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Cette page propose des articles sur Teresa Hubbard/ Alexander Birchler, Fischli & Weiss, Jean-Frédéric Schnyder.
Le Kunsthaus d'Aarau consacre une rétrospective à Teresa Hubbard (1965) & Alexander Birchler (1962), jusqu'au 8 novembre 2009. Elle rassemble des photographies et des vidéos réalisées de 1991 à 2008 par ce couple artistique.
Cette rétrospective permet de mesurer l'ampleur et la continuité d'un travail qui associe photographie et vidéo. L'atmosphère visuelle dramatique obtenue par les éclairages et la prise de vue est soutenue par le récit qui sous-tend la réalisation. Mais ce récit est elliptique, il laisse une part importante à nos suppositions et l'incertitude des causes du drame est évidente. A moins qu'il n'y ait pas de drame, le temps et les tensions restent suspendus avec parfois un climax. Il peut s'agir d'un homme qui passe l'aspirateur dans sa chambre Gregor's room, 1999, d'un instrumentiste qui joue du cornet ou d'une femme qui fonce dans le mur de sa maison au volant d'un fourgon dans Single Wide, 2002, ou encore de cette petite fille qui assiste au désastre de son anniversaire pris sous la pluie de la mousson dans Eight, 2001. La scène est filmée comme s'il s'agissait d'une tragédie épouvantable, mais, à la fin, le bruit de fond de la maison semble indiquer que l'anniversaire se poursuit paisiblement à l'intérieur. Une série de photos comme Falling down, 1996 illustre bien cette recherche de moments où le temps est suspendu, ici il s'agit d'objets que les gens laissent tomber. Alors que dans Holes, 1997, les modèles sont surpris sous des angles inattendus à travers des trous dans l'espace intérieur.
Leur travail le plus récent est un documentaire de 54' intitulé Grand Paris Texas, 2008. Les artistes sont partis enquêter sur la ville de Paris, Texas qui a inspiré le titre d'un film de Wim Wenders en 1984. Le film de Wenders n'a rien à voir avec cette ville dont le nom a simplement inspiré le titre. Pourtant différents témoins racontent les conséquences de cette célébrité soudaine pour la localité. En réalité, le film est un documentaire sur la fin du cinéma ou plutôt les fins puisqu'il remonte même au passage du muet au sonore. Tout en insistant visuellement sur la décrépitude, il évoque de possibles renouveaux.
Le site des artistes reproduit de nombreuses oeuvres: http://www.hubbardbirchler.net/
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 6 octobre 2009 |
Jean- Frédéric Schnyder né en 1945 s'est d'abord fait connaître par des sculptures, des assemblages liés à la vie quotidienne. Puis il a abordé la peinture en suivant un concept, se fixant un objectif. En 1980 il réalise 126 vues de Berne qui prennent en compte tous les éléments de la banalité du quotidien. En 1991 il réalise une série de 90 salles d'attente de gares suisses toutes au format 30 x 42 cm. Deux ans plus tard il est remarqué à la Biennale de Venise avec une nouvelle série intitulée ironiquement Promenade pédestre consacrée à des vues de l'autoroute A1 qui traverse toute la Suisse d'est en ouest, faites depuis des ponts. Ayant quitté Berne pour Zoug il s'attache à un autre thème ultra délicat le coucher de soleil en 1996/97 avec 163 toiles. Il est aussi un collectionneur passionné de cartes postales.
L'exposition de Jean-Frédéric Schnyder au musée d'art contemporain de Bâle occupe la grande salle du 2ème étage. Elle rassemble plusieurs centaines de peintures, sculptures et objets couvrant toute son activité. Aucun cartel dans l'exposition qui donne un titre ou une date pour les oeuvres exposées. Le catalogue de l'exposition est un grand album reproduisant les oeuvres, mais il n'y a aucun texte.
La Sainte Trinité, la Vierge à l'enfant avec l'âne et le boeuf; une très grand bâche sur laquelle est peinte une danse des morts, voici quelques unes des peintures les plus importantes par leur dimension qui frappent le regard du spectateur lorsqu'il entre dans cette salle. Par ailleurs on retrouve différentes séries de petites toiles sur Berne, sur le coucher de soleil au bord du lac de Zoug, sur le chien de l'artiste ou encore une suite de paysages, sans oublier des compositions abstraites. De nombreux objets et sculptures évoquent un goût et une virtuosité pour la réalisation de toutes sortes de bricolages, Schnyder a toujours affirmé une affinité avec les techniques de l'artisanat. L'une de ses dernières pièces est un ensemble de petits berceaux réalisés avec des coquilles de noix. Il a taillé un totem représentant les membres de sa famille. Il réalise aussi des masques en terre cuite peinte qui révèlent une imagination débordante.
Jean-Frédéric Schnyder s'inspire de l'histoire de l'art à toutes les époques, mais aussi des traditions populaires et des formes triviales de l'expression visuelle, il s'amuse avec les catégories du kitsch, de l'art populaire, du bricolage et de l'Art. Toujours soucieux d'intégrer la pratique artistique dans un contexte social et historique, il rend aussi perceptible le caractère jubilatoire d'une technique maîtrisée.
Bâle Museum für Gegenwartskunst, Jean- Frédéric Schnyder du 28 avril au 26 août 2007.
A signaler que l'on pourra découvrir la rétrospective Fischli & Weiss dont la démarche relève du même esprit au Kunsthaus de Zurich du 6 juin au 9 septembre 2007.
Apparues au début des années 1980, les petites sculptures en terre intitulées Plötzlich diese Übersicht (Soudain cette vue d'ensemble) de Peter Fischli (1952) & David Weiss (1947- 2012) ont fait sensation, la série se poursuit jusqu'à aujourd'hui. Figuratives, posées sur des socles, elles proposent des fragments du réel, des scènes historiques ou quotidiennes. Cette interrogation sur la reproduction, recréation du réel habite toutes leurs réalisations quelle que soit la technique utilisée. On découvre les photographies de grands formats réunissant plusieurs thèmes présentés dans différentes expositions sous la forme de tirages, de diapositives et de livres, les aéroports, les fleurs et les champignons, les villes du monde. Le film Le cours des choses, 1986-1987, est sans doute la réalisation filmée la plus connue et la plus montrée produite par des artistes contemporains, présentée notamment en 1992 dans le pavillon suisse de l'exposition de Séville, ici le film est projeté simultanément avec un autre film qui montre la réalisation des expériences, les essais qui précèdent les prises de vue. On retrouve les sculptures en caoutchouc reproduisant des objets quotidiens. Enfin les derniers travaux en noir dans lesquels on distingue à peine le sujet Fotografias, 2004- 2005. Chaque installation de Fischli & Weiss rappelle une exposition, une sensation, une surprise, ici l'étonnement vient de les retrouver articulées dans une dizaine de salles. On peut se demander pourquoi ils ont respecté à ce point le jeu de la rétrospective sans proposer de nouvelles installations, c'est une vue d'ensemble, un peu accélérée. Leurs travaux se caractérisent par leur humour, la réflexion sur le réel et sa reproduction, le jeu aussi, l'absurdité de cette reproduction soigneuse. L'exposition s'achève en point d'exclamation sur une salle dans laquelle le personnel de montage semble avoir oublié son matériel, une installation qui rappelle le vélo et le matériel de peinture abandonné sous un escalier du musée d'art contemporain de Francfort, une série de faux ready mades!.
La Tate Modern propose du 1er au 3 décembre trois programmes de vidéos d'artistes suisses à l'occasion de cette exposition.
Fischli & Weiss: Flowers & Questions. A Retrospective jusqu'au 14 janvier 2007 puis au musée d'art moderne de la ville de Paris du 22 février au 13 mai 2007, au Kunsthaus de Zurich du 6 juin au 9 septembre 2007 et au Deichtorhallen de Hambourg du 16 novembre au 3 février 2008.
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