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Maria Lassnig

Bâle 14 juin 2018

Musée des beaux-arts Maria Lassnig, Dialogues 12 mai – 26 août 2018

Le musée des beaux-arts de Bâle propose une rétrospective des travaux sur papier de Maria Lassnig.

Maria Lassnig a placé son propre corps et son visage au centre de ses recherches artistiques. L’exposition permet de suivre cette recherche d’une force incroyable au cours des voyages de l’artiste autrichienne qui l’ont menée à Paris, aux Etats-Unis avant de revenir à Vienne où elle a enseigné. Un volet de l’exposition est consacré aux films réalisés par Maria Lassnig.


Maria Lassnig reçoit le Lion d’or à Venise en 2013. Elle est décédée en 2014.

A l’occasion de ses 90 ans Maria Lassnig fait l’objet de deux expositions qui seront présentées à Vienne MUMOK 13 février – 17 mai 2009 et à Cologne au Museum Ludwig 14 mars – 14 juin 2009.


Maria Lassnig, verschiedene Arten zu sein (différentes manières d’être)

Kunsthaus Zurich jusqu’au 29 février 2004

Maria Lassnig développe un travail de peinture passionnant. On pense à l’école de Londres: Francis Bacon, Frank Auerbach, Paula Rego peut-être et à Kokoschka bien sûr puisqu’elle est autrichienne. Bien qu’elle soit très connue des milieux spécialisés, la notoriété de Maria Lassnig est encore limitée auprès du grand public, malgré plusieurs expositions itinérantes présentant soit ses travaux sur papier, soit ses peintures. Née en 1919, elle vit à Vienne où elle a enseigné la peinture. L’exposition du Kunsthaus occupe l’espace du rez-de-chaussée de cette institution, souvent réservé aux jeunes artistes. Elle est organisée parce que l’artiste a obtenu le prix Roswitha Haftmann en 2002.

Cet accrochage accompagné d’un catalogue se concentre sur un seul thème l’autoportrait, tel qu’il a été traité par l’artiste au cours de 10 dernières années. Ainsi la retrouve-t-on 27 fois dans des situations, des positions très diverses. La technique picturale de Maria Lassnig est expressionniste, mais ses peintures reposent sur un dessin très solide, elle est d’ailleurs une aquarelliste et dessinatrice hors pair. Par ailleurs cette expressivité n’est pas tragique, il s’agit d’un langage pictural qui est plein d’humour, de distance et se met au service de l’exploration systématique d’un thème, d’une idée. Elle se maltraite, se déguise on la voit avec une poële sur la tête, déguisée en E.T. Dans une grande partie des toiles exposées elle se présente en relation avec un animal : lièvre, crapaud, âne, canard, singe, furet, cochon d’inde. Un enfant aussi lorsqu’elle retrouve soudain le thème de la Maternité ou alors celui du Bon Berger elle se montre un âne sur les épaules, au lieu de l’agneau traditionnel. On perçoit une verve déchaînée dans ses peintures. Une absence de complaisance qui est totalement au service de la peinture comme acte, comme matière, comme rapports de couleurs qui s’avèrent particulièrement acides chez elle, en accord avec son goût de l’ironie. Cette présentation limitée révèle la maîtrise totale des moyens picturaux et des possibilités techniques de ce mode d’expression.

Pour la curiosité, mais je n’ai pas essayé de la charger, je signale qu’il existe une thèse (« Dissertation ») en ligne en allemand de 2002, sur les autoportraits de Maria Lassnig.

Patrick Schaefer, 15 décembre 2003

Gerda Steiner / Jörg Lenzlinger

Musée Tinguely, Bâle: Gerda Steiner / Jörg Lenzlinger, Too early to Panic jusqu’au 23 septembre.


Coire 10 juilet 2013

Musée des beaux-arts: Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger: Nationalpark 22 juin – 21 décembre 2013

Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger que passionnent l’interaction nature et homme occupent deux étages du musée de Coire avant destruction.

Le musée des baux-arts de Coire occupe deux villas anciennes l’une du XIXe siècle qui a été soigneusement restaurée, il y a quelques années et l’autre du début du XXe siècle construite par Walther Sulser pour abriter le musée d’histoire naturelle; jusqu’en 1989, lorsque le bâtiment a été attribué au musée des beaux-arts pour les expositions temporaires. Un nouveau projet d’extension entraîne la destruction de ce bâtiment. Pour préparer ce passage, les artistes Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger, bien connus pour leur travaux sur l’interaction entre la nature et l’homme ont été invités à occuper en tout liberté les deux étages du bâtiment. Ils mettent en quelque sorte en route le processus de destruction de l’édifice, en laissant entrer la pluie, en arrachant les fenêtres, les sols et les plafonds pour faire croître des constructions réelles ou artificielles, élever des fleurs et des animaux.

Gerda Steiner (1967) & Jörg Lenzlinger (1964) sont parmi les artistes suisses les plus connus dans le monde. Ils ont été invités dans de nombreux sites pour réaliser leurs étonnants poèmes plastiques et interactifs qui mettent en jeu et questionnent radicalement les processus naturels et artificiels. En 2014, le parc national suisse en Engadine fêtera son centenaire et cette installation artistique d’une dimension exceptionnelle marque aussi le début des festivités. Ici ils invitent à entrer au Paradis, un thème qu’ils avaient déjà abordé au centre Paul Klee en 2008.

Le fertilisant artificiel est un composant essentiel de leurs installation, il évolue, grandit, envahit au gré des variations climatiques.

Le site des artistes. http://www.steinerlenzlinger.ch/

Italie, mai 2018 Via Francigena d’Aoste à Piacenza

Marché en suivant la via Francigena d’Aoste à Piacenza du 4 au 18 mai 2018.

 

Premier jour:  j’ai pris le bus de Martigny jusqu’à Aoste, peu de voyageurs, un couple de skieurs. Cela fait près de 40 ans que je ne suis plus revenu à Aoste. Sensation de haute montagne avant d’arriver au tunnel. La végétation est plus en retard du côté italien, il reste de la neige. Le centre d’Aoste est formé d’une seule rue très longue qui fait plus d’un kilomètre. Ça me fait penser à Ajaccio, mais aussi à Kosice en Slovaquie. On sent déjà la conception urbanistique des Romains que je vais retrouver tout au long du parcours.

Je n’ai pas vu les fresques otoniennes à la cathédrale et à Saint-Ours. Elles se visitent seulement le samedi de 15h à 17h. Le cloître de Saint Ours est formidable avec ses chapiteaux historiés du début du 12ème siècle. Beaucoup de classes en visite, mais peu de touristes. Au départ d’Aoste il y a des trains chaque heure jusqu’à Ivrea, ils s’arrêtent partout.

J’ai trouvé une chambre dans un hôtel situé sur le pont romain juste au départ de la via Francigena.

Jour 2: Aoste – Nus 4h de marche l’application du tel me dit 13 km.; passé par le château de Quart.

Trouvé un hôtel, mangé et ensuite en route pour Fenis, ce qui fait environ 5 km. aller-retour.

Je me dis que la vallée d’Aoste est magnifique, le chemin aussi, ce sont des bisses restaurés où de petites routes. Lorsque la vallée se rétrécit, on entend l’autoroute, mais les vues sont splendides. J’ai bien fait de m’arrêter à Nus. Dans l’application Francigena une seule étape est prévue jusqu’à Châtillon, c’est beaucoup trop long. Rencontré des sud africains partis de Lausanne et un jeune qui veut trouver des hébergements à 5€!!

En fait, ce samedi soir Nus est assez animée, il y a des banquets dans plusieurs bistrots.

Jour 3 Nus – Saint Vincent 22km. avec les aller retour au centre thermal qui domine la localité.

Fantastique balade à flanc de coteau, étape longue heureusement que je me suis arrêté à Nus. Saint Vincent est très touristique, la situation est extraordinaire avec les montagnes hautes autour, ça fait penser à La région de Loèche et au Valais en général.

Jour 4 Saint Vincent – Verrès. Pas très long, mais assez dur avec des montées et des descentes un peu raides dans les rochers. Chênes et châtaigniers, bruit de l’autoroute.

Verrès est un sympathique village. Je suis allé à Issogne avec mon sac parce que 2 hôtels étaient fermés à Verrès, rien trouvé à Issogne, tout est plein. Revenu à Verrès finalement le premier hôtel est ouvert, mais ils ont un restaurant de l’autre côté de la rue et j’ai vu sur booking.com qu’ils étaient ouverts.

Visité Issogne, puis le château de Verrès qui se mérite ! C’est une sacrée montée, il me semble qu’il ressemble au château de Lausanne.

En fait Verrès surveille la route du col du Théodule qui mène en Valais.

Jour 5 Verrès – Pont Saint – Martin. Intéressant village d’Andrade très beau, l’église romane est fermée. Ensuite la vallée se rétrécit, on passe à droite de l’autoroute et on marche presqu’une heure le long de celle-ci jusqu’à Hône. La vallée est totalement fermée avec le fort de Bard en point de mire. Le village a plusieurs belles maisons et des restaurants et même un grand hôtel Stendhal. Ensuite, on rejoint la route romaine et c’est tout droit, Balmas et Pont Saint – Martin qui sont appondues. Il y a des trottoirs mais c’est très bruyant. Dans l’ensemble le parcours est intéressant, mais pas très agréable à cause de la proximité des routes. Il existe un parcours alternatif 103A, mais il est beaucoup plus long et ce n’est pas Francigena. Env 14km. plus 2-3 dans le village.

Déjà 88 km. de marche depuis vendredi 113 avec le 9.

Jour 6: Pont-Saint-Martin – Ivrea 22 km., beau parcours, parfois scabreux dans des rochers, les chemins sont glissants et boueux le dernier bout qui monte vers les lacs d’Ivrea semble sans fin. Par contre l’arrivée donne sans doute le meilleur point de vue sur la ville avec les tours romanes de la cathédrale et le château, les murs de la ville. En fait le château est en ruine et il n’y a rien de roman dans la cathédrale. La ville est divisée par la Dora Baltée que je suis depuis Aoste. L’atmosphère est tout-à-fait différente on est en Italie et plus en montagne valdo-valaisanne !

Longue étape, un peu trop; demain, pareil, je verrai. Difficile de trouver où dormir .

L’odeur des roses dans les villages succède au muguet et aux iris des jours précédents dans la forêt ce sont les accacias qui embaument partout.

Jour 7:  Ivrea – Viverone  1/2h pour sortir d’Ivrea, ensuite de beaux chemins, peupliers, vignes à flanc de coteau, les villages se suivent de près, Piverone, Viverone, le compteur indique 13 km mais alors j’ai marché très lentement l’app 20?

En descendant au bord du lac de Viverone qui est assez éloigné de l’ancien village, je réalise que c’est un autre monde: des rangées de villas, puis une immense surface de parkings payants, deux hôtels assez grands et de nombreux établissements le long du lac. En fait, je fais un trip incroyable en suivant cette voie romaine. On réalise aussi que depuis Aosta, il y a des localités qui s’enchaînent presque en continu, le long de la voie romaine, mais elles sont toujours éloignées des zones inondables à flanc de coteau.

Jour 8 Viverone – Santhia en fait 10 km. mais d’après l’app 16.

Cavaglia grande localité avec une belle église de 1780 et un château.

Arrivé vers 13h à Santhia, pris le train pour Vercelli 10’, au lieu des 27 km. à pied de demain!

Ça fait bizarre, je sors du trip, m’énerve pour prendre un billet à l’automate. Ensuite les hôtels sont à l’autre bout de la ville, qui est chouette, pluie d’orage pendant 30 minutes, trempé!

Jour 9: 8ème jour de marche Vercelli – Robello arrivé vers 13.30 pris le train pour Pavia 14.14 5€.50 pour 52km.

C’était un beau parcours sur les digues des rizières, mais c’est pareil ensuite, pas très envie de faire 4 journées ainsi, pas de restaurants. quelques bars, pas d’hôtel et je n’ai pas vu l’ostello.

Les grenouilles qui coassent, les grands oiseaux qui s’envolent, le bruit de l’eau qui coule fort.

Avant c’était les coucous, près de Viverone.

Encore 170 km. jusqu’à aujourd’hui sans compter la balade à Pavie.

Dimanche pause à Pavie !! Pavie est très animée un samedi soir.

Jour 10 repos, balade à travers Pavie avec ses églises romanes et sa place centrale très longue et toujours pleine. La brique rouge est la règle. Suis allé visiter la chartreuse de Pavie après avoir réalisé qu’elle est à 7’ de train. Il y a une bonne dizaine de minutes à marcher autour des murs qui ferment le domaine, réalisation assez lourde qui s’est étalée sur 350 ans.

Jour 11: marché 4h jusqu’à Belgioisio, ensuite pris le train jusqu’à Piacenza très belle ville. Ce sera le dernier jour de marche car ils indiquent dans l’app. que pour Fidenza, il y a surtout de l’asphalte, aujourd’hui déjà, bien qu’il s’agisse de petites routes, il y avait beaucoup de circulation.

Véhémence gothique du palais de Piacenza aux arches de marbre surmontée d’une structure en brique rouge, le tout contraste avec les façades plus tardives de la place qui déclinent des ocres qui vont du jaune au rouge, contrastant avec l’entourage gris des fenêtres. Gutturnio le mélange de vin local.

Jour 12: j’ai bien fait de décider d’arrêter de marcher, car il bruine.

Suis allé à l’église Santana Maria in Campagna décorée par il Pordenone, il y a une exposition qui permet de monter dans la coupole, mais elle n’était pas encore ouverte. Au dôme qui est décoré par Guercino, l’on peut aussi monter dans la coupole.

Je termine par une visite à Parme: La cathédrale, le baptistère, l’église San Giovanni. l’art roman d’Antelami et la naissance du baroque de Correggio.

Pour conclure encore deux journées à Milan.

Jour 15 : Retour. J’ai envie de refaire le chemin parcouru à pied, en train, je consulte les horaires: en partant vers 11h de Milan je serai à 18h à Martigny. Il faut changer à Chivasso et à Ivrea. Environ 3h de plus que par Domodossola.

Content de refaire un tour à travers Aoste en attendant le départ du bus qui est à 16h.

Aoste, le 18 mai

Aoste, le 18 mai

 

 

Expositions Ferdinand Hodler

Genève Musée Rath, Hodler parallélisme jusqu’au 19 août. Puis musée des beaux-arts de Berne

De nombreux musées suisses marquent le centième anniversaire de la mort de Ferdinand Hodler. Le musée d’art et d’histoire de Genève lui consacre trois expositions. Au cabinet d’art graphique, on découvre le travail de son maître Barthélemy Menn, les salles du musée présentent un accrochage particulier des oeuvres de Hodler. Enfin le musée Rath propose de découvrir avec 100 oeuvres, la pensée créatrice qui anima Hodler tout au long de sa vie autour du parallélisme. Un pari très réussi qui montre la permanence de ses préoccupations.

L’exposition se base sur une conférence de l’artiste prononcée en 1897 « la mission de l’artiste » que l’on peut entendre dans un premier espace dans laquelle il énonçait sa théorie du parallélisme. Puis elle traque l’expression du parallélisme dans les divers thèmes abordés par Hodler: la nature, la figure humaine, les groupes composés, avant de s’attacher aux principes qui structurent les toiles de Hodler, l’équilibre des forces, la verticalité et l’horizontalité, en s’achevant par la recherche des correspondances, unité de l’oeuvre et concentration sur l’essentiel.

Loin d’un discours général sur le symbolisme, les autoportraits, la mort, ou encore les commandes publique reçues par Hodler, sa fortune critique, la présentation se concentre sur les principes esthétiques énoncés par l’artiste, et l’on peut constater que ces principes animaient ses recherches bien avant 1897.


Au cours des dernières années, j’ai visité plusieurs expositions Ferdinand Hodler. La plus récente est à voir au musée Jenisch à Vevey.

Vevey, Musée Jenisch, 9 août 2015, L’infini du geste. Ferdinand Hodler dans la collection Rudolf Schindler jusqu’au 4 octobre.

Plonger dans la caverne d’Ali-Baba, c’est sans doute ce que dut ressentir Rudolf Schindler (1914 – 2015), artiste et directeur d’école d’art, lorsqu’il décida en 1955, d’organiser une exposition Ferdinand Hodler, à un moment où le peintre était au purgatoire comme la plupart des artistes caractéristiques de l’art nouveau d’ailleurs. Ayant noué des liens de confiance avec la famille de Hodler et possédant un connaissance approfondie de son travail, il sut constituer une collection remarquable de plus de 600 dessins, esquisses peintes et tableaux. L’accrochage de l’exposition rend bien cet émerveillement et la qualité exceptionnelle des choix du collectionneur qui a légué cet ensemble au musée Jenisch. Continuer la lecture

Francis Bacon

Bâle, Riehen 29 avril 2018

Fondation Beyeler, Bacon – Giacometti jusqu’au 2 septembre. De nombreux points réunissent ces artistes, à commencer par leur engagement dans la figuration à une époque où l’abstraction dominait totalement la scène artistique. Ils se sont rencontrés et s’estimaient, presque contemporains, Giacometti est né en 1901, Bacon en 1909, Bacon était bien conscient de la dette qu’il devait à Alberto. Il est passionnant de les voir réunis, dans une association que la valeur colossale atteintes par leurs oeuvres rend presque impossible.

Stuttgart 28 novembre 2016

Staatsgalerie de Stuttgart: Francis Bacon Unsichtbare Räume 7 octobre – 8 janvier 2017. L’exposition de la Staatsgalerie de Stuttgart présente des œuvres dans lesquelles l’artiste a enfermé ses personnages dans des cages transparentes. En se concentrant sur une problématique essentielle qui est à la fois formelle et iconographique, tout en suivant un fil chronologique, l’exposition de Stuttgart, montrée auparavant à la Tate Liverpool, parvient à une intensité et une qualité exceptionnelles. Réunir une quarantaine d’oeuvres de Bacon devient aujourd’hui un véritable exploit. L’exposition est partagée en deux salles principales, dans la première les toiles réalisées dans les années 1950 très sombres avec des fonds où l’on voit les traces, les mouvements du pinceau. Dans la seconde, celles où dominent des fonds aux couleurs vives: vert, orange et une peinture plus lisse. Continuer la lecture

F. Kupka

Kupka, Pionnier de l’abstraction, Grand Palais, Paris jusqu’au 30 juillet 2018

Frantisek Kupka (1871 – 1957) Il y a longtemps que je sais que j’aime bien cet artiste et je retrouve avec plaisir La Gamme jaune de 1907 des collections de Beaubourg, ou ses grandes cathédrales abstraites qui sont envoûtantes. Je savais aussi qu’il avait collaboré avec l’Assiette au beurre, mais sans plus. Les deux premières salles de l’exposition évoquent l’activité d’illustrateur et de graveur de Kupka. L’artiste a rejeté cette première période comme alimentaire, elle révèle pourtant une puissance du dessin, une imagination débridée et une production considérable, plusieurs centaines de feuilles qu’il s’agisse de contributions à des revues ou des illustrations de livres. Dans ses premières peintures Kupka conserve une veine satirique tout en absorbant avec génie les influences les plus diverses de Böcklin, Klimt aux Fauves.

L’exposition est partagée en 5 sections et suit un déroulement chronologique, mais elle intègre les premières préoccupations de l’artiste à son développement futur.

Le fond Kupka du centre Pompidou avait été présenté à la Fondation de L’Hermitage à Lausanne, en 2003, dans le cadre d’une tournée dans diverses villes, en consultant le catalogue, on constate que l’on retrouve une grande partie des oeuvres dans l’exposition actuelle complétée par des prêts de Prague et d’autres collections. L’originalité de l’exposition réside surtout dans les deux premières salles qui soulignent l’importance de l’activité du dessinateur et tressent des liens avec son activité postérieure. Cette rétrospective ira à Prague et à Helsinki.

Camille Corot

Paris, Musée Marmottan: Corot et la figure jusqu’au 8 juillet 2018.

En se concentrant sur  les tableaux consacrés à la figure, l’exposition aborde un thème rarement montré chez Corot, surtout connu pour ses paysages. C’est un jardin secret des amateurs de peinture et l’on est au niveau de Raphaël, Titien ou des hollandais, tous les maîtres qui l’inspiraient et dont il s’est véritablement imprégné pour les rejoindre.   Continuer la lecture

Ulla von Brandenburg

Musée Jenisch Vevey 17 mars 2018 : Ulla von Brandenburg. A Color Notation jusqu’au 21 mai 2018

Depuis 2006, j’ai rencontré à plusieurs reprises les travaux d’Ulla von Brandenburg (née à Karlsruhe en 1974) : à la Kunsthalle de Zurich en 2006, on découvrait deux films et de grandes aquarelles. En 2011, elle frappait les visiteurs de la Biennale de Lyon en installant cinq grands rideaux de couleurs différentes que le spectateur devait traverser avant d’accéder au « théâtre » de l’exposition.

Elle a réalisé une grande peinture multicolore pour la réouverture du palais de Tokyo à Paris en 2012. On a également pu visionner certains de ses films au Mamco à Genève en 2014.

A la Sécesson à Vienne en septembre 2013, l’espace principal était occupé par une grande installation théâtrale d’Ulla von Brandenburg. Elle projetait un film en noir et blanc, intitulé Die Strasse qui montre un personnage traversant une rue imaginaire et rencontrant des gens de tout âge qui se livrent à des activités qu’il ne comprend pas. La bande son est chantée. L’artiste explique qu’elle s’inspire des traditions du carnaval dans la forêt noire. Pour voir ce film on traverse l’arrière d’une scène fermée par un grand rideau rouge, on gravit, puis l’on descend des gradins en bois très raides. Le film et les gradins font penser au théâtre antique.

Ulla von Brandenburg est une artiste qui s’exprime par tous les moyens d’expression le théâtre, le cinéma, l’installation en renouvelant la relation entre eux. Installée à Paris, elle affirme ses origines allemandes de la Forêt noire en montrant un vif intérêt pour les traditions populaires. Le chant, le récit parlé forment un élément essentiel dans ses réalisations filmées, monumentales.

On peut en ce moment la découvrir au musée Jenisch à Vevey. Elle a construit un récit et une vaste scénographie colorée en hommage à la mécène, à laquelle le musée doit son nom. Les murs des salles sont vides, ils sont couverts de grands tissus de six couleurs différentes sur lesquels on devine les traces de tableaux qui auraient été enlevés. Les œuvres sont au sol, de grandes aquarelles posées sur des estrades, on retrouve Fanny Jenisch et divers personnages qui ont marqué sa vie ou d’autres sans aucun rapport. Dans le corridor un film évoque la propriété des Jenisch à Hambourg, alors qu’à l’étage un autre film présente des tissus somptueux, élément récurrent dans les expositions de l’artiste.

 

Schaulager, Bruce Nauman 15 03 2018

Bruce Nauman

Bâle 17 mars 2018

Schaulager Bruce Nauman, rétrospective, Disappearing Acts jusqu’au 26 août.

Le Schaulager présente une vaste rétrospective de l’oeuvre de Bruce Nauman (1941) qui met l’accent sur la sculpture et le dessin, tout en soulignant l’ouverture de l’artiste aux techniques nouvelles: l’installation vidéo, sonore, pour finir avec la 3D qui marque toute sa carrière. Elle montre aussi comment ses travaux sont centrés sur son propre corps, la performance et la destructuration de celui-ci. L’exposition s’achève d’ailleurs sur une grande installation récente, reprenant le sujet du Contraposto. Véritable rétrospective, elle fait ressortir les constantes, les préoccupations récurrentes dans une oeuvre que l’on découvre généralement à travers une ou deux installations.

6 installations de Bruce Nauman sont présentées à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris jusqu’au 21 juin 2015.

Elles occupent les deux étages d’exposition et le jardin. Cette présentation fait ressortir la précocité de l’ association entre vidéo, performance, sculpture et son, chez Bruce Nauman. Tous ces éléments sont devenus incontournables dans les pratiques artistiques actuelles.

Pencil Lift/Mr. Rogers, 2013, présente une action qui se déroule dans l’atelier de l’artiste. La vie quotidienne, le chat qui passe et une petite performance consistant à soulever 3 crayons formant une seule ligne sont présentés sur deux grands écrans dans l’espace entièrement vitré de la Fondation Cartier. De l’autre côté on entend une performance sonore; la répétition de la phrase pour les enfants. Alors qu’à l’extérieur c’est une performance musicale qui est produite. Au sous-sol 3 pièces monumentales sont associées. Carrousel, 1988, des animaux écorchés tournent sur un axe. Les appels lancinants de l’installation Anthro/Socio, 1991 occupent tout l’espace. Dans le deuxième espace on découvre une ancienne performance vidéo, 1970/2009 qui montre deux danseuses tournant comme les aiguilles d’une montre. Continuer la lecture

Georg Baselitz, le 19 janvier 2018

Georg Baselitz

Bâle 23 janvier 2018:

Le musée des beaux-arts de Bâle et la Fondation Beyeler s’unissent pour rendre hommage à Georg Baselitz, à l’occasion de ses 80 ans.

Fondation Beyeler: Georg Baselitz 21 janvier – 29 avril, Musée des beaux-arts, travaux sur papier.

Avec 90 peintures et une douzaine de sculptures d’un côté, près de 150 dessins de l’autre, la Fondation Beyeler et le musée des beaux-arts de Bâle rendent un hommage important à Georg Baselitz à l’occasion de son 80ème anniversaire. Il faut relever également que la plupart des dessins exposés au musée proviennent de la propre collection de l’institution. Continuer la lecture