L'ART EN JEU

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Cette page propose des articles sur Sean Scully, Jeff Wall

Patrick Schaefer, L'art en jeu 21 juin 2006

Bâle Schaulager Jeff Wall Photographs 1978 – 2004 jusqu'au 25 septembre 2005.

Le catalogue raisonné des travaux de Jeff Wall (1946) qui accompagne l’exposition du Schaulager à Bâle jusqu’au 25 septembre, (puis à la Tate Modern à Londres du 21 octobre 2005 au 8 janvier 2006) recense 120 oeuvres. L’exposition bâloise propose 74 caissons lumineux ou tirages noir blanc géants de cet historien d’art canadien venu à la photographie assez tardivement dont les travaux ont pris place dans un grand nombre d’expositions d’art contemporain à travers le monde depuis une dizaine d'années.

L'ampleur de la présentation permet de mesurer la diversité des thèmes abordés qui vont de la nature morte au paysage, en passant par la composition historique tout en jouant avec de nombreuses références à l’histoire de la peinture, de la photographie et de l’image en général. Au-delà de ces thèmes, de ces références l'univers représenté est celui des villes nord-américaines, en l'occurence Vancouver au Canada dont on retrouve l'atmosphère dans de nombreux travaux. L'oeuvre de Jeff Wall invite au discours et lui-même écrit beaucoup sur ses travaux. Pourtant, malgré les multiples niveaux d'interprétation et de références, elle peut aussi se regarder au premier degré en particulier en raison de la fascination qu'exerce l'effet du caisson lumineux, un retour sur l'aura de l'oeuvre d'art! Il faut dire à ce sujet que ces photographies ont la particularité de n'être en fait pas reproductibles puisque les reproductions ressemblent davantage à une esquisse, à un schéma ou un calque et ne peuvent en aucun cas prétendre reproduire l'impact visuel du travail lui-même. Il y a quelque chose de définitif dans chaque travail, un peu à l'opposé de l'idée traditionnelle de la photographie multiple et foisonnante, chaque pièce de Jeff Wall apparaît comme une synthèse de ce qui se peut se faire autour d'un thème. Elle a un poids spécifique, particulier qui peut aussi gêner, paraître académique à l'extrême, mais il me semble que l'exposition montre justement que ce n'est pas seulement cette approche très pesante qui le caractérise et que par petites touches, il fait aussi le portrait d'un monde, celui de la région d'où il vient.

Schaulager der Emmanuel Hoffmann-Stiftung (Münchenstein): Jeff Wall Photographs 1978 - 2004 jusqu'au 25 septembre 2005.

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 5 mai 2005

Le Musée des Beaux-Arts de Berne présente Sean Scully. Grey Wolf - Retrospective du 9 mars au 24 juin 2012. L'exposition se déploie sur deux étages du nouveau bâtiment; au sous-sol, toutes les parois murales ont été enlevées pour créer un grand espace où l'on découvre les compositions monumentales de l'artiste. Quelques photographies et des petits formats sont également présentés.

L'art en jeu 2 avril 2012

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Sean Scully a offert un tirage de toutes ses gravures (78 estampes et 10 portfolios) à la Bibliothèque nationale à Paris. Elles font l'objet d'une exposition à la salle Richelieu jusqu'au 16 mai 2006.

Sean Scully au musée Jenisch à Vevey jusqu'au 6 janvier 2002

L’artiste d’origine irlandaise Sean Scully (1945) vit aux Etats-Unis depuis 1975. Il a des ateliers à Londres et à Barcelone. Peintre, photographe et graveur, il vient de présenter ses travaux récents à Düsseldorf et à Munich, avant d’exposer à Valence.

Peintures monumentales

Le visiteur découvrira dans cette exposition deux pans bien distincts de l’activité de l’artiste, les peintures et les gravures. Il réalise des peintures monumentales, toujours structurées par lignes horizontales ou verticales qui évoquent les bandes d’un drapeau, mais aussi l’alignement des pierres ou les briques d’un mur. Ces lignes se croisent parfois et forment alors un échiquier. Le mouvement horizontal peut être interrompu par un événement qui casse la sérénité du déploiement. Certaines pièces deviennent de véritables bas-reliefs. L’artiste est d’ailleurs intervenu dans les salles du musée Jenisch en supprimant toutes les parois temporaires et en rétablissant l'horizontalité complète de l'espace. Une ou deux fois celle-ci est pourtant brisée par une pièce qui se déploie depuis le mur. Il est intéressant de voir comment il traite l’espace du musée de la même façon que celui de la toile. La peinture est accumulée en couches épaisses, quelques couleurs sont exaltées avec une intensité absolue jouant sur les oppositions de gris et des variations d’ocre ou de rouge. La peinture est vivante, animée. La démarche est apparemment rigoureuse, minimaliste et l’on pourrait, pour dresser des parallèles, évoquer les noms de David Tremlett, Alan Charlton, Bridget Riley, Daniel Buren ou encore Sol Lewitt. Pourtant au lieu de s’en tenir à une approche minimaliste, conceptuelle, rigoureuse Sean Scully fait parler la matière picturale. Il explore les pouvoirs d'évocation, d'envoûtement même de la peinture, on mentionne souvent les couleurs de l'Espagne et du Maroc à son propos. Il y a dans cet aspect une contradiction avec la démarche plus stricte des artistes de sa génération cités plus haut. Scully invoque d’ailleurs comme référence l’oeuvre expressive de Rothko auquel il a consacré un bref essai. Il me semble que son travail fait également penser à Jasper Johns.

Gravures transparentes

Au contraire des peintures qui utilisent l’accumulation de la matière, les gravures, bois ou aquatintes, jouent sur la transparence, comme dans des aquarelles, les couleurs se rencontrent, se superposent, Scully développe aussi des flous qui évoquent la photographie. Il travaille toujours sur les bandes horizontales ou verticales. Il renvoie à la réalité dans des séries comme Ten Towers ou Seven Mirrors quant au Mur de lumière, titre d'une série récente, c’est l'expression d'une préoccupation constante dans les gravures comme dans les peintures.

Vous trouverez une longue interview en anglais, datée de 1999 de Sean Scully dans le Journal of contemporary art en ligne à cette adresse : http://www.jca-online.com/scully.html

Le musée de Caen lui a également consacré une exposition en 2000, présentant ses gravures de 1983 à 1999.

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 7 octobre 2001

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