Schaulager, Bruce Nauman 15 03 2018

Bruce Nauman

Bâle 17 mars 2018

Schaulager Bruce Nauman, rétrospective, Disappearing Acts jusqu’au 26 août.

Le Schaulager présente une vaste rétrospective de l’oeuvre de Bruce Nauman (1941) qui met l’accent sur la sculpture et le dessin, tout en soulignant l’ouverture de l’artiste aux techniques nouvelles: l’installation vidéo, sonore, pour finir avec la 3D qui marque toute sa carrière. Elle montre aussi comment ses travaux sont centrés sur son propre corps, la performance et la destructuration de celui-ci. L’exposition s’achève d’ailleurs sur une grande installation récente, reprenant le sujet du Contraposto. Véritable rétrospective, elle fait ressortir les constantes, les préoccupations récurrentes dans une oeuvre que l’on découvre généralement à travers une ou deux installations.

6 installations de Bruce Nauman sont présentées à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris jusqu’au 21 juin 2015.

Elles occupent les deux étages d’exposition et le jardin. Cette présentation fait ressortir la précocité de l’ association entre vidéo, performance, sculpture et son, chez Bruce Nauman. Tous ces éléments sont devenus incontournables dans les pratiques artistiques actuelles.

Pencil Lift/Mr. Rogers, 2013, présente une action qui se déroule dans l’atelier de l’artiste. La vie quotidienne, le chat qui passe et une petite performance consistant à soulever 3 crayons formant une seule ligne sont présentés sur deux grands écrans dans l’espace entièrement vitré de la Fondation Cartier. De l’autre côté on entend une performance sonore; la répétition de la phrase pour les enfants. Alors qu’à l’extérieur c’est une performance musicale qui est produite. Au sous-sol 3 pièces monumentales sont associées. Carrousel, 1988, des animaux écorchés tournent sur un axe. Les appels lancinants de l’installation Anthro/Socio, 1991 occupent tout l’espace. Dans le deuxième espace on découvre une ancienne performance vidéo, 1970/2009 qui montre deux danseuses tournant comme les aiguilles d’une montre.


 

Bruce Nauman occupe le pavillon américain à la Biennale de Venise 2009 (jusqu’au 22 novembre) son exposition intitulée Topological Gardens s’étend sur deux autres sites: Ca Foscari et Universita Tolentini (jusqu’au 18 octobre).

Le Castello di Rivoli à Turin consacre une exposition aux débuts de la carrière de Bruce Nauman jusqu’au 9 septembre 2007: A Rose has no teeth: Bruce Nauman in the 1960s.

Le musée d’art contemporain de Bâle propose l’installation Mapping the Studio jusqu’au 7 octobre 2007.

Dans le cadre de la Quadriennale de Düsseldorf, le Nord Rhein Westfalen-Forum Kultur und Wirtschaft propose une rétrospective Bruce Nauman Mental Exercises 9 septembre – 14 janvier 2007.


 

Bruce Nauman Raw Materials, Turbine Hall, Tate Modern jusqu’au 28 mars 2005

Le Turbine Hall de la Tate Modern devient un défi auquel se confrontent les plus célèbres artistes contemporains. Après Louise Bourgeois, Anish Kapoor, Olafur Eliasson, cette année c’est Bruce Nauman qui s’attaque à cet espace gigantesque sous le titre Raw Materials. Après la brume d’Olafur Eliasson, Nauman joue avec un autre élément immatériel: le son. Figure incontournable de l’art contemporain, Bruce Nauman (1941) est un représentant essentiel et célébré de trois courants spécifiques des 30 – 40 dernières années, la performance, la vidéo et l’installation, à quoi il faut encore ajouter l’usage du néon qu’il a beaucoup employé. Par ailleurs il pratique les médias traditionnels: la sculpture, il a formulé la problématique de l’empreinte dès le début de son activité, le dessin, la gravure et la photographie. Un aspect essentiel dans ses installations est le son qu’il s’agisse d’un violon, d’une guitare ou d’une voix humaine qui hurle ou prononce de façon lancinante des mots. Face aux nombreux domaines mentionnés, on pouvait imaginer que l’intervention de Nauman à la Tate Modern allait les associer ou se concentrer sur un aspect visuel et plastique. De façon inattendue, il a choisi l’élément le plus immatériel dans son travail, le son et réalise une rétrospective sonore de son oeuvre dans le Turbine Hall de la Tate. Le son se déploie sur deux niveaux de perception. Il y a une ambiance globale qui est la bande de Raw Material, répétition lancinante de la lettre M que l’on entend dans tout l’espace et qui donne un côté mystique, envoûtant au lieu. Par ailleurs en avançant dans l’espace le visiteur entend successivement les bandes son de 20 installations vidéo qui sont perceptibles dans le champ de diffusion des hauts-parleurs placés de chaque côté. C’est une exploration surprenante des potentialités de cet espace immense. Elle suggère de nombreuses réflexions. Elle amène à s’interroger sur l’oeuvre de Nauman qui renonce ainsi sans crier gare à l’élément visuel dans son travail. On peut se demander ce que cela signifie: l’élément plastique, visuel, est-il sans importance? secondaire? Les installations de Nauman sont basées sur la recherche de paroxysmes de violences, d’intensités dans l’espace limité d’une salle de musée ordinaire qu’elles tendent à faire exploser. S’il avait dû amplifier l’une de ses installations aux dimensions du Turbine Hall, il n’aurait pu parvenir à un effet comparable, d’où sans doute la décision de se tourner vers une occupation sonore de l’espace en renonçant à tout élément visuel, autre que celui de l’architecture elle-même et du public qui l’occupe. Vers un autre article sur l’exposition Sons et lumières à Beaubourg, Centre Pompidou jusqu’au 3 janvier 2005.

Patrick Schaefer, L’art en jeu, 2 novembre 2004