John M. Armleder

Bienne 24 juillet 2026

Centre d’art Bienne: John M. Armleder, le fantôme de la chance jusqu’au 6 septembre 2026.

Trois rouleaux de moquette rouge posés sur un sol au carrelage noir accueillent le visiteur de l’exposition John Armleder. (La feuille d’information nous apprend qu’il s’agit d’un cadeau de Maurizio Cattelan, souvenir de son installation à la Kunsthalle de Bâle qui montrait le Pape effondré sous la verrière en 1999). Après l’accueil où sont suspendues des boules de discothèques, l’exposition se déploie dans deux espaces bien distincts les galeries et l’étage. Les salles de ce dernier ont à chaque fois été ornées de tissus ou de peintures murales, une recherche de solutions très élaborées pour intégrer le mur dans l’exposition. Tentures, chablons et peinture murale soutiennent l’accrochage décalé dans un rythme aéré, inattendu des dessins et des peintures.

Le dessin comme pratique quotidienne avait été documenté dans une publication de 2006 en trois volumes que l’on peut feuilleter ici.

A Genève, le musée d’art et d’histoire a donné carte blanche à John Armleder jusqu’au 25 octobre 2026. Il présente de nombreuses oeuvres mises en relation avec les collections de l’institution.

John M. Armleder Amor vacui, Horror vacui

John M. Armleder (1948) occupe tous les étages du Mamco avec une rétrospective de son travail qui se visite de haut en bas. Les dialogues avec d’autres artistes apparaissent aussi dans quelques espaces (Robert Filliou par exemple) et l’accrochage habituel de certaines salles est maintenu. L’exposition très dense met en évidence les Furniture Paintings qui sont la marque caractéristique de l’artiste. Cette utilisation détournée de pièces de mobiliers existants, par exemple une mosaïque formée de tables dressées contre un mur, des fauteuils, etc. incarne particulièrement bien la déconstruction du modernisme qui caractérise cette démarche. Elle apparaît particulièrement féroce dans une présentation acérée où les citations s’enchaînent sur un rythme endiablé. Au-delà de cette déconstruction on constate une exploration et une sensibilité à tous les matériaux, le tissu, l’éponge, le papier, les supports aussi: livres, affiches par exemple qui nourrissent le foisonnement de cette production. La présentation culmine au premier étage avec un écho du temps pendant lequel l’exposition se déroule Everything 2006 : entre le marché de chrysanthèmes de novembre et le marché de sapins artificiels de décembre avec des jeux de lumières et deux lampes clignotantes Tea pots de 2001, alors qu’on entend une musique sirupeuse.

MAMCO Genève jusqu’au 21 janvier 2007

Patrick Schaefer, L’art en jeu 12 novembre 2006