{"id":2151,"date":"2010-12-17T11:12:31","date_gmt":"2010-12-17T10:12:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/?p=2151"},"modified":"2017-12-20T15:23:56","modified_gmt":"2017-12-20T14:23:56","slug":"fondation-maeght","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/fondation-maeght\/","title":{"rendered":"Fondation Maeght"},"content":{"rendered":"<p>La Fondation Maeght \u00e0 Saint-Paul-de-Vence f\u00eate son quaranti\u00e8me anniversaire. Cette institution qui fut sans doute l&rsquo;une des premi\u00e8res, si ce n&rsquo;est la premi\u00e8re \u00e0 miser sur le tourisme culturel estival marque l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement par une exposition sur les livres d&rsquo;artistes: <i>De l&rsquo;\u00e9criture \u00e0 la peinture<\/i>. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de revenir sur l&rsquo;histoire des Maeght.<\/p>\n<h2 style=\"font-weight: 500;\">L&rsquo;aventure des Maeght, trois g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;\u00e9diteurs d&rsquo;art<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 500;\">L&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9dition d&rsquo;art dans le d\u00e9veloppement de l&rsquo;art moderne ne saurait \u00eatre trop soulign\u00e9e. D\u00e8s 1895 Ambroise Vollard commanda des estampes aux artistes qu&rsquo;il d\u00e9fendait; il fut le v\u00e9ritable cr\u00e9ateur du livre d&rsquo;artiste en publiant <em>Parall\u00e8lement<\/em> de Verlaine, puis <em>Daphnis et Chlo\u00e9<\/em> de Longus tous deux illustr\u00e9s par Pierre Bonnard. Dans ses souvenirs Vollard a malicieusement racont\u00e9 ses d\u00e9boires avec les bibliophiles qui consid\u00e9raient que l&rsquo;illustration d&rsquo;un ouvrage ne pouvait \u00eatre faite par des peintres:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">\u00ab\u00a0Comme je disais \u00e0 un amateur de Maurice Denis:<!--more--><\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">&#8211; Avez-vous dans votre biblioth\u00e8que<em> l&rsquo;Imitation de J\u00e9sus-Christ <\/em>et <em>Sagesse<\/em>? ( livres \u00e9dit\u00e9s par Vollard)<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Celui-ci, vivement:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">&#8211; Je suis des <em>Cent bibliophiles <\/em>et, l\u00e0, nous respectons encore les r\u00e8gles. Les peintres ne sont pas des illustrateurs. Les libert\u00e9s qu&rsquo;ils se permettent sont incompatibles avec ce \u00ab\u00a0fini\u00a0\u00bb qui fait le m\u00e9rite d&rsquo;un livre illustr\u00e9\u00a0\u00bb. ( Ambroise Vollard, <em>Souvenirs d&rsquo;un marchand de tableaux<\/em>, Albin Michel 1937, \u00e9d. 1984 p. 285).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Le prestige du livre illustr\u00e9 par les artistes connut un essor extraordinaire avec le surr\u00e9alisme qui se caract\u00e9rise par une imbrication compl\u00e8te entre les d\u00e9marches litt\u00e9raires, po\u00e9tiques et plastiques et qui refuse la s\u00e9paration entre les diverses formes d&rsquo;expression artistique; le livre jouit alors d&rsquo;un immense prestige et c&rsquo;est Albert Skira qui avec sa revue <em>Minotaure<\/em> et ses livres illustr\u00e9s par Picasso, Derain, Matisse ou Dali sut cr\u00e9er un lien \u00e9troit entre la cr\u00e9ation contemporaine et l&rsquo;\u00e9dition.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Apr\u00e8s la guerre ce fut au tour des Maeght de suivre cet exemple, le rappel de ces exemples ant\u00e9rieurs est d&rsquo;autant plus justifi\u00e9 qu&rsquo;il y eut sans doute une stimulation directe de la part de Pierre Bonnard, mais aussi d&rsquo;autres artistes proches des surr\u00e9alistes dans l&rsquo;importance accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition d&rsquo;art par Aim\u00e9 Maeght. Il faut souligner qu&rsquo;Aim\u00e9 Maeght n&rsquo;est pas le seul marchand \u00e0 fr\u00e9quenter Pierre Bonnard, Henri Matisse ou Alberto Giacometti, mais \u00e0 travers une double activit\u00e9 de marchand et d&rsquo;\u00e9diteur d&rsquo;art, il a pris une place exceptionnelle, prestigieuse qui va encore s&rsquo;accro\u00eetre avec la cr\u00e9ation d&rsquo;un espace &#8211; mus\u00e9e \u00e0 Saint Paul de Vence en 1964. Il appara\u00eet ainsi comme un homme qui a su donner un prestige et un statut exceptionnels au m\u00e9tier de marchand d&rsquo;art.<\/p>\n<h2 style=\"font-weight: 500;\">Les d\u00e9buts 1906 &#8211; 1942<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 500;\">La famille d&rsquo;Aim\u00e9 Maeght (1906 &#8211; 1981) est originaire des environs de Lille. Le p\u00e8re du futur \u00e9diteur est tu\u00e9 pendant la Premi\u00e8re guerre mondiale, sa m\u00e8re se r\u00e9fugie \u00e0 Lasalle dans le Gard. Aim\u00e9 suit les \u00e9coles de N\u00eemes. Il devient graveur-lithographe en 1925 apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des Arts et M\u00e9tiers de cette ville. Passionn\u00e9 par le jazz, il joue dans de petits orchestres. En 1926, il va travailler \u00e0 Cannes, il est brillant dans son m\u00e9tier et rencontre bient\u00f4t Marguerite Devaye (1909 &#8211; 1977) qu&rsquo;il \u00e9pouse en 1928; elle appartient \u00e0 une famille de commer\u00e7ants cannois. Leur fils Adrien na\u00eet en 1930. Aim\u00e9 \u00e9tant un bricoleur tr\u00e8s dou\u00e9, passionn\u00e9 par la T.S.F., Marguerite ouvre en 1932 un magasin de radio \u00e0 quelques pas de la Croisette, qu&rsquo;elle orne de meubles, peu \u00e0 peu des tableaux sont \u00e9galement mis en vente. Aim\u00e9 r\u00e9pare les appareils de radio tout en poursuivant son travail de lithographe, il r\u00e9alise \u00e9galement des travaux publicitaires. En 1936, il rencontre pour la premi\u00e8re fois celui qui jouera un tr\u00e8s grand r\u00f4le dans son essor: Pierre Bonnard. Il r\u00e9alise une lithographie pour le ma\u00eetre du Cannet. Des peintres secondaires sont expos\u00e9s dans le magasin qui prend bient\u00f4t le nom de Galerie Arte. Avec la guerre le commerce d&rsquo;art prend de plus en plus d&rsquo;importance, les r\u00e9fugi\u00e9s fortun\u00e9s install\u00e9s dans la ville ne renoncent pas \u00e0 leur passion de collectionneurs, d&rsquo;autres personnes en difficult\u00e9 cherchent \u00e0 se d\u00e9faire des oeuvres en leur possession. Aim\u00e9 se lie \u00e0 quelques sp\u00e9cialistes importants comme Philippe Erlanger qui r\u00e9alisa d&rsquo;importantes expositions temporaires \u00e0 Paris avant et apr\u00e8s la guerre en tant que responsable de l&rsquo;Association fran\u00e7aise d&rsquo;action artistique, Gustave Zumsteg industriel zurichois propri\u00e9taire de la c\u00e9l\u00e8bre Kronenhalle de Zurich est \u00e9galement un habitu\u00e9 ( Gall op. cit. pp. 26-27). L&rsquo;ann\u00e9e 1942 devait se r\u00e9v\u00e9ler d\u00e9cisive, Pierre Bonnard perd sa femme, les Maeght auront l&rsquo;occasion de l&rsquo;aider, de lui fournir des couleurs, des toiles de s&rsquo;occuper de sa vie quotidienne et bient\u00f4t de vendre ses oeuvres. L&rsquo;amiti\u00e9 de Bonnard les conduit \u00e9galement \u00e0 Matisse dont ils deviennent tr\u00e8s proches. En 1942, na\u00eet leur second fils Bernard.<\/p>\n<h2 style=\"font-weight: 500;\">Marchand et \u00e9diteur d&rsquo;art<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 500;\">En 1944, Aim\u00e9 Maeght d\u00e9cide de cr\u00e9er une revue qui s&rsquo;intitule <em>Pierre \u00e0 Feu<\/em> et sera dirig\u00e9e par Jacques Kober \u00a0\u00bb Mettre en place, imm\u00e9diatement, un compl\u00e9ment culturel magnifiant son r\u00f4le de vendeur de tableaux, tel \u00e9tait son but.\u00a0\u00bb ( Gall op. cit. p.50)<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Apr\u00e8s la guerre Aim\u00e9 Maeght accompagne Bonnard \u00e0 Paris. Il s&rsquo;installe bient\u00f4t rue de T\u00e9h\u00e9ran dans une galerie qui lui est c\u00e9d\u00e9e par Andr\u00e9 Schoeller. C&rsquo;est le d\u00e9but d&rsquo;une aventure \u00e9tonnante qui sera couronn\u00e9e dix-neuf ans plus tard par l&rsquo;ouverture de la Fondation Maeght \u00e0 Saint-Paul-de-Vence.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Maeght expose Matisse, Braque et la seconde exposition surr\u00e9aliste en 1947 organis\u00e9e par Andr\u00e9 Breton et Marcel Duchamp. D\u00e8s 1948, Miro se lie \u00e0 la galerie dont il deviendra l&rsquo;un des principaux artistes, en 1950 ce seront Chagall, Calder, en 1951 Kandinsky et Alberto Giacometti. La plupart des expositions individuelles sont des \u00e9checs, mais Aim\u00e9 Maeght gagne beaucoup d&rsquo;argent avec quelques ventes de tableaux d&rsquo;artistes connus. D\u00e8s le d\u00e9part il s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition; apr\u00e8s la revue<em>Pierre \u00e0 feu<\/em> ce sont ses catalogues <em>Derri\u00e8re le<\/em> <em>miroir<\/em> qui vont accompagner chaque exposition d&rsquo;une plaquette prestigieuse, \u00e0 ce propos Fran\u00e7ois Chapon \u00e9crit: \u00ab\u00a0Aim\u00e9 Maeght et ses collaborateurs, en maintenant \u00ab\u00a0Derri\u00e8re le miroir\u00a0\u00bb plus d&rsquo;un quart de si\u00e8cle au centre de leur entreprise ont prouv\u00e9 de mani\u00e8re permanente que l&rsquo;art plastique n&rsquo;est jamais mieux mis en valeur qu&rsquo;au voisinage de l&rsquo;\u00e9criture qui le \u00ab\u00a0nomme\u00a0\u00bb. Dans le contexte rapide d&rsquo;une exposition provisoire l&rsquo;essentiel doit \u00eatre aussit\u00f4t propos\u00e9 au spectateur. Ce n&rsquo;est pas le lieu d&rsquo;un dossier de l&rsquo;\u00e9rudition ni d&rsquo;une analyse m\u00e9thodique: c&rsquo;est l&rsquo;heure o\u00f9 se d\u00e9couvre une oeuvre \u00e0 la fois dans sa complexit\u00e9 et dans la contraction qui la r\u00e9sout. Elle doit alors manifester sa r\u00e9alit\u00e9 de concept, l&rsquo;autonomie qu&rsquo;y sugg\u00e8re sa d\u00e9finition. Au po\u00e8te, \u00e0 son pouvoir d&rsquo;abstraction et de synth\u00e8se, \u00e0 son exp\u00e9rience v\u00e9cue sur les ondes d&rsquo;une autre m\u00e9diation, appartient par excellence le don de faire affleurer cette existence jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;instantan\u00e9 de la parole\u00a0\u00bb. (p. 14 et 17, dans <em>A proximit\u00e9 des po\u00e8tes et des peintres <\/em>1986). Des livres illustr\u00e9s par les artistes de la galerie sont \u00e9galement publi\u00e9s. La vie d&rsquo;Aim\u00e9 Maeght se rapproche de la chronique des expositions organis\u00e9es par la galerie. Les \u00e9ditions jouent d\u00e8s le d\u00e9but un grand r\u00f4le et connaissent un essor impressionnant. En effet les ann\u00e9es 1950 voient se d\u00e9velopper le go\u00fbt de l&rsquo;estampe, l&rsquo;\u00e9dition de lithographies et de gravures sur cuivre devient l&rsquo;une des principales activit\u00e9s de la maison. En 1961, Aim\u00e9 Maeght ouvre ses propres ateliers rue Levallois pour r\u00e9pondre au d\u00e9veloppement de cette activit\u00e9. Il refuse de se cantonner \u00e0 une seule tendance et s&rsquo;ouvre aux divers courants de l&rsquo;art moderne. A c\u00f4t\u00e9 des artistes les plus connus, exposent d&rsquo;autres cr\u00e9ateurs moins c\u00e9l\u00e8bres, certains demeurent peu connus \u00e0 ce jour, alors qu&rsquo;un certain nombre ont trouv\u00e9 une large r\u00e9putation, citons Bram et Geer van Velde, Alechinsky, Rebeyrolle, Adami, Tapi\u00e8s, Chillida et tant d&rsquo;autres dont les recherches sont relat\u00e9es dans les 250 num\u00e9ros de <em>Derri\u00e8re le miroir<\/em>, les nombreuses monographies et les innombrables estampes \u00e9dit\u00e9es par la galerie.<\/p>\n<h2 style=\"font-weight: 500;\">La Fondation Marguerite et Aim\u00e9 Maeght<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 500;\">La cr\u00e9ation de la Fondation marque l&rsquo;aboutissement de vingt ans d&rsquo;une irr\u00e9sistible ascension qui co\u00efncide avec la reconstruction de l&rsquo;Europe et l&rsquo;essor \u00e9conomique de l&rsquo;Apr\u00e8s-Guerre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une Fondation serait n\u00e9e dix ans plus t\u00f4t apr\u00e8s la mort du second fils des Maeght, Bernard, fauch\u00e9 par une leuc\u00e9mie en 1953. Aim\u00e9 Maeght passionn\u00e9 d&rsquo;\u00e9dition avait sans doute une conscience particuli\u00e8re de l&rsquo;importance pour le d\u00e9veloppement du march\u00e9 de l&rsquo;art d&rsquo;une pr\u00e9sentation avantageuse, valorisante pour les oeuvres des artistes, insatisfait du r\u00f4le jou\u00e9 par les mus\u00e9es traditionnels, il con\u00e7ut avec la collaboration des artistes qui lui \u00e9taient les plus proches cette id\u00e9e originale d&rsquo;un mus\u00e9e priv\u00e9 et vivant consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;art moderne. Il eut \u00e9galement le pressentiment du d\u00e9veloppement des loisirs culturels pendant les vacances: \u00ab\u00a0Pourquoi ce mus\u00e9e \u00e0 neuf cents kilom\u00e8tres de Paris? Parce que M. Maeght ne croit plus \u00e0 l&rsquo;avenir des galeries de peinture. Pas plus qu&rsquo;\u00e0 celui des mus\u00e9es parisiens qui sont satur\u00e9s et dans la quasi impossibilit\u00e9 de r\u00e9soudre convenablement les probl\u00e8mes de mus\u00e9ographie. Sur la C\u00f4te d&rsquo;Azur, un immense public circule l&rsquo;\u00e9t\u00e9, un public qui a le temps de visiter une exposition calmement, comme il faut\u00a0\u00bb (Connaissance des Arts avril 1963 pp. 107-112 \u00a0\u00bb Architecture pour un mus\u00e9e\u00a0\u00bb ). La Fondation de Saint-Paul- de-Vence s&rsquo;inscrit comme une cons\u00e9cration et comme une fa\u00e7on particuli\u00e8rement remarquable de concr\u00e9tiser les amiti\u00e9s nou\u00e9es avec les grands artistes du si\u00e8cle, en leur donnant un lieu qui s&rsquo;apparente \u00e0 la typologie du mus\u00e9e, mais qui est g\u00e9r\u00e9 par des priv\u00e9s. Braque, Miro, Giacometti (qui avait autoris\u00e9 le tirage d&rsquo;un exemplaire de chacune de ses sculptures pour la Fondation), Chagall, Kandinsky sont mis en valeur dans un espace exceptionnel qui reste en contact avec l&rsquo;art vivant. L&rsquo;originalit\u00e9 de la galerie avait \u00e9t\u00e9 d&rsquo;organiser des expositions susceptibles d&rsquo;attirer un large public sans en esp\u00e9rer des ventes imm\u00e9diates, ainsi l&rsquo;exposition surr\u00e9aliste de 1947 organis\u00e9e par Breton et Duchamp. La Fondation va donner une r\u00e9putation de plus en plus large aux Maeght, elle leur assure de plus la sympathie et le soutien des artistes. Pour la construction Aim\u00e9 Maeght s&rsquo;adresse \u00e0 un ami de Miro, l&rsquo;architecte Josep Lluis Sert qui avait r\u00e9alis\u00e9 le pavillon de la R\u00e9publique espagnole \u00e0 Paris en 1937 en \u00e9troite collaboration avec les artistes pour y exposer le <em>Guernica<\/em> de Picasso et des oeuvres de Miro, Calder, Gonzalez et Giacometti. C&rsquo;est dans le m\u00eame souci de collaboration qu&rsquo;il travailla \u00e0 Saint-Paul avec en plus le souci de donner un caract\u00e8re non monumental, proche d&rsquo;un village proven\u00e7al \u00e0 l&rsquo;ensemble. Il \u00e9difiera quelques ann\u00e9es plus tard la Fondation Miro \u00e0 Barcelone.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">En 1966, le bilan est d\u00e9j\u00e0 positif, Aim\u00e9 Maeght cherche \u00e0 obtenir la cr\u00e9ation d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre ce qui lui sera refus\u00e9 ( <em>Connaissance des Arts<\/em> Novembre 1966 pp. 27-29 \u00ab\u00a0Un th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Saint Paul de Vence\u00a0\u00bb). La Fondation re\u00e7oit alors 60000 visiteurs par ann\u00e9e: \u00a0\u00bb Quel instrument souhaitez-vous que devienne votre Fondation? &#8211; D&rsquo;abord j&rsquo;ai voulu prouver qu&rsquo;un mus\u00e9e bien g\u00e9r\u00e9 pouvait vivre. Maintenant je veux prouver qu&rsquo;il y a des possibilit\u00e9s en France pour le m\u00e9c\u00e9nat collectif. Les chiffres sont l\u00e0: Gr\u00e2ce aux entr\u00e9es (4F., demi-tarif pour les \u00e9tudiants et groupes culturels), gr\u00e2ce \u00e0 la vente de livres et d&rsquo;estampes, gr\u00e2ce aux appareils \u00e0 sous qui distribuent des cartes postales toutes timbr\u00e9es &#8211; \u00e7a amuse les visiteurs, ils sont contents de dire qu&rsquo;ils ont vu le mus\u00e9e Maeght, ils font une excellente publicit\u00e9 pour le mus\u00e9e- les b\u00e9n\u00e9fices atteignent 70&rsquo;000 F.\u00a0\u00bb. En 1982, Andr\u00e9 Chastel \u00e9crit: \u00a0\u00bb L&rsquo;Esprit de la Fondation est \u00e0 la m\u00eame distance du Mus\u00e9e que l&rsquo;initiative priv\u00e9e des organismes d&rsquo;\u00c9tat. On ne dira pas que la Fondation de Saint-Paul est une sorte d&rsquo;anti-Centre Georges Pompidou. Mais c&rsquo;est l&rsquo;autre face, moins programm\u00e9e, de la modernit\u00e9. L&rsquo;enveloppe n&rsquo;a pas pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&rsquo;aventure; elle est l&rsquo;expression m\u00eame d&rsquo;une entreprise tr\u00e8s risqu\u00e9e qui a \u00e9tonn\u00e9, inqui\u00e9t\u00e9, avant d&rsquo;\u00eatre admise et aujourd&rsquo;hui c\u00e9l\u00e9br\u00e9e\u00a0\u00bb.(p.23-24, dans L&rsquo;univers d&rsquo;Aim\u00e9 et Marguerite Maeght 1982).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Parall\u00e8lement la galerie poursuit son activit\u00e9 avec l&rsquo;ouverture d&rsquo;une succursale \u00e0 Zurich en 1970, puis \u00e0 Barcelone en 1974. De 1968 \u00e0 1975, Maeght publia la revue <em>Chronique de l&rsquo;art vivant <\/em>dirig\u00e9e par Jean Clair, parall\u00e8lement paraissait depuis 1967 une revue po\u00e9tique <em>\u00c9ph\u00e9m\u00e8re<\/em> \u00e0 laquelle succ\u00e8de en 1974 <em>Argile<\/em> publi\u00e9e jusqu&rsquo;en 1981.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Marguerite Maeght dispara\u00eet en 1977 et son \u00e9poux la suit en 1981.<\/p>\n<h2 style=\"font-weight: 500;\">La succession<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Adrien Maeght fut tr\u00e8s t\u00f4t associ\u00e9 aux activit\u00e9s de la galerie, d\u00e8s 1950 il s&rsquo;occupe plus particuli\u00e8rement des \u00e9ditions, en 1957, il cr\u00e9e sa propre galerie, mais rejoint son p\u00e8re quelques ann\u00e9es plus tard. En 1964, il rach\u00e8te une imprimerie qui sera d\u00e8s l&rsquo;ann\u00e9e suivante associ\u00e9e \u00e0 celle de son p\u00e8re sous le nom d&rsquo;imprimerie Arte. En plus de son activit\u00e9 d&rsquo;\u00e9diteur et de marchand, il voue une grande passion \u00e0 l&rsquo;automobile qui l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 fonder un mus\u00e9e de l&rsquo;automobile \u00e0 Mougins en 1985.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Adrien a quatre enfants qui ont tous des activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la galerie et \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition. L&rsquo;a\u00een\u00e9e Isabelle s&rsquo;occupe de la gestion des collections et des pr\u00eats, Fran\u00e7oise dirige la galerie Maeght \u00e0 la rue Saint-Merry, Julien s&rsquo;occupe de l&rsquo;imprimerie Arte, alors que Florence dirige les \u00e9ditions pour enfants.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Aim\u00e9 Maeght avait cr\u00e9\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 Maeght SA \u00e0 laquelle il avait associ\u00e9 ses directeurs, apr\u00e8s sa mort, Maeght SA devint Lelong SA tout en conservant le droit de s&rsquo;appeler Maeght-Lelong jusqu&rsquo;en 1987. Aujourd&rsquo;hui les galeries Lelong ( Paris, New York, Zurich) repr\u00e9sentent une partie des principaux artistes qui ont expos\u00e9 chez Aim\u00e9 Maeght.<\/p>\n<h2 style=\"font-weight: 500;\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Cet article de Patrick Schaefer intitul\u00e9 \u00ab\u00a0L&rsquo;aventure des Maeght, trois g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;\u00e9diteurs d&rsquo;art\u00a0\u00bb est paru dans le catalogue: Les Maeght, Trois g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;\u00e9diteurs d&rsquo;art. EXPUL 93, Pully, 1993, pp. 13-22.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Anne et Michel Gall, <em>Maeght le Magnifique, une biographie,<\/em> Paris 1992, Christian de Bartillat \u00e9diteur.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Michel Enrici, <em>A proximit\u00e9 des peintres et des po\u00e8tes. Quarante ans d&rsquo;\u00e9ditions Maegh<\/em>t. Adrien Maeght, \u00e9diteur 1986.( Fran\u00e7ois Chapon, Aim\u00e9 Maeght, homme du livre. Michel Enrici, Profession: \u00e9diteur. La permission de lire. Claude Lefebvre du Prey Documents, Chronologie. Catalogue).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\"><em>L&rsquo;Univers d&rsquo;Aim\u00e9 et Marguerite Maeght<\/em>, catalogue de la Fondation Maeght 1982. (Sommaire: Introduction de Jean-Louis Prat, Aim\u00e9 et Marguerite Maeght. principaux rep\u00e8re biographiques, Pr\u00e9face Andr\u00e9 Chastel, La Galerie Maeght, Paris, Zurich, Barcelone, New York, Catalogue des artistes, Notes sur trente-six ans d&rsquo;\u00e9dition, L&rsquo;Eph\u00e9m\u00e8re, Argile et ses compagnons, Chroniques de l&rsquo;art vivant, Maeght producteur de films, La Fondation Marguerite et Aim\u00e9 Maeght, Les nuits de la Fondation, Liste des oeuvres expos\u00e9es. Propose encore une liste des num\u00e9ros de Derri\u00e8re le miroir).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\"><em>Aim\u00e9 Maeght et les siens<\/em>, Catalogue d&rsquo;une exposition au centre d&rsquo;Art contemporain de N\u00eemes, 1982.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Denis Picard, \u00a0\u00bb Avec Maeght pour label\u00a0\u00bb, Connaissance des Arts, octobre 1982 pp. 102-107.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\"><em>La Fondation Marguerite et Aim\u00e9 Maeght<\/em>, Saint-Paul 1974, Maeght \u00e9diteur.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Francis Spar, \u00ab\u00a0Un th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Saint Paul de Vence\u00a0\u00bb Connaissance des Arts, novembre 1966 interview d&rsquo;Aim\u00e9 Maeght, pp. 27-29.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Evelyne Schlumberger, \u00ab\u00a0Architectures pour un mus\u00e9e\u00a0\u00bb Connaissance des Arts, avril 1963 no. 134. p.35 1982<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\"><a href=\"http:\/\/www.fondation-maeght.com\/\">Le site de la Fondation <\/a>est en construction.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 500;\">Patrick Schaefer, L&rsquo;art en jeu, 13 juillet 2004<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Fondation Maeght \u00e0 Saint-Paul-de-Vence f\u00eate son quaranti\u00e8me anniversaire. Cette institution qui fut sans doute l&rsquo;une des premi\u00e8res, si ce n&rsquo;est la premi\u00e8re \u00e0 miser sur le tourisme culturel estival marque l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement par une exposition sur les livres d&rsquo;artistes: De l&rsquo;\u00e9criture \u00e0 la peinture. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de revenir sur l&rsquo;histoire des Maeght. L&rsquo;aventure des Maeght, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[66,23,54,19,35,22,1,8,63,34,3],"tags":[],"class_list":["post-2151","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-picasso","category-architecture","category-estampe","category-expositions","category-installations","category-musees","category-non-classe","category-peinture","category-photographie","category-sculpture","category-voyages"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p5k6Rq-yH","jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2151","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2151"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2151\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2172,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2151\/revisions\/2172"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2151"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2151"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2151"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}