s pentu devant le ch\u00e2teau en rizi\u00e8res dispos\u00e9es en terrasses, la culture semble prosp\u00e9rer. (Une autre exp\u00e9rience agronomique rencontre des probl\u00e8mes la plantation de pavots devant le Fridericianum voulue par Sanja Ivekovic ne se d\u00e9veloppe pas comme pr\u00e9vu!) Deux installations vid\u00e9o sont plac\u00e9es \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e et \u00e0 la sortie d&rsquo;une salle obscurcie pour la pr\u00e9sentation de travaux sur papier. Dans ce mus\u00e9e les \u0153uvres sont dispers\u00e9es sur trois \u00e9tages, mais il y a surtout un groupe important au deuxi\u00e8me \u00e9tage. Des dessins appartenant aux cultures indiennes, chinoises et arabes sont confront\u00e9es \u00e0 des croquis d&rsquo;artistes contemporains: Mc Cracken et Mira Schendel en particulier. La vid\u00e9o Funk Staden de Dias &amp; Riedweg tr\u00e8s int\u00e9ressante repose sur une id\u00e9e un peu comparable. Elle associe le r\u00e9cit de voyage illustr\u00e9 au Br\u00e9sil de Hans Staden paru en 1557 et racontant des pratiques festives et rituelles, notamment du cannibalisme \u00e0 une transposition actuelle de ces pratiques.<\/p>\n<hr \/>\n<p>On peut encore signaler le Kulturzentrum Schlachthof qui est un centre d&rsquo;accueil. Deux petites salles sont r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sentation de deux films documentaires. Celui de Hito Steyerl raconte l&rsquo;histoire de la destruction de certains films d&rsquo;archives bosniaques en 1993, l&rsquo;autre du polonais Arthur Zmijewskki pr\u00e9sente des jeunes peignant des pancartes contre le nazisme. La vid\u00e9o, le film sont consid\u00e9r\u00e9s comme m\u00e9diums de travaux \u00e0 caract\u00e8re documentaire et non comme moyen de d\u00e9velopper des nouveaux types de spectacles.<\/p>\n<p>Pour conclure on peut dire que c&rsquo;est une Documenta int\u00e9ressante, riche qui permet de nombreuses d\u00e9couvertes qui met l&rsquo;accent sur la sp\u00e9cificit\u00e9 expressive et communicative de chaque m\u00e9dium, souvent incompatible avec la parole ou le texte. Elle est \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un temps d\u00e9concert\u00e9, sans id\u00e9ologie avec pourtant d&rsquo;innombrables plaintes, douleurs, souffrances, protestations, revendications qui s&rsquo;expriment par l&rsquo;impr\u00e9cation, l&rsquo;incantation, le deuil mais qui n&rsquo;ont plus de v\u00e9hicules conceptuels critiques. Elle est aussi une invitation au respect des cultures et des identit\u00e9s dans leur diversit\u00e9 montr\u00e9e c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Elle exclut tout discours univoque, en invoquant les affinit\u00e9s esth\u00e9tiques pour montrer les diff\u00e9rentes relations possibles entre les oeuvres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h3><strong>Documenta 11 Kassel jusqu&rsquo;au 15 septembre 2002 <\/strong><\/h3>\n<p>La Documenta de Kassel est pr\u00e9sent\u00e9e dans 5 espaces diff\u00e9rents: le Fridericianum qui est le centre traditionnel de la manifestation, une installation est pr\u00e9sent\u00e9e dans l\u2019Orangerie et d\u2019autres dans le parc voisin. La Documenta Halle abrite une partie des travaux, le troisi\u00e8me lieu est form\u00e9 par le Kulturbahnhof voisin du quai 1 de l\u2019ancienne gare. Il comprend \u00e9galement un cin\u00e9ma dans lequel seront projet\u00e9s certains des films les plus longs propos\u00e9s sur de petits \u00e9crans dans l\u2019exposition. Un nouvel espace a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 dans une ancienne brasserie, la Binding Brauerei, assez \u00e9loign\u00e9e du centre ville. Les 6000m2 d\u2019exposition obtenus ici sont devenus le nouveau point central de la manifestation. Bien s\u00fbr il est tentant de demeurer au niveau du discours g\u00e9n\u00e9ral face \u00e0 une manifestation de cette ampleur. Il faut remarquer toutefois que, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par 4 colloques organis\u00e9s sur 4 continents diff\u00e9rents qui ont tent\u00e9 de cerner les enjeux de l\u2019activit\u00e9 artistiqe aujourd\u2019hui, l\u2019exposition Documenta 11 qui forme selon son concepteur Okwui Enwezor, la cinqui\u00e8me \u00e9tape n\u2019est pas une exposition bavarde. Bien au contraire, on peut certes discuter des choix, mais l\u2019on doit reconna\u00eetre que les travaux sont mis en valeur, respect\u00e9s, le plus souvent dans des espaces sp\u00e9cifiques pour chaque artiste. On n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 faire des compositions spectaculaires, des confrontations inattendues ou provocantes. Les artistes ne sont pas instrumentalis\u00e9s au profit d\u2019un discours g\u00e9n\u00e9ral impos\u00e9.<\/p>\n<p>Le catalogue contient des expos\u00e9s th\u00e9oriques de diverses personnes impliqu\u00e9es dans la manifestation, mais il n\u2019y a aucun texte sur les \u0153uvres, on trouve uniquement les d\u00e9clarations des artistes qui accompagnent leurs travaux (malheureusement il n&rsquo;y a qu\u2019une quarantaine de textes alors que 118 artistes ou collectifs participent \u00e0 l\u2019exposition). Un petit guide publi\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment propose toutefois des notices sur le travail de chaque artiste; il est quasiment indispensable, car on ne trouve aucun renseignement \u00e0 l&rsquo;exception du nom de l&rsquo;artiste et du titre de l&rsquo;oeuvre dans les salles. Le spectateur est donc laiss\u00e9 libre de d\u00e9couvrir sans pr\u00e9jug\u00e9s les pi\u00e8ces qui lui sont propos\u00e9es. Une grande partie des travaux a \u00e9t\u00e9 command\u00e9e pour la manifestation et il s\u2019agit souvent de films pr\u00e9sent\u00e9s sur un ou plusieurs \u00e9crans de dimensions variables. Si l\u2019on veut v\u00e9ritablement d\u00e9couvrir ces pi\u00e8ces, il va de soi que le rapport au temps que l\u2019on conna\u00eet dans une exposition habituelle est totalement renvers\u00e9. Il faut pr\u00e9voir de longues heures pour d\u00e9couvrir tous ces films. Ceci dit seuls quelques uns sont tr\u00e8s longs, la dur\u00e9e des autres varie entre 5 et 30 minutes, ce qui est tout \u00e0 fait acceptable.<\/p>\n<p>Cette Documenta n&rsquo;est pas une exposition r\u00e9barbative ou pr\u00e9tentieuse, car le langage utilis\u00e9 par les artistes est souvent assez simple et s\u00e9duisant. Bien s\u00fbr on peut s\u2019\u00e9tonner de certaines absences, mais les cr\u00e9ateurs retenus font partie de ceux qui sont expos\u00e9s et appr\u00e9ci\u00e9s depuis plusieurs ann\u00e9es dans les principaux centres d\u2019art contemporain et les diverses biennales \u00e0 travers le monde. L\u2019ambition clairement affich\u00e9e par le directeur de la Documenta Okwui Enwezor et les diff\u00e9rents commissaires de l\u2019exposition est politique, non pas au sens o\u00f9 les artistes seraient susceptibles de changer le monde, mais dans le sens o\u00f9 les langages auxquels ils recourent et ce qu\u2019ils en font veulent et peuvent dire quelque chose sur le monde qu\u2019ils sont seuls \u00e0 dire de cette fa\u00e7on. Leur expression est un lieu de r\u00e9sistance au discursif qui laisse place \u00e0 l\u2019intuition. Sarat Maharaj l\u2019un des commissaires parle des pratiques des arts visuels comme source de savoir et de sentiments comme \u00ab moteurs \u00e9pist\u00e9mologiques \u00bb. (Plusieurs journaux allemands ont d\u2019ailleurs rappel\u00e9 que la dimension politique de la Documenta est un fait permanent depuis sa cr\u00e9ation en 1955). R\u00e9alit\u00e9, m\u00e9moire et utopie. On peut assez clairement distinguer quelques grandes lignes directrices autour desquelles les artistes ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019une est politique, li\u00e9e \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 au sens strict. Un album de photos d\u2019agences de presse sert d\u2019ailleurs de frontispice au catalogue. On trouve ainsi des travaux en relation avec les diff\u00e9rents conflits qui agitent le monde depuis plusieurs ann\u00e9es qu\u2019il s\u2019agisse du Liban (Mona Hatoum), de l\u2019ex-Yougoslavie, de l\u2019Inde et du Pakistan (Ravi Agarwal, Amar Kanwar), d&rsquo;Isra\u00ebl et de la Palestine (Fareed Armaly et Rashid Masharawi), sans oublier le 11 septembre pour ne citer que quelques exemples.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me ligne est tourn\u00e9e vers l\u2019\u00e9vocation du pass\u00e9, l\u2019organisation d\u2019archives, de collections parfois obssessionnelles et de tentatives de structurer le temps et le sens du monde (une probl\u00e9matique qui avait \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e de mani\u00e8re tr\u00e8s compl\u00e8te dans l\u2019exposition Voil\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9e au Mus\u00e9e d\u2019art moderne de la ville de Paris au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 2000). Les principales installations tournent autour de cette probl\u00e9matique : Hanne Darboven (d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en mars 2009) dont 4000 feuilles couvertes de chiffres occupent magnifiquement sur 3 \u00e9tages la rotonde du Fridericianum, On Kawara, ou les archives de Dieter Roth, mais aussi le travail sur le dictionnaire des fr\u00e8res Grimm de Ecke Bonk. Georges Ad\u00e9agbo rel\u00e8ve de la m\u00eame d\u00e9marche, de m\u00eame que Louise Bourgeois qui affirme comme source de ses dessins et sculptures l\u2019angoisse et le d\u00e9sir de revisiter le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin le troisi\u00e8me fil conducteur que je distingue est celui des projets utopiques, des maquettes, des constructions imaginaires. Ici c\u2019est un hommage important \u00e0 Constant (1920) qui est rendu dans l\u2019une des salles du Kulturbahnhof avec la pr\u00e9sentation des maquettes pour New Babylon, un projet d\u00e9velopp\u00e9 de 1956 \u00e0 1974, ou encore les travaux de Yona Friedman (1923). On per\u00e7oit ces artistes comme les pr\u00e9curseurs d\u2019innombrables recherches de ce type poursuivies aujourd\u2019hui, soit sous la forme de maquettes r\u00e9elles ou de constructions, soit sous la forme virtuelle. Le travail d&rsquo;Asymptote montr\u00e9 ici renvoie \u00e0 cette filiation. Les deux domaines, collection et utopie peuvent se rejoindre dans les archives du d\u00e9sir du groupe Park Fiction. Mais aussi dans la r\u00e9alisation d\u2019espaces r\u00e9els. Deux exemples \u00e0 relever le groupe Simparch avec Free Basin offert aux praticiens de planches \u00e0 roulettes et Spec, mais aussi le <em>Bataille Monument<\/em> de Thomas Hirschhorn r\u00e9alis\u00e9 dans une banlieue de Kassel habit\u00e9e par des personnes venues de Turquie et de Russie. Cette r\u00e9alisation comprend 6 \u00e9l\u00e9ments : des taxis qui conduisent les visiteurs de la brasserie au site, un Imbiss qui propose de la nourriture et des boissons, un pavillon biblioth\u00e8que, un autre qui propose une exposition Bataille, une statue de Bataille et enfin un studio de production radio.<\/p>\n<p>Films, installations vid\u00e9o Les films pr\u00e9sent\u00e9s sous la forme d&rsquo;installations assez simples avec projections sur un, deux, trois ou quatre \u00e9crans occupent une place importante au Fridericianum et \u00e0 la brasserie Binding. Dans le premier b\u00e2timent on d\u00e9couvre les travaux nouveaux de Stan Douglas,<em> Suspiria<\/em>, 2002, Chantal Akerman, <em>From the other Side<\/em>, 2002, installation avec 18 moniteurs et deux \u00e9crans consacr\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re entre le Mexique et les Etats-Unis; Shirin Neshat, Untitled, 2002 consacr\u00e9 aux Indiens du Mexique et tourn\u00e9 dans la r\u00e9gion de Oaxaca.<\/p>\n<p>A la brasserie Binding je mentionnerai parmi beaucoup d&rsquo;autres que je n&rsquo;ai pas vus, les deux nouveaux films de Steve McQueen (1969) Western Deep, 2002 et Carib\u2019s -Leap, 2002 deux plong\u00e9es tr\u00e8s diff\u00e9rentes, l&rsquo;une infernale dans une mine d&rsquo;or en Afrique du Sud et l&rsquo;autre idyllique, impressionniste dans des eaux tropicales, mais qui \u00e9voque le suicide collectif des Indiens de la Grenade en 1651. Des travaux qui marquent une nouvelle \u00e9tape pour cet artiste tr\u00e8s int\u00e9ressant. Et, The House, 2002 d&rsquo;Eija-Liisa Ahtila, v\u00e9ritable court-m\u00e9trage dense qui fonctionne comme une nouvelle litt\u00e9raire associant le r\u00e9cit, la r\u00e9alit\u00e9 et le fantastique. Le texte repose sur les t\u00e9moignages de femmes qui entendaient des voix et ont surmont\u00e9 une psychose.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Au premier abord la peinture semble la grande absente de la manifestation, (elle l&rsquo;est si l&rsquo;on consid\u00e8re les m\u00e8tres carr\u00e9s occup\u00e9s par comparaison avec la photographie, notamment), pourtant en y r\u00e9fl\u00e9chissant on se rend compte qu\u2019elle est \u00e9voqu\u00e9e de mani\u00e8re typologique tr\u00e8s large avec des approches repr\u00e9sentatives de diff\u00e9rentes attitudes face \u00e0 ce moyen d\u2019expression, sans pourtant qu\u2019il y ait une volont\u00e9 de rendre hommage \u00e0 des personnalit\u00e9s tr\u00e8s connues. On rel\u00e8ve plut\u00f4t une volont\u00e9 de d\u00e9couverte. L\u00e9on Golub (1922) le plus \u00e2g\u00e9 des peintres pr\u00e9sent\u00e9s est encore relativement peu connu en raison du caract\u00e8re tr\u00e8s engag\u00e9 de son approche. Cecilia Edelfalk, Glenn Ligon, Fabian Marcaccio, Ouattara Watts, Andreas Siekmann, Luc Tuymans sont repr\u00e9sentatifs d&rsquo;attitudes, de mani\u00e8res tr\u00e8s diff\u00e9rentes dans l&rsquo;utilisation du medium pictural, ils proposent tous des travaux int\u00e9ressants, mais bien s\u00fbr des dizaines d&rsquo;autres noms viennent \u00e0 l&rsquo;esprit lorsque l&rsquo;on consid\u00e8re l&rsquo;approche de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre. Enfin nombreux sont les artistes qui tout en utilisant la cam\u00e9ra ou l&rsquo;appareil photo posent des probl\u00e8mes propres au dessin ou \u00e0 la peinture, c&rsquo;est par exemple le cas de l&rsquo;installation de Craigie Horsfield, qui sur 4 \u00e9crans envo\u00fbte le spectateur dans un univers proche du lavis, des aquarelles chinoises, du moins pour la section qui passait au moment o\u00f9 je me trouvais dans cette installation dont la projection s&rsquo;inscrit dans la longue dur\u00e9e.<\/p>\n<p>Avec son dernier film, <em>Confessions de Zeno<\/em>, 2002, William Kentridge joue avec les ombres, les silhouettes d\u00e9coup\u00e9es et d&rsquo;innombrables r\u00e9f\u00e9rences iconographiques dans une r\u00e9alisation brillante. D\u00e9veloppant une approche prospective tout en recherchant des liens avec les g\u00e9n\u00e9rations ant\u00e9rieures. Cette Documenta propose une int\u00e9ressante vision des comportements et des enjeux que l&rsquo;on observe sur la sc\u00e8ne artistique actuelle. Sa principale qualit\u00e9 est de revendiquer la l\u00e9gitimit\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 de la prise de position artistique sur le monde. Plusieurs travaux utilisent le net de diverse mani\u00e8re \u00e0 signaler la plus longue marche sur le web de Tsunamii.net un projet qui traite avec ironie le rapport au temps dans la visite des sites net.<\/p>\n<p>Patrick Schaefer, L&rsquo;art en jeu, 10 juin 2002.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le directeur d\u00e9sign\u00e9 pour la Documenta 14 est Adam Szymczyk, ancien directeur de la Kunsthalle de B\u00e2le, elle se d\u00e9roulera du 10 juin au 17 septembre 2017. La Documenta 13 a eu lieu \u00e0 Kassel du 9 juin au 16 septembre 2012. Le nombre de visiteurs s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 860&rsquo;000 personnes. 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