|
-
Cette page propose des articles sur Camille Corot, Ferdinand Hodler, Giovanni Segantini.
Fondation Beyeler Riehen Segantini 16 janvier - 25 avril 2011
En 2008, le Kunsthaus de Zurich a présenté une dizaine de toiles importantes de Segantini dans l'exposition Rivoluzione qui montrait le passage entre le symbolisme, le divisionnisme et le futurisme dans l'art italien entre 1885 et 1910. La Fondation Beyeler propose une rétrospective de l'oeuvre de Giovanni Segantini (1858 - 1899) avec des toiles et des dessins qui montrent l'étonnante alliance de recherches formelles très élaborées au niveau du point de vue, de la perspective et de la technique picturale et une iconographie populaire, parfois sentimentale. Il affectione les formats très horizontaux qu'il appliquera dans la réalisation de panoramas alpestres. On les trouve bien avant par exemple dans La récolte des courges, 1884- 1886, où l'on voit des femmes ramassant des courges dans la fumée rampante éjectée par une locomotive qui passe tout près. Parallèlement à ce réalisme dramatique, on sent poindre le fantastique dans d'autres toiles.
Musée Rath: Corot en Suisse 24 septembre - 9 janvier 2011.
Le musée d'art et d'histoire de Genève aborde (enfin serait-on tenté de dire!) la présence de Corot en Suisse. En effet, Camille Corot a peint des vues magnifiques et inattendues dans ce pays, il a également exercé une influence durable à travers ses amitiés genevoises avec Barthelemy Menn et les frères Bovy notamment. L'exposition, superbe, présente tous ces aspects et s'enrichit en se concentrant non seulement sur les vues de Suisse réalisées par Corot, mais aussi sur la présence de Corot dans les collections publiques et privées en Suisse.
Hodler une vision symboliste jusqu'au 10 août 2008
Le musée des beaux-arts de Berne propose jusqu'au 10 août une vaste rétrospective Ferdinand Hodler, intitulée Hodler une vision symboliste.
Un colloque pour faire le point de la recherche sur cet artiste aura lieu le 17 et le 18 avril. D'autre part la parution du premier volume du catalogue raisonné des peintures consacré au paysage est annoncée pour novembre 2008, (Hodler a peint plus de 2'000 toiles et on recense plus de 12'000 dessins).... L'opération a débuté dans les années 1950 et la parution des 6 volumes du catalogue raisonné est prévue jusqu'en 2014. Les oeuvres ont été rassemblées par thèmes, les deux premiers volumes sont consacrés aux paysages, en 2010 paraîtront les portraits, en 2013 les figures en 2 volumes et enfin la biographie et les documents.
Petites remarques liminaires:
1. Les musées suisses possèdent de très grands fonds Hodler, Genève, Berne et Zurich se disputent la prééminence, mais les autres institutions regorgent également d'ensembles représentatifs. On sait aussi qu'il existe d'importantes collections privées de cet artiste formées depuis très longtemps, on se demande alors bien pourquoi les organisateurs ont jugé utiles de donner une place de premier plan à un politicien-collectionneur récent...? d'autant plus que l'exposition tend à "déidéologiser" Hodler! du moins sur le volet suisse.
2. Mathias Frehner co-organisateur de l'exposition et directeur du musée de Berne a expliqué lors de la conférence de presse l'origine du projet. La nécessité de montrer l'importance de Hodler comme peintre symboliste se faisait sentir depuis longtemps, malheureusement l'état de conservation des principales grandes toiles représentatives de ses recherches interdisait de les laisser voyager. Il fallut donc la conjonction d'un intérêt manifesté par les institutions de plusieurs villes, en l'occurence Paris et Budapest et la mise en place d'un travail de restauration de longue haleine pour que ce projet aboutisse. Si l'exposition du musée d'Orsay était bien centrée sur les quatre toiles symbolistes du musée de Berne, des divergences ont fait qu'il y a eu finalement deux expositions différentes, celle du musée d'Orsay et celle du musée de Berne qui sera présentée à Budapest. Si l'exposition de Paris était un peu plus synthétique 133 numéros contre 161 à Berne, le propos est en réalité assez semblable dans les deux présentations, par contre les catalogues sont distincts.
L'homme et le cosmos
L'exposition est répartie sur les trois étages de l'ancien bâtiment du musée des beaux-arts de Berne et suit un ordre chronologique. Elle met particulièrement en évidence les grandes compositions symboliques: quatre toiles appartiennent au musée, elles furent achetées en 1901 (alors même que peu avant on avait renoncé à commander à Hodler une décoration pour l'hôtel de ville!). Habituellement, elles sont exposées dans la grande salle du premier étage, cette fois elles ont été placées dans les deux petites salles situées aux extrémités d'un côté La Nuit, et de l'autre Le Jour, cette dernière accompagnée de deux répliques postérieures. Les âmes déçues, Les las de vivre, La Vérité, Adoration, Eurythmie sont présentées dans la grande salle. Au rez une petite salle est consacrée à L'Amour et on trouve encore L'Heure sacrée. Des paysages et des autoportraits sont répartis dans les grandes salles. Le sous-sol est entièrement consacré au cycle de la mort de Valentine Godé Darel, la jeune compagne du peintre emportée par un cancer, il est mis en relation avec les derniers paysages de l'artiste. Elle est précédée par une présentation des photographies montrant l'artiste.
Comme à Paris on a voulu favoriser un point de vue rapproché sur les toiles en cassant les grands espaces par l'introduction de parois amovibles. Ce qui donne un regard différent, un peu étrange, sur le langage monumental hodlérien, d'ailleurs cet aspect de sa production n'est pas abordé dans l'exposition, par souci de ne montrer que des oeuvres réalisées sans intervention d'un commanditaire, il est par contre traité dans le catalogue. L'exposition se concentre sur une présentation des enjeux essentiels d'une recherche artistique qui veut mettre en relation l'homme et le cosmos et qui, à force d'étudier cette relation entre la figure et le paysage en vient presque à une forme d'abstraction.
A signaler également la parution du volume 7 des oeuvres complètes de Carl Albert Loosli: Kunst und Kunstpolitik. Hodlers Werk. Loosli fut en quelque sorte le manager de Hodler et publia de nombreux textes à son sujet, il fut également l'auteur d'un premier catalogue raisonné.
Patrick Schaefer L'art en jeu 8 avril 2008
D'autres articles sur cette période dans L'art en jeu
Edouard Munch
Félix Vallotton
Die Bruecke
Ernst Ludwig Kirchner
Ferdinand Hodler (1853 - 1918) musée d'Orsay, 13 novembre 2007 - 3 février 2008
En 2004, le musée d'art et d'histoire de Genève, puis le Kunsthaus de Zurich ont consacré une large présentation aux paysages de Ferdinand Hodler. En 2008, c'est le musée des beaux-arts de Berne qui annonce une exposition consacrée à Hodler symboliste: Ferdinand Hodler, une vision symboliste 9 avril - 10 août 2008 (Symposium international 17 - 18 avril) nous y reviendrons. Le musée d'Orsay à Paris consacre une rétrospective à Fedinand Hodler (1853 - 1918) jusqu'au 3 février 2008 qui met l'accent sur l'importance de cet artiste comme symboliste. C'est une rétrospective complète qui montre bien en seize chapitres tous les aspects de l'uvre de Hodler. L'artiste contemporain Helmut Federle est inséré dans l'exposition et le catalogue, ce dernier compte 133 numéros.
L'exposition offre un parcours chronologique synthétique de l'oeuvre de Hodler. Les débuts réalistes sont rapidement évoqués pour arriver à la première composition majeure La Nuit, exposée à Paris en 1891. En 1901 Berne achète 4 des plus importantes compositions de Hodler La Nuit, Les Ames déçues, l'Eurythmie et le Jour. La Vérité de 1903 est présentée avec des dessins préparatoires, elle est l'aboutissement de La Nuit. Hodler a développé une conception rythmée stylisée des figures qu'il introduit également dans ses paysages structurés. La peinture d'histoire qui forma un volet important de l'activité publique de Hodler est évoquée. L'activité du portraitiste fait également l'objet d'une salle et l'exposition s'achève avec quelques exemples des oeuvres consacrées à Valentine, sa compagne agonisante et la mise en relation entre les lignes des paysages du Léman et la figure couchée sur son lit de mort.
Je n'ai pas aimé la mise en scène qui ne laisse que peu de perspective et donne un sentiment assez étouffant. Par contre la blancheur, la clarté de l'art de Hodler ressort bien et l'on sent comment il n'est pas seulement symboliste, mais très moderne dans son dépouillement.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 29 janvier 2008
|
|