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liste par artistes

Cette page propose des articles consacrés à Subodh Gupta, Katerina Seda et Andrea Zittel

Subodh Gupta. Spirit Eaters. Musée des beaux-arts de Thoune jusqu'au 28 avril 2013

Les assemblages de Subodh Gupta (né en 1964) sont familiers des visiteurs  d’expositions intenationales. Gupta a fait des ustensiles de cuisine en fer blanc, caractéristiques des ménages indiens et qui ont frappé tout voyageur qui s’est rendu dans ce pays, la base emblématique de son travail. En quelques années, il est parvenu à transformer un objet industriel pauvre, omniprésent, en œuvre d’art immédiatement associée à son nom.

Subodh Gupta traite des questions de nourriture. Il les met en évidence dans une problématique qui est simultanément identitaire et globalisée.  Il fait plusieurs fois allusion à l’état dont il est originaire le Bihar qui possède une longue frontière avec le Népal. De ce point de vue, deux pièces sont particulièrement caractéristiques dans l’exposition. Un film qui donne aussi un titre à cette dernière : Spirit Eaters. Il évoque une tradition funéraire du Bihar qui veut que l’on engage des hommes pour manger le plus possible lors de la mort d’un proche pour satisfaire l’âme du disparu. Gupta a engagé de ces hommes pour faire un film sur leur activité dans une forme de happening à l’Art Fair de Delhi en 2012. Dans une autre salle, on trouve un tapis roulant à sushis, mais sur ce dernier, il a placé des pyramides d’ustensiles indiens associant deux cultures culinaires exotiques que l’on rencontre aujourd’hui dans le monde entier (Faith Matters 2007-2008). La plupart des pièces exposées sont assez récentes et dans plusieurs travaux, il évoque des situations du quotidien: une table sur laquelle de la pâte à pain est en cours de malaxage  (Atta, 2010) ou une machine à coudre avec des mangues (Season, 2013), il s’agit de reproductions en bronze peint, parfaitement illusionniste; une traduction artistique de situations très quotidiennes. (Il me revient à l’esprit que l’artiste suisse, très globalisé, Ugo Rondinone a réalisé des travaux assez proches avec de pommes, poires, pommes de terre ou une miche de pain en bronze peint qui créent une évocation hyperréaliste). Pour revenir à Gupta, il faut reconnaître que ses assemblages exercent toujours une certaine fascination par leur ampleur et un certain pouvoir d’évocation, mais d’un autre coté ils ont quelque chose d’attendu. S’il fallait le mettre en relation avec un précédent artistique, c’est le nom de Yannis Kounellis auquel je pense, peut-être parce qu’à Thoune, il y a une pièce avec des sacs de jute, mais de manière plus générale le mode opératoire me semble assez comparable. Kounellis évoque des matières, le métal, la fonte, le verre, des tissus, le coton, la jute, des produits, le café, le sel, le charbon par exemple pour leur donner le statut d’œuvre d’art un peu comme Gupta.

Patrick Schaefer, l'art en jeu 4 avril 2013

Katerina Seda. Talk to the Sky Cause The Ground ain't listening

Le Musée des beaux-arts de Lucerne propose une large présentation de l'artiste tchèque Katerina Seda jusqu'au 17 juin. Les travaux de Katerina Seda (1977) s'inscrivent dans un processus complexe de collaboration et d'engagement avec les habitants de petites communautés tchèques ou d'ailleurs. Le résultat est une suite d'installations originales qui mettent en évidence des tissus d'usage courants, nappes, foulards, chemises, décorés de motifs spécifiques, brodés ou imprimés. Par ailleurs le processus est attesté par des vidéos, des photographies ou des inscriptions. Katerina Seda a participé à la Documenta 2007, à la Biennale de Berlin 2008 et à la Biennale de Lyon 2009, elle a été exposée à Chicago, Tokyo, Londres, au cours des dernières années. Elle développe des projets impliquant la participation de groupes d'habitants.

Un village tchèque a été traumatisé par l'implantation d'une usine automobile coréenne qui forme un bloc compact au centre de la communauté. Elle a invité les habitants à redessiner leur village, puis des femmes ont cousu ces dessins sur des nappes rondes, trouées en leur centre, placées sur différentes tables; c'est la première installation de l'exposition qui donne une forte sensation esthétique, aux échos d'art populaire, bien que ce ne soit pas l'objectif de cette action, qui veut aider les habitants à retrouver un centre. L'ensemble des salles de l'exposition, propose des projets de différentes périodes, évoque pourtant chaque fois un espace de l'usine d'automobiles: administration, assemblage, peinture, fabrication des sièges! Dans la salle intitulée Wash on trouve une installation For Every Dog a Different Master, 2007 qui est une action conduite autour de chemises imprimées réalisées à Brno et présentée à la Documenta de 2007.

Dommage qu'elle n'ait rien réalisé à Lucerne ou dans les environs!

Patrick Schaefer, l'art en jeu 23 avril 2012

Andrea Zittel a reçu le prix autrichien de la Fondation Frederick Kiesler où elle expose jusqu'au 12 janvier 2012.

Andrea Zittel Schaulager Bâle

La grande présentation estivale du Schaulager jusqu'au 21 septembre 2008 est consacrée à deux artistes: la première Andrea Zittel (1965) vient de Californie. Tapis, meubles, cellules d'habitation, agenda retraçant le rythme des jours qui passent, tout est lié au quotidien, aux attentes des usagers chez cette créatrice. Elle met en scène les limites entre l'art appliqué et le grand art ou l'architecture en affirmant la nécessité de survivre dans des conditions les plus agréables possible. Cette vaste présentation comprend une centaine d'objets et d'installations et 120 gouaches.

Les deux premières salles sont consacrées à des projets de tapis et à des pièces réalisées. On découvre des habits, uniformes personnels! Plus loin elle présente ses véhicules pour s'enfuir sortes de cabines de téléphérique aménagées au goût du propriétaire. Les compartiments cellulaires sont assez inquiétants, modules d'habitations adaptés à un espace disponible de plus en plus restreint. Le contrôle ou l'organisation du temps au quotidien est un autre aspect qui n'échappe pas à la perspicacité d'Andrea Zittel. Les gouaches de grande dimension sont séduisantes, réalisées dans des couleurs chaudes, elles évoquent parfois l'art de l'affiche des années 1920-1930.

Andrea Zittel dispose d'un site http://www.zittel.org/ qui décrit l'ampleur d'une démarche visant à rechercher des "design for living".

D'autre part le Moca lui a consacré en 2007 une première rétrospective, assez proche semble-t-il, de celle visible à Bâle.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 30 avril 2008

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