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Cette page contient des articles consacrés à des artistes suisses: John Armleder, Martin Disler, Urs Fischer, Thomas Huber.
Kunsthaus Aarau
Martin Disler, De l'amour et d'autres démons. Oeuvres 1979 - 1996 jusqu'au 15 avril 2007
Dix ans après la mort de Martin Disler (1949 - 1996), le Kunsthaus d'Aarau rend hommage à cette personnalité qui a fait l'objet de beaucoup d'attention de son vivant et par la suite. Une monographie importante sort à l'occasion de cette exposition. Trois types d'oeuvres forment le coeur de cette présentation: les grandes peintures sur toile qui incarnent le style néo-expressionniste du début des années 1980 et qu'il a continué à développer plus tard. Il s'agit de très grands formats dans lesquels l'artiste se confronte à la problématique qui habite toute son oeuvre: le corps humain, éclaté, écartelé, généralement confronté à d'autres dans une véhémence absolue développée autour de la sexualité et de la mort. On voit qu'il reste fidèle à ce thème dans tous ses travaux qu'il s'agisse de la sculpture dans laquelle il développe des propositions d'une grande force. Il pratique le modelage en terre de visages et de corps qui sont parfois coulés en bronze. Un groupe impressionnant de figures occupe la cour centrale du musée. Mais il réalise aussi des constructions satiriques, expressives avec des barres métalliques et divers éléments, qui, toujours, l'amènent à proposer des figures intenses. L'aquarelle est le troisième point fort de l'exposition où l'on découvre comment il poursuit avec énergie une multitude d'idées. L'ensemble offre un regard rétrospectif intéressant qui laisse songeur sur l'évolution des styles, des pratiques et des attentes dans le domaine artistique d'aujourd'hui.
Au sous-sol où sont présentées les aquarelles, on trouve des oeuvres d'autres artistes suisses de la même période: Jean-Frédéric Schnyder, Miriam Cahn, Klaudia Schifferle, Josef Felix Muller, Leiko Ikemura, Anselm Stalder, Urs Luthi et Fischli, Weiss.
un site très complet, consacré à cet artiste qui propose notamment de nombreuses oeuvres.
9 sculptures de Martin Disler sont présentées dans le cadre de art en plein air Môtiers 07.
Patrick Schaefer, L'art en jeu 24 février 2007
John M. Armleder Amor vacui, Horror vacui
John M. Armleder (1948) occupe tous les étages du Mamco avec une rétrospective de son travail qui se visite de haut en bas. Les dialogues avec d'autres artistes apparaissent aussi dans quelques espaces (Robert Filliou par exemple) et l'accrochage habituel de certaines salles est maintenu. L'exposition très dense met en évidence les Furniture Paintings qui sont la marque caractéristique de l'artiste. Cette utilisation détournée de pièces de mobiliers existants, par exemple une mosaïque formée de tables dressées contre un mur, des fauteuils, etc. incarne particulièrement bien la déconstruction du modernisme qui caractérise cette démarche. Elle apparaît particulièrement féroce dans une présentation acérée où les citations s'enchaînent sur un rythme endiablé. Au-delà de cette déconstruction on constate une exploration et une sensibilité à tous les matériaux, le tissu, l'éponge, le papier, les supports aussi: livres, affiches par exemple qui nourrissent le foisonnement de cette production. La présentation culmine au premier étage avec un écho du temps pendant lequel l'exposition se déroule Everything 2006 : entre le marché de chrysanthèmes de novembre et le marché de sapins artificiels de décembre avec des jeux de lumières et deux lampes clignotantes Tea pots de 2001, alors qu'on entend une musique sirupeuse.
MAMCO Genève jusqu'au 21 janvier 2007
Patrick Schaefer, L'art en jeu 12 novembre 2006
Thomas Huber exposera au Mamco à Genève du 22 février au 6 mai.
Aarau Kunsthaus
Thomas Huber Das Kabinett der Bilder jusqu'au 7 novembre 2004
Né en 1955 à Zurich, Thomas Huber a étudié les beaux-arts à Bâle, Londres et Düsseldorf. Il vit en Allemagne. Il travaille par thèmes développant des séries d'aquarelles, peintures, installations et discours autour d'un sujet. Il a traité notamment de la bibliothèque, du mariage, de la banque, de l'école et de l'exposition. Il a participé à la Biennale de Lyon en 2000. En Suisse récemment ses travaux ont été exposés au musée des beaux-arts de Lausanne (1996), au Helmhaus à Zurich (2000), au Mamco à Genève. A l'occasion de l'agrandissement du Kunsthaus d'Aarau il a réalisé plusieurs peintures pour la bibliothèque de ce bâtiment. Maintenant l'institution l'a invité pour une exposition monographique.
C'est une grande peinture Le cabinet de tableaux où l'on trouve représentées les oeuvres de l'exposition que le visiteur découvre en premier. Les toiles sont rassemblées par thèmes de différentes périodes et chaque salle porte un titre: Les encyclopédies, l'atelier, la savonnerie, l'eau "Si la peinture était comme de l'eau", les lieux, le discours, le son et la fumée, l'artiste ses marques et ses animaux, la croix du mariage. Enfin deux salles latérales exposent la gestation du tableau sur le plan technique avec une présentation de la construction perspective de certaines oeuvres et sur le plan psychologique sous le titre Saturnales l'artiste évoque ses variations d'humeur en illustrant ces deux verbes: "lachen" "rire", "weinen" "pleurer" qui ressurgissent souvent dans les toiles.
Chez Thomas Huber la peinture n'est pas prise pour elle-même uniquement, elle est placée dans un contexte. L'imaginaire de l'artiste s'impose en fonction d'une succession de situations. Il s'approprie tous les domaines d'expression notamment le texte, le commentaire, les écrits théoriques qui font partie de sa production. Malgré tout, Huber, constate que l'image échappe à l'interprétation, il la compare à du savon. Il interroge la nature du message ou du fait artistique. Conscient des interprétations multiples et des malentendus qui peuvent survenir, il s'efforce de contrôler toutes les étapes de la présentation et de la réception en les incluant dans la mise en scène de ses expositions. En intégrant la problématique sociologique du récepteur et du producteur, Huber affirme aussi la légitimité de l'expression picturale. Texte et image se complètent, il utilise des métaphores ou des jeux de mots ou construit des récits qui partent d'expériences quotidiennes, autobiographiques, familiales pour aboutir à une problématique générale. L'inscription dans l'espace est essentielle; qu'il s'agisse de la construction de la perspective dans le tableau ou au contraire de la sortie du tableau par la réalisation d'une installation. Il affirme un imaginaire poétique qui prend en considération l'espace et le temps s'interroge sur la spécificité des modes d'expression artistiques tout en les associant entre eux.
Thomas Huber présente son travail sur un site internet très complet en français et en anglais. http://www.huberville.de/prestart_low_frz.htm
Aarau Kunsthaus jusqu'au 7 novembre 2004. L'exposition est présentée à Rotterdam au musée Bojmans Van Beuningen, puis à Krefeld au Kaiser Wilhelm Museum du 20 02 au 08 05 2005.
Thomas Huber expose également à la Maison de la culture d'Amiens, le projet évolutif Sonnez les matines jusqu'au 31 octobre 2004.
Thomas Huber. La langueur des losanges jusqu'au 4 janvier 2009 au Carré d'art à Nîmes.
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 5 septembre 2004
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Urs Fischer sera exposé au Palazzo Grassi à Venise du 15 avril au 15 juillet 2012.
Urs Fischer (1973) représentera la Suisse à la Biennale de Venise 2007. Il occupera l'église San Stae avec Ugo Rondinone (1964).
Urs Fischer Kir royal, Kunsthaus Zurich jusqu’au 26 septembre 2004
Urs Fischer (1973) a suivi une formation de photographe avant de séjourner à Amsterdam et à Londres. Il vit entre Los Angeles, Berlin et Zurich. Il a exposé au Centre Pompidou de mars à mai 2004 et son travail a été présenté à l’ICA à Londres de janvier à février 2000 « Without a fist - like a bird ». Il investit toute la grande salle d’exposition du Kunsthaus, le Bührle-Saal. Le lieu est traité de façon unitaire avec des parois découpées qui rythment le site. Tout le travail est structuré par ces trois parois de bois dont les parties découpées occupent l’espace de façon variée, alors que les vides créent des effets de profondeur. Par ailleurs dans les quatre espaces ainsi créés sont présentées une grande peinture qui introduit la couleur. On remarque aussi une présentation de petites gouaches derrière un panneau dans un coin. L’espace central est animé par une pluie de 1000 gouttes bleues, ces poires qui tombent du plafond confèrent une connotation surréaliste à l'ensemble. Enfin on retrouve dans chaque salle des sculptures en cire de femmes grandeur nature qui brûlent comme des bougies. Leur destruction progressive modifie considérablement l’aspect de l’exposition, si l’on regarde des photos du début de la manifestation. (On trouve sur le net des photographies de la réalisation de ses sculptures en cire : http://www.kunstguss.ch/_html/02_kunst/02_01_fischer.html)
Les quatre espaces pourraient suggérer un décor d'opéra que le visiteur traverserait. En plus des femmes-bougies un autre thème est décliné au long du parcours, c’est celui de la chaise avec des allusions évidentes à Bruce Nauman, Haim Steinbach, ou Claes Oldenburg et aussi à Van Gogh. On assiste ainsi au développemment d’une rhétorique grandiose, dans l’occupation de l’espace, imposante et qui en jette en multipliant les références. L’exposition est assez impressionnante, dans tous les cas spectaculaire. Pourtant il me semble qu’il y a un côté incroyablement prétentieux dans cette démarche, peut-être brillante, mais très immodeste. On saisit bien la joie iconoclaste à multiplier les références dans des constructions gigantesques, en même temps si l’on comprend le plaisir de l’artiste et de son équipe on peut s’interroger sur le rôle de l’institution qui renonce à toute mise en perspective, à tout dialogue au profit de l’expansion d’un seul discours. Ce qui favorise tout de même une certaine inanité, un côté vain et absurde de la démarche, bien sûr il l’est tout autant chez d’autres artistes qui bénéficient d’une grande promotion internationale comme Matthew Barney et son Cremaster. L’idée est peut-être, par une incroyable promotion, de donner également ce type de chance à celui-ci ?
Patrick Schaefer, L'art en jeu, 17 août 2004
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