Archives de catégorie : expositions

Carmen Perrin

Musée d’art de Pully Carmen Perrin : Encore et encore jusqu’au 24 novembre 2013

 Carmen Perrin est née en 1953 en Bolivie. Son père d’origine suisse est venu s’installer dans ce pays en 1960. Elle a donc été élevée en Suisse .où elle a poursuivi des études artistiques. Installée à Genève, elle est toujours en déplacement à l’occasion d’une bourse, d’une résidence. D’autre part elle a conservé des liens avec le pays où elle est née et revient constamment à ses origines.

Si près si loin, le film de Michel Favre sorti en 2012 76’, montre Carmen Perrin tentant de retrouver des traces, des échos de l’activité de son père auprès des indiens de la région du lac Titicaca. Cette recherche identitaire est très perceptible dans le travail de l’artiste et ce film ouvre à la compréhension de son travail.

 Dans l’exposition de Pully, on rencontre des jeux de couleurs qui font penser à un marché des Andes.  On peut aussi citer une phrase présentée dans l’une des installations : «  Au bord de moi-même je m’arrête, je me penche ». Par ailleurs les travaux proposés résultent d’une carte blanche à l’artiste qui veut montrer les avantages et les inconvénients d’un bâtiment ancien, lorsqu’il s’agit d’exposer de l’art contemporain. Sur les deux étages du musée, elle a mis en relation des réalisations anciennes et de nombreuses pièces récentes qui donnent une bonne idée de l’ampleur et de la variété de sa démarche. Elle s’intéresse à la paroi, au paravent, à la façade comme lieu de passage qui laisse passer et retient la lumière.  Par ailleurs, elle explore les potentialités de divers matériaux, en particulier le caoutchouc, mais aussi des accumulations de magazines qu’elle travaille. Par bien des aspects son travail appartient à l’op art dont elle recherche les vibrations, mais il y a aussi une part expressive et une véritable implication physique notamment dans ses dessins monumentaux intitués « Tracés ».

Car la relation entre le dessin et la sculpture, la réalisation architectonique est centrale dans la démarche de Carmen Perrin. C’est là qu’elle peut développer l’intérêt qu’elle porte à divers matériaux. Le caoutchouc, des élastiques en couleur, des ressorts, des hameçons deviennent le point de départ de compositions qui couvrent parfois des surfaces très larges.

Patrick Schaefer, l’art en jeu 12 septembre 2013

Subodh Gupta

Monnaie de Paris: Subodh Gupta, Adda, Rendez-vous jusqu’au 26 août 2018

Le bamyan qui occupe la cour de la Monnaie de Paris est très révélateur de la démarche de Subodh Gupta. On assiste chez cet artiste à un étonnant développement foisonnant à partir de l’exploitation d’objets quotidiens employés en ready made. Ces réalisations plastiques toujours plus monumentales  évoquent la culture indienne. Face au succès et à l’ampleur des expositions qu’il réalise, il a pris le chemin de la monumentalité . Par rapport à l’exposition recensée plus bas, il y a cinq ans, on constate que cette monumentalité entraîne une diminution de la diversité, mais il reste fidèle à sa démarche de médiatisation d’aspects de la culture indienne à travers ce chemin matériel.


Subodh Gupta. Spirit Eaters. Musée des beaux-arts de Thoune jusqu’au 28 avril 2013

es assemblages de Subodh Gupta (né en 1964) sont familiers des visiteurs  d’expositions intenationales. Continuer la lecture

Thomas Huber

Aarau, Kunsthaus 6 août 2018

L’étage inférieur du musée est occupé par une présentation intégrale des multiples réalisés par Thomas Huber de 1980 à 2018 jusqu’au 11 novembre 2018. Ce qui revient à proposer une quasi rétrospective de tout son travail. En effet toutes ses peintures qui forment différents cycles sont accompagnées par un travail éditorial complet, catalogues, mais aussi portefeuilles d’éditions réalisés en sérigraphie, lithographie, parfois inkjet ou eau-forte. Continuer la lecture

Marc Bauer / Sarah Masuger

Paris 10 mars 2013

Le centre culturel suisse présente Le Collectionneur de Marc Bauer jusqu’au 14 avril 2013

Marc Bauer est né en 1975, il a étudié à Genève et à Amsterdam. Ses dessins muraux, souvent présentés en cycles ont déjà rencontré un écho considérable après des expositions à Attitudes, au Mamco à Genève, au musée de Saint- Gall et tout récemment au Kunsthaus Baselland, puis à Pully.

Un grand dessin mural qui évoque un rideau de scène art déco, à travers l’ouverture duquel on découvre quelques danseuses en tutu (à moins que Marc Bauer n’ait repris un Degas?). Un autre dessin mural montre un personnage assis qui contemple la Seine avec la maquette d’un projet d’une nouvelle vision de Paris totalement reconstruite ( le plan Voisin?). Par ailleurs des peintures sur plexiglas évoquent un nouveau dessin animé intitulé L’architecte. Mais avant ce dernier, la suite de dessins Le Collectionneur évoque la période sombre de la guerre des spoliations, on reconnait des salons meublés, des tableaux, un Balthus, un Max Ernst, un Cézanne et puis soudain des papillons épinglés. La nouveauté surprenante dans cette exposition consacrée au dessin gris, estompé, c’est l’introduction de la couleur, brillante, éclatante, mais éphémère par des bouquets de fleurs splendides, placés dans des vases sur lesquels on reconnait les dessins de Marc Bauer. Les dessins créent une atmosphère sombre, nous plongent dans une époque, un récit et la couleur nous met dans l’actualité, le présent de l’exposition, ce qui donne une note brillante bienvenue. Ici par contre par contraste avec l’exposition de Pully, aucun texte pour appuyer les dessins.

Patrick Schaefer 13 mars 2013

Pully 21 septembre 2012

Marc Bauer  et Sara Masuger proposent jusqu’au 2 décembre, sous le titre, Le ravissement mais l’aube, déjà, un poème sculpté, dessiné et écrit dans les salles et sur les murs du musée de Pully. Une très belle composition qui associe plusieurs formes d’expression graphique, plastique et poétique.

Sara Masuger est née en 1978, elle a étudié à Berne et à Amsterdam, ses sculptures sont imprégnées par le corps humain en fragments, le corps qui expérimente, surgit, souffre, se délite en somme. Elle propose des oeuvres d’une grande ampleur qui tissent le volume des salles en proliférant dans l’espace. (Exemple de son travail sur le site de Kunstbetrieb).

Les dessins estompés de Marc Bauer jouent avec la perspective, ils proposent des objets, des situations, évoquent aussi des oeuvres d’art ; ici par exemple L’île des mortsde Böcklin. Natures mortes, vanités ou paysages envahissent les murs et suggèrent d’autres espaces, secondés par de courts textes. Cet envahissement répond à la prolifération des sculptures de Sara Masuger.

Le site de l’artiste.

Patrick Schaefer, l’art en jeu 22 septembre 2012

Alice Bailly

Winterthour 16 juillet 2021

Kunst Museum, Reinhart am Stadtgarten Expressionismus Schweiz jusqu’au 16 janvier 2022.

Le musée de Winterthur propose une vaste présentation des diverses formes que l’expressionisme a pu prendre en Suisse au début du XXe siècle.

Dans le cadre de cette exposition des oeuvres d’Alice Bailly sont présentées et des visites des réalisations de l’artiste à la villa Rychenberg de Winterthur sont proposées (3.10; 12.1; et 4.11).

Une exposition Alice Bailly est présentée à la Villa Flora à Winterthur jusqu’au 22 octobre 2006

Alice Bailly La Fête étrange jusqu’au 15 janvier 2006

Le musée des beaux-arts de Lausanne consacre une vaste rétrospective à Alice Bailly (1872 – 1938). En montrant 225 oeuvres de cette artiste mal connue, le musée a voulu mettre en évidence la cohérence du développement et des préoccupations d’une personnalité très forte qui s’est enflammée pour de nombreuses causes. Il s’agit de la première rétrospective depuis 1985. Formée à Genève et à Munich Alice Bailly s’installe à Paris en 1906. Elle séjourne également chez Cuno Amiet à Oschwand en 1909. A Paris elle nouera des relations avec Sonia Delaunay, Marie Laurencin, Jean Metzinger. Son travail, célébré par Apollinaire, s’inscrit tout à fait dans les recherches de ces artistes autour de l’orphisme et du futurisme. En 1918-1919, elle participe aux soirées du mouvement Dada à Zurich. En 1923, elle s’installe à Lausanne tout en conservant un atelier à Paris, elle meurt à Lausanne en 1938 après avoir notamment réalisé un important décor, La Forêt enchantée et Entracte pour le foyer du théâtre municipal en 1936.

L’approche choisie pour cette rétrospective est clairement chronologique.

Au fil des salles, on relève divers point centraux: Les études à Genève et à Munich, les premières impressions décisives, Cuno Amiet, Alexandre Blanchet, Gauguin et l’école de Pont Aven. Puis vient dès 1911 la découverte du cubisme secondaire: Gleizes, Metzinger et l’évolution vers l’orphisme et le futurisme. Les tableaux-laine apparaissent ainsi comme l’aboutissement de ces avancées au moment où Alice Bailly est en contact avec le mouvement dada à Zurich. Une salle est consacrée à l’importance de la musique dans son oeuvre avec des recherches de mise en relation entre l’expression picturale ou graphique et la musique d’une part et les portraits de musiciens d’autre part. Sous le thème Hommage à la Dame une salle souligne la cohérence des préoccupations d’Alice Baily à travers le temps et les évolutions stylistiques. La ronde des femmes et la rencontre de Rilke; l’itinérance, Paris, Lausanne, Berne; les portraits; le voyage en Italie à Venise et à Rome notamment forment les thèmes principaux retenus dans les salles suivantes. L’exposition s’achève sur la recherche de commandes publiques et l’aboutissement dans la décoration du foyer du théâtre municipal de Lausanne en 1936.

Pendant longtemps ce qui a fasciné dans le travail de cette artiste c’est la proximité, le côtoiement des avant-gardes de son temps, et l’on a mis l’accent sur la période 1909 – 1914. Aujourd’hui les chercheurs sont surtout attirés par la personnalité féminine et l’omniprésence de la femme dans cette œuvre. C’est la raison pour laquelle l’ouverture de l’exposition a été marquée par un colloque de deux jours consacré à Histoire de l’art et études de genre.

Patrick Schaefer, L’art en jeu, 13 octobre 2005

Maria Lassnig

Bâle 14 juin 2018

Musée des beaux-arts Maria Lassnig, Dialogues 12 mai – 26 août 2018

Le musée des beaux-arts de Bâle propose une rétrospective des travaux sur papier de Maria Lassnig.

Maria Lassnig a placé son propre corps et son visage au centre de ses recherches artistiques. L’exposition permet de suivre cette recherche d’une force incroyable au cours des voyages de l’artiste autrichienne qui l’ont menée à Paris, aux Etats-Unis avant de revenir à Vienne où elle a enseigné. Un volet de l’exposition est consacré aux films réalisés par Maria Lassnig. Continuer la lecture

Gerda Steiner / Jörg Lenzlinger, Musée Tinguely, Bâle

Gerda Steiner / Jörg Lenzlinger

Musée Tinguely, Bâle: Gerda Steiner / Jörg Lenzlinger, Too early to Panic jusqu’au 23 septembre 2018.

Les deux artistes ont choisi de réagir face à l’identité de la ville qui les reçoit et en plus au mécène du musée qui les abrite. Ils évoquent la chimie, la médecine, la santé, les plantes sous les formes les plus diverses. Si leurs installations relèvent toujours d’un laboratoire où l’on voit croître des objets et des plantes improbables, ici le laboratoire est animé par des personnages en blouse blanche! Continuer la lecture

Expositions Ferdinand Hodler

Genève Musée Rath, Hodler parallélisme jusqu’au 19 août. Puis musée des beaux-arts de Berne

De nombreux musées suisses marquent le centième anniversaire de la mort de Ferdinand Hodler. Le musée d’art et d’histoire de Genève lui consacre trois expositions. Au cabinet d’art graphique, on découvre le travail de son maître Barthélemy Menn, les salles du musée présentent un accrochage particulier des oeuvres de Hodler. Enfin le musée Rath propose de découvrir avec 100 oeuvres, la pensée créatrice qui anima Hodler tout au long de sa vie autour du parallélisme. Un pari très réussi qui montre la permanence de ses préoccupations.

L’exposition se base sur une conférence de l’artiste prononcée en 1897 « la mission de l’artiste » que l’on peut entendre dans un premier espace dans laquelle il énonçait sa théorie du parallélisme. Puis elle traque l’expression du parallélisme dans les divers thèmes abordés par Hodler: la nature, la figure humaine, les groupes composés, avant de s’attacher aux principes qui structurent les toiles de Hodler, l’équilibre des forces, la verticalité et l’horizontalité, en s’achevant par la recherche des correspondances, unité de l’oeuvre et concentration sur l’essentiel.

Loin d’un discours général sur le symbolisme, les autoportraits, la mort, ou encore les commandes publique reçues par Hodler, sa fortune critique, la présentation se concentre sur les principes esthétiques énoncés par l’artiste, et l’on peut constater que ces principes animaient ses recherches bien avant 1897.


Au cours des dernières années, j’ai visité plusieurs expositions Ferdinand Hodler. La plus récente est à voir au musée Jenisch à Vevey.

Vevey, Musée Jenisch, 9 août 2015, L’infini du geste. Ferdinand Hodler dans la collection Rudolf Schindler jusqu’au 4 octobre.

Plonger dans la caverne d’Ali-Baba, c’est sans doute ce que dut ressentir Rudolf Schindler (1914 – 2015), artiste et directeur d’école d’art, lorsqu’il décida en 1955, d’organiser une exposition Ferdinand Hodler, à un moment où le peintre était au purgatoire comme la plupart des artistes caractéristiques de l’art nouveau d’ailleurs. Ayant noué des liens de confiance avec la famille de Hodler et possédant un connaissance approfondie de son travail, il sut constituer une collection remarquable de plus de 600 dessins, esquisses peintes et tableaux. L’accrochage de l’exposition rend bien cet émerveillement et la qualité exceptionnelle des choix du collectionneur qui a légué cet ensemble au musée Jenisch. Continuer la lecture

Expositions Alberto Giacometti

Bâle, Riehen 29 avril 2018

Fondation Beyeler, Bacon – Giacometti jusqu’au 2 septembre. De nombreux points réunissent ces artistes, à commencer par leur engagement dans la figuration à une époque où l’abstraction dominait totalement la scène artistique. Ils se sont rencontrés et s’estimaient, presque contemporains, Giacometti est né en 1901, Bacon en 1909, Bacon était bien conscient de la dette qu’il devait à Alberto. Il est passionnant de les voir réunis, dans une association que la valeur colossale atteintes par leurs oeuvres rend presque impossible.

Zurich 29 octobre 2016

Kunsthaus: Alberto Giacometti. Au-delà des bronzes, les chefs-d’oeuvre en plâtre et autres matériaux jusqu’au 15 janvier.

Le Kunsthaus a hérité du dernier frère de l’artiste une grande partie des plâtres  (75) qui ont précédé les tirages en bronze des sculptures. On plonge ainsi dans le cheminement créatif d’Alberto. On ne peut s’empêcher d’avoir un petit serrement de coeur en pensant aux difficultés d’Alberto pour arriver à une oeuvre finie, en voyant ainsi mis côte à côte et sur le même plan, les oeuvres en cours de réalisation et le travail achevé. D’autant plus que la sensibilité esthétique du moment tend à faire préférer les plâtres au bronze!, mais évidemment c’est passionnant, d’autant que des travaux en terre, en bois, en plastiline sont également présentés.

Lausanne 3 février 2014

Giacometti, Marini, Richier , La figure tourmentée jusqu’au 27 avril 2014

Le musée des beaux-arts de Lausanne réunit trois sculpteurs qui sont presque exactement contemporains et ont passé les années de la Seconde guerre mondiale en Suisse. Alberto Giacometti (1901 – 1966), Marino Marini (1901 – 1980) et Germaine Richier(1902 – 1959). Continuer la lecture

Francis Bacon

Paris Centre Pompidou

Francis Bacon: En toutes lettres jusqu’au 20 janvier 2020, le centre Pompidou propose une exposition Bacon centrée sur l’oeuvre tardif de l’artiste et sa relation avec la littérature.

Bâle, Riehen 29 avril 2018

Fondation Beyeler, Bacon – Giacometti jusqu’au 2 septembre. De nombreux points réunissent ces artistes, à commencer par leur engagement dans la figuration à une époque où l’abstraction dominait totalement la scène artistique. Ils se sont rencontrés et s’estimaient, presque contemporains, Giacometti est né en 1901, Bacon en 1909, Bacon était bien conscient de la dette qu’il devait à Alberto. Il est passionnant de les voir réunis, dans une association que la valeur colossale atteintes par leurs oeuvres rend presque impossible.

Stuttgart 28 novembre 2016

Staatsgalerie de Stuttgart: Francis Bacon Unsichtbare Räume 7 octobre – 8 janvier 2017. L’exposition de la Staatsgalerie de Stuttgart présente des œuvres dans lesquelles l’artiste a enfermé ses personnages dans des cages transparentes. En se concentrant sur une problématique essentielle qui est à la fois formelle et iconographique, tout en suivant un fil chronologique, l’exposition de Stuttgart, montrée auparavant à la Tate Liverpool, parvient à une intensité et une qualité exceptionnelles. Réunir une quarantaine d’oeuvres de Bacon devient aujourd’hui un véritable exploit. L’exposition est partagée en deux salles principales, dans la première les toiles réalisées dans les années 1950 très sombres avec des fonds où l’on voit les traces, les mouvements du pinceau. Dans la seconde, celles où dominent des fonds aux couleurs vives: vert, orange et une peinture plus lisse. Continuer la lecture