Chronique

 Chronique 2017 (cette page reprend les textes de la page d’accueil dès qu’ils sont échus. Vous trouvez les liens vers les articles dans la liste des articles qui sont classés par années.)

Gruyères 4 septembre 2017

Le château de Gruyères et ses expositions artistiques. Sandrine Pelletier: Foreign Accent jusqu’au 22 octobre 2017.

Gruyères est connu comme village historique, touristique, entièrement dédié aux restaurants et au commerce. Mais ce bourg possède aussi un musée et un café Giger, un musée tibétain et bien sûr le château qui a été soigneusement restauré.

Depuis quelques années des artistes contemporains sont invités à dévoiler leurs créations les plus récentes au château. Deux salles du rez sont dédiées aux expositions temporaires, la terrasse offre un site idéal pour la mise en espace de sculptures. Enfin les créateurs peuvent aussi présenter en contrepoint leurs travaux dans les salles historiques.

Sandrine Pelletier (née en 1976) empoigne les techniques les plus diverses avec ardeur. Lavis, carton, bois brûlé ou peint, céramique et verre lui suggèrent des recherches sur les paroxysmes auxquels il est possible d’exacerber les matières, les limites entre expression et disparition, un peu comme le lavis qui joue avec la suggestion de la représentation d’un espace ou son effacement….

Lausanne 29 août 2017

Arsenic Début de saison le 21 septembre. Patrick de Rham a dirigé les Urbaines pendant 10 ans. Il présente sa première saison à l’Arsenic dont il est le quatrième directeur. Les limites entre les divers modes d’expression artistique s’effacent de plus en plus, surtout à travers la performance. Si les 3/4 des intervenants retenus proviennent de Suisse romande, le spectacle d’ouverture est proposé par le chorégraphe suédois Marten Spangberg, les 21 et 22 septembre, un « spectacle » qui a été montré au Palais de Tokyo à Paris au mois de mars.

Berne 14 août 2017

La collection Hahnloser jusqu’au 13 mars 2018.

Le musée de Berne présente dans les salle de l’ancien bâtiment, la collection Hahnloser dans toute son ampleur et avec ses points forts qui sont avant tout Pierre Bonnard et Félix Vallotton, mais elle comprend de nombreux autres artistes à commencer par Van Gogh, Cézanne, Matisse, Maillol et Redon notamment.

Yverdon 29 juillet 2017

Le centre d’art contemporain d’Yverdon, transformé en immense volière, nous offre une expérience exceptionnelle avec Céleste Boursier-Mougenot from here  to ear jusqu’au 5 novembre. 25 tonnes de sable, des arbres, des nichoirs, des guitares électriques, de nombreux amplificateurs et cymbales transformées en mangeoires pour accueillir près de 80 mandarins qui vont voleter et vivre dans cet endroit en créant d’étranges musiques selon leur déplacement et les mouvements des visiteurs.

A signaler également à Yverdon un nouveau festival à l’y-parc, mais aussi en ville, numerik–games du 25 au 27 août.

Aarau 26 juillet 2017

Le Kunsthaus d’Aarau fait le point sur la Suisse et le Pop Art jusqu’au 1er octobre. Une réflexion historique, mais une présentation légère et joyeuse qui a su faire ressortir l’esprit d’artistes jeunes  dont beaucoup sont devenus très connus, (Peter Stämpfli, Urs Lüthi, Markus Raetz, par exemple), en approfondissant certains aspects de leur première expression tonitruante. On sent bien qu’il s’agissait pour tous de casser le cadre, le cadre de la toile, celui des catégories artistiques, graphisme et peinture notamment, celui des sujets, d’explorer de nouveaux matériaux aussi pour des reliefs, de la sculpture….

Zurich 16 juillet 2017

A son tour, le Kunsthaus de Zurich tente faire une place à la performance au musée. Sous le titre Action!, jusqu’au 30 juillet, l’exposition retient des réalisations engagées politiquement, mais aussi les exemples actuels tournés vers le dialogue et l’interactivité. A signaler que Rimini Protokoll réalise une visite commentée du Kunsthaus par groupe de 6 sur inscription préalable en ligne….

Au Haus Konstruktiv, on peut découvrir les installations aériennes de Tomas Saraceno jusqu’au 3 septembre. Installations, mais aussi incitation à la performance! et réflexion sur l’énergie.

Paris 27 juin 2017

Les amateurs de peinture sont à la fête avec les expositions en cours à Paris. Citons dans l’odre chronologique: les portraits de Cézanne au musée d’Orsay; Derain, Giacometti et Balthus au musée d’art moderne de la ville, une présentation exceptionnelle par son ampleur et sa pertinence et enfin la rétrospective David Hockney, au centre Pompidou qui retrace les cheminements d’un geek heureux qui célèbre ses 80 ans…

Lausanne 23 juin 2017

Depuis 2012, l’Hospitalité Saint-François invite un artiste contemporain à intervenir dans l’église. Après François Burland, Rudy Decelière, c’est Sandrine Pelletier qui a été invitée à intervenir avec deux installations monumentales pour marquer le 500ème anniversaire de la Réforme. 95 échelles de bois brûlés et deux coulures de verre blanc modifient la perception habituelle de l’édifice. http://www.sainf.ch/hospitalite-artistique/

Genève 22 juin 2017

Il vous reste encore quelques semaines pour aller découvrir les estampes de Martin Disler au cabinet des estampes jusqu’au 30 juillet. Il ne faut pas manquer cette plongée dans les années 1980 néo-expressives. D’ailleurs les autres institutions genevoises tournées vers l’art contemporain vous incitent à remonter plus loin encore.

Ainsi le centre d’art contemporain vous ramène au temps de la machine à écrire! lorsque celle-ci servait de point de départ à des créations associant poèmes et expression graphique jusqu’au 27 août: Henri Chopin (1922-2008), Dom Sylvester Houédard (1924-1992) et Karl Holmqvist (né en 1964). Enfin une exposition consacrée aux lettristes.

Bâle 16 juin 2017

Musée des beaux-arts, Depuis l’ouverture de son nouvel édifice, l’offre des expositions du musée est extrêmement riche:

Hola Prado, un dialogue entre deux collections 8 avril – 20 août; Mireille Gros , Archives intimes, dessins et cahiers de croquis 11 avril – 9 juillet; Focus Papier, Penser l’espace jusqu’au 6 août; Otto Freundlich jusqu’au 10 septembre;

L’exposition phare est: Cézanne caché: de l’esquisse à la toile, oeuvres sur papier 10 juin – 24 septembre. elle s’appuie sur un fond de 154 travaux sur papier de l’artiste, surtout les pages de ses carnets d’esquisses.

A la Kunsthalle une importante collective sur l’informe, le mou: Ungestalt (collective) 19 mai – 13 août et Yan Xing dans les salles du haut.

Lausanne 4 juin 2017

Musée de l’Elysée: Diapositive. Histoire de la photographie projetée jusqu’au 24 septembre

24 juin nuit de la photographie

Musée cantonal des beaux-arts: Yael Bartana. Trembling Times jusqu’au 20 août

Musée de design (mudac) Miroir/Miroir jusqu’au 1er octobre. Sur deux étages et dans huit sections bien distinctes, l’exposition explore les usages du miroir chez les artistes et dans le design contemporain.

Espace Arlaud: Francine Simonin. Léman. Gravures et monotypes jusqu’au 2 juillet, dans les salles du 1er étage.

Bex 4 juin 2017

Bex & Arts 4 juin – 15 octobre 2017  13e triennale de sculpture contemporaine: L’énergie

Tous les trois ans, les amateurs de sculptures en plein-air retrouvent la propriété de Szilassi, à Bex pour une balade riche en surprises. Cette année 31 artistes ont été invités, un chiffre nettement inférieur aux éditions précédentes, ce qui favorise la mise en valeur des arbres et des espaces de la campagne. Toutes les générations sont représentées et le parcours permet de découvrir des propositions diverses par rapport aux matériaux employés, aux techniques et à la prise de position dans l’espace, de la stèle traditionnelle à l’horizontalité ou même au souterrain….

Venise 27 mai 2017

Biennale: Viva Arte Viva jusqu’au 26 novembre

Le pavillon central de la Biennale aux Giardini commence bien avec des photos de Mladen Stilinovic de l’artiste endormi sur un banc, affirmant le droit à l’otium par opposition au negotium. Ne rien faire comme signe de la liberté artistique, on trouve encore cet esprit dans quelques pièces de Franz West. Mais le propos ne se poursuit pas vraiment et disparaît vite dans le thème du livre créé par divers artistes, sans qu’une œuvre forte surgisse. On retrouve par contre l’artiste endormi dans la belle exposition Philip Guston et les poètes (en fait, surtout Philip Guston et l’Italie) à l’Academia. Elle fait partie de la biennale, puisque le billet de celle-ci permet d’y accéder, il ne faut pas la manquer….

Punta della Dogana et Palazzo Grassi: Damien Hirst Trésors de l’épave de l’incroyable jusqu’au 3 décembre 2017.

Damien Hirst dans son exposition vénitienne nous raconte une histoire, celle du naufrage de la galère d’un riche affranchi, dont les trésors auraient été repêchés par une expédition de scaphandriers. Deux films présentent les fouilles sous-marines, la découverte et la sortie des trésors. Il y a des sculptures incrustées d’éponges et de coquillages dans les formats les plus divers, mais aussi un trésor qui propose une collection de nuggets et des bijoux sophistiqués….

Zurich 6 mai 2017

Le Kunsthaus de Zurich présente: Kirchner les années berlinoises du 10 février – 7 mai 2017 prolongée jusqu’au 21 mai. Le Kunsthaus de Zurich évoque les années berlinoises de Kirchner entre la rumeur de la grande ville et l’idylle dans la nature. La nature ce sont des séjours sur l’île de Fehmarn, la ville ce sont les places, le mouvement, la vie nocturne et la prostitution qui inspirent les toiles de l’artiste….

Lausanne 26 avril 2017

Fondation de l’Hermitage, Chefs-d’oeuvre de la collection Bührle jusqu’au 29 octobre. La Fondation de l’Hermitage présente pour plusieurs mois un ensemble d’oeuvres majeures de la collection Bührle. Celle-ci sera présentée dès 2020 dans le nouveau bâtiment du Kunsthaus de Zurich. En attendant, elle prête ses oeuvres à diverses institutions. A noter par exemple que c’est Le Semeur de Van Gogh qui fait l’affiche de l’exposition lausannoise, mais on peut encore découvrir 6 toiles de van Gogh au musée du même nom à Arles. Et si le Garçon au gilet rouge est bien à Lausanne, 6 toiles de Cézanne figureront dans l’exposition consacrée à cet artiste à la Fondation Gianadda (16 06 – 19 11 2017) et une autre au musée d’Orsay ( 13 06 –  24 09 2017). Je mentionne ces faits pour que l’on mesure l’ampleur de cette collection, vraiment stupéfiante. C’est une chance de pouvoir la découvrir dans d’excellentes conditions à Lausanne….

Rodez 16 avril 2017

Le musée Pierre Soulages (né en 1919) à Rodez est un cas rare de mise en valeur d’un artiste de son vivant (non pas du tout unique comme le prétend le dépliant, nous connaissons par exemple, le musée Franz Gertsch à Burgdorf et puis voir plus loin pour le musée Dali!). L’accrochage d’un nombre d’œuvres assez réduit est chronologique. Un vaste espace est consacré aux estampes, eaux-fortes, lithographies, sérigraphies et aux livres. Une salle présente les vitraux de Conques. Surtout le musée comprend un bel espace réservé aux expositions temporaires. En ce moment jusqu’au 30 avril, il réunit des artistes du XXe siècle sur le thème du temps, une excellente sélection de 50 créateurs. Pour l’été, dès le 24 juin, le musée annonce une présentation des libellules géantes de Calder. Toute la réalisation dégage un sentiment de sérénité et de mesure bien maîtrisé.

Figueras 16 avril 2017

Théâtre musée Dali. Entièrement conçu par Salvador Dali sur le site de l’ancien théâtre municipal détruit au cours de la guerre civile. Ce musée est pensé comme une oeuvre de Dali, l’architecture et les places environnantes sont également imprégnées d’interventions de l’artiste. L’église voisine a été reconstruite après la guerre, elle est décorée d’oeuvres d’artistes du XXe siècle.

Saragosse 16 avril 2017

Saragosse, ville moderne, puisqu’elle fut presque rasée en 1809 après le siège des troupes de Napoléon, ville de Goya, le musée qui porte son nom permet de découvrir des tirages complets de toutes les suites de l’artiste, en général imprimées après sa mort. A signaler également le musée Pablo Gargallo, logé dans un magnifique petit palais.

Paris 22 mars 2017

Musée Rodin, Kiefer – Rodin, jusqu’au 22 octobre. Alors que le musée Rodin a largement contribué à l’exposition marquant le centenaire de la mort du sculpteur au Grand Palais qui vient d’ouvrir jusqu’au 31 juillet, (je ne l’ai pas vue), il a invité Anselm Kiefer à prendre position face aux oeuvres de Rodin. Kiefer a choisi d’évoquer les cathédrales de France un livre du sculpteur, à travers une superbe réalisation qui associe peintures, livres, aquarelles et vitrines.

Musée d’art moderne de la ville, Karel Appel, L’art est une fête jusqu’au 20 août. Bien que la plus grande partie de ses salles soient fermées pour travaux,  le MAM présente une expo Karel Appel, coup de poing,  grâce à la donation de 21 toiles et sculptures et 21 prêts.

Musée d’Orsay, Au-delà des étoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky jusqu’au 25 juin 2017. L’exposition commence en fanfare avec 4 cathédrales, 2 meules de foin et 2 peupliers de Monet, ils introduisent une première section intitulée Contemplation. Conçue au Canada, où elle a été montrée auparavant à la Art Gallery of Ontario, l’exposition incarne un point de vue défini par l’étude d’une école de peinture de paysage de ce pays, dit le Groupe des Sept….

Grand Palais Jardins jusqu’au 24 juillet. Une vaste présentation qui associe art contemporain et ancien dans une approche thématique. Tout en affirmant vouloir dresser une histoire du jardin, elle présente des pièces rarement vues comme des plans de jardin, l’exposition s’appuie en grande partie sur des oeuvres qui appartiennent à l’histoire de la peinture, notamment l’art contemporain. Tout d’un coup une salle entière consacrée à Wolfgang Tillmans dans les dernières pièces on trouve des peintures de fleurs et de jardins….

Maison rouge, L’esprit français, contre-cultures 1969 -1989, jusqu’au 21 mai. Bien mise en scène, cette présentation associe chronologie, documents, peinture, évocation de divers  groupes alternatifs qui se sont développés au cours de la période d’une façon très digeste et aérée.

Beaubourg Imprimer le monde, Mutations / Créations jusqu’au 19 juin sur la 3 d, ou comment l’ordinateur et des machines qui crachent des matières liquides, puis solides permettent de créer les objets les plus divers, chaises, travaux artistiques, éléments d’architecture, une présentation passionnante.

Palais de Tokyo, le nouveau cycle d’expositions du Palais de Tokyo est visible jusqu’au 8 mai. La performance d’Abraham Poincheval a été abondamment médiatisée. On découvre l’évocation d’autres performances de séjours incongrus de l’artiste avec les sculptures et les grandes aquarelles de l’artiste. Le grand espace du rez est consacré à Taro Izumi, qui réalise des sculptures d’après des photographies de footballeurs en pleine action.

Bâle Riehen 24 janvier 2017

En 2017, la Fondation Beyeler fête ses vingt ans. Elle débute l’année par une exposition Claude Monet jusqu’au 28 mai. Il faut relever que c’est la troisième fois qu’on retrouve cet artiste dans une exposition de la Fondation, mais c’est la première fois qu’il est présenté seul. Une approche très pointue ressort de cette exposition qui se concentre sur les toiles crées entre 1880 et 1905 environ….

Genève 30 décembre

Musée Rath: Le retour des ténèbres. L’imaginaire gothique depuis Frankenstein jusqu’au 19 mars 2017.

Une exposition assez touffue qui associe une documentation sur la période de création de Frankenstein en 1816 à Genève, la présence de Marie Shelley et Lord Byron à Genève et la permanence du fantastique et de l’étrange dans l’art. L’exposition présente de nombreuses oeuvres intéressantes et peu connues.

Paris 5 décembre 2016

Le nombre d’expositions intéressantes en cours à Paris en ce moment est vraiment étonnant. J’en mentionne quelques-unes ici et vous trouverez d’autres liens dans l’agenda.

Musée national d’art moderne, Centre PompidouCy Twombly jusqu’au 24 avril 2017; Brassaï Graffiti jusqu’au 30 janvier (galerie de photo du sous-sol). Le centre Pompidou consacre une rétrospective à cet artiste devenu un véritable objet de culte, en présentant, toiles, dessins, sculptures et photographies.

La rétrospective Twombly est judicieusement complétée par une présentation des photographies de graffiti de Brassaï qui permet de retrouver le contexte d’une sensibilité des années 1950….

Centre Pompidou 7 octobre 2016René Magritte. La trahison des images jusqu’au 23 janvier 2017

En aménageant quatre grandes salles, l’exposition souligne la continuité de l’œuvre comme invention d’images et de textes selon un processus créatif établi renversant ou faisant glisser des relations sémantiques usuelles, l’œuf et la cage par exemple. Le parti-pris est résolument non chronologique….

Au Palais de Tokyo, Carte blanche à Tino Seghal jusqu’au 18 décembre.

Il ne reste que quelques jours pour vivre les sept (sauf erreur) performances orchestrées par Tino Seghal dans des espaces dénudés, bruts du Palais de Tokyo. Certaines sont nouvelles, d’autres ont déjà été présentées à divers endroits. ( Il faut signaler que cette carte blanche a été précédée par la présentation d’une chorégraphie de Tino Seghal à l’opéra Garnier, fin septembre, sans titre, 2016, 15′ complétée par 4 performances dans les espaces de circulation de l’opéra, ce qui fait qu’il a monté, si ce n’est une rétrospective complète de son travail, du moins une présentation très approfondie)….

 Monnaie de ParisMaurizio Cattelan. Not Afraid of Love jusqu’au 8 janvier 2017.

Bien qu’il ait annoncé qu’il voulait abandonner la production artistique, après avoir effectivement fait une pause de cinq ans, Maurizio Cattelan, né en 1960 continue à intervenir de manière très pointue. Ainsi, il a participé à la dernière Manifesta à Zurich. Ici il propose une rétrospective de son travail, en présentant dix-huit pièces réalisées sur trente ans….

Musée Rodin: L’enfer selon Rodin jusqu’au 22 janvier.

Le musée Rodin propose une vision très complète de l’oeuvre de l’artiste. Dans la maison principale le parcours de la visite présente aussi bien les sculptures de Rodin que sa collection personnelle, avec des sculptures antiques, mais aussi de nombreuses toiles d’artistes contemporains. Le jardin propose un large ensemble de tirages en bronze des sculptures réalisées à différentes périodes. Enfin à l’entrée,  un espace permet la présentation d’expositions temporaires à un rythme régulier.

En ce moment, c’est la réalisation de l’une des oeuvres majeures de Rodin qui est évoquée: la porte de l’enfer dont il existe un tirage dans le jardin. On apprend d’ailleurs que tous les tirages sont posthumes et que si ce projet habita Rodin pendant de longues années, il ne le réalisa jamais véritablement….


Karlsruhe et Munich présentent simultanément de gigantesques expositions consacrées à l’art de l’après-guerre. Il est évidemment intéressant de les comparer, car leur champ géographique et leur point de vue méthodologique sont différents. En résumé, le catalogue de Munich fait près de 900 pages et celui de Karlsruhe « seulement » la moitié!

Karlsruhe 28 novembre 2016

Kunsthalle Karlsruhe: Double Vision: Albrecht Dürer / William Kentridge jusqu’au 8 janvier 2017.

William Kentridge est un artiste que l’on rencontre depuis longtemps dans les grandes expositions internationales Documenta (2007, 2012), Biennale de Venise (2003), Avignon 2011, mais il est rare de découvrir une exposition consacrée à cet artiste. En Suisse, seul le Haus Konstruktiv a présenté en 2015 les travaux du créateur sud-africain autour de la mise en scène du Nez de Schostakovitch qu’il a conçue pour le Metropolitan Opera à New York. Le cabinet des estampes de Berlin et la Kunsthalle de Karlsruhe se sont associés pour réaliser une exposition exceptionnelle qui met en relation l’oeuvre gravé considérable de Kentridge avec une large sélection d’estampes de Dürer.

Zentrum für Kunst und Medien Technologie ZKM: L’art en Europe 1945 – 1968 (ce continent que l’Union européenne ne connait pas) jusqu’au 29 janvier 2017. Cette exposition brosse un tableau strictement européen de l’évolution artistique dans les années d’après-guerre….

(La même institution propose encore l’exposition Beat Generation jusqu’au 30 avril, présentée à Beaubourg auparavant).

Munich 28 novembre 2016

Haus der Kunst: Postwar Intensity: Kunst zwischen Pazifik und Atlantik 1945 – 1965 jusqu’au 26 mars 2017. 217 artistes de 65 pays donnent une vision de l’expression artistique dans le monde au cours d’une période à la fois traumatisée par l’impact de la seconde guerre mondiale et angoissée par la perspective d’un nouveau conflit atomique. En choisissant des travaux de grands formats d’artistes connus et inconnus l’exposition propose une série de rencontres et de confrontations intéressantes. A la différence de l’exposition de Karlsruhe, elle ne suit as un exposé basé sur la présentation de mouvements constitués, mais cherche plutôt à donner une impression d’ensemble des enjeux de l’époque concernée….

Stuttgart 28 novembre 2016

Staatsgalerie de Stuttgart

Francis Bacon Unsichtbare Räume 7 octobre – 8 janvier 2017. L’exposition de la Staatsgalerie de Stuttgart présente des œuvres dans lesquelles l’artiste a enfermé ses personnages dans des cages transparentes. En se concentrant sur une probématique essentielle qui est à la fois formelle et iconographique, tout en suivant un fil chronologique, l’exposition de Stuttgart, montrée auparavant à la Tate Liverpool, parvient à une intensité et une qualité exceptionnelles….

Lausanne 15 novembre 2016

L’ArtLab de l’EPFL présente en collaboration avec la Fondation Gandur pour l’art, pour sa première exposition, 19 toiles de Pierre Soulages comme vous ne les avez jamais vues et ne les reverrez sans doute jamais; de face, de dos, en lumière frisante, mouvante; en vidéo et en gros plan, suivant les rythmes du pinceau; décortiquées, décomposées, et même pour commencer en jeu vidéo ! Bref une immersion et une exploration matérielle et visuelle complète des toiles.

Zurich 29 octobre 2016

Kunsthaus: Alberto Giacometti. Au-delà des bronzes, les chefs-d’oeuvre en plâtre et autres matériaux jusqu’au 15 janvier.

Le Kunsthaus a hérité du dernier frère de l’artiste une grande partie des plâtres  (75) qui ont précédé les tirages en bronze des sculptures. On plonge ainsi dans le cheminement créatif d’Alberto. On ne peut s’empêcher d’avoir un petit serrement de coeur en pensant aux difficultés d’Alberto pour arriver à une oeuvre finie, en voyant ainsi mis côte à côte et sur le même plan, les oeuvres en cours de réalisation et le travail achevé. D’autant plus que la sensibilité esthétique du moment tend à faire préférer les plâtres au bronze!, mais évidemment c’est passionnant, d’autant que des travaux en terre, en bois, en plastiline sont également présentés….

Kunsthalle Zurich: Phyllida Barlow demo jusqu’au 19 février 2017. A la Kunsthalle de Zurich, on découvere progressivement l’intervention monumentale, proliférante de Phyllida Barlow (1944). Tout le monde sourit devant cette occupation complète de l’espace qui laisse un cheminement problématique au visiteur. Pour cette exposition Phyllida Barlow est partie des problèmes que connaît le bâtiment en cours de reconstruction suite à des infiltrations d’eau dans la partie nouvelle. A l’étage une estrade permet de suivre à travers des oculus les travaux en cours. Au premier abord on pense à une construction proliférante à la manière du Facteur Cheval, en fait il n’en est rien. L’intervention est très construite, c’est la troisième fois que le matériel de cartons et de bois de construction est utilisé. Elle est fascinée par les travaux anonymes de ceux qui font des échafaudages, des coffres pour les bateaux dans les chantiers navals, par exemple, et c’est à eux qu’elle pense dans ses sculptures qui rejettent toute notion de monument.

Haus konstruktiv

Nairy Baghramian Zurich Art Prize jusqu’au 15 janvier.

Genève 24 octobre 2016

Mamco: Wade Guyton (1er étage). A partir de la photographie des tubulures d’une chaise de Marcel Breuer, des photographies sur toile qui font écho aux salles du bâtiment jusqu’au 29 janvier. BIM dès le 10 novembre jusqu’au 29 janvier au centre d’art contemporain et au 4ème étage du Mamco.

Cabinet d’art graphique Gérald Cramer et ses artistes jusqu’au 29 janvier. Miro, Picasso, Chagall et Henry Moore, voici les noms devenus les plus célèbres inscrits au tableau de chasse du galeriste et éditeur Gérald Cramer. Pour marquer le centième anniversaire de la naissance de l’éditeur, le cabinet d’art graphique nous présente un petit groupe d’ensembles très cohérents évoquant cette activité.

Centre de la photographie, Roman Signer Le temps gelé jusqu’au 13 novembre.

Bâle, Riehen 16 octobre 2016

Fondation Beyeler: Kandinsky, Marc et le Blaue Reiter jusqu’au 22 janvier 2017 et Roni Hornjusqu’au 1er janvier. La Fondation Beyeler ne se contente pas de présenter une exposition sur le Blaue Reiter en mettant l’accent sur les deux figures les plus populaires du Groupe, Kandinsky et Marc….. Elle consacre aussi près de la moitié de ses salles à une artiste contemporaine, Roni Horn. par ailleurs les salles dédiées à la collection font une large place à des acquisitions récentes, Louise Bourgeois, Thomas Schütte et Marlene Dumas.

Musée des beaux-arts: Pollock figuratif jusqu’au 22 janvier.

Le titre de cette exposition pourrait faire croire qu’elle ne présente que les débuts du parcours de Jackson Pollock (1912 – 1956). Il n’en est rien et l’on découvre des oeuvres qui vont de 1934 à 1953. Il faut reconnaître que dans cette courte carrière, il n’y a pas vraiment de périodes distinctes. La recherche des éléments figuratifs dans les oeuvres de l’artiste s’étend sur ces vingt ans d’activité. On le voit au travail, luttant contre le chaos, entre l’aube et la nuit, la vie et la mort, on suit les tensions de la création entre influences et aspirations. Très réceptif à de nombreuses influences: Guernica de Picasso, mais aussi les muralistes mexicains, Orozco, Siqueiros, les surréalistes, Matta, Masson, un peu de Ernst et de Miro, également. L’exposition présente beaucoup de travaux sur papier, mais aussi des toiles, elle est tout à fait passionnante.

Pully 13 octobre 2016 Charles Blanc-Gatti, hypothèses d’une généalogie jusqu’au 18 décembre.

Le musée d’art de Pully rend hommage à un créateur romand singulier, Charles Blanc-Gatti (1890 – 1966) qui explora les relations entre arts plastiques et musique. Deux salles lui sont consacrées et l’on découvre trois films courts magnifiques. Par ailleurs le commissaire invité, Julien Fronsacq, a choisi d’explorer les cheminements d’une hypothétique descendance avec une vingtaine d’artistes contemporains, qui réagissent aux questions soulevées par Blanc-Gatti, mais aussi quelques oeuvres de collègues de l’époque de Blanc-Gatti comme Hans Richter.

Lausanne 13 octobre 2016

Musée de l’Elysée Martin Kollar, Provisional Arrangement et Wojciech Zamecznik, la photographie sous toutes ses formes jusqu’au 31 décembre

Martin Kollar est un artiste slovaque né en 1971, prix Elysée 2014, qui s’attache à fixer des situations « provisoires », souvent dues à un accident! un pont coupé, une pierre tombée sur le toit d’une voiture par exemple, on découvre au sous-sol une trentaine de grands tirages pleins d’humour. L’autre exposition est consacrée à un créateur d’affiches majeur et photographe amateur polonais, Wojciech Zamecznik (1923 – 1967), qui nous ramène aux années 1960, à la fascination pour le mouvement et un aspect de l’op art. A l’occasion de cette exposition, des films polonais sont projetés au cinéma CityClub de Pully, le 3 et le 4 décembre.

Musée cantonal des beaux-arts, August Strindberg. De la mer au cosmos jusqu’au 22 janvier 2017.

Dramaturge, romancier, essayiste, August Strindberg (1849 – 1912) était animé d’une inlassable curiosité qui l’amena à explorer d’autres formes d’expression comme la photographie et la peinture. C’est cet aspect de l’activité du créateur que l’exposition du musée des beaux-arts nous invite à découvrir. Une recherche qui aboutit après bien des interruptions aux paysages réalisés vers 1900, opposant le ciel et la mer,

 Paris; Centre Pompidou 7 octobre 2016René Magritte. La trahison des images jusqu’au 23 janvier 2017

En aménageant quatre grandes salles, l’exposition souligne la continuité de l’œuvre comme invention d’images et de textes selon un processus créatif établi renversant ou faisant glisser des relations sémantiques usuelles, l’œuf et la cage par exemple. Le parti-pris est résolument non chronologique….

Lausanne: 1er octobre Tirage limité. 4es rencontres romandes du livre d’artiste 10h. – 17h. Palais de Rumine.

Neuchâtel; Le Locle 14 août 2016

Le musée d’art et d’histoire de Neuchâtel présente Maximilien de Meuron (1785 – 1868), à la croisée des mondes jusqu’au 16 octobre 2016. C’est la première rétrospective de cet artiste, connu avant tout pour une toile, peinte en 1821, La Jungfrau et le Grand Eiger, souvent considérée comme fondatrice de la peinture alpestre suisse. Il joua un grand rôle institutionnel qui le détourna peu à peu de la peinture. L’exposition détaillée et documentée le situe dans son contexte et sa descendance. Elle fait bien ressortir l’exceptionnelle qualité des oeuvres de ce paysagiste et montre comment ce n’est que très progressivement, après le séjour romain obligatoire, qu’il découvre l’intérêt des paysages helvétiques. En plus du catalogue de l’exposition, paraît également un catalogue raisonné d’une oeuvre assez limitée, puisque 200 toiles environ sont recensées.

Pour découvrir les façades des cathédrales européennes comme on ne pourra jamais les photographier, il faut aller au musée des beaux-arts du Locle, découvrir l’exposition Markus Brunetti qui poursuit un inventaire stupéfiant de ces monuments, en les reconstituant comme un véritable puzzle, jusqu’au 16 octobre.

Yverdon 6 août 2016

Centre d’art contemporain : La grande place – Group Show jusqu’au 4 septembre

Depuis 2004, à quelques pas de la Riponne, la vitrine d’un ancien magasin lausannois propose des expositions d’artistes, à ce jour 144 ont occupé cet espace, La Placette, visible à toute heure de la rue, mais inaccessible par ailleurs.

Le Cacy d’Yverdon s’est proposé de retenir une quarantaine d’artistes parmi ceux qui ont exposé, pour réaliser une collective qui offre un regard sur la scène romande actuelle. 40 artistes dans les caves relativement exiguës du centre yverdonnois, cela semble téméraire! Et pourtant l’idée a été de proposer un accès un peu distant, non pas dans une vitrine, mais avec une installation de Delphine Renault, une passerelle, inspirée des fouilles archéologiques. Le visiteur parcourt ce chemin en bois qui surplombe les salles dans lesquelles les œuvres sont disposées, sans qu’on ait dû se préoccuper de ménager des passages au spectateur ! une vision plongeante, surprenante et ingénieuse qui permet de réunir des œuvres de grandes dimension dans les 4 salles voûtées du centre, il faut un certain temps pour se répérer et identifier les divers auteurs.

Coire 20 juillet 2016 Depuis un mois et après seulement deux ans de travaux, le musée de Coire dispose d’une nouvelle extension, confiée au bureau d’architectes Barozzi/Vega (les mêmes qui réalisent le nouveau musée des beaux-arts de Lausanne). Face à la villa de plan central, de style néoclassique, richement décoré qui abrite les collections du musée depuis plusieurs décennies, c’est un bâtiment sobre, de plan central également, un petit cube, qui a été construit. Petit pour privilégier, la création d’une place autour du bâtiment. Si la surface disponible pour les expositions temporaires et permanentes a été doublée, c’est grâce à l’importance des salles d’expositions souterraines qui relient les deux édifices. Elles bénéficient des innovations les plus pointues pour assurer un éclairage de qualité de type zénithal.

L’exposition temporaire inaugurale qui occupe le deuxième sous-sol du nouvel édifice est consacrée au thème de la marche dans l’art jusqu’au 6 novembre. Elle retrace cette notion, de Jean-Jacques Rousseau à Bruce Nauman avec les travaux d’une quarantaine d’artistes réunis autour de L’homme qui marche d’Alberto Giacometti.

Lausanne 12 juillet 2016 Musée cantonal des beaux-arts : Piero Manzoni. Achrome. La peinture sans couleur jusqu’au 25 septembre 2016.

Un artiste au parcours fulgurant (1933 -1963) mort à trente ans, des recherches sur les matières, le plâtre, la toile blanche forment le point d’ancrage de cette exposition assez étonnante par son actualité. Par ailleurs le musée propose un avant-goût des aménagements du futur édifice (dont l’ouverture est prévue en 2019) avec un coin enfant et une cafétéria confiée à Claudia Comte, alors qu’une troisième salle propose une sélection des oeuvres de Thomas Huber qui figurent dans la collection en employant le matériel : parquet, éclairage, cimaise qui sera utilisé dans le nouveau musée.

Basquiat, Dubuffet, Soulages.Une collection privée à la Fondaion de l’Hermitage jusqu’au 30 octobre. Cette collection impressionnantte, évoque aussi un parcours de vie, la passion d’un homme pour l’art de son temps, pendant 50 ans. La collection va dans des directions très diverses. On passe de Jean Dubuffet et Louis Soutter à Cy Twombly et Niele Toroni. Les visiteurs habituels de la Fondation seront surpris, mais ils trouveront aussi quelques repères plus familiers avec une petite collection de portraits ou des peintures de l’artiste naïf André Bauchant.

Genève 27 juin Musée Rath Révélations. Photographies à Genève jusqu’au 11 septembre 2016. On prend de plus en plus conscience de l’ampleur du patrimoine photographique et de la diversité de son développement. Le musée Rath propose un large parcours à travers l’histoire de la photographie, en recensant toutes les institutions qui possèdent des collections. Cela va du service des bâtiments, aux bibliothèques, musées scientifiques, cabinet des estampes, institutions publiques et fondations privées, jusqu’au Mamco dont 10% des collections est fait de photographies. Une tentative ingénieuse pour rendre justice à des ensembles impressionnants, sélectionnés par 13 institutions qui forment une bel ensemble qui va des premières expériences au réalisations actuelles.

Zurich 11 juin 2016 Dans la foulée des célébrations du centenaire mouvement dada, deux événements à signaler à Zurich. Au Kunsthaus une vaste rétrospective de l’artiste qui fut le plus souvent associé à ce mouvement, Francis Picabia.

De l’autre la ville de Zurich a obtenu l’organisation de la biennale d’art contemporain Manifesta 11 jusqu’au 18 septembre 2016Créée à l’origine pour renforcer les liens entre l’est et l’ouest de l’Europe, après la chute du mur et qui s’est souvent tenue dans des lieux périphériques. Elle suit un schéma d’organisation qui est fixé et identique à chaque fois. Elle fait alterner des lieux institutionnels et d’autres sites inattendus pour permettre un regard plus complet sur la ville hôte. Ce schéma se révèle à nouveau très positif. Trois institutions ont mis leurs locaux à disposition pour cet événement la Kunsthalle, le Migrosmuseum et le Helmhaus;  un pavillon éphémère à été érigé sur le lac. Le thème de cette biennale dirigé par l’artiste allemand Christian Janowski, What People do for Money, fait que de nombreux travaux sont présentés dans des lieux inattendus, magasin, hôtel, hôpital, banque, université notamment. Pour comprendre la démarche, il faudrait idéalement voir tous les films projetés dans le pavillon du lac qui présentent les collaborations de trente artistes avec des personnes travaillant à Zurich, du pompier au dentiste ou au croque-mort, sans oublier le créateur de montres….

Bâle 2 juin 2016 A Bâle en ce moment tout est sculpture : au musée des beaux-arts avec Sculpture on the Move 1946 – 2016, jusqu’au 18 septembre. A la Fondation Beyeler avec Alexander Calder et Fischli & Weiss, jusqu’au 4 septembre. A la Kunsthalle avec Ingve Holen Verticalseat jusqu’au 14 août, un norvégien décoiffant, qui décompose l’automobile entre autre. Au Schaulager avec Katharina Fritsch dès le 12 juin et bien sûr au musée Tinguely avec sa collection et l’ouverture prochaine d’une rétrospective de l’artiste anglais Michael Landy du 8 juin au 25 septembre.

Les artistes américains sont prédominants dans la collection d’art moderne et contemporain du musée des beaux-arts de Bale et cette institution leur a consacré plusieurs expositions monographiques ou collectives au cours des dernières années. Il n’est pas étonnant de les retrouver en majorité dans l’exposition inaugurale de la nouvelle extension du musée consacrée à la sculpture depuis 1946. La sculpture n’est pas toujours monumentale ! Elle peut être faite de bouts de fils de fer et d’air. C’est la voie qu’explora Alexander Calder. En 2004, la Fondation Beyeler avait présenté Calder et Miro en explorant les lien amicaux et historiques établis entre les deux artistes. Cette fois, la fondation a choisi d’associer une vaste présentation d’oeuvres de Calder avec un duo d’artistes helvétiques, au nom d’une certaine affinité dans les préoccupations de ces plasticiens avec leur illustre prédecesseur. Celle-ci s’exprime surtout dans le film qui rendit le duo célèbre « le cours des choses », mais il s’avère assez difficile de mettre en relation les deux démarches.

Lausanne 30 mai 2016 Musée de l’Elysée: Steeve Iuncker et La Mémoire du futur jusqu’au 28 août. Au sous-sol, le musée de l’Elysée offre ses cimaises au photographe genevois Steeve Iuncker (1969). Il s’est fait connaître il y a quelques années par le portrait d’un séropositif (A jeudi 15h.). Ici, sous le titre, se mettre au monde, il a consacré une série de grands tirages aux rites de passage chez les jeunes: tatouages, scarifications, fêtes de tir, festivals sont montrés dans des images sombres. Le reste du musée est consacré à une confrontation entre la photographie ancienne et les propositions actuelles. Une problématique assez proche de celle de l’exposition du musée d’art moderne de la ville de Paris, intitulée la Boîte de Pandore et confiée au photographe Jan Dibbets jusqu’au 17 juillet. On retrouve certains photographes anciens dans les deux expositions comme Anna Atkins, les Becher, Eadweard Muybridge, par contre la sélection des artistes contemporains qui dessinent le futur de la photographie est assez différente. Dibbets retient des démarches beaucoup plus radicales qui semblent au premier abord assez éloignées de la photo, comme Seth Price, James Welling, Wade Guyton, mais aussi Thomas Ruff ou Katharina Sieverding, alors qu’à Lausanne on présente entre autres: James Turrell, Vik Muniz, JR, Loris Gréaud.

Genève 23 mai 2016 Le musée d’art et d’histoire propose des oeuvres tirées de la collection d’art contemporain Dakis Joannou sélectionnée par Urs Fischer qui les associe à ses propres travaux jusqu’au 17 juillet. En se retournant après être entré dans l’exposiiton on découvre un squelette qui se regarde dans un miroir. Les jeux de miroir face aux oeuvres de ses contemporains, c’est le point de vue choisi par Urs Fischer qui incarne ici l’artiste curateur.

Paris 19 mai 2016 Parmi les expositions en cours à Paris en ce moment, on peut signaler deux superbes rétrospectives d’artistes peu connus; l’une est allemande Paula Modersohn Becker ( 1876 – 1907), c’est une révélation coup de poing, pour ceux qui sont peu familiers de l’art allemand du début du XXe siècle, au musée d’art moderne de la ville de Paris jusqu’au 21 août. L’autre est portugais, Amedeo de Souza Cardoso (1887 – 1918), au Grand Palais jusqu’au 18 juillet. L’exposition Apollinaire à l’Orangerie jusqu’au 18 juillet et celle consacrée au Douanier Rousseau au musée d’ Orsay jusqu’au 17 juillet complètent bien cette présentation et montrent simultanément des aspects de la création dans les vingt premières années du XXe siècle. A signaler que toutes ces expositions ne semblent pas attirer de grandes foules.

Connu des Suisses romands, mais très peu ailleurs, Charles Gleyre (1806 – 1874) bénéficie d’une première rétrospective à Paris au musée d’Orsay jusqu’au 11 septembre 2016. Récemment, j’ai lu le roman de Maupassant Fort comme la mort, de 1889. On pourrait établir un parallèle entre ce récit qui raconte la fin de vie d’un artiste qui connut la gloire, mais se voit dépassé et le point de vue proposé sur la carrière de Gleyre. Il suffisait d’un seul succès au Salon pour que la réputation d’un artiste fut lancée, Gleyre connut ce succès en 1843 avec Le Soir, (les illusions perdues), mais après quelques commandes prestigieuses, la concurrence et les particularités d’une personnalité, entraînent assez rapidement sa mise à l’écart.

À force de visiter des expositions Paul Klee au centre qui lui est dédié à Berne, on oublie qu’il est un blockbuster. La rétrospective de Paris placée sous le signe de l’ironie fait un tabac. Il y a de longues files d’attente à l’extérieur du bâtiment et à l’intérieur. Lors de mon passage lundi, le compteur des entrées indiquait 408 entrées à 11h.35 et 787 à 12 h 45. À travers le thème de l’ironie elle se concentre sur les grandes lignes de l’évolution de l’oeuvre. Elle présente des travaux de collections privées et de musées et pas seulement du centre Paul Klee, qui contribue cependant largement. A Signaler au musée Rodin: Huit artistes contemporains entre sculpture et photographie jusqu’au 17 juillet (notamment Markus Raetz).

Berne 2 mai 2016 Musée des beaux-arts: Chinese Whispers jusqu’au 19 juin Moderne Meister. « Entartete Kunst » im Kunstmuseum Bern jusqu’au 21 août. Un parcours original à travers des oeuvres majeures de la collection. Les artistes retenus sont exclusivement ceux qui avaient été qualifiés de dégénérés par les nazis et les oeuvres sont présentées dans l’ordre chronologique de leur entrée dans les collections. En parallèle une documentation sur l’art qualifié de « dégénéré » est présentée. Il s’agit bien sûr d’une suite de grands noms comme Kirchner, Klee, Kandinsky, Picasso, Itten et beaucoup d’autres qui montrent la richesse des collections du musée bernois qui a bénéficié des libéralités de nombreux collectionneurs éclairés.

Paris 18 mars 2016 au Musée du Louvre: Hubert Robert jusqu’au 30 mai, une très grande rétrospective de l’un des peintres les plus actifs au XVIIIe siècle et « inventeur » du Louvre. La Maison rouge – fondation de Galbert et musée de Sèvres: Ceramix de Rodin à Schütte jusqu’au 12 juin 2016 et bien sûr aux Galeries nationales du Grand Palais: Carambolages jusqu’au 4 juillet. Une exposition dont une version réduite fut d’ailleurs présentée à la Maison rouge, il y a deux ans.

Bienne 13 février 2016 Centre PasquArt (fermé lundi et mardi!). Clare Goodwin. Constructive Nostalgia jusqu’au 10 avril 2016. Clare Goodwin est née en 1973 à Birmingham, elle est installée en Suisse à Zurich depuis de nombreuses années. Elle se consacre avant tout à la peinture, mais place l’espace, la relation entre la tridimensionalité et la surface peinte, au coeur de son travail. Ainsi au centre PasquArt à Bienne, elle ferme l’accès aux galeries par un hexagone monumental qui oblige le visiteur à se plier, se faufiler entre les parois pour accéder aux salles. Elle s’inspire d’éléments du quotidien pour construire des peintures géométriques…..

Zurich 12 février 2016 2016 est l’année dada à Zurich, bénéficiant d’une grosse promotion médiatique http://www.dada100zuerich2016.ch/fr/, la date décisive est le 5 février lorsque débuteront les trois expositions consacrées au mouvement dada, au Cabaret Voltaire, au Kunsthaus, Dadaglobe jusqu’au 1er mai qui digitalise une importante collection de documents dada. Dans la petite salle dédiée aux expositions temporaires on découvre une reconstitution de dadaglobe. Un projet de publication qui n’aboutit jamais, mais pour lequel de nombreux artistes envoyèrent des contributions originales. Certains collages par exemple de Max Ernst sont très connus. Au musée national, Dada universel jusqu’au 28 mars 2016. Le musée national suisse a lui aussi décidé de célébrer le centenaire du mouvement dada qui pour le coup est proclamé « la principale contribution de la Suisse à l’histoire de l’art mondial »…..

Lausanne 12 février 2016 Signac. Une vie au fil de l’eau. Fondation de l’Hermitage, Lausanne jusqu’au 22 mai 2016. Puis Lugano en automne. En 2003, la Fondation Gianadda proposait une rétrospective Paul Signac (1863 – 1935). Elle s’appuyait sur les prêts de nombreuses institutions internationales, mais présentait déjà un groupe important d’oeuvres provenant d’une seule collection privée suisse. Aujourd’hui la Fondation de l’Hermitage nous propose de découvrir cette collection consacrée à Signac. L’exposition affiche également des oeuvres de contemporains qui pratiquèrent le pointillisme, Van Rysselberghe, Maximilien Luce, Camille Pissarro, Henri Edmond Cross, notamment….

Werner Bischof, Musée de l’Elysée jusqu’au 1er mai. Deux expositions, Point de vue et Helvetica pour rendre hommage à un photographe qui fit une carrière fulgurante trop tôt interrompue par un accident, lors d’un reportage en Amérique du Sud. Au sous-sol sous le titre, Anonymats d’aujourd’hui, un panorama de la photographie de rue contemporaine, plutôt passionnant.

Bâle – Riehen 31 janvier 2016 Jean Dubuffet. Métamorphoses du paysage jusqu’au 8 mai. L’oeuvre prolifique de Jean Dubuffet construite en thèmes et périodes bien spécifiques invite à la rétrospective. La Fondation Beyeler nous propose de suivre un thème récurrent, malgré les ruptures affirmées par l’artiste, celui du paysage. Il faut dire que cette institution est particulièrement bien placée pour organiser une telle manifestation, puisque son fondateur a vendu 750 oeuvres de Dubuffet au cours de son activité de galeriste et que la fondation en possède une douzaine.

1er janvier 2016 Que nous promet l’année 2016 au niveau des expositions et des musées ? En Suisse, l’actualité sera marquée par l’ouverture de deux nouveaux bâtiments qui viennent compléter des institutions existantes. Le musée des beaux-arts de Bâle est désormais flanqué d’un nouvel édifice imposant qui sera inauguré au printemps. La démarche est semblable à Coire, où la prestigieuse villa qui abritait les collections artistiques du canton des Grisons est enrichie d’un nouvel édifice dont l’inauguration est attendue avant l’été. En fait il y a cinq chantiers de musées d’art en Suisse! les deux que je viens de mentionner qui s’achèvent, celui du Kunsthaus de Zurich qui a débuté et celui des beaux-arts de Lausanne qui devrait commencer sous peu, et dont on aura un avant-goût à Coire, puisque ce sont les mêmes architectes; sans oublier la prochaine votation genevoise sur le musée d’art et d’histoire. Pour marquer le centenaire du mouvement dada, Zurich a obtenu l’organisation de Manifesta, la 11ème édition d’une exposition biennale d’art contemporain qui s’est généralement déroulée dans des lieux plus périphériques. Elle est dirigée par Christian Jankowsky, une figure décoiffante de l’art allemand, dès le 9 juin. Parallèlement le Kunsthaus rendra hommage à Francis Picabia et le musée des beaux-arts de Winterthur célébrera Jean Arp, deux des principales figures de ce mouvement.

Chronique 2015

Lausanne. Alors que les Urbaines se déroulent pendant trois jours dans divers lieux de la ville, l’exposition Natural Instincts est visible à l’espace Arlaud jusqu’au 3 janvier. Elle propose une sélection très internationale de prises de position diverses autour de l’installation.

Zurich 2 décembre 2015 Kunsthaus, Joan Miro, Mur, frise, paroi murale, jusqu’au 24 janvier 2016. En cette saison hivernale où l’on se replie vers l’intérieur, le Kunsthaus de Zurich propose une exposition consacrée à Joan Miro, motivée par une paroi en céramique composée par l’artiste qui scande la petite cafétéria extérieure de l’institution. Composée en 1971-1972, cette paroi porte le titre « oiseaux qui s’envolent ». Miro a réalisé de nombreuses oeuvres de ce type, l’une des parois les plus importantes se trouve à la Fondation Maeght à Saint Paul de Vence. Sous le titre Mur, frise, paroi murale, l’exposition du Kunsthaus propose d’explorer la fascination de Miro pour le mur et l’espace extérieur.

Lausanne 28 novembre 2015 Augustin Rebetez, né en 1986, diplômé de l’école de photographie de Vevey est l’une des personnalités artistiques les plus étonnantes apparues sur la scène suisse, depuis de longues années. Il rencontre un succès absolument viral, mérité, auquel il répond présent, en assumant et en organisant ses visions. En ce moment, il occupe complètement le théâtre de Vidy à l’occasion d’un spectacle d’une heure présenté à la Passerelle jusqu’au 11 décembre. Le voici metteur en scène, dirigeant six danseurs, chanteurs et musiciens, sans oublier les différents automates, drônes étranges qui surgissent par moment.

Berne 28 novembre 2015 Parallèlement à l’exposition Klee à Berne présentée à l’étage inférieur, encore jusqu’au 17 janvier, le centre Paul Klee a réuni les oeuvres de plus de 30 artistes contemporains qui abordent le thème de l’arbre, About Trees jusqu’au 24 janvier. Installations, vidéos, sculptures, dessins et peintures donnent un apercu des différentes approches possibles de ce motif. Quelques oeuvres de Paul Klee sont aussi accrochées. Le musée des beaux-arts propose trois expositions bien différentes. La première évoque les relations entre Toulouse Lautrec et quelques photographes qui ont documenté la personnalité de l’artiste jusqu’au 13 décembre. La deuxième propose une rétrospective de Rico Wassmer (1915 – 1972) jusqu’au 13 mars et la troisième présente les travaux d’un couple artistique Silvia Gertsch et Xerxes Ach jusqu’au 21 février.

Lyon 17 novembre 2015 13e biennale de Lyon jusqu’au 3 janvier 2016. Le sous-titre de la biennale est la vie moderne. Le commissaire invité cette année est Ralf Rugoff, qui a dirigé la Hayward Gallery à Londres. L’exposition nous introduit à divers regards d’artistes sur cette vie moderne, il ne s’agit pas d’une interprétation stylistique de cette expression. Lorsque l’on débute la visite à la Sucrière on est frappé de découvrir avant tout des déchets, pneus lacérés présentés par Mike Nelson, câbles de communication abandonnés, Nina Carell, baskets et ordinateurs réemployés comme bacs à fleurs, Michel Blazy, ou ces stores repris par Haegue Yang comme des sculptures minimalistes, suspendues dans l’espace central du rez-de-chaussée. Certains font des inventaires, Julien Prévieux rassemble des objets de triche dans le sport. Kader Attia réunit des témoignages vidéos sur les maladies psychiques dans le monde…. Il ne faut pas manquer au musée des confluences une grande exposition sur le thème l’art et la machine jusqu’au 24 janvier. Un vaste projet qui va du 18e siècle à aujourd’hui.

Paris 10 novembre 2015 Grand Palais: Picassomania jusqu’au 29 février, ou comment accrocher des noms célèbres de l’art contemporain dans une exposition du Grand Palais, en principe strictement réservé aux blockbusters. La réalisation est plutôt convaincante, le problème, c’est que les visiteurs ne retiendront finalement que le nom de Picasso, plutôt que ceux de David Hockney, Jasper Johns, Martin Kippenberger, Georg Baselitz et l’exposition se termine de façon grandiose avec George Condo. Les artistes sont exposés dans l’ordre des périodes de Picasso dont ils se sont inspirés et à chaque fois un petit espace a été réservé pour présenter des oeuvres de Picasso. Bien que touffu, le propos est intéressant.

Beaubourg: Prix Marcel Duchamp 2014 qui est revenu à Julien Prévieux né en 1974, jusqu’au 1er février. Les mouvements de la ligne dans l’espace fascine les artistes et motive une grande partie de leurs oeuvres. Julien Précieux nous montre que depuis le 19e siècle l’étude des mouvements de l’homme a trouvé des applications dans l’économie et l’industrie. Le film Capture de mouvements, retrace cette histoire traduite en schémas dansés et exécutés par le ballet de l’opéra de Paris. Partant d’agences de brevets, il recense ces gestes, mouvements qui ont été enregistrés par de grandes marques comme Apple. Une approche engagée, qui détourne vers le monde artistique des réalisations de l’économie.

L’art ancien et classique sont à l’honneur sur les bords du Léman. Vevey. 6 novembre 2015 Au musée Jenisch, Claude Mellan (1598 – 1688), L’écriture de la méthode, on découvre jusqu’au 7 février, une collection privée, donnée à la Fondation William Cuendet & atelier de Saint-Prex, consacrée aux estampes de Claude Mellan. 251 feuilles de gravures de reproduction et de création d’un contemporain de Simon Vouet et du Bernin, permettent de suivre les cheminements de ce buriniste, qui mit au point une nouvelle technique vertigineuse de cet instrument. Il remplaça le croisement des traits et le hâchurage, par une ligne continue dont les variations d’épaisseur donnent les nuances d’ombre et de lumière. Une technique qui convenait particulièrement bien au portrait et à la reproduction de sculptures.

Genève. 6 novembre 2015  Avec Visions célestes. Visions funestes. Apocalypses de Dürer à Redon jusqu’au 31 janvier, le cabinet des estampes est parti à la recherche du thème de l’Apocalypse dans sa collection qui comprend environ 300’000 feuilles. Le musée d’art et d’histoire consacre une rétrospective très attendue au plus grand maître du classsicisme genevois Jean- Pierre Saint-Ours (1752 – 1809) jusqu’au 31 décembre.

Lausanne. 16 octobre 2015 Le musée cantonal des beaux-arts à Lausanne présente Giuseppe Penone. Regards croisés jusqu’au 3 janvier. Né en 1947, Giuseppe Penone est une figure bien connue de l’arte povera, ses interventions dans les grandes expositions internationales retiennent toujours l’attention, comme lors de la Documenta 13 à Kassel. En fait, il est plutôt rare de découvrir un large groupe de ses oeuvres. Le musée de Lausanne propose deux installations – sculptures monumentales et de nombreux dessins et projets. Ces derniers sont associés aux dessins d’un grand nombre d’autres artistes. Maître de l’illusion et de la métamorphose, il est fascinant de découvrir ces oeuvres de près.

Bâle – Riehen 6 octobre 2015 La Fondation Beyeler a décidé de marquer le centenaire du carré noir de Kasimir Malewitsch par une double exposition. La première au titre énigmatique A la recherche de 0.10, la dernière exposition futuriste de peinture tente de reconstituer le plus précisément possible, la manifestation dans laquelle Malewitsch présenta pour la première fois une oeuvre devenue emblématique du 20ème siècle. Confrontée au style cubo-futuriste des 13 autres participants, la démarche de Malewitsch ressort dans toute sa radicalité ! La seconde basée sur la collection de la fondation et d’autres collections, évoque sous le titre Soleil noir l’influence de Malewitsch sur l’art des générations suivantes. Les deux sont à découvrir jusqu’au 10 janvier.

Aarau 30 août 2015 Kunsthaus: Christian Marclay, Action jusqu’au 15 novembre 2015. Depuis les débuts de sa carrière, Christian Marclay travaille sur les relations entre art et musique. Ces dernières années, il s’est tourné vers des inventaires de situations cinématographiques ( l’heure, le téléphone, le baiser), qui lui ont assuré une grande notoriété. L’exposition du Kunsthaus est marquée par le silence. C’est le titre d’une grande série de sérigraphies qui reproduit ce mot d’ailleurs. Il poursuit sa recherche sous la forme d’inventaires, cette fois autour des onomatopées qui évoquent les sons dans les comics ou les publicités notamment. Elles sont reproduites sous forme de peintures et sérigraphies de grands formats ou de livres en édition limitée et d’un film. Le regard est aussi rétrospectif et propose quelques travaux anciens, une série de peintures sur couvertures de disques, des vidéos.

Vevey,  9 août 2015 Musée Jenisch L’infini du geste. Ferdinand Hodler dans la collection Rudolf Schindler jusqu’au 4 octobre. Plonger dans la caverne d’Ali-Baba, c’est sans doute ce que dut ressentir Rudolf Schindler (1914 – 2015), artiste et directeur d’école d’art, lorsqu’il décida en 1955, d’organiser une exposition Ferdinand Hodler, à un moment où le peintre était au purgatoire comme la plupart des artistes caractéristiques de l’art nouveau d’ailleurs. Ayant noué des liens de confiance avec la famille de Hodler et possédant un connaissance approfondie de son travail, il sut constituer une collection remarquable de plus de 600 dessins, esquisses peintes et tableaux. L’accrochage de l’exposition rend bien cet émerveillement et la qualité exceptionnelle des choix du collectionneur qui a légué cet ensemble au musée Jenisch.

Môtiers 8 août 2015 Môtiers 2015,  Art en plein air jusqu’au 20 septembre. A Môtiers, 62 interventions artistiques animent la localité et le parcours forestier voisin de petites ou grandes interventions qui détournent, modifient la vision habituelle des lieux. Du chat volant de Christian Gonzebach qui domine le paysage comme un nouveau poteau électrique, au jeans qui habille les sapins de Vincent Kohler, en passant par les nains, tout petits, puis très grands de Plonk & Replonk. Plusieurs générations d’artistes ont été invités à participer, les anciens sont Daniel Spoerri, Ben et Olivier Mosset. La liste est longue des édicules, cabanes, yourte, cadres ou miroirs qui suggèrent une autre façon de regarder et d’habiter la nature. Le rythme des expositions de Môtiers est quadriennal. Une page du site consacrée aux éditions 2011 et 2007.

Berne 2 août 2015 Centre Paul Klee: Klee & Kandinsky jusqu’au 27 septembre 2015. En 2015, le centre Paul Klee fête son dixième anniversaire. On mesure sur la page, où j’ai réuni les critiques des expositions parcourues, la diversité des points de vue qui a été développée pour aborder l’oeuvre de Klee, pendant cette période. Et pourtant, je n’ai visité que! 13 expositions parmi celles organisées au cours de cette décennie. Disposant d’un fond exceptionnel, le centre Paul Klee a réussi à s’imposer comme partenaire des principales institutions mondiales. C’est ainsi qu’il peut maintenant proposer une exposition Klee & Kandinsky avec le Lenbachhaus de Munich. L’exposition s’appuie essentiellement sur les fonds de cette institution et sur ceux du Centre Paul Klee, mais elle est encore enrichie de nombreux prêts d’autres musées prestigieux et de collections privées. Divisée en huit sections chronologiques ou thématiques, elle met en évidence les relations entre les deux peintres et leur évolution.

Zurich 25 juillet 2015 Haus konstruktiv, William Kentridge. The Nose jusqu’au 6 septembre 2015. En voyant William Kentridge à l’agenda du Haus konstruktiv, on se demande au premier abord ce que cet artiste sud-africain connu pour ses dessins figuratifs en noir et blanc, ses jeux d’ombres et ses découpages vient faire dans ce musée. Et pourtant ! Il a été invité par le Metropolitan Opera à mettre en scène le Nez de Schostakovitch. On découvre que ce projet a été la source d’un déferlement créatif stupéfiant. Une grande installation qui relate un procès stalinien de 1937 est l’occasion d’évoquer sur de nombreux écrans toutes les recherches du constructivisme russe. Il réalise aussi des estampes, des tapisseries et des sculptures en relation avec cette mise en scène que l’on découvre dans les salles de l’étage avec un enregistrement vidéo de l’opéra.

Martigny 24 juillet 2015 Fondation Pierre Gianadda : Matisse en son temps jusqu’au 22 novembre 2015. L’annonce d’une exposition Matisse suscite toujours l’intérêt. Celle qui est proposée par la Fondation Gianadda repose essentiellement sur les fonds du centre Pompidou, complétée par quelques prêts de collections privées. On retrouve des toiles célèbres et d’autres qui le sont moins, l’idée de l’exposition, assez complexe, réalisée par une conservatrice du Musée national d’art moderne, est de montrer Matisse et les travaux de quelques contemporain et même héritiers sur toute la durée de l’existence du maître. Un concept qui ne se prête guère à l’architecture de la fondation Gianadda, qui permet une vision simultanée et immédiate de toute l’exposition, alors que l’on verrait plutôt cette présentation dans une enfilade de salles, plus traditionnelle. Ceci dit, malgré cette réserve, les rencontres proposées sont très belles.

Lausanne 18 juillet 2015 Musée de l’Elysée reGeneration. Quelles approches pour la photographie jusqu’au 23 août 2015. Cinquante artistes qui utilisent la photographie, sélectionnés parmi 400 candidats, donnent une idée des pratiques de la photographie chez de jeunes créateurs, récemment sortis d’écoles d’art, un regard stimulant. Le site du musée présente chaque artiste par une vidéo.

Petit maître ou grand peintre ? La Fondation de l’Hermitage à Lausanne consacre une importante rétrospective à Marius Borgeaud jusqu’au 25 octobre 2015. Marius Borgeaud (1861 – 1924). Né en Suisse, Marius Borgeaud hérita d’une grande fortune qu’il dilapida. Arrivé à la quarantaine, il se tourna vers la peinture pour gagner sa vie. Curieusement il semble y être parvenu rapidement. Après quelques hésitations autour du paysage post-impressionniste. Il se spécialisa dans les scènes d’intérieur, les mairies, les pharmacies ou même les galeries d’art, sans oublier bien sûr les natures mortes. Tout à fait français d’esprit et peu attaché à son pays d’origine, il garda pourtant des liens avec des compatriotes comme Edouard Morerod, Félix Vallotton et Paul Vallotton….

Le Locle 8 juillet 2015 Musée des beaux-arts Triennale 2015. Art imprimé et Didier Rittener (prix 2010 de la ville du Locle) jusqu’au 18 octobre. Une vingtaine d’artistes dont la moitié sont Suisses alors que les autres proviennent de pays très divers (Etats-Unis, France, Pologne, Serbie notamment) donnent un excellent aperçu des formes les plus diverses que l’art imprimé prend aujourd’hui.

Genève 22 juin 2015 Le musée Rath à Genève présente en collaboration avec le Mucem de Marseille une exposition intitulée « J’aime les panoramas » s’approprier le monde jusqu’au 27 septembre 2015. Elle rassemble une quantité stupéfiante d’oeuvres et de documents qui vont du XVIIIe siècle à l’art contemporain. Bien que dense et touffue, elle propose des oeuvres de grande qualité. On trouve David Hockney, Tacita Dean, aussi bien qu’une évocation de la restauration du panorama Bourbaki à Lucerne.

Paris 8 juin 2015 Centre Pompidou: Collections modernes 1905 – 1965 et Passeurs: Historiens, critiques d’art et amateurs éclairés mai-décembre 2015. A chaque fois le nouvel accrochage des collections du centre Pompidou suscite un certain suspens. Le dernier épisode prenait en compte la mondialisation et s’ouvrait à l’art de l’Amérique du Sud, de l’Asie et de l’Europe de l’Est. La nouvelle présentation qui sera visible jusqu’en 2017 est caractérisée par un recentrage, pour ne pas dire un repli sur la France et l’histoire de l’art moderne en France de 1905 à 1965. Un plus intéressant, à voir jusqu’en décembre : elle met en évidence l’apport des critiques d’art, poètes, écrivains qui ont largement contribué à la promotion des artistes dont la cote atteint des prix vertigineux aujourd’hui. Un rappel historique légitime et bienvenu.

Maison de Victor Hugo: Louis Soutter / Victor Hugo. Dessins parallèles jusqu’au 30 août 2015. A la recherche d’artistes qui ont une pratique du dessin comparable à celle de Victor Hugo, le musée dédié à l’écrivain dans la maison qu’il occupait, réalise une impressionnante exposition qui recherche les parallèles entre l’oeuvre de Hugo et celle de Louis Soutter. Les prêts proviennent du musée des beaux-arts de Lausanne et de la Fondation Le Corbusier, mais aussi et surtout de collections privées. Elle offre des cheminements étonnants dans l’oeuvre des deux atistes. Extrêmement subtile et raffinée dans la sélection des travaux, cette présentation a la mérite de montrer l’intensité de la charge culturelle qui caractérise Louis Soutter. On réalise qu’une part de son imaginaire est habitée par les châteaux et la vie néo-médiévale que l’on trouve dans les livres de Hugo. Pour souligner ce lien avec la littérature de nombreux livres dont Louis Soutter a orné les marges sont présentés.

A Paris, l’atmosphère estivale invite à sortir des chemins battus et à visiter quelques ateliers d’artistes. Première étape le musée Gustave Moreau conçu et voulu par l’artiste, ouvert au public depuis 1903. Si tout est inamovible, l’édifice a été remis en état récemment. Les conditions de visions des oeuvres ne sont pas toujours idéales, mais cela est compensé par l’atmosphère et la valeur documentaire du lieu. Par chance en reprenant la ligne de métro 12, on passe à l’autre bout de la capitale, à Monparnasse et j’en profite pour visiter la superbe exposition proposée par le musée Bourdelle sur les mannequins dans l’art jusqu’au 12 juillet. Une exposition venue de Cambridge, sous le titre Silent Partners, qui documente de façon passionnante la cuisine des peintres et de leur atelier.

Mendrisio 25 mai 2015 A Ligornetto à 500m. de la frontière italienne, au coeur de la région de Mendrisio, le Musée Vincenzo Vela occupe la très imposante villa-atelier que le sculpteur suisse a construite à la fin de sa vie, au sommet d’un petit promontoire qui domine la vallée environnante. Léguée à la Confédération suisse, la villa a subi d’importantes transformations orchestrées par Mario Botta qui en font un musée moderne, dédié autant à l’art des frères Vela, peintre et sculpteur, qu’à des expositions temporaires. En ce moment, c’est l’exposition Marcello, Adèle d’Affry (1836 – 1879) présentée auparavant par le musée d’art et d’histoire de Fribourg qui bénéficie de ce somptueux écrin jusqu’au 30 août 2015.

Lugano. Musée cantonal des beaux-arts, Renzo Ferrari (né en 1939), Visions nomades 1959-2014, jusqu’au 2 août 2015, l’oeuvre peint d’un véritable Cobra suisse, trop mal connu.

On parle du record obtenu par une oeuvre d’Alberto Giacometti. Il est amusant de rappeler que ce ne fut pas toujours le cas. En 1963, du vivant de l’artiste, se présenta l’occasion d’acheter la collection de G. David Thompson de Pittsburgh qui comprenait près d’une centaine d’oeuvres de Giacometti. Un groupe de personnes suisses se constitua et s’engagea à acheter la collection ( le prix demandé était de 3 millions de fr.) avec l’espoir d’obtenir des fonds publics par la suite. Le Conseil communal de Zurich refusa de subventionner ce projet. La Fondation, créée le 16 décembre 1965 récolta alors uniquement des fonds privés pour acheter la collection.

Paris 19 avril 2015 Périodiquement les exposition visibles à Paris mettent en évidence un autre pays. En ce moment, on constate que c’est assurément l’Italie qui est à l’honneur. Je vais commencer par énumérer celles que je n’ai pas vues et qui méritent certainement une visite. A la cinémathèque francaise : Michelangelo Antonioni. Aux origines du pop. (cinéma, photo, mode) jusqu’au 19 juillet. Au musée de l’Orangerie Adolfo Wildt (1868 -1931). Le dernier symboliste jusqu’au 13 juillet. Au musée du Petit Palais Les Bas-fonds du Baroque jusqu’au 24 mai. Au musée Jaquemart André : Les passions de Roberto Longhi. De Giotto à Caravage jusqu’au 20 juillet. Et celles que j’ai découvertes avec un grand intérêt. Au musée d’art moderne de la ville de Paris : La passion selon Carol Rama jusqu’au 12 juillet. Au musée d’Orsay : Dolce Vita? Peinture et art décoratif en Italie du Liberty au design italien 1900 – 1940 jusqu’au 13 septembre (ensuite à Rome). Une excellente présentation qui associe toutes les formes d’expressions artistiques. Et passons aux expositions que j’ai vues, je ne vais pas toutes les mentionner: Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie au musée d’Orsay jusqu’au 19 juillet. Bruce Nauman à la Fondation Cartier propose 6 installations jusqu’au 21 juin. Markus Lüpertz jusqu’au 19 juillet au musée d’art moderne de la ville de Paris. Né en 1941, Markus Lüpertz devint une figure incontournable de la scène picturale allemande, appelée les nouveaux fauves, au début des années 1980. Dès le début de sa carrière il a placé son oeuvre sous la marque du « dithyrambe, », l’ivresse de la peinture. Si le regard est rétrospectif, l’exposition débute avec des toiles récentes. Les clefs d’une passion à la Fondation Louis Vuitton jusqu’au 6 juillet. Takis et la Fin des mondes au Palais de Tokyo jusqu’au 17 mai. Enfin Velasquez au Grand Palais jusqu’au 13 juillet.

Après la National Gallery de Londres en 2007 qui proposait une rétrospective réunissant 46 toiles, soit le tiers de l’oeuvre connu du peintre. Le Grand Palais propose une exposition plus large qui accorde une place importante aux artistes qui ont formé Velasquez et à ceux qui ont travaillé avec lui dans son atelier.

Genève 2 avril 2015 Musée Rath: Biens publics jusqu’au 26 avril. Pour marquer son vingtième anniversaire, le Mamco exporte ses accrochages dans un regard rétrospectif sur l’évolution des collections d’art contemporain genevoises. Cabinet d’art graphique: « Pardonnez – leur » 5 mars – 14 juin. L’exposition est l’aboutissement d’un travail poursuivi avec des étudiants et Didier Rittener professeur à la Head en section Appropriation. Il propose de multiples regards et méthodologies sur la vision du passé et les notions de multiples et reproductions, copies, à partir des collections du cabinet des estampes. Musée d’art et d’histoire: Christiane Baumgartner. White Noise jusqu’au 28 juin. Le cabinet des estampes signe également l’exposition temporaire proposée dans les locaux du musée d’art et d’histoire. Il s’agit d’une présentaion importante des travaux de Christiane Baumgartner organisée avec les musées de La Louvière et de Düsseldorf. Cette artiste allemande née en 1967 à Leipzig vit dans cette ville. Elle réalise des estampes de très grands formats consacrées au paysage ( l’une atteint même 4 m.), sérigraphies, gravures sur bois et d’autres techniques de reproducttion sont utilisées. Elle propose aussi des vidéos enregistrant les reflets, les mouvements qu’elle évoque dans ses gravures.

Bienne 8 février 2015 Le Centre PasquArt (fermé lundi et mardi!) présente notamment Roger Hiorns (né en 1975) jusqu’au 5 avril. Un « sculpteur » britannique déconcertant. En effet il joue sur de nombreux registres, sculptures faites d’objets trouvés, moteur, éviers par exemple, installation sonore, grande installation formée de radiateurs d’auto suspendus et enfin performance. Tout tourne autour d’un discours sur la mort et la maladie de la vache folle en particulier.

Bâle 8 février 2015 Riehen, Paul Gauguin. Fondation Beyeler jusqu’au 28 juin 2015. Avec une cinquantaine de toiles et de sculptures, l’exposition de la Fondation Beyeler se concentre sur la représentation de la figure humaine dans l’oeuvre de Paul Gauguin. J’ai été frappé par l’absence de toute nature morte, il en a peint de somptueuses pourtant. A l’exception de la palette du peintre, accrochée dans la première salle…. L’ouverture de l’exposition est entachée par une rumeur qui semble confirmée. Elle concerne la toile Quand te maries-tu ? de 1892, présentée ici avec son pendant du musée Pouchkine à Moscou Eh quoi ! tu es jalouse ?, 1892. C’est l’une des pièces phares de la Fondation Rudolf Staechelin déposée jusqu’à présent au musée de Bâle, elle aurait été vendue au Qatar pour 300 millions….

Lausanne 26 janvier 2015  Musée de l’Elysée. Comme la Tate avec le Turner Prize ou le centre Pompidou avec le prix Marcel Duchamp, le musée de l’Elysée propose pour la première fois le Prix Elysée. Après une première sélection parmi 400 candidats, l’exposition présentée au sous-sol permet de découvrir les huit nominés. Un excellent cru qui propose un regard sur les pratiques très diverses de la photographie aujourd’hui. Le Lauréat recevra un prix de 80’000 francs au mois de juin! L’exposition William Eggleston invite à découvrir un autre regard à la fois très actuel et très daté années 1960, jusqu’au 3 mai. Musée cantonal des beaux-arts, Paris à nous deux jusqu’au 26 avril, 27 artistes qui ont vécu du 18ème siècle à la première moitié du 20ème siècle sont présentés pour esquisser les relations entre les artistes et les collectionneurs vaudois et la capitale française. L’accrochage aéré se concentre sur quelques personnalités dont le travail est examiné sous divers angles thématiques aussi divers que la Grande Guerre, la mode, les spectacles ou la vie urbaine. De nombreux prêts extérieurs viennent enrichir cet accrochage des collections.

Pully 25 janvier 2015  Matthias Schmied : « Critical Mass of Silence », musée d’art de Pully jusqu’au 15 mars 2015. Après Sophie Bouvier Ausländer qui avait occupé tout l’espace du musée avec des papiers ciselés, découpés, accrochés, suspendus. Le musée de Pully présente un autre artiste qui travaille le papier en découpage, en guirlandes ou en dentelles, on retrouve un accrochage très fragile qui recourt à d’innombrables épingles, mais dans un esprit très différent. Matthias Schmied est né en 1976 à Berne, il vit à Paris. Dans cette présentation, intitulée « Critical Mass of Silence », il associe l’écriture et l’image des magazines ou des bandes dessinées pour les transformer en collages-découpages.

Chronique 2014

Paris, 9 décembre 2014 Le centre Pompidou présente une grande rétrospective de Jeff Koons, La Rétrospective jusqu’au 27 avril, qui sera bientôt sexagénaire. Sur le même étage, une autre exposition évoque Marcel Duchamp jusqu’au 5 janvier, qui éprouva une fascination pour les objets produits par l’industrie moderne au point d’en faire des ready made. Le parallèle entre les deux artistes est évident. On pourrait pousser plus loin la comparaison avec d’autres expositions visibles à Paris en ce moment : Niki de Saint Phalle au Grand Palais jusqu’au 2 février. Elle utilisa, au début de sa carrière, les jouets d’enfants pour en faire des sortes de poupées vaudou, criant sa douleur, avant de passer à une étape différente en créant ses immenses Nana. Ou encore avec cette évocation très originale du Marquis de Sade, Attaquer le soleil jusqu’au 25 janvier au musée d’Orsay qui rassemble des oeuvres du XIXe et du XXe siècle où la part de non-dit, de mystère et d’attentes est importante. Palais de Tokyo Inside jusqu’au 11 janvier. Une monumentale exposition collective qui appelle émotions et expériences autour de l’idée de pénétration dans un intérieur, tunnel, mine, maison, cabane, miroir, atelier, forêt, corps. Ici aussi on pourrait faire un parallèle avec la Hon de Niki de Saint Phalle.

Au musée d’art moderne de la ville de Paris, on découvre deux expositions très différentes qui méritent une visite: David Altmedj, Flux jusqu’au 1er février, un quadragénaire canadien qui nous emmène dans un univers fantastique, jamais vu, entre Arcimboldo et Matthew Barney et Sonia Delaunay jusqu’au 22 février, une rétrospective qui présente toutes les facettes de l’activité de l’artiste, sur laquelle je reviendrai lorsque j’aurais été voir l’exposition Blaise Cendrars, au coeur des arts, jusqu’au 1er mars à La Chaux-de-Fonds.

Genève 1er décembre 2014 Mamco Ulla von Brandenburg (1974), Stéphane Zaech (1966) &… jusqu’au 18 janvier. Pour cette cession hivernale, le mamco poursuit l’alternance de présentations monographiques et de regards sur ses collections. Dans cette dernière, il ne faut pas manquer la fabuleuse présentation des Seven Books of Poetry de Carl Andre, qui nous ramène au temps où la machine à écrire était un moyen de création. Et pour les monographies, on relèvera que le quatrième étage est entièrement consacré à la présentation de courts et moyens métrages d’Ulla von Brandenburg. On pénètre dans un univers envoûtant fait de tableaux vivants, de petits scénarios mystérieux et quotidiens, une partie de cartes, un goûter en famille, avec un environnement musical particulièrement fascinant, inspiré parfois du folklore du sud de l’Allemagne dont l’artiste est originaire.

Bâle, Riehen 22 novembre 2014 Fondation Beyeler Peter Doig jusqu’au 22 mars. A Bâle on découvre en ce moment trois grands peintres de paysage: Kaspar Wolf au musée des beaux-art jusqu’au 1er février et Gustave Courbet et Peter Doig à la Fondation Beyeler.

Zurich novembre Kunsthaus Egon Schiele / Jenny Saville jusqu’au 25 janvier 2015. En raison de la sélection des oeuvres, l’exposition pourrait avoir comme sous-titre la mort dans l’oeuvre de Schiele, car celle-ci est omniprésente. Ceci dit, il faut souligner que l’on découvre une magnifique exposition Schiele, qui s’appuie sur des toiles et à la fin sur les dessins qui sont plus connus. Comment peindre un portrait, comment représenter un nu ou une maternité, ce sont ces thèmes qui sont abordés par l’artiste britannique Jenny Saville (née en 1970). Six toiles monumentales et une quinzaine d’études ou de dessins sont accrochées sur des parois blanches. Ils allègent l’atmosphère et soulignent effectivement la permanence des questions liées à la représentation des corps au cours de l’histoire de l’art…. Zurich: Kunsthaus Ferdinand Hodler – Jean-Frédéric Schnyder jusqu’au 26 avril 2015. Dans une partie des salles habituellement consacrées aux collection, le Kunsthaus propose une étonnante rencontre, orchestrée par l’artiste Peter Fischli, entre Hodler et Jean-Frédéric Schnyder.

Genève et Riehen Après Paris, New York et Montpellier en 2007- 2008, la Fondation Beyeler et le musée d’art et d’histoire à Genève consacrent une exposition à Gustave Courbet, 7 septembre – 18 janvier 2015. En 1998 – 1999, le musée des beaux-arts de Lausanne avait également consacré une expositon au peintre franc-comtois. A Genève, au musée Rath on découvre, Gustave Courbet. Les années suisses jusqu’au 4 janvier 2015. Une exposition qui documente non seulement les oeuvres produites en Suisse, mais aussi celles que Courbet avaient amenées en Suisse et qu’il exposa à la Tour-de-Peilz. L’exposition s’appuie sur l’inventaire après décès de l’artiste que l’on peut feuilleter sur écran et qui porte notamment la signature du peintre François Bocion.

Genève 1er novembre 2014 Le nouveau MEG, musée d’ethnographie de Genève. Depuis l’ouverture en 2005 du Centre Paul Klee à Berne, l’inauguration du nouveau MEG représente sans doute la principale ouverture de musée en Suisse. (Il y a eu encore celui du musée des cultures du monde à Bâle). Ce nouveau musée frappe par deux aspects: Il fait table rase du passé en plongeant sous la terre, le seul signe architectural extérieur nouveau, mais relativement modeste, est le hall d’entrée, surmonté d’une petite bibliothèque. L’ancien musée est complètement abandonné et abritera l’administration. La partie dédiée aux expositions et aux collections est une immense halle souterraine de 2000m2, totalement modulable, qui fait penser aux halles d’expositions de Palexpo ou de la foire de Bâle, peut-être aussi au Schaulager de Herzog & de Meuron, inauguré en 2004. L’identité du musée est entièrement assumée par des vitrines et des panneaux lumineux de projection! de façon audacieuse et généreuse, les architectes Graber / Pulver ont renoncé à marquer l’espace à leur façon pour offrir un espace libre sans aucun pilier. ( Les travaux ont duré quatre ans et ont coûté environ 80 millions).

Bâle 27 octobre 2014 Musée des beaux-arts: For Your Eyes Only jusqu’au 4 janvier, une collection privée maniériste avec un bel ensemble surréaliste, notamment Magritte. Dans la même institution Kaspar Wolf (1735 – 1783) jusqu’au 1er février. Un parcours thématique, typologique dans l’oeuvre de ce grand paysagiste, peintre des montagnes, des glaciers et des grottes.

Seoul 22 octobre 2014 L’espace dans les musées coréens Après la visite de trois musées à Gwangju et celle de 4 institutions à Seoul, auxquelles il faut ajouter le ddp Dogdaemun design Plaza, sans compter les différents palais et le musée d’histoire, j’en viens à quelques réflexions sur l’ampleur de l’espace, du vide dans ces lieux…. Gwangju 21 octobre 2014 Biennale de Gwangju Burning Down the House jusqu’au 9 novembre 2014. Gwangju est une grande agglomération au sud de la Corée à 4-5 heures de Seoul. Avec 1,5 millions d’habitants, elle représente un bassin important pour une exposition biennale. Celle-ci, qui marque sa dixième édition, se veut toutefois internationale et ouverte sur tous les continents. Elle assure aussi, je n’ai pas les moyens de vérifier !, être la plus importante des biennales d’Asie, on sait que celles-ci sont très nombreuses….

Genève 26 septembre 2014 Centre d’art contemporain: Biennale de l’image en mouvement jusqu’au 23 novembre La Biennale de l’image en mouvement propose un regard rétrospectif et prospectif sur l’état de l’image en mouvement aujourd’hui. Un grand nombre d’installations et d’espaces de projection permettent de découvrir ces démarches. Il faut prévoir plusieurs heures si l’on se laisse happer par certaines projections. Comme je l’ai fait en regardant la totalité du film d’Arvo Leo, Fish Plane, Heart Clock 60′. Magnifique réalisation qui associe le documentaire et la création autour d’un artiste inuit Pudlo Pudlat (1916 – 1992).

Aarau 19 septembre 2014 Kunsthaus Sophie Taeuber Arp. Heute ist Morgen jusqu’au 16 novembre. Le Kunsthaus d’Aarau consacre une vaste rétrospective à l’oeuvre de Sophie Taeuber Arp, qui place les oeuvres appliquées et les productions artistiques sur le même pied. Ainsi en entrant dans la première salle on découvre un bureau conçu par l’artiste. L’approche croisée de cette exposition qui rassemble environ 300 pièces rend justice à l’ensemble de la personnalité de Sophie Taeuber Arp.

Berne 19 septembre 2014 Musée des beaux-arts: La couleur et moi. Augusto Giacometti jusqu’au 8 février 2015. Cousin assez éloigné de Giovanni Giacometti, Augusto Giacometti était un peintre d’une grande originalité. Une fois reconnu et établi en Suisse, il devint avant tout un peintre verrier dont les réalisations sont toujours admirées.

Zurich 19 septembre 2014 Kunsthaus Ferdinand Hodler – Jean-Frédéric Schnyder jusqu’au 26 avril 2015. Dans une partie des salles habituellement consacrées aux collection, le Kunsthaus propose une étonnante rencontre, orchestrée par l’artiste Peter Fischli, entre Hodler et Jean-Frédéric Schnyder. Bienne 31 août 2014 Au CentrePasquArt: Le Mouvement III. The City Performed jusqu’au 2 novembre. Une exposition consacrée, non à la sculpture statique ou monumentale, mais à la performance et à son développement depuis les années 1960. Le CentrePasquart abrite également une partie des expositions des journées photographiques de Bienne qui sont aussi présentées dans de nombreux lieux de la ville, sous le titre Hybride, jusqu’au 14 septembre. 2014 marque le 60ème anniversaire et la 12ème édition des expositions de sculptures de Bienne initiées en 1954 par Marcel Joray. La dernière édition eut lieu en 2009 sous le titre Utopics, elle prenait déjà ses distances par rapport à la sculpture au sens traditionnel du terme, celle-ci se veut entièrement éphémère, furtive et fluide en réunissant uniquement des performances. La partie performance s’est d’ailleurs achevée le 31 août. Il est par contre possible de visiter au Centrepasqu’art une exposition consacrée à l’histoire et à l’actualité de ce type d’expression artistique. Elle propose un grand nombre de noms d’artistes fort connus. Par exemple: Vito Acconci, Valie Export, Dieter Meier, mais aussi Francis Alÿs, Ai Weiwei, Klara Liden, Martin Creed. Leurs interventions sont attestées par des documentations photographiques ou des projections de films et vidéos. Elles dessinent une typologie de l’intervention urbaine par les lieux choisis, place, balcons, jardin ou par le genre de provocation adoptée qui vont de l’intervention dénudée à la simple présence sans caractéritique particulière….

Zurich 11 août 2014 Kunsthaus Cindy Sherman, Untitled Horrors jusqu’au 14 septembre 2014. Avec une centaine de tirages souvent monumentaux, le Kunsthaus de Zurich propose une rétrospective de l’oeuvre de Cindy Sherman. Elle retrace les innombrables trouvailles et facéties à travers lesquelles l’artiste s’est mise en scène. Si les termes jeux, facéties, métamorphoses, questionnement de l’identité, viennent à l’esprit en pensant à Cindy Sherman, je trouve la présentation, belle certes, mais trop statique et pompeuse. Alors que cette démarche correspond aux pratiques et aux aspirations de tant de (jeunes) gens aujourd’hui, on aurait pu trouver un moyen d’en rendre compte. D’ailleurs, les rares visiteurs, un dimanche au temps incertain, semblent indiquer que cette exposition a mal ciblé son public. Le côté trash et provocateur est vraiment effacé au profit d’une solennité qui fait penser à une exposition de Rembrandt ou de Titien!

Museum Rietberg. Gastspiel, art contemporain suisse au musée Rietberg jusqu’au 9 novembre. Les collections du musée Rietberg d’une richesse et d’une diversité désarçonnantes tendent peu-être à décourager le visiteur non spécialiste. Le musée a eu l’excellente idée d’inviter plus d’une vingtaine d’artistes suisses à entraîner, accompagner le visiteur dans ses collections. Il ne s’agit pas d’une exposition d’art contemporain présentée en parallèle aux collections, mais bien d’une présence souvent désacralisante, provocatrice dans toutes les salles et dans le parc. L’expérience est bien réussie, on peut préférer l’une ou l’autre démarche, car cette mise à distance permet de regarder la collection d’un oeil nouveau. Elle offre un véritable commentaire qui se décline dans des registres très différents…. Haus Konstruktiv Tobias Putry jusqu’au 7 septembre. Auguste Herbin jusqu’au 7 septembre.

Bienne 2 août 2014 Le centre PasquArt à Bienne présente deux expositions inspirées par des découvertes faites à La Biennale de Venise 2013. L’une vient de Suède avec les peintures, vidéos et sculptures d’Andreas Eriksson (né en 1975) et l’autre de Pologne avec une monumentale installation sonore de Konrad Smolenski à voir jusqu’au 17 août. Andreas Eriksson s’inscrit dans la ligne de Per Kirkeby et fait preuve d’une stupéfiante maîtrise des médiums qu’il emploie. Il passe du format monumental ou tout petit, réalise des sculptures en bronze, inspirées par les arbres et les oiseaux. Par ailleurs il utilise magnifiquement les espaces du centre PasquArt. En consultant son site, on constate que l’exposition reprend intégralement la présentation du pavillon nordique à Venise. On peut se demander pourquoi les explications sur les oeuvres fournies par l’artiste sur son site ne figurent pas dans l’exposition! http://www.medelplana.com

Arles 29 juillet 2014 Avec la nouvelle Fondation van Gogh abritée dans un palais du 15e siècle, précédé par une partie moderne pour les services, Arles s’est enrichie d’une institution qui peut presque rivaliser avec le Palazzo Grassi à Venise. Les salles, plus de 1’000m2, sont parfaitement équipées. En ce moment on peut découvrir sous le titre van Gogh live ! jusqu’au 31 août, une exposition en deux volets. Pour commencer une présentation intitulée, Couleurs du Nord, couleurs du Sud, autour de van Gogh et de ses contemporains, très intéressante qui compare les paysages de van Gogh à ceux de certains collègues. Plus loin, on découvre cinq artistes d’aujourd’hui qui ont certaines affinités électives avec van Gogh : Bethan Huws, Elizabeth Peyton, Thomas Hirschhorn, Camille Henrot et Guillaume Bruère. Par ailleurs quatre artistes sont intervenus dans la conception des locaux à différents niveaux: Bertand Lavier sur le portail, Raphaël Hefti sur le toit de l’entrée, Gary Hume dans un patio et Fritz Hauser par une installation sonore dans les escaliers.

Les rencontres photographiques se déploient dans 18 sites jusqu’au 21 septembre. Elles proposent des expositions monographiques, mais aussi plusieurs collections privées dont les oeuvres sont sélectionnées autour du thème de la typologie. On relèvera les photos de groupes et de foules de la collection W. H. Hunt à l’Archevéché et la collection Walther à l’Espace van Gogh. Pour les monographiques on mentionnera les portraits de David Bailey à l’élise Saint-Anne, les collages de Vic Muniz à l’église des Trinitaires ou encore Chema Madoz au Magasin électrique dans le parc des ateliers. Sur ce site, on retrouve les expositions habituelles et l’on peut remarquer que le chantier de la tour de 52 mètres conçue par Frank Gehry a débuté….

Avignon 28 juillet 2014 Assurément Olivier Py, nouveau directeur du Festival d’Avignon, recherche davantage le débat, la confrontation que l’adhésion et la catharsis dans le choix des spectacles proposés. Par les temps qui courent c’est un choix légitime et courageux, il donne aussi une large place au texte lu, en présentant par exemple sous différentes formes les écrits de Lydie Dattas, une expérience envoûtante. Cette année mon parcours des spectacles d’Avignon ( très restreint face à l’abondance de l’offre) m’a confronté à une véritable tour de Babel. Le premier étant en grec, le deuxième en néerlandais, le troisième en français avec un fort accent belge, le quatrième en espagnol et pour terminer en beauté un concert chanté et rappé en arabe. En plus dans le off, j’ai vu un spectacle en coréen et un autre en italien !….

Genève 9 juillet 2014 Musée d’art et d’histoire: Rodin. L’accident. L’aléatoire jusqu’au 28 septembre. Un titre un peu mystérieux pour une exposition-dossier passionnante construite autour d’une oeuvre qui appartient à la collection du musée, La Muse tragique. Cette dernière faisant partie du Monument à Victor Hugo. En plus de l’histoire de l’oeuvre et de sa présence à Genève, l’exposition montre l’évolution de la réception et de la perception des notions de fini, d’aboutissement, construction et hasard…. Egalement dans le domaine de la sculpture et de l’objet trouvé, des lignes de force que divers assemblages peuvent révéler, on découvre Tatiana Trouvé, L’écho le plus long au Mamco sur deux étages jusqu’au 21 septembre.

Bâle 14 juin 2014 14 Rooms 14 juin – 22 juin, Messe Halle 3. Parallèlement à Art Basel, Bâle reçoit, à l’instigation de la Fondation Beyeler, d’Art Basel et du théâtre de Bâle, 14 Rooms, une exposition itinérante et évolutive consacrée à la performance. Avec des réalisations dont la conception s’étend de 1963 à aujourd’hui. Yoko Ono, Joan Jonas, Bruce Nauman avec la reprise live d’une vidéo de 1968, Wall Floor Positions, mais aussi Tino Seghal, Roman Ondak, Laura Lima, Damien Hirst et ses jumeaux, ou encore Ed Atkins, Jordan Wolfson qui propose la danse d’un robot féminin. Une suite de rencontres intenses, exceptionnellement réunies dans un seul espace….

Soleure 14 juin 2014 Musée des beaux-arts, Soleure, Silvie Defraoui, Archives du futur jusqu’au 3 août. En sept salles l’exposition nous montre des pratiques qui vont de l’utilisation de la lettre à celle de la photographie, document trouvé, réutilisé ou produit, pour terminer avec des images projetées fixes ou mouvantes dans l’obscurité au mur et sur le sol. L’exposition souligne différentes simultanéités: les catastrophes qui rythment le quotidien et la beauté du monde. La perception des spécificités du lieu dans lequel elle intervient et le déplacement vers d’autres espaces, d’autres sites….

Lausanne 4 juin 2014 Le musée de l’Elysée est le premier musée lausannois à ouvrir ses expositions estivales avec trois présentations parallèles. Mathieu Gafsou. Only God Can Judge Me jusqu’au 24 août. Les tirages de Mathieu Gafsou occupent les combles du musée de l’Elysée. Il présente le monde de la drogue, quelques portraits, visages en gros plan, mais surtout des natures mortes, objets sordides, lieux abandonnés, une bouteille vide, remplie de seringues, par exemple, avec tout de même une certaine prise de recul comme cette photo d’un pavot ou des sachets contenant diverses substances qui donne à l’ensemble le caractère d’un reportage qui va de pair avec l’intensité esthétique du regard. Luc Chessex, CCCC, Castro, Coca, Che, Cherchez la femme évoque la période cubaine de Luc Chessex. Anonymes ? Des avantages de l’auteur méconnu.

Bex 28 mai 2014 Bex Arts 1er juin – 5 octobre Emergences, le titre de cette édition de Bex Arts a inspiré une grande variété de surgissements possibles ou improbables, de l’éclair à d’étranges bestioles, paon, singe, buffle, fantômes entre l’homme et l’animal ou encore à l’évocation très concrète de ces hangars, bâtisses utilitaires qui surgissent soudain lorsque l’on se promène dans la campagne. Une cinquantaine d’artistes sont engagés dans 43 projets qui donnent une vie nouvelle, entre réalisme et fantastique au parc de Szilassy.

Berne 14 mai 2014 Centre Paul Klee: Le voyage en Tunisie, Klee, Macke, Moilliet jusqu’au 22 juin. Taking a Line for a Walk jusqu’au 17 août. Sept grands peintres européens et américains sont associés aux travaux sur l’écriture et la ligne de Paul Klee. Un parcours horizontal qui débute avec Christopher Wool, puis Olav Christopher Jenssen, Jonathan Lasker et sur la même ligne Klee, Tobey et Michaux pour terminer avec Cy Twombly et Brice Marden.

Aarau 14 mai 2014 Kunsthaus: Robert Walser und die bildende Kunst jusqu’au 27 juillet. Faire un saut à Aarau un dimanche matin, alors que la journée s’annonce pluvieuse. Surpris de découvrir que le lumineux café du Kunsthaus est bien animé à cette heure matinale. La nouvelle exposition est consacrée à Robert Walser et l’art. Une thématique complexe qui associe le contexte pictural des contemporains de l’écrivain aux échos actuels de ses récits dans l’art contemporain. Pour ce dernier, il s’agit autant d’hommages explicites que d’affinités électives. Le parcours offre une belle sélection d’art suisse et international. Rosemarie Trockel, Markus Raetz, Marie-José Bürki, Thomas Hirschhorn, Thomas Schütte, Mark Wallinger, voici quelques artistes contemporains proposés dans cette exposition. On y découvre encore des peintres allemands du XIXe siècle, mais aussi Léo Paul et Philippe Robert ou le frère de l’écrivain pour rendre compte du contexte artistique et de l’actualité de Robert Walser.

Nyon 2 mai 2014 Château de Nyon: Des hommes et la forêt jusqu’au 26 octobre. 12 artistes contemporains évoquent la forêt par le son et l’image.

Bâle 13 avril 2014 et 19 mai Fondation Beyeler, Riehen Gerhard Richter, tableaux / séries jusqu’au 7 septembre. Dix salles dont l’accrochage, comme le catalogue qui accompagne l’exposition, ont été en grande partie conçus par l’artiste avec le commissaire Hans Ulrich Orbrist. Un accrochage dense et subtil qui présente des séries de peintures, le plus souvent abstraites et comme en contrepoint une ou deux peintures figuratives très photographiques. Les périodes sont confrontées les une aux autres. Y compris des oeuvres récentes réalisées à partir de photographies digitales ou des parois de verre qui contribuent à l’exaltation de l’architecture de Renzo Piano qui est au centre de cette exposition…. Musée des beaux-arts: James Ensor jusqu’au 25 mai Kasimir Malewitsch, travaux sur papier jusqu’au 22 juin. Musée d’art contemporain Le corbeau et le renard: Marcel Broodthaers jusqu’au 17 août.

Paul Chan. Selected Works, Schaulager, Münchenstein jusqu’au 19 octobre 2014. Paul Chan est né à Hong Kong en 1973, il vit à New York. Les oeuvres exposées se divisent en trois catégories bien distinctes. Des films animés, des projections d’ombres et des couvertures de livres recouvertes de paysages peints, ces derniers travaux furent montrés à Kassel en 2012. On peut encore ajouter de nombreux dessins, en relation avec les dessins animés et les projections et des installations de câbles suspendus au mur ou  étalés dans une grande salle du sous-sol, ils aboutissent à des chaussures remplies de béton. Kunsthalle, le directeur Adam Szymczyk ayant été nommé à la direction de la prochaine Documenta sera remplacé dès le 1er novembre 2014 par Elena Filipovic (1972) qui avait dirigé la Biennale de Berlin avec Szymczyk en 2008.

Lucerne 20 avril 2014  Musée des beaux-arts. Mauricio Dias (1964) & Walter Riedweg (1955) jusqu’au 22 juin. Ces deux vidéastes nous racontent une quantité d’histoires qui associent témoignages, documentaires et mises en scène. Leurs travaux sont présentés dans dix salles et demandent plusieurs heures au spectateur s’il veut tout voir! Mais une heure suffit pour entrer dans un monde fascinant et plein d’humour et de sincérité…. Une salle est également consacrée à quelques travaux de Robin Rhode jusqu’au 1er juin.

Paris 19 mars 2014 Par ce pic de pollution, à vrai dire peu perceptible, la visite de Paris devient plus apaisée. La suppression des barrières dans le métro crée une fluidité et une baisse de stress remarquables. Une période assez calme pour les expositions temporaires à Paris et pourtant, il y a bien assez de manifestations à visiter. A signaler que l’exposition Henri Cartier Bresson à Beaubourg jusqu’au 9 juin fait un tabac, je ne l’ai pas vue. Galeries nationales du Grand Palais: Bill Viola 5 mars – 28 juillet. L’art vidéo se prête-t-il à une rétrospective? la présentation du Grand Palais répond à la question par une immersion dans les travaux de Bill Viola, avec un parcours à travers ses installations qui permet de saisir la permanence et l’évolution dans ses recherches. Le théâtre, le mélodrame, le jeu, la mise en scène, sont rassemblés pour aboutir à une scénographie très spectaculaire qui montre ce que l’on peut faire de l’image mouvante en partant d’un point de vue artistique…..

Palais de Tokyo: L’état du ciel 14 février – 7 septembre Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger. Nouvelles histoires de fantômes (autour de l’atlas Mnémosyne d’Aby Warburg) jusqu’au 7 septembre. Musée d’Orsay: Gustave Doré (1832 – 1883). L’imaginaire au pouvoir 18 février – 11 mai. Deux versants dans l’oeuvre de Doré ou plutôt même trois, le dessinateur et illustrateur, le peintre et le sculpteur. La rétrospective du musée d’Orsay met l’accent sur ses trois formes d’expression…. Vincent van Gogh – Antonin Artaud. Le suicidé de la société jusqu’au 6 juillet. L’exposition van Gogh-Artaud est une exposition à deux battants, elle montre un peintre et celui qui le célèbre par le texte en cernant les deux personnalités. Une approche originale qui change des rétrospectives et qui met le « peintre » Van Gogh au centre, plutôt que le « cas » Van Gogh ! Autoportraits, paysages, natures mortes, on le voit traiter les thèmes traditionnels de la peinture avec une grande originalité et l’on pense devant bien des toiles à l’influence énorme qu’il a exercée sur la peinture figurative du 20e siècle. L’exposition cerne aussi la personnalité d’Antonin Artaud en montrant ces dessins et des extraits d’une vingtaine de films dans lesquels il a joué.

Musée du Louvre: le trésor de Saint Maurice d’Agaune jusqu’au 16 juin. Pour la première fois le trésor de Saint-Maurice est en voyage, on connait ses pièces par la reproduction, mais on les a rarement vues, c’est une occasion exceptionnelle avant qu’une muséographie renouvelée ne permette de les découvrir à Saint-Maurice même.

Genève 19 février 2014 mamco: Hommage à Philippe Thomas et notamment Frank Scurti, Christopher Williams jusqu’au 18 mai. Sous le titre Hommage à Philippe Thomas (1951 – 1995), le Mamco marque son vingtième anniversaire par une double reconstitution. Au dernier étage on découvre la répétition partielle d’une exposition présentée au musée d’art contemporain de Bordeaux en 1990, à travers l’agence Les ready made appartiennent à tout le monde. Cette présentation est assez annonciatrice de la direction suivie par le mamco au cours de ces vingt années. Deux étages plus bas, on retrouve des travaux liés à Philippe Thomas, tels qu’ils furent présentés dans le premier accrochage du Mamco en 1994.

Zurich 16 février 2014 Kunsthalle, Ed Atkins (né en 1982) jusqu’au 11 mai Migrosmuseum: Sacré 101, une exposition inspirée par le Sacre du Printemps jusqu’au 11 mai. Un projet ambitieux qui tente d’associer regard historique et contemporain sur l’évocation du Sacre du Printemps. A ce jour on compte environ 200 mises en scène du ballet, 4 sont présentées ici sur des écrans, l’une étant une tentative de reconstitution du ballet original. Par ailleurs des artistes contemporains ont été invités à s’exprimer sur leur rapport à la danse et au corps aujourd’hui. Marc Bauer  et Sara Masüger, par exemple, avec un grand dessin mural, un porte-feuille et des sculptures. On trouve aussi des peintures, des photographies et des vidéos.

Kunsthaus, De Matisse au Blauer Reiter jusqu’au 11 mai. Mon site comprend de nombreuses pages et lors d’expositions collectives, je suis parfois perplexe pour décider sur laquelle je vais parler d’une nouvelle présentation. L’exposition actuellement proposée au Kunsthaus de Zurich me met particulièrement dans l’embarras. En effet, j’ai une page consacrée à Matisse et une autre à Kirchner, sur cette dernière j’ai rendu compte d’une exposition consacrée à Die Brücke vue à Madrid en 2005. Et puis il y a une troisième page, où j’ai parlé d’une exposition de la Fondation Beyeler en 2003, intitulée Expressiv. Pour la réactiver, c’est ici que j’ai mis l’exposition Matisse et les Fauves, vue à Vienne, il y a peu. Eh bien! je n’aurai pas dû ! En effet, l’exposition du Kunsthaus veut précisément montrer la simultanéité des émergences et des intérêts des groupes intitulés, Fauves à Paris et die Brücke, à Dresde et Berlin, et leur enracinement commun autour de la vie artistique parisienne, à travers l’activité de galeries, de collectionneurs et de revues. Ce n’est que vers 1911, que l’on commence à parler d’expressionnisme, en le considérant comme allemand, avec une exacerbation au moment de la guerre. Le Blaue Reiter apparaît en 1912, centré sur Munich et ouvre d’autres perspectives, brutalement interrompues en 1914. Tout cela paraît un peu compliqué ? et bien, c’est aussi l’impression que donne l’exposition du Kunsthaus. Ceci dit, il est sans doute bon de montrer que les choses sont compliquées et n’entrent pas dans des catégories ressassées pendant des décennies ! L’exposition s’appuie sur les collections Merzbacher, Bührle et celles de l’institution avec également des prêts….

Helmhaus, !Mediengruppe Bitnik – Christian Waldvogel jusqu’au 6 avril. Cette exposition s’intéresse notamment au sort de Julian Assange réfugié dans une ambassade à Londres. On découvre une reconstitution de la petite pièce où il vit, sans aucune possibilité de sortie. Et le récit des pérégrinations d’un paquet qui lui a été envoyé. Le Museum für Gestaltung possède une étonnante collection d’affiches japonaises depuis 1955, il présente 150 superbes feuilles au graphisme épuré qui forment une synthèse exemplaire entre tradition et modernité Japanese Poster Artists jusqu’au 25 mai.

Lausanne 2 février 2014 Le musée de l’Elysée nous emmène dans une exposition pétulante et bondissante avec Philippe Halsman. Etonnez-moi jusqu’au 11 mai. Le photographe favori de Dali, en fait un véritable complice, le portraitiste de Marylin Monroe et d’une quantité de personnalités. Enfin l’auteur d’une centaine de couvertures du magazine Life…. Le musée des beaux-arts de Lausanne réunit trois sculpteurs qui sont presque exactement contemporains et ont passé les années de la Seconde guerre mondiale en Suisse. Alberto Giacometti, Germaine Richier et Marino Marini. La figure tourmentée jusqu’au 27 avril. Une approche synchronique, transversale de ces artistes, autour de questions techniques et formelles, qui est complémentaire de regards plus rétrospectifs….

Bâle 1er février 2014 Si le Fasnacht de Bâle commence le matin du 10 mars 2014 à 4h., la saison des carnavals a déjà débuté et se répand dans beaucoup de localités suisses au mois de février (à Lucerne cette année du 27 février au 3 mars). Le musée des beaux-arts de Bâle veut se mettre au diapason de ces festivités en montrant les masques dans l’oeuvre de James Ensor à partir du 16 février et la Fondation Beyeler se tourne aussi vers une forme de fantastique et de symbolisme avec Odilon Redon 2 février – 18 mai. La Fondation Beyeler choisit de présenter Odilon Redon (1840 – 1916). Elle le montre comme coloriste et veut voir en lui le précurseur d’évolutions du 20e siècle que l’on trouve chez Matisse ou Kandinsky par exemple. Une point de vue original, qui peut se justifier et que l’exposition défend bien. Sur neuf salles, deux sont consacrées aux fusains et à une suite de lithographies, Dans le rêve, 1879. Toutes les autres présentent des pastels ou des toiles en couleur….

Berne 30 janvier 2014 A l’occasion d’une nouvelle édition mise à jour du catalogue des estampes de Markus Raetz, le musée des beaux-arts de Berne, puis le musée Jenisch à Vevey annoncent une exposition des gravures et sculptures de Markus Raetz en 2014. Au musée de Berne cet ensemble de gravures de l’artiste complété par des sculptures et quelques carnets de croquis occupe tout le sous-sol jusqu’au 18 mai 2014. Le catalogue raisonné recense plus de 350 estampes, une sélection impressionnante couvrant les différentes périodes créatrices de l’artiste est proposée. On découvre comment chez Raetz, la recherche artistique, ici en l’occurence le travail avec les moyens de reproduction, est au service d’une réflexion plus large sur la représentation, le mouvement, le regard et l’oeil.

Twelve Years a Slave de Steve Mc Queen Le récit de l’enlèvement d’un noir, établi et bien intégré dans le Nord des Etats-Unis pour être vendu comme esclave au Sud, en Géorgie. Ces enlèvements étaient fréquents. Le héros du récit fut l’un des rares survivants qui put raconter son cauchemar. Steve Mc Queen, artiste vidéo et cinéaste a utilisé cette histoire vraie qui se passe dans les années 1840 pour en faire un film, c’est-à-dire environ 20 ans avant le moment où se déroule le récit d’Autant en emporte le vent….

Le rythme d’ouverture des expositions en Suisse est de plus en plus trimestriel. En cette fin  janvier, début février, on assiste à un véritable tsunami de nouvelles présentations à Bâle, Berne, Lausanne et un peu plus tard à Genève et à Zurich. Consultez l’agenda pour vérifier les dates et je rendrai compte des événements qui m’intéressent sur l’art en jeu au fil du temps !

Genève 18 janvier 2014 Le cabinet d’art graphique à Genève propose une exposition Not Vital, Tanter. Elle met en en relation des sculptures et des travaux sur papier. Plusieurs pièces récentes, mais aussi des oeuvres qui remontent jusqu’aux années 1980. Impression par jets d’encre ou estampes, mais aussi dessins et collages ; au sol et contre les parois on trouve des travaux sculptés en marbre, en verre en argent ou en acier poli…. Musée Rath: Héros antiques. La tapisserie flamande face à l’archéologie jusqu’au 2 mars. Une mise en valeur intéressante de suites historiques en tapisserie.

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