Georg Baselitz, le 19 janvier 2018

Georg Baselitz

Bâle 23 janvier 2018:

Le musée des beaux-arts de Bâle et la Fondation Beyeler s’unissent pour rendre hommage à Georg Baselitz, à l’occasion de ses 80 ans.

Fondation Beyeler: Georg Baselitz 21 janvier – 29 avril, Musée des beaux-arts, travaux sur papier.

Avec 90 peintures et une douzaine de sculptures d’un côté, près de 150 dessins de l’autre, la Fondation Beyeler et le musée des beaux-arts de Bâle rendent un hommage important à Georg Baselitz à l’occasion de son 80ème anniversaire. Il faut relever également que la plupart des dessins exposés au musée proviennent de la propre collection de l’institution. En effet, elle fut la première à organiser une exposition des dessins de l’artiste en 1970 et poursuivit une politique d’acquisition impressionnante.

A chaque fois, c’est le parti d’une rétrospective qui a été retenu, jusqu’aux toiles les plus récentes qui sont pathétiquement marquées par l’âge. Une sensation qui surprend, face à la présence de l’artiste, qui semble en grande forme, plein d’humour et de finesse lors de la conférence de presse. Il a ainsi souligné la double source de son inspiration,  tirées des expériences personnelles du quotidien et de la tradition. Il a évoqué la fascination qu’il éprouve pour le défilement des rails lorsqu’il se tient dans le dernier wagon regardant par la fenêtre arrière, d’un côté, et de l’autre sa curiosité pour les oeuvres anciennes parfois oubliées. Le parti-pris de l’exposition est de ne retenir que les oeuvres qui montrent des figures humaines à travers différentes périodes, à l’exception de quelques animaux, excluant natures mortes et paysages. La présentation associe sculptures et peintures de façon remarquable et joue avec cette double représentation de l’homme. On réalise ainsi que les figures sont souvent des avatars de l’artiste, depuis les Héros des années 1960, jusqu’à ces fantômes qui font penser à des radiographies des toiles les plus récentes.


Musée d’art moderne de la ville de Paris La collection Michael Werner. 5 octobre 2012 – 3 mars 2013.

Depuis que j’écris sur mon site, j’ai sauf de très rares exceptions, toujours respecté le principe de n’évoquer que des expositions que j’ai visitées. Un récent séjour à Paris me montre à nouveau à quel point il est important de respecter ce principe. Le musée d’art moderne de la ville annonce depuis quelques mois la présentation de la collection Michael Werner. On parle d’un don de 130 oeuvres, mais je n’avais pas compris qu’il s’agissait non pas de la présentation de ce don, mais d’une exposition de la quasi totalité d’une « collection » ou d’un fond d’un grand marchand allemand.

Le catalogue comprend près de 900 pièces. Toutes les salles habituellement consacrées à l’accrochage de la collection, sauf les quatre premières, présentent cet ensemble incroyable et fascinant pour tous ceux qui s’intéressent au développement de la peinture dans les 30 dernières années du 20e siècle. L’exposition propose un grand ensemble de Georg Baselitz dont Werner est le marchand depuis les années 1960 et s’achève avec un vaste groupe de peintures, sculptures et dessins de Per Kirkeby. Elle propose des ouvertures sur des artistes bien connus, mais qui ne sont pas les plus célèbres, que l’on considère plutôt réservés aux connaisseurs avec Derain, Fautrier, Michaux, Broodthaers, mais aussi Otto Dix  et Wilhelm Lehmbruck. Parmi les néo expressionnistes allemands on trouve Jorg Immendorfff, Markus Lüperz et A.R. Penck. De l’Italie Lucio Fontana et Janis Kounellis. Citons encore Eugène Leroy, Sigmar Polke et Niele Toroni pour n’évoquer qu’une partie de cet immense déploiement très étonnant. Evidemment, il s’agit d’une exposition qui salue une personnalité et qui ne pose pas de questions, on voudrait en savoir plus sur cette activité, sur la relation entre les oeuvres retenues dans la collection et l’ensemble des artistes exposés par la galerie. Incontestablement cette présentation évoque un cheminement proche du centre le plus actif, mais qui suit pourtant des lignes de traverses originales.
Patrick Schaefer, L’art en jeu 27 novembre 2012


Georg Baselitz présente une rétrospective de son travail à la Royal Academy à Londres du 22 septembre au 9 décembre 2007.

La Royal Academy rend un hommage monumental à Georg Baselitz en lui dédiant une vaste rétrospective qui met en évidence la puissance de cette expression picturale.
Plusieurs époques et traditions inspirent l’oeuvre du peintre, par exemple le maniérisme italien découvert dans les années 1960, qui inspire ses figures de héros, anti-héros avec lesquels l’exposition débute. Plus loin des fragments du corps, en l’occurrence des pieds deviennent des sujets, des prétextes à des toiles étonnantes. La toile Obéron qui dispose des figures dans un cercle est liée à la présentation de dessins et de gravures. Puis débute le traitement de thèmes traditionnels: figures, natures mortes, paysages renversés. La série des femmes de Dresde de 1989 sur panneaux de bois. Les dernières salles sont consacrées aux toiles réunies sous la notion de Remix où il reprend ses propres oeuvres en gravure et en peinture dans une veine différente. Alors qu’il a toujours joué sur les références on comprend bien cette démarche, ce retour sur lui-même, mais il faut dire que la confrontation directe entre les premières toiles et ce qu’elles inspirent maintenant n’est pas convaincant. Par exemple il a repris Obéron et les deux toiles se font face de manière spectaculaire, mais la seconde version sur un fond blanchâtre parait vraiment d’une pâleur fantomatique, pathétique face à la vigueur de la première.
Patrick Schaefer, L’art en jeu 18 octobre 2007


Georg Baselitz
La Fondation de l’Hermitage à Lausanne consacre son exposition estivale au peintre allemand Georg Baselitz (1938) jusqu’au 29 octobre 2006.

Avec une centaine d’oeuvres avant tout des toiles, quelques dessins et estampes, quatre sculptures, on découvre les facettes de l’un des créateurs les plus connus de la fin du XXe siècle. Une partie des oeuvres sont des pièces conservées par l’artiste pour garder les traces de son évolution, d’autres proviennent de collections privées, certaines sont aussi des toiles récentes. Peintre, Baselitz s’est fait connaître par le fait caractéristique que les sujets qu’il représente sont souvent à l’envers, une façon d’affirmer la primauté de la peinture sur les sujets d’ailleurs traditionnels (figures, natures mortes, paysages) qu’il représente. L’accrochage n’est pas organisé chronologiquement, mais présente plutôt des thèmes, des autoportraits, des portraits de sa femme Elke, des fragments du corps. On trouve aussi dans une salle Les mangeurs d’oranges de 1981-1982 et dans une autre les Héros. Les animaux, les aigles en particulier sont au dernier étage.
Les toiles de l’artiste souvent de grande dimension s’intègrent mieux aux nouveaux espaces du sous-sol que dans les pièces historiques de la demeure. C’est du moins la première impression lorsque l’on parcourt l’exposition. Il semble pourtant que l’artiste se soit plu à cette confrontation puisqu’il a même placé un autoportrait dans le salon bleu consacré aux portraits de la famille Bugnion. Il s’agit d’ailleurs d’un événement, car c’est en fait la première fois que cette institution consacre une exposition de cette ampleur à un artiste vivant.
Il faut relever que la Pinakothek der Moderne à Munich dédie également une importante exposition à Georg Baselitz du 21 juillet – 29 octobre 2006.
Patrick Schaefer, L’art en jeu, 14 juillet 2006