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liste par artistes

Cette page propose des articles sur Marc Bauer et Sara Masuger, ClaudiaComte , Jérémie Gindre, Teresa Hubbard/ Alexander Birchler, Fischli & Weiss, Jean-Frédéric Schnyder.

Claudia Comte X,Y,Z et Jérémie Gindre Image Canyon jusqu'au 12 mai 2013 Fri Art Fribourg

Pour se rendre à Fri Art, le centre d'art contemporain de Fribourg, il faut suivre une descente très abrupte avant d’arriver au fond de la gorge de la Sarine, où se niche la ville basse. Les installations des deux artistes, Claudia Comte (1983) et Jérémie Gindre (1978), invités en ce moment par l'institution empoignent la totalité de l’espace mis à leur disposition pour tisser des liens avec cette particularité topographique.

La vidéo proposée par Claudia Comte relate la navigation sur un fjord, mais aux paysages qui défilent s'ajoutent une trame abstraite inspirée par une structure ajourée en béton, les images du paysage, les compositions cinétiques qui sont superposées à celles-ci, sont complétés par une structure musicale qui baigne les deux salles de l'installation.

En effet avant la vidéo, on découvre une première salle dont les murs peints ont été couverts de traits suggérant un rythme. Au sol sont déposées de grandes claies noires ajourées ; alors qu’au centre de la pièce trônent six sculptures en bois clair, abstraites, soigneusement polies, placées comme des spectateurs sur un banc circulaire.

Le rapport au site développé dans l'installation de Jérémie Gindre est encore beaucoup plus direct

Sous le titre Image Canyon, il nous invite à découvrir des coupes géologiques. Une paroi est découpée comme l’une de ces représentations. Sur des socles de briques rouges qui semblent venir des murs du centre sont placés des agglomérats de galets. Des inscriptions au mur, en anglais, évoquent des instructions, des informations données au visiteur dans un site. D’autre part l’artiste présente une série de dessins de coupes qui suggèrent les notes d’un géologue (on pense à Per Kirkeby). Les textes sont inspirés par des explorateurs découvrant un canyon dans le Missouri en 1803.

Patrick Schaefer L'art en jeu 23 février 2013

Marc Bauer centre culturel suisse 10 03 13

Paris 10 mars 2013

Le centre culturel suisse présente Le Collectionneur de Marc Bauer jusqu'au 14 avril 2013

Marc Bauer est né en 1975, il a étudié à Genève et à Amsterdam. Ses dessins muraux, souvent présentés en cycles ont déjà rencontré un écho considérable après des expositions à Attitudes, au Mamco à Genève, au musée de Saint- Gall et tout récemment au Kunsthaus Baselland, puis à Pully.

Un grand dessin mural qui évoque un rideau de scène art déco, à travers l'ouverture duquel on découvre quelques danseuses en tutu (à moins que Marc Bauer n’ait repris un Degas?). Un autre dessin mural montre un personnage assis qui contemple la Seine avec la maquette d'un projet d'une nouvelle vision de Paris totalement reconstruite ( le plan Voisin?). Par ailleurs des peintures sur plexiglas évoquent un nouveau dessin animé intitulé L'architecte. Mais avant ce dernier, la suite de dessins Le Collectionneur évoque la période sombre de la guerre des spoliations, on reconnait des salons meublés, des tableaux, un Balthus, un Max Ernst, un Cézanne et puis soudain des papillons épinglés. La nouveauté surprenante dans cette exposition consacrée au dessin gris, estompé, c'est l'introduction de la couleur, brillante, éclatante, mais éphémère par des bouquets de fleurs splendides, placés dans des vases sur lesquels on reconnait les dessins de Marc Bauer. Les dessins créent une atmosphère sombre, nous plongent dans une époque, un récit et la couleur nous met dans l'actualité, le présent de l'exposition, ce qui donne une note brillante bienvenue. Ici par contre par contraste avec l'exposition de Pully, aucun texte pour appuyer les dessins.

Patrick Schaefer 13 mars 2013

Pully 21 septembre 2012

Marc Bauer  et Sara Masuger proposent jusqu'au 2 décembre, sous le titre, Le ravissement mais l'aube, déjà, un poème sculpté, dessiné et écrit dans les salles et sur les murs du musée de Pully. Une très belle composition qui associe plusieurs formes d’expression graphique, plastique et poétique.

Sara Masuger est née en 1978, elle a étudié à Berne et à Amsterdam, ses sculptures sont imprégnées par le corps humain en fragments, le corps qui expérimente, surgit, souffre, se délite en somme. Elle propose des oeuvres d’une grande ampleur qui tissent le volume des salles en proliférant dans l'espace. (Exemple de son travail sur le site de Kunstbetrieb).

Les dessins estompés de Marc Bauer jouent avec la perspective, ils proposent des objets, des situations, évoquent aussi des oeuvres d’art ; ici par exemple L’île des morts de Böcklin. Natures mortes, vanités ou paysages envahissent les murs et suggèrent d'autres espaces, secondés par de courts textes. Cet envahissement répond à la prolifération des sculptures de Sara Masuger.

Le site de l'artiste.

Patrick Schaefer, l'art en jeu 22 septembre 2012

Teresa Hubbard / Alexander Birchler

No Room to Answer

Le Kunsthaus d'Aarau consacre une rétrospective à Teresa Hubbard (1965) & Alexander Birchler (1962), jusqu'au 8 novembre 2009. Elle rassemble des photographies et des vidéos réalisées de 1991 à 2008 par ce couple artistique.

Cette rétrospective permet de mesurer l'ampleur et la continuité d'un travail qui associe photographie et vidéo. L'atmosphère visuelle dramatique obtenue par les éclairages et la prise de vue est soutenue par le récit qui sous-tend la réalisation. Mais ce récit est elliptique, il laisse une part importante à nos suppositions et l'incertitude des causes du drame est évidente. A moins qu'il n'y ait pas de drame, le temps et les tensions restent suspendus avec parfois un climax. Il peut s'agir d'un homme qui passe l'aspirateur dans sa chambre Gregor's room, 1999, d'un instrumentiste qui joue du cornet ou d'une femme qui fonce dans le mur de sa maison au volant d'un fourgon dans Single Wide, 2002, ou encore de cette petite fille qui assiste au désastre de son anniversaire pris sous la pluie de la mousson dans Eight, 2001. La scène est filmée comme s'il s'agissait d'une tragédie épouvantable, mais, à la fin, le bruit de fond de la maison semble indiquer que l'anniversaire se poursuit paisiblement à l'intérieur. Une série de photos comme Falling down, 1996 illustre bien cette recherche de moments où le temps est suspendu, ici il s'agit d'objets que les gens laissent tomber. Alors que dans Holes, 1997, les modèles sont surpris sous des angles inattendus à travers des trous dans l'espace intérieur.

Leur travail le plus récent est un documentaire de 54' intitulé Grand Paris Texas, 2008. Les artistes sont partis enquêter sur la ville de Paris, Texas qui a inspiré le titre d'un film de Wim Wenders en 1984. Le film de Wenders n'a rien à voir avec cette ville dont le nom a simplement inspiré le titre. Pourtant différents témoins racontent les conséquences de cette célébrité soudaine pour la localité. En réalité, le film est un documentaire sur la fin du cinéma ou plutôt les fins puisqu'il remonte même au passage du muet au sonore. Tout en insistant visuellement sur la décrépitude, il évoque de possibles renouveaux.

Le site des artistes reproduit de nombreuses oeuvres: http://www.hubbardbirchler.net/

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 6 octobre 2009

Museum im Bellpark Kriens: Jean-Frédéric Schnyder Ausstellung 2012 jusqu'au 17 février 2013.

Je n’étais jamais allé à Kriens dans la banlieue de Lucerne, à 10 – 15 minutes en bus de la gare. Bellpark est un parc qui contient un grand chalet et tout près une villa transformée en musée. En face il y a un centre commercial récent avec Migros, poste, logements, etc. C’est dans ce cadre qe Schnyder présente ses derniers travaux dans lesquels il renoue avec la sculpture.

Il y a toujours dans le travail de Schnyder une tension entre ironie, voire même satire véhémente et sérieux, sans que l’on sache trop sur quel pied danser !

Ici toute la villa du Bellpark est imprégnée d'une musique de fanfare populaire que le visiteur entend constamment. C'est la bande son d'une vidéo présentée au sous-sol sur trois grands écrans et huit petits, intitulée, Schnapsparade. On y voit des chariots en bois tirés par des chevaux qui transportent de petites bouteilles d'alcool. Ils avancent sur un rail et sont filmés. On retrouve ces 16 chariots comme des jouets dans une vitrine du premier étage sous le titre Corso 2009. A l'image d'un travail qui se déploie entre ironie et taille très sérieuse du bois de châtaignier. De petits signes en relief sont accrochés à une paroi, Nase, 2006 - 2011, un relief en bois coloré représente un paysage: Bild, 2005/2006. Ou bien c'est la maquette de tout un village, Dörfli, 2010/2012, 16 maisons en carton grillagées occupent une salle et font penser à un projet d'unbarnisation. Les quatre pièces intititulées, Tessinerstühle, 2010 évoquent plutôt des serpents ou d'étranges crocodiles vertébrés.

Patrick Schaefer, L'art en ju 26 décembre 2012

Bâle Musée d'art contemporain. J.F. Schnyder 2007 jusqu'au 26 août

Jean- Frédéric Schnyder né en 1945 s'est d'abord fait connaître par des sculptures, des assemblages liés à la vie quotidienne. Puis il a abordé la peinture en suivant un concept, se fixant un objectif. En 1980 il réalise 126 vues de Berne qui prennent en compte tous les éléments de la banalité du quotidien. En 1991 il réalise une série de 90 salles d'attente de gares suisses toutes au format 30 x 42 cm. Deux ans plus tard il est remarqué à la Biennale de Venise avec une nouvelle série intitulée ironiquement Promenade pédestre consacrée à des vues de l'autoroute A1 qui traverse toute la Suisse d'est en ouest, faites depuis des ponts. Ayant quitté Berne pour Zoug il s'attache à un autre thème ultra délicat le coucher de soleil en 1996/97 avec 163 toiles. Il est aussi un collectionneur passionné de cartes postales.

L'exposition de Jean-Frédéric Schnyder au musée d'art contemporain de Bâle occupe la grande salle du 2ème étage. Elle rassemble plusieurs centaines de peintures, sculptures et objets couvrant toute son activité. Aucun cartel dans l'exposition qui donne un titre ou une date pour les oeuvres exposées. Le catalogue de l'exposition est un grand album reproduisant les oeuvres, mais il n'y a aucun texte.

La Sainte Trinité, la Vierge à l'enfant avec l'âne et le boeuf; une très grand bâche sur laquelle est peinte une danse des morts, voici quelques unes des peintures les plus importantes par leur dimension qui frappent le regard du spectateur lorsqu'il entre dans cette salle. Par ailleurs on retrouve différentes séries de petites toiles sur Berne, sur le coucher de soleil au bord du lac de Zoug, sur le chien de l'artiste ou encore une suite de paysages, sans oublier des compositions abstraites. De nombreux objets et sculptures évoquent un goût et une virtuosité pour la réalisation de toutes sortes de bricolages, Schnyder a toujours affirmé une affinité avec les techniques de l'artisanat. L'une de ses dernières pièces est un ensemble de petits berceaux réalisés avec des coquilles de noix. Il a taillé un totem représentant les membres de sa famille. Il réalise aussi des masques en terre cuite peinte qui révèlent une imagination débordante.

Jean-Frédéric Schnyder s'inspire de l'histoire de l'art à toutes les époques, mais aussi des traditions populaires et des formes triviales de l'expression visuelle, il s'amuse avec les catégories du kitsch, de l'art populaire, du bricolage et de l'Art. Toujours soucieux d'intégrer la pratique artistique dans un contexte social et historique, il rend aussi perceptible le caractère jubilatoire d'une technique maîtrisée.

Bâle Museum für Gegenwartskunst, Jean- Frédéric Schnyder du 28 avril au 26 août 2007.

A signaler que l'on pourra découvrir la rétrospective Fischli & Weiss dont la démarche relève du même esprit au Kunsthaus de Zurich du 6 juin au 9 septembre 2007.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 15 mai 2007

Tate Modern

Fischli & Weiss Flowers & Questions. A Retrospective jusqu'au 14 janvier 2007

Apparues au début des années 1980, les petites sculptures en terre intitulées Plötzlich diese Übersicht (Soudain cette vue d'ensemble) de Peter Fischli (1952) & David Weiss (1947- 2012) ont fait sensation, la série se poursuit jusqu'à aujourd'hui. Figuratives, posées sur des socles, elles proposent des fragments du réel, des scènes historiques ou quotidiennes. Cette interrogation sur la reproduction, recréation du réel habite toutes leurs réalisations quelle que soit la technique utilisée. On découvre les photographies de grands formats réunissant plusieurs thèmes présentés dans différentes expositions sous la forme de tirages, de diapositives et de livres, les aéroports, les fleurs et les champignons, les villes du monde. Le film Le cours des choses, 1986-1987, est sans doute la réalisation filmée la plus connue et la plus montrée produite par des artistes contemporains, présentée notamment en 1992 dans le pavillon suisse de l'exposition de Séville, ici le film est projeté simultanément avec un autre film qui montre la réalisation des expériences, les essais qui précèdent les prises de vue. On retrouve les sculptures en caoutchouc reproduisant des objets quotidiens. Enfin les derniers travaux en noir dans lesquels on distingue à peine le sujet Fotografias, 2004- 2005. Chaque installation de Fischli & Weiss rappelle une exposition, une sensation, une surprise, ici l'étonnement vient de les retrouver articulées dans une dizaine de salles. On peut se demander pourquoi ils ont respecté à ce point le jeu de la rétrospective sans proposer de nouvelles installations, c'est une vue d'ensemble, un peu accélérée. Leurs travaux se caractérisent par leur humour, la réflexion sur le réel et sa reproduction, le jeu aussi, l'absurdité de cette reproduction soigneuse. L'exposition s'achève en point d'exclamation sur une salle dans laquelle le personnel de montage semble avoir oublié son matériel, une installation qui rappelle le vélo et le matériel de peinture abandonné sous un escalier du musée d'art contemporain de Francfort, une série de faux ready mades!.

La Tate Modern propose du 1er au 3 décembre trois programmes de vidéos d'artistes suisses à l'occasion de cette exposition.

Fischli & Weiss: Flowers & Questions. A Retrospective jusqu'au 14 janvier 2007 puis au musée d'art moderne de la ville de Paris du 22 février au 13 mai 2007, au Kunsthaus de Zurich du 6 juin au 9 septembre 2007 et au Deichtorhallen de Hambourg du 16 novembre au 3 février 2008.

Patrick Schaefer, L'art en jeu 23 novembre 2006

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