
| L'art en jeu vous offre des critiques d'expositions (plus de 150 pages); un agenda d'expositions sélectif (200 liens); neuf années de chronique, un blog artistique au jour le jour depuis 2001. Les boutons ci-dessous vous permettent de naviguer dans le site. |
| accueil | agenda | architecture | chronique | entretiens | expositions | liens | personnel | contact |
| pour me contacter: infoat art-en-jeu.ch |
François BurlandAu royaume du mythe et de la magie François Burland ( né en 1958) bénéficie de cinq expositions simultanées en ce printemps 2006, trois ont lieu dans des galeries et deux dans des institutions publiques: au Musée d'art et d'histoire de Fribourg jusqu'au 30 juillet et au Museum im Lagerhaus à Saint-Gall jusqu'au 9 juillet. L'exposition de Fribourg propose une trentaine de feuilles de l'artiste qui retracent son parcours artistique tout en présentant des travaux récents. Feuilles, car François Burland travaille en principe sur de grands papiers froissés sur lesquels il trace directement au sol les figures et les êtres fantastiques qui l'habitent. L'exposition de Fribourg débute avec des pièces anciennes qui pour certaines appartiennent à la collection de l'Art brut à Lausanne, une grande pièce aux craies de couleur de 1986 - 1987, puis une Poya de 1995. L'artiste renvoie à des traditions multiples: l'Océanie, les Indiens d'Amérique, la peinture populaire suisse. Les dernières pièces font penser à l'Antiquité grecque ou disons méditerranéenne. En effet les échos multiples sont retravaillés, fusionnés. L'un des traits communs à toutes les oeuvres est la présence de l'animal: loups, bouquetins, serpents, lézards, oiseaux, taureaux, mais ils sont hybrides, métamorphosés pour former un bestiaire fantastique. Dans la série intitulée Les Baleines du Ténéré de 1991-1992, on ne trouve pas de baleines, mais des chacals et des kalachnikovs. De la danse des morts à la danse de vieL'émergence de François Burland s'inscrit dans le contexte des années 1980, le néo-expressionnisme, la transavantgarde, les mythologies individuelles, on peut signaler d'autres artistes suisses qui à ce moment ont exprimé un rapport fort avec l'animal notamment: Jean-Michel Jaquet (1950), Claude Sandoz (1946), Gilbert Mazliah (1942) par exemple. On peut encore mentionner la valorisation de l'outsider art, avec chez certains la tentative de définir des catégories: l'art brut, la neuve invention et chez d'autres le refus d'entrer dans ces considérations. Le troisième élément que l'on peut citer c'est la valorisation du dessin comme moyen de découverte intérieure avec en Suisse en particulier des personnalités comme Miriam Cahn ou Silvia Bächli. Par ailleurs on songe au cheminement de l'artiste, à sa personnalité qui aboutissent à la construction d'une uvre et à la construction d'une vie. Recherche de stimulations non pas dans la réalité immédiate, mais dans un imaginaire qui pourrait être collectif. Aucun artiste n'est imperméable au monde qui l'entoure, bien au contraire; il reçoit d'innombrables suggestions, il découvre aussi de nombreuses personnalités, des modes de vivre, depuis les riches collectionneurs chez qui il est invité jusqu'aux hommes du Sahara qui le fascinent personnellement et se constitue ainsi une culture autodidacte. L'intérêt offert par l'examen de l'uvre de Burland réside dans le fait qu'elle nous permet de nous interroger sur les enjeux de la création artistique, enjeux personnels, individuels et enjeux plus larges pour la société. Quelle est la nature de l'engagement artistique?. S'agit-il de s'affirmer comme individu à l'écoute de mythes transcendants, peut-être communs à toutes les cultures et que l'artiste comme un médium issu d'une communauté spécifique nous invite à découvrir, à partager ?. S'agit-il de fournir des produits, des visions qui améliorent le quotidien des autres ou s'agit-il de travailler sur le discours, la production artistique dans un mode dérisoire au risque de sembler pratiquer un véritable ressassement?. Les dessins de François Burland apparaissent comme l'accomplissement d'une suite d'aspirations: la fuite de la ville, la fascination pour la nature, les animaux, le désert, la liberté et le totem. L'animal recréé qui entoure la feuille de papier fonctionne parfois comme un cadre qui acquiert une vie très dense, il est aussi un acteur et c'est un bestiaire fantastique que propose Burland, animal rêvé, rencontré, animal totémique. La métamorphose est un thème sous-jacent récurrent et l'hybridité aussi, omniprésente. Les titres inscrits sur la feuille soulignent ou au contraire expriment une distance avec le travail présenté. L'animal est un thème majeur dans l'art contemporain depuis Picasso et ses tauromachies jusqu'aux requins de Damien Hirst. Je signale le livre de Steve Baker, The Postmodern Animal, Reaktion Books London, 2000 ainsi que celui d'Eward Lucie-Smith, Zoo : Animals in Art, London, 1998. Un article sur l'exposition Comme des bêtes 2008. Patrick Schaefer, L'art en jeu 5 juin 2006 |
| L'art en jeu vous offre des critiques d'expositions (plus de 150 pages); un agenda d'expositions sélectif (200 liens); neuf années de chronique, un blog artistique au jour le jour depuis 2001. Les boutons ci-dessous vous permettent de naviguer dans le site. |
| accueil | agenda | architecture | chronique | entretiens | expositions | liens | personnel | contact |