{"id":5181,"date":"2014-07-13T18:43:00","date_gmt":"2014-07-13T17:43:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/?p=5181"},"modified":"2024-07-13T18:46:51","modified_gmt":"2024-07-13T17:46:51","slug":"bill-viola-1951-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/bill-viola-1951-2014\/","title":{"rendered":"Bill Viola 1951 &#8211; 2014"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le mus\u00e9e des beaux-arts de Berne pr\u00e9sente des vid\u00e9os de Bill Viola dans la coll\u00e9giale de Berne et dans les salles du mus\u00e9e du 12 avril au 20 juillet 2014<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Galeries nationales du Grand Palais r\u00e9trospective Bill Viola\u00a05 mars &#8211; 28 juillet 2014.\u00a0<\/h3>\n\n\n\n<p>L&rsquo;exposition retient 20 cr\u00e9ations con\u00e7ues de 1977 \u00e0 2013 projet\u00e9es sur 50 \u00e9crans dans un parti-pris de projection nocturne. L&rsquo;art vid\u00e9o se pr\u00eate-t-il \u00e0 une r\u00e9trospective? la pr\u00e9sentation du Grand Palais r\u00e9pond \u00e0 la question par une immersion dans les travaux de Bill Viola, avec un parcours \u00e0 travers ses installations qui permet de saisir la permanence et l&rsquo;\u00e9volution dans ses recherches d&rsquo;une ampleur \u00e9tonnante.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition ouvre sur&nbsp;<em>Reflecting Pool<\/em>, un bassin dans la verdure et un \u00e9v\u00e9nement soudain qui rompt l&rsquo;attente, un proc\u00e9d\u00e9 que l&rsquo;on retrouve dans de nombreux travaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite on d\u00e9couvre une pi\u00e8ce de 1992,&nbsp;<em>Heaven &amp; Earth<\/em>, pla\u00e7ant deux t\u00e9l\u00e9viseurs face contre face avec un b\u00e9b\u00e9 sur l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n\n\n\n<p><em>9 Attempts to Achieve Immortality<\/em>, 1996, un autoportrait dans lequel l\u2019artiste retient son souffle avant de laisser exploser la reprise d\u2019air. Suit une grande installation de 1995&nbsp;<em>The Veilling<\/em>&nbsp;des figures projet\u00e9es sur 10 toiles dispos\u00e9es dans l\u2019espace.<\/p>\n\n\n\n<p>3 pi\u00e8ces plus petites, Surrender 2001, 4 hands 2001 et&nbsp;<a href=\"#Anchor-47857\">Catherine<\/a>\u2019s room 2001. The Quintett of the astonished \u00e0 partir de 2000, il devient moins performer engage des acteurs et se situe par rapport \u00e0 des tableaux de l\u2019histoire de l\u2019art qu\u2019il reconstitue. Cet aspect est assez peu repris dans cette r\u00e9trospective. On revient \u00e0 des pi\u00e8ces plus exp\u00e9rimentales,&nbsp;<em>The Sleep of reason,&nbsp;<\/em>1988 avec un petit \u00e9cran sur un buffet o\u00f9 l\u2019on voit dormir une personne, alors que sur les murs sont projet\u00e9es des images par saccades courtes.&nbsp;<em>Chott el Djerid<\/em>, 1979 pr\u00e9c\u00e8de<em>&nbsp;Walking on the edge<\/em>&nbsp;2012 et&nbsp;<em>the Encounter<\/em>, deux films tourn\u00e9s dans le d\u00e9sert. Une grande installation spectaculaire sur 5 \u00e9crans&nbsp;<em>Going Forth by Day<\/em>&nbsp;cr\u00e9\u00e9e en 2002 pour le Deutsche Guggenheim \u00e0 Berlin qui \u00e9voque simultan\u00e9ment une veill\u00e9e mortuaire, la marche de personnes dans une for\u00eat, un d\u00e9m\u00e9nagement, un incendie et les secouristes qui se pr\u00e9parent. La r\u00e9f\u00e9rence explicite de l\u2019installation \u00e9tant la chapelle des Scrovegni de Giotto \u00e0 Padoue. Une pi\u00e8ce dont les projections durent 35\u2019 et qui se regarde comme un film avec un r\u00e9cit qui m\u00e9lange catastrophes et \u00e9v\u00e9nements surnaturels. Un \u00e9trange syncr\u00e9tisme entre l\u2019art de la premi\u00e8re Renaissance et les films catastrophes ou certaines actualit\u00e9s, tsunami, incendies. Une Installation sonore est propos\u00e9e dans l\u2019escalier qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019\u00e9tage inf\u00e9rieur. Avant de passer \u00e0 la pr\u00e9sentation d\u2019un grand \u00e9cran vertical qui propose alternativement&nbsp;<em>Fire Woman<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em><a href=\"#Anchor-49575\">Tristan<\/a>\u2019s Ascension,&nbsp;<\/em>2005. Un diptyque&nbsp;<em>Man \/ Woman searching for Eternity<\/em>, 2013 montre un homme et une femme \u00e2g\u00e9s, explorant leur corps \u00e0 la lampe de poche. L\u2019exposition s\u2019ach\u00e8ve dans une salle pr\u00e9sentant&nbsp;<em>The Dreamers<\/em>, 7 figures appartenant \u00e0 des sexes et des \u00e2ges diff\u00e9rents film\u00e9s sous l\u2019eau qui font \u00e9cho \u00e0 la premi\u00e8re pi\u00e8ce consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eau \u00e9galement. Le parcours est tr\u00e8s r\u00e9ussi, il propose une v\u00e9ritable exp\u00e9rience, un cheminement dans l&rsquo;oeuvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Bill Viola appara\u00eet clairement comme un artiste californien. Inspir\u00e9 par les montagnes, le d\u00e9sert, la chaleur, la recherche de l\u2019eau, les incendies, le sentiment de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, diff\u00e9rentes qu\u00eates mystiques. La nature d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et la technologie de l\u2019autre, le cin\u00e9ma, les d\u00e9veloppements les plus r\u00e9cents sur l\u2019image mouvante, les appareils d\u2019enregistrement, la qualit\u00e9 des images, des couleurs. Le th\u00e9\u00e2tre, le m\u00e9lodrame, le jeu, la mise en sc\u00e8ne, sont rassembl\u00e9s pour aboutir \u00e0 une sc\u00e9nographie tr\u00e8s spectaculaire qui montre ce que l\u2019on peut faire de l\u2019image mouvante en partant d\u2019un point de vue artistique, mais clairement on est dans l&rsquo;esprit des studios de Hollywood. On pense d&rsquo;ailleurs au parcours que les visiteurs peuvent faire dans les studios de cin\u00e9ma en cheminant dans l&rsquo;exposition. On prend aussi la mesure de l&rsquo;ampleur de son travail, puisqu&rsquo;une pi\u00e8ce tr\u00e8s spectaculaire et caract\u00e9ristique comme&nbsp;<em>The Crossing<\/em>&nbsp;n&rsquo;est pas pr\u00e9sent\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Patrick Schaefer l&rsquo;art en jeu 19 mars 2014<\/h2>\n\n\n\n<p>A Tourcoing le centre http:\/\/www.lefresnoy.net\/<a href=\"http:\/\/www.lefresnoy.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">&nbsp;<\/a>pr\u00e9sente:&nbsp;<em>Thierry Kuntzel \/ Bill Viola. Deux \u00e9ternit\u00e9s proches<\/em>&nbsp;jusqu&rsquo;au 25 avril 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sc\u00e8nes inspir\u00e9es \u00e0 Bill Viola par l&rsquo;op\u00e9ra Tristan et Iseult font maintenant l&rsquo;objet d&rsquo;une exposition sp\u00e9cifique intitul\u00e9e:&nbsp;<em>Love\/Death: The Tristan Project<\/em>. Elle est propos\u00e9e jusqu&rsquo;au 2 septembre 2006 par la galerie Haunch of Venisson \u00e0 Londres.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bill Viola participe avec Peter Sellars \u00e0 une mise en sc\u00e8ne de Tristan et Iseult \u00e0 Los Angeles en d\u00e9cembre 2004 et \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra de Paris en avril-mai 2005, elle sera reprise \u00e0 Paris en novembre et d\u00e9cembre 2005, lors de la saison 2005-2006. L&rsquo;op\u00e9ra est repris \u00e0 Paris en novembre &#8211; d\u00e9cembre 2008.<\/h2>\n\n\n\n<p>Un<a id=\"Anchor-49575\"><\/a>&nbsp;grand \u00e9cran ferme la sc\u00e8ne de l&rsquo;op\u00e9ra Bastille, les chanteurs \u00e9voluent toujours \u00e0 l&rsquo;avant de l&rsquo;espace sc\u00e9nique et au cours du premier acte, il y a quelques interventions des choeurs et du roi dans la salle. Ainsi le metteur en sc\u00e8ne Peter Sellars renonce presque \u00e0 une mise en espace de l&rsquo;op\u00e9ra. Les chanteurs habill\u00e9s de noir sont g\u00e9n\u00e9ralement dans la nuit, toute l&rsquo;attention visuelle est concentr\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9cran. Peut-\u00eatre pourrait-on dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une version de concert de l&rsquo;op\u00e9ra, accompagn\u00e9e d&rsquo;images projet\u00e9es, inspir\u00e9es \u00e0 Bill Viola par l&rsquo;oeuvre de Wagner? Bill Viola a construit un sc\u00e9nario, une suite d&rsquo;images splendides et myst\u00e9rieuses qui s&rsquo;inscrivent tout \u00e0 fait dans le style de son travail des derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re s\u00e9rie d&rsquo;images montre la mer, puis appara\u00eet un diptyque, une fen\u00eatre \u00e0 deux battants d&rsquo;o\u00f9 surgissent progressivement un homme et une femme, ils s&rsquo;approchent de plus en plus, se d\u00e9shabillent compl\u00e8tement. Chacun dispose d&rsquo;un aide. Ils trempent la t\u00eate dans une vasque d&rsquo;eau, puis les serviteurs leur versent l&rsquo;eau d&rsquo;un cruche sur le corps. A la fin du premier acte les deux corps enlac\u00e9s se dissolvent dans l&rsquo;eau. Au deuxi\u00e8me acte c&rsquo;est le d\u00e9cor de la for\u00eat qui est \u00e9voqu\u00e9. Le feu surgit et l&rsquo;homme traverse le feu. Une femme allume des cierges. A la fin un couple entre dans la mer. Dans le troisi\u00e8me acte, l&rsquo;\u00e9cran est dress\u00e9 verticalement alors qu&rsquo;il \u00e9tait horizontal dans les deux premiers. Il n&rsquo;y a plus de figures. Des images de nature, des arbres, la mer, le ciel, le feu; l&rsquo;approche est plus abstraite. Seul le navire d&rsquo;Isolde \u00e9voque l&rsquo;action. On constate que le rapport de Bill Viola \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra est comparable \u00e0 son rapport \u00e0 la peinture, tel qu&rsquo;il apparaissait dans son exposition \u00e0 la National Gallery de Londres \u00e9voqu\u00e9e plus bas dans cette page. Certes les images de ce vid\u00e9aste ont une puissance wagn\u00e9rienne!, elles fonctionnent bien sur l&rsquo;\u00e9cran gigantesque affich\u00e9 sur la sc\u00e8ne de l&rsquo;op\u00e9ra. Peut-\u00eatre cette recherche ouvre-t-elle de nouvelles perspectives \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra et vont-ils lui permettre de trouver un public diff\u00e9rent, car elles facilitent certainement la r\u00e9ception de la musique pour un public peu habitu\u00e9 \u00e0 Wagner. L&rsquo;avantage sur un d\u00e9cor traditionnel \u00e9tant les changements de situations plus fr\u00e9quents. Bien que Bill Viola travaille en extr\u00eame lenteur, il y a une dizaine de s\u00e9quences diff\u00e9rentes dans le premier acte, ce qui offre une vari\u00e9t\u00e9 beaucoup plus grande qu&rsquo;un d\u00e9cor traditionnel et les images cr\u00e9\u00e9es prennent ici toute leur ampleur on peut les appr\u00e9cier plus sereinement que dans une exposition.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la r\u00e9alisation propos\u00e9e ici, il faut pourtant relever qu&rsquo;on ne comprend pas bien la relation entre la mise en sc\u00e8ne et les images projet\u00e9es, au contraire de la relation entre la musique et les images qui est \u00e9vidente. Le probl\u00e8me est \u00e9videmment crucial, parce que l&rsquo;on se demande alors si l&rsquo;on est vraiment \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra ou au cin\u00e9ma et Wagner n&rsquo;a pas \u00e9crit une musique de film! Ainsi aux moments de paroxysme, l&rsquo;\u00e9cran devient noir pour concentrer l&rsquo;attention sur les chanteurs, mais il ne se passe rien sur la sc\u00e8ne. A certains moments les acteurs film\u00e9s se substituent aux chanteurs par exemple pour \u00e9voquer l&rsquo;amour qui est trait\u00e9 de fa\u00e7on tr\u00e8s pudique par des corps sous l&rsquo;eau qui sont aspir\u00e9s dans un tourbillon et se dissolvent, \u00e0 d&rsquo;autres moments les acteurs film\u00e9s et les chanteurs agissent simultan\u00e9ment dans des actions diff\u00e9rentes. L&rsquo;articulation entre les deux espaces fonctionne difficilement, elle est peu compr\u00e9hensible. On peut ainsi formuler un certain nombre de critiques, mais l&rsquo;exp\u00e9rience est vraiment int\u00e9ressante, elle ouvre certainement des perspectives.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers un article sur une mise en sc\u00e8ne diam\u00e9tralement oppos\u00e9e de cet op\u00e9ra&nbsp;<a href=\"exposcollectives\/Contes.offenbach.html\">par Olivier Py<\/a>.<ins><\/ins><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/googleads.g.doubleclick.net\/pagead\/ads?client=ca-pub-9370021901949819&#038;output=html&#038;h=250&#038;adk=2802929162&#038;adf=4238474107&#038;w=250&#038;lmt=1514404839&#038;ad_type=text_image&#038;format=250x250_as&#038;url=http%3A%2F%2Fwww.art-en-jeu.ch%2Fexpositions%2Fbillviola.html&#038;wgl=1&#038;dt=1720891984597&#038;bpp=104&#038;bdt=145&#038;idt=158&#038;shv=r20240709&#038;mjsv=m202407110101&#038;ptt=5&#038;saldr=sd&#038;abxe=1&#038;cookie_enabled=1&#038;eoidce=1&#038;prev_fmts=0x0&#038;nras=1&#038;correlator=2446896049476&#038;frm=20&#038;pv=1&#038;ga_vid=1506817849.1720891985&#038;ga_sid=1720891985&#038;ga_hid=965952880&#038;ga_fc=0&#038;u_tz=120&#038;u_his=2&#038;u_h=800&#038;u_w=1280&#038;u_ah=715&#038;u_aw=1280&#038;u_cd=24&#038;u_sd=2&#038;adx=96&#038;ady=2138&#038;biw=1280&#038;bih=504&#038;scr_x=0&#038;scr_y=123&#038;eid=44759876%2C44759927%2C44759842%2C95334510%2C95334528%2C95334578%2C95334828%2C95337027%2C95337072%2C31085242&#038;oid=2&#038;pvsid=2188648997147546&#038;tmod=573002362&#038;uas=0&#038;nvt=1&#038;ref=http%3A%2F%2Fwww.art-en-jeu.ch%2Fhome_wp%2Fwp-admin%2Fpost.php%3Fpost%3D271%26action%3Dedit&#038;fc=896&#038;brdim=0%2C83%2C0%2C83%2C1280%2C25%2C1280%2C607%2C1280%2C504&#038;vis=1&#038;rsz=d%7C%7CeEbr%7Cn&#038;abl=XS&#038;pfx=0&#038;fu=0&#038;bc=23&#038;bz=1&#038;ifi=1&#038;uci=a!1&#038;btvi=1&#038;fsb=1&#038;dtd=2899\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bill Viola The Passions<\/h2>\n\n\n\n<p>National Gallery, Londres, jusqu&rsquo;au 4 janvier 2004<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition itin\u00e9rante&nbsp;<em>Bill Viola, the Passions&nbsp;<\/em>est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la National Gallery de Londres dans les salles habituellement destin\u00e9es aux expositions temporaires de cette institution. Il s\u2019agit de 7 espaces bien distincts de dimensions variables avec une salle centrale qui est li\u00e9e aux autres. Dans la premi\u00e8re pi\u00e8ce on d\u00e9couvre des peintures anciennes, d\u00e9finies comme sources d\u2019inspiration et un \u00e9cran vid\u00e9o qui montre un visage en mouvement tr\u00e8s lent, intitul\u00e9e&nbsp;<em>Man of Sorrows<\/em>, 2001. Dans la vid\u00e9o qui accompagne l\u2019exposition et dont on peut d\u00e9couvrir un extrait sur le site de la National Gallery, Bill Viola souligne deux \u00e9l\u00e9ments qui me paraissent importants. Premi\u00e8rement s\u2019il s\u2019inspire de peintures anciennes, ce qui l\u2019int\u00e9resse n\u2019est pas de reconstituer exactement la mise en sc\u00e8ne du peintre, mais d\u2019explorer les sentiments qui sont \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u0153uvre et qui sont exprim\u00e9s dans celle-ci. La deuxi\u00e8me chose est que, selon lui, la tradition chr\u00e9tienne occidentale n\u2019est pas seule propri\u00e9taire de l\u2019expression d\u2019\u00e9v\u00e9nements dramatiques comme la Crucifixion et la R\u00e9surrection. Il y a un fond commun plus large. Et l\u2019on comprend bien que sa propre r\u00e9f\u00e9rence spirituelle est tourn\u00e9e vers le boudhisme plus que vers le christianisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Salle 2&nbsp;<em>Observance<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 dans un format vertical, pr\u00e9sente un rituel de deuil accompli par une s\u00e9rie de figures qui passent de l&rsquo;arri\u00e8re-plan au premier plan de l&rsquo;\u00e9cran. Viola donne&nbsp;<em>Les Ap\u00f4tres<\/em>&nbsp;de D\u00fcrer comme source de cette composition. Loin de se limiter au format standard d&rsquo;un t\u00e9l\u00e9viseur, Il a \u00e9labor\u00e9 des \u00e9crans aux formats tr\u00e8s divers tant\u00f4t verticaux comme ici, tant\u00f4t horizontaux comme dans&nbsp;<em>The Quintet of the Astonished<\/em>&nbsp;pr\u00e9sent\u00e9 dans la salle 3. Il propose aussi des diptyques, polyptyques pour mettre en sc\u00e8ne les \u00e9motions qu&rsquo;il explore. Dans la salle 4, on s&rsquo;\u00e9loigne des sources directes de la peinture et l&rsquo;on trouve deux travaux vid\u00e9os caract\u00e9ristiques de l&rsquo;univers de Viola avec&nbsp;<em>Surrender<\/em>, qui montre les reflets superpos\u00e9s d\u2019un homme et d\u2019une femme, dont les figures se dissolvent l&rsquo;une dans l&rsquo;autre, dans une gamme color\u00e9e d&rsquo;un rouge et d&rsquo;un bleu intense. Salle 5&nbsp;<em>The Crossing<\/em>&nbsp;est une grande installation vid\u00e9o qui pr\u00e9sente d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;artiste attaqu\u00e9 par les flammes, alors que de l&rsquo;autre il est submerg\u00e9 par de l&rsquo;eau. C&rsquo;est la seule installation dans cette exposition qui comprend un \u00e9l\u00e9ment sonore. Cet aspect est beaucoup moins violent que dans d&rsquo;autres pr\u00e9sentations (je l&rsquo;avais vue dans une salle gigantesque du Palais des Papes \u00e0 Avignon en 2000 o\u00f9 le bruit de l&rsquo;eau qui tombe atteignait une force \u00e9norme). Il y a une association int\u00e9ressante avec la salle 6 o\u00f9 l&rsquo;artiste pr\u00e9sente sous le titre&nbsp;<em>Emergence<\/em>, une figure qui sort d&rsquo;un sarcophage et qui en fait sort de l&rsquo;eau. La mise en sc\u00e8ne est inspir\u00e9e par une peinture de Masolino. Dans la derni\u00e8re salle Bill Viola pr\u00e9sente des travaux de petite dimension en particulier le polyptique&nbsp;<em>Catherine\u2019s Room<\/em>.<a id=\"Anchor-47857\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La principale caract\u00e9ristique de cette exposition et du travail qu\u2019elle propose est l\u2019int\u00e9gration de la vid\u00e9o au mus\u00e9e traditionnel. C\u2019est un projet d\u00e9routant qui peut susciter le rejet, pourtant en fait il me semble qu\u2019il est tr\u00e8s bien ma\u00eetris\u00e9 et tr\u00e8s int\u00e9ressant, car s\u2019il \u00e9vite les ruptures choquantes, s&rsquo;il respecte le lieu, il montre bien la sp\u00e9cificit\u00e9, l\u2019identit\u00e9 irr\u00e9ductible de chaque mode d\u2019expression. Et c\u2019est certainement une mani\u00e8re de stimuler un nouveau regard sur la peinture ancienne. La relation entre les diff\u00e9rentes salles, les points communs l\u2019eau et le feu, en plus de la douleur sont \u00e9tudi\u00e9s avec subtilit\u00e9. Les silhouettes des visiteurs qui se d\u00e9tachent dans la nuit; la tension et l\u2019\u00e9motion du public compact dans ces salles assez petites deviennent \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments de la manifestation. La diff\u00e9rence soulign\u00e9e est li\u00e9e au rapport au temps puisque le peintre exprime un seul instant qui est aussi la synth\u00e8se de nombreux autres moments, alors que dans les films en jouant avec le travail des acteurs et les possibilit\u00e9s de l&rsquo;enregistrement film\u00e9, Bill Viola joue sur la d\u00e9composition du temps qui est aussi celle des \u00e9motions. (Bien s\u00fbr m\u00eame si le reproche de kitsch ne para\u00eet pas pertinent puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un crit\u00e8re d&rsquo;\u00e9valuation li\u00e9 au modernisme et que tous les travaux actuels assument une part de narrativit\u00e9, on sent surtout en d\u00e9crivant les pi\u00e8ces qu&rsquo;il y a une g\u00eane, mais elle est moins sensible lorsqu&rsquo;on les voit).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019installation pr\u00e9sent\u00e9e dans une galerie priv\u00e9e, Haunch of Venison, et qui apporte un compl\u00e9ment important \u00e0 l\u2019exposition me semble montrer que Bill Viola n\u2019a pas renonc\u00e9 aux modes d\u2019expression de l\u2019art contemporain. Ici en effet sont expos\u00e9s des objets et des calligraphies bouddhistes anciens, alors qu\u2019au dernier \u00e9tage de la galerie, on d\u00e9couvre une installation vid\u00e9o en noir et blanc de 1995,&nbsp;<em>Hall of Whispers<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Bill Viola, chez Anthony d&rsquo;Offay \u00e0 Londres<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Peintures vivantes<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec&nbsp;<em>Chott el Djerid<\/em>, (A Portrait in Light and Heat), 1979, qui montre le mouvement fluide de la chaleur et le bruit du vent dans le d\u00e9sert, Bill Viola (1951) affirme une d\u00e9marche \u00e0 l\u2019\u00e9coute du monde qui exalte la beaut\u00e9 des images et le myst\u00e8re de leur apparition. Ses vid\u00e9os et ses installations lui ont permis de d\u00e9finir quelques pr\u00e9occupations essentielles, la naissance et la mort, la jeunesse et le grand \u00e2ge (<em>Nantes Triptych<\/em>, 1992 par exemple). L\u2019eau, la vapeur, les mirages de chaleur comme site d\u2019apparition et de disparition, comme \u00e9l\u00e9ments essentiels dans la perception instable du monde l\u2019ont \u00e9galement frapp\u00e9. Il les consid\u00e8re comme lieu de formation d\u2019images jamais vues. Viola a d\u2019autre part explor\u00e9 les possibilit\u00e9s de l\u2019installation avec toutes ses implications dans l\u2019occupation d\u2019un espace. Il l\u2019a montr\u00e9 dans&nbsp;<em>Stations<\/em>&nbsp;pr\u00e9sent\u00e9 en 1994 \u00e0 l\u2019American Center de Paris. On a encore pu d\u00e9couvrir un exemple spectaculaire de cette capacit\u00e9 \u00e0 tenir, \u00e0 investir par l\u2019image et le son, un espace gigantesque lors de l\u2019exposition&nbsp;<em>La Beaut\u00e9<\/em>&nbsp;dans la grande chapelle du Palais des Papes \u00e0 Avignon en \u00e9t\u00e9 2000 avec&nbsp;<em>The Crossing<\/em>, 1996.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9l\u00e9br\u00e9 comme artiste vid\u00e9o, Bill Viola n\u2019a jamais cach\u00e9 son int\u00e9r\u00eat pour la peinture, pour l\u2019histoire de la peinture occidentale en particulier. En 1995 d\u00e9j\u00e0, il a pr\u00e9sent\u00e9 une installation vid\u00e9o sur grand \u00e9cran dans le pavillon am\u00e9ricain \u00e0 Venise,&nbsp;<em>The Greeting<\/em>, 1995 inspir\u00e9e par une toile de Pontormo; recr\u00e9ant une peinture vivante. C\u2019est le dernier stade de cette \u00e9volution qui est propos\u00e9 \u00e0 la galerie Anthony d\u2019Offay jusqu&rsquo;au 21 juillet 2001. Utilisant les possibilit\u00e9s de l\u2019\u00e9cran LCD qui se rapproche de plus en plus d\u2019un tableau, Bill Viola r\u00e9alise des diptyques, des polyptiques \u00e9voquant la peinture. Une peinture vivante o\u00f9 \u00e9voluent des figures film\u00e9es en extr\u00eame lenteur. Obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019accomplissement technique, il r\u00e9alise des images absolument parfaites qui ont un impact aussi virulent qu\u2019un arrangement d\u2019Ikebana. Ainsi&nbsp;<em>Catherine\u2019s Room<\/em>, 2001, 5 \u00e9crans sur lesquels on d\u00e9couvre une femme dans une pi\u00e8ce avec un bouquet de fleurs. Une organisation tr\u00e8s sobre de l\u2019espace, l\u2019accentuation des zones d\u2019ombre et de lumi\u00e8re, exercent une fascination comparable \u00e0 celle d\u2019un int\u00e9rieur peint dans une sc\u00e8ne de genre hollandaise.&nbsp;<em>Mater<\/em>, 2001, un diptyque qui oppose les visages de deux femmes d\u2019\u00e2ge diff\u00e9rent \u00e9tudie les variations d\u2019expression, les mouvements des traits du visage. On peut s\u2019\u00e9tonner du renoncement apparent \u00e0 l\u2019installation monumentale. Bien que l\u2019installation se simplifie, ces \u00e9crans offrent des images fortes dont l\u2019impact demeure impressionnant.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait cette \u00e9volution s\u2019inscrit de fa\u00e7on coh\u00e9rente dans une conception de la vid\u00e9o par laquelle il \u00e9labore une image manipul\u00e9e par ordinateur, un peu comme le peintre manipule l\u2019image \u00e0 travers les possibilit\u00e9s de l\u2019expression picturale. Concevant la vid\u00e9o comme une s\u00e9dimentation, un d\u00e9p\u00f4t de m\u00e9moire, Viola propose une r\u00e9habilitation de l&rsquo;image en d\u00e9veloppant une iconographie personnelle fond\u00e9e sur la tradition. Le caract\u00e8re transcendant de sa recherche est rassurant. Il rassemble, construit pour toucher l&rsquo;oeil, l&rsquo;oreille, le toucher, la perception de l&rsquo;espace. Il recherche une catharsis plut\u00f4t qu\u2019une critique ou une distanciaion. Tout notre syst\u00e8me de captation est en alerte. La vid\u00e9o lui permet avant tout de faire entrer le temps et son \u00e9volution dans les arts plastiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019art en jeu Patrick Schaefer 5 juillet 2001<\/h2>\n\n\n\n<p>Bill Viola participe avec Peter Sellars \u00e0 une mise en sc\u00e8ne de&nbsp;<a href=\"billviola.html\">Tristan<\/a>&nbsp;et Iseult \u00e0 Los Angeles en d\u00e9cembre 2004 et \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra de Paris en avril 2005.<\/p>\n\n\n\n<p>Le site de Bill Viola informe sur toutes les expositions dans lesquelles ses oeuvres apparaissent.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.billviola.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">http:\/\/www.billviola.com\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Une exposition Bill Viola est annonc\u00e9e au J. Paul Getty Museum du 24 janvier au 27 avril 2003:&nbsp;<em>Bill Viola The Passions<\/em>. Elle ira ensuite \u00e0 la National Gallery \u00e0 Londres et \u00e0 Munich.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;exposition&nbsp;<em><a href=\"billviola.html\">Bill Viola The Passions<\/a>&nbsp;<\/em>a ouvert ses portes \u00e0 la National Gallery de Londres. Le site de cette institution propose une excellente vid\u00e9o de 5 minutes, qui se charge rapidement, dans laquelle l&rsquo;artiste pr\u00e9sente son travail.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Patrick Schaefer, L&rsquo;art en jeu, 2002<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td>Patrick Schaefer, L&rsquo;art en jeu, 9 novembre 2003<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mus\u00e9e des beaux-arts de Berne pr\u00e9sente des vid\u00e9os de Bill Viola dans la coll\u00e9giale de Berne et dans les salles du mus\u00e9e du 12 avril au 20 juillet 2014 Galeries nationales du Grand Palais r\u00e9trospective Bill Viola\u00a05 mars &#8211; 28 juillet 2014.\u00a0 L&rsquo;exposition retient 20 cr\u00e9ations con\u00e7ues de 1977 \u00e0 2013 projet\u00e9es sur 50 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[31,19,35,22,1,8,63,34,68,36],"tags":[],"class_list":["post-5181","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cinema","category-expositions","category-installations","category-musees","category-non-classe","category-peinture","category-photographie","category-sculpture","category-theatre","category-video"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p5k6Rq-1lz","jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5181","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5181"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5181\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5182,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5181\/revisions\/5182"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5181"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5181"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.art-en-jeu.ch\/home_wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5181"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}