A voir au plus vite

Ici trouvez coups de coeur et notules! pour s’informer et suivre l’actualité artistique.

1er avril 2020

Je me rappelle soudain que le Décaméron de Boccace serait une lecture de circonstance en cette période de pandémie! il commence par une terrible description de la peste à Florence en 1348. On le trouve en ligne dans une traduction de 1879.

https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Décaméron/Texte_entier

30 mars 2020

Renouvellement des expériences ? Temps d’arrêt!

Nous sommes constamment sollicités par de nouvelles propositions, expositions, concerts, spectacles, films par exemple, expériences qui vont de pair avec une sortie, une balade, des rencontres.

Or voici que les sorties ne sont plus possibles.

Mais l’énumération des événements ci-dessus laisse bien percevoir que la sortie physique n’est pas indispensable. Il y a des spécialistes en histoire de l’art qui visitent très peu d’expositions et préfèrent consulter les catalogues. Aujourd’hui, on peut suivre des films bien sûr, mais aussi des concerts, opéras, spectacles en ligne, d’autant plus qu’en ce moment les institutions contraintes à fermer offrent beaucoup d’événements récents par internet.

Il faut bien reconnaître que ce n’est qu’une petite consolation et que l’expérience physique, la présence sont importantes.

Ceci dit, du moins personnellement, je ne peux pas me contenter de courir d’un événement à l’autre sans chercher à en garder une trace, à prendre des notes.

Il s’agit d’évoluer du statut de passant, à celui qui rencontre ou qui rend compte, ou encore qui se rend compte, qui réalise. Rédiger une chronique des expositions d’art, ou encore garder une trace écrite, ne serait-ce que le titre et la date, des films vus, des pièces de théâtre, des opéras, des concerts, des livres lus, des balades, des voyages, de l’évolution du temps, du passage des saisons, des activités du jardin.

Il existe une contradiction ou du moins une certaine tension entre l’expérience sans cesse renouvelée et le désir de conserver, d’arrêter le temps qui passe par le souvenir.

Rendre compte, inventorier, afin de conserver un souvenir, mais je réalise qu’il y a aussi quelque chose de comptable dans cette démarche. Un artisan, un entrepreneur par exemple doit tenir le journal des heures employées à telle tâche, s’il veut facturer son travail.

Les chroniques ont quelque chose d’un journal comptable en somme, elles dressent un bilan et se nourrissent du renouvellement des expériences, des rencontres, la mémoire, la capacité d’évoquer des souvenirs précis est une forme de capital. Nos téléphones, nos montres connectées se chargent de comptabiliser tout mouvement, tout effort physique et nous fournissent des statistiques hebdomadaires, mensuelles, annuelles! Ils tiennent la chronique de nos activités physiques!

24 mars 2020

Comme j’habite assez loin de la route à une altitude de 850m., j’ai l’habitude de faire des provisions en automne, au cas où la neige rendrait l’accès difficile. Bien qu’il n’y ait plus beaucoup de neige, je continue à être bien fourni en pâtes, riz, couscous, farine, lentilles, pois chiches et sucre. Par conséquent la pandémie et ses incitations au confinement ne me prennent pas au dépourvu. Et pourtant comme il y a plus d’une semaine que je n’ai pas été dans un magasin, je commence à manquer de produits frais, le fameux scorbut des navigateurs me guette!

Ma bibliothèque contient un livre de Marc Veyrat et François Couplan, Herbier gourmand, paru en 1997, je ne l’ai guère utilisé, car avant la pandémie, on craignait plutôt les tiques ou les déjections des renards qui se baladent heureux par ici.

Hier j’ai parcouru mon champ pour récolter des dents de lion et quelques feuilles d’oseille, par crainte des dangers mentionnés ci-dessus, j’ai préféré bouillir ces feuilles quelques minutes, arrosées d’huile d’olive et d’un peu de citron, c’est un vrai délice. Aujourd’hui, enhardi, plus aventureux, je pars récolter le plantain que Veyrat décrit comme un excellent légume, je vais à nouveau compléter avec un peu de dent de lion et d’oseille. J’ai déjà repéré le serpolet qui sort et les pousses de marguerites sont parait-il délicieuses, je me réjouis d’y goûter. J’espère que je ne vais pas encombrer les urgences avec un empoisonnement qui n’aurait rien à voir avec le virus qui nous entoure !

Le 21 mars 2020, plus de sorties, plus d’expositions, il n’y a plus qu’une seule règle rester chez soi!

Pourquoi ne pas partager quelques pages de journal, on verra ce que j’en fais lorsque l’on reviendra au rythme normal de la vie!

Parmi les activités d’intérieur auxquelles je m’attelle de temps en temps, trier, élaguer les livres est un processus en cours depuis des années.

J’ai mis les romans en français et en anglais dans des cartons, j’en ai jeté depuis longtemps. J’en garde aussi, car je constate que je ne sais plus quel livre j’ai emprunté en bibliothèque, alors que ceux que j’ai chez moi me rappellent des souvenirs qui remontent à l’école, à l’université, ou plus récents. En réalité beaucoup de livres m’ont enthousiasmé et bien que je n’aie pas forcément le souvenir précis de leur contenu, les prendre en mains ou lire la liste des auteurs, (heureusement j’ai tapé une liste au début de cet élagage, je peux donc retrouver également ceux que j’ai éliminés), que j’ai lus me donne une sensation agréable. Il y a Stéphane Zweig, Thomas Mann, Doris Lessing et avant Gautier, les Goncourt, Balzac, Melville. Il y a aussi ceux dont je sais qu’ils sont de qualité et que j’ai aimés, mais je redoute de me replonger dans leur univers trop prenant, par exemple Dostoievski, Faulkner, Patrick White.

Il y a encore le problème de la différence entre la grande littérature que l’on lit lentement et de plus en plus difficilement avec l’âge, ou la littérature facile à lire, comme les romans policiers. Je pourrais toujours me plonger dans des romans policiers et les lire sans arrêt comme lorsque j’avais 12- 13 ans et que je lisais Dumas sans interruption, par exemple. Mais je n’aime plus vraiment cette sensation de fièvre ! bien que parfois prendre un rom. pol. relance le processus de la lecture auquel on ne pense plus vraiment, absorbé pas tant de distractions.

Ces derniers mois je me suis enthousiasmé pour Milan Kundera et j’ai lu une bonne partie de ses livres. Souvent lorsqu’un écrivain me plait particulièrement, je me dis comment peut-on ne pas le connaître, avoir tout lu, pourquoi ne pas lire un seul auteur finalement !!

Genève 2 mars 2020

Mamco: Olivier Mosset jusqu’au 21 juin

Le Mamco consacre une rétrospective à Olivier Mosset sur trois étages. Dans ses expositions l’artiste aime toujours céder la place à d’autres créateurs plus jeunes, mais ici il joue le jeu de l’approche historique et présente parallèlement à ses créations les différents contextes dans lesquelles elles se sont développées….

Zurich 25 février 2020

Zurich Kunsthalle et espace Luma :  Gilbert & George The Great Exhibition jusqu’au 10 mai.

Après Arles, Stockholm et Oslo, Zurich accueille une vaste rétrospective des activistes britanniques Gilbert  (1943) & George (1942). Ils se sont imposés en 50 ans d’activité avec plus de 100 expositions muséales. Ils se présentent comme les défenseurs des libertés individuelles, en particulier sexuelles et des opposants à toute forme de religion. Leurs travaux apparaissent comme des journaux muraux, abordant chaque fois un sujet de société différent, réalisé selon le même schéma dans un flot ininterrompu d’images manifestes. A côté de ce discours provoquant, ils affichent un grand conservatisme dans leur apparence et leur discours, mais font preuve de générosité dans la diffusion de leurs images et de leur présence.

Berne 18 février 2020

Berne musée des beaux-arts : Tout se disloque. l’art suisse de Böcklin à Vallotton jusqu’au 20 septembre 2020.

En partant d’une composition monumentale et assez énigmatique de Ferdinand Hodler qui raconte l’ascension puis la chute d’une cordée  d’alpinistes, le musée des beaux-arts de Berne propose un accrochage thématique d’œuvres tirées de ses collections qui datent de la seconde moitié du XIX e siècle jusqu’au début du XXe siècle. Si l’on retrouve des artistes connus Böcklin, Hodler, Vallotton, Klee ou Wölffli, certains le sont beaucoup moins, en particulier plusieurs femmes peintres. Louise Breslau Clara von Rappard (1857 – 1912) ou Annie Stebler-Hopf (1861 – 1918).

A signaler également la présentation des travaux de Teruko Yokoi (1924) réalisés de 1954 aux années 1960 jusqu’au 10 mai. D’origine japonaise, elle vit à Berne depuis 1962.

Lausanne 17 février 2020

Espace Arlaud Pietro Sarto Chemins de crêtes 1949 – 2019 jusqu’au 26 avril

Sur deux étages de l’espace Arlaud Pietro Sarto présente une sélection de toiles issues de diverses périodes de son activité. Au rez des natures mortes et à l’étage de grands paysages mouvementé de la région lémanique. Il a également retenu quelques gravures.

Pully 8 février 2020

Musée d’art de Pully: Paris en fête jusqu’au 10 mai. Des affiches de Toulouse Lautrec, Steinlen, de nombreuses oeuvres de Raoul Dufy et l’évocation des activités éditoriales de pierre Cailler sont le coeur de cette exposition.

Lausanne 24 janvier 2020

Fondation de l’Hermitage: Le Canada et l’impressionnisme jusqu’au 24 mai.

Après Munich et avant Montpellier, le public lausannois a l’occasion de prendre connaissance d’un pan méconnu en Europe de l’art canadien de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, plus de 100 toiles et 35 artistes qui appartiennent à deux générations, dont les noms sont sans doute inconnus à la plupart, mais qui méritent d’être découverts. En fait l’exposition montre comment après avoir assimilé les innovations qui les ont frappés lors de leurs séjours en France, ces peintres vont développer plusieurs écoles propres au Canada qui est alors un pays tout jeune.

Zurich 23 janvier 2020

Kunsthaus

Le grand espace consacré aux expositions temporaires au Kunsthaus de Zurich est entièrement confié à Olafur Eliasson qui présente quatre installations spectaculaires et fascinantes sur le thème de la symbiose: Symbiotic seeing jusqu’au  22 mars. Ces installations sont basée sur des jeux optiques et visuels assez simples qui relève de la physique, de l’analyse de la lumière, diffraction, réflection notamment. Le résultat est étonnant et renvoie aux préoccupations qui ont habité les artistes depuis la Renaissance jusqu’à l’impressionnisme et au-delà. Il n’y a aucune photographie ou vidéo, tous les phénomènes sont réels, provoqués par des projections de lumière et de petits moteurs. Le fond musical est donné par une main de robot qui joue du violoncelle. En mettant en évidence la notion de symbiose, la relation entre les êtres vivants, Eliasson développe un discours spécifique sur les questions environnementales actuelles.

Museum Rietberg: Fiction Kongo jusqu’au 15 mars.

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