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Du 7 octobre 2006 au 7 janvier 2007, le musée cantonal des beaux-arts de Lausanne consacre une vaste rétrospective à Charles Gleyre (1806 - 1874) marquant ainsi le bicentenaire de la naissance de l'artiste. L'exposition rend justice au peintre, mais aussi au dessinateur exceptionnel que fut Gleyre, toujours habité par le souci de trouver des inventions iconographiques.
280 oeuvres sont réunies, elles proviennent des collections du musée qui possède près de la moitié de l'oeuvre répertorié, mais aussi de nombreux prêts extérieurs. Organisée chronologiquement et par thèmes, la présentation donne une place centrale au voyage en Orient qui marque le début de la carrière de Gleyre. Aquarelles et dessins sont réunis dans la salle 2. Certaines sont montrées pour la première fois, car elles viennent de Boston où elles ne furent jamais exposées. Les héritiers de John Lowell qui engagea Gleyre pour l'accompagner lors son voyage autour de la Méditerranée ont conservé 150 feuilles. Gleyre réalisa des copies autographes qui font partie des collections du musée. Plus loin, on découvre comment Gleyre utilisa ses esquisses dans des tableaux orientalistes. La salle suivante présente quatre toiles majeures, entourées de dessins préparatoires: La danse des Bacchantes,1849, Hercule et Omphale, 1862, Pentée poursuivi par les Ménades, 1865 et Minerve et les trois Grâces, 1866. Après les peintures religieuses, l'on découvre les deux oeuvres vaudoises Les Romains passant sous le joug et Le Major Davel, malheureusement détruit. Une salle est consacrée à Gleyre portraitiste, une autre aux peintures de nus féminins, puis viennent encore les oeuvres importantes de la fin de la vie de Gleyre avec Le Paradis terrestre qu'il ne put achever. L'Antiquité: grecque, romaine, égyptienne, mais aussi l'histoire locale et la Bible sont les sources d'inspiration auxquelles Gleyre se confronte. Les dessins tantôt précis, tantôt visionnaires et libres viennent enrichir et ouvrir le carcan des attentes qui pesaient sur les artistes reçus au Salon.
Un panorama complet qui met en évidence l'expérimentation et la recherche dans les dessins et qui dix ans après la publication du catalogue raisonné par William Hauptman s'efforce de rendre accessible l'oeuvre de cet artiste à un large public. L'exposition se concentre uniquement sur Gleyre en mettant en évidence les différentes facettes d'une personnalité difficile à cerner, sans mentionner le contexte de l'artiste (Ingres, Chassériau, Courbet par exemple), ni ses élèves qui furent près de 500.
Le catalogue propose des essais de 22 auteurs différents qui éclairent chacun une toile.
Musée cantonal des beaux-arts
Charles Gleyre (1806 - 1874) le génie de l'invention 7 octobre - 7 janvier 2007
Le Musée Jenisch à Vevey propose une exposition intitulée Bocion: au seuil de l'impressionnisme jusqu'au 11 février 2007.
François Bocion (1828 -1890) a été pendant quelque temps l'élève de Charles Gleyre peu avant 1848, une formation écourtée par la maladie et les événements politiques. Dès son retour à Lausanne il se consacre à l'enseignement et à la peinture faisant du Léman son sujet de prédilection en dépit de quelques séjours à Venise et sur la côte ligure. Bocion a fait l'objet de deux rétrospectives au cours des 30 dernières années en 1978 au musée cantonal des beaux-arts de Lausanne et en 1990 à la Fondation de l'Hermitage, à Lausanne également, sans mentionner plusieurs accrochages d'ensembles importants. C'est l'un des peintres les plus populaires dans le canton de Vaud et il est largement représenté dans les collections publiques (plus de 100 oeuvres au musée des beaux-arts de Lausanne, un bel ensemble au musée Jenisch (19 oeuvres) et quelques toiles importantes à La Fondation de l'Hermitage, de plus la plupart des musées des beaux-arts suisses possèdent au moins une toile de cet artiste).
Le propos de l'exposition du musée Jenisch n'est pas une approche rétrospective. Il s'agit plutôt par une suite de rapprochements visuels de former une sorte de patchwork en mettant en relation Bocion avec ses contemporains, Barthelemy Menn, Camille Corot, Eugène Boudin, Claude Monet, Gustave Courbet, mais aussi avec ses élèves qui furent Félix Vallotton, Eugène Grasset ou encore Ernest Biéler (24). Les oeuvres ne sont pas présentées chronologiquement, les compositions de grande dimension alternent agréablement avec de petites pochades (71 toiles ou pochades) et des groupes importants de dessins tirés des carnets de croquis ou de compositions plus importantes (69). Un choix pertinent qui veut mettre un terme aux hiérarchies entre les pochades et les toiles élaborées en atelier. Evidemment ces rapprochements semblent parfois très fondés, mais peuvent aussi reposer sur des similitudes visuelles qui relèvent de la coïncidence. (cf. dans le catalogue Gleyre mentionné ci-dessus l'article qui met en cause l'idée qu'une composition de Gleyre serait la soure de la Femme au perroquet de Courbet, Bernard Vouilloux "La Danse des bacchantes" p. 157). L'exposition privilégie un regard esthétique, sans vraiment s'attacher à l'entreprise de l'artiste qui voulait représenter tous les aspects de la vie du Léman, ce qui laisse peut-être une certaine impression de monotonie ou si on préfère le formuler positivement: le souci marqué d'une unité d'ensemble dans la perception de la présentation.
Les trois espaces principaux du musée déterminent celle-ci. Dans la salle de gauche sont évoqués des parallèles avec Menn, Corot et Boudin, au centre des relations avec les élèves Grasset et Vallotton et à droite sont présentées des toiles de Courbet et de Monet. Les deux cabinets latéraux permettent la présentation de dessins (au petit jeu des rapprochements j'aurais volontiers ajouter Jean-François Millet face à certaines feuilles réalisées au fusain! et l'on trouverait sans doute aussi des sources hors de l'école française).
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