Archives de catégorie : photographie

Biennales de Lyon

Je réunis sur cette pages les compte-rendus de quatre éditions de la biennale de Lyon, visitées depuis 2001.

Lyon 13 octobre 2017

La quatorzième biennale de Lyon se déroule jusqu’au 7 janvier. Sous le titre Mondes flottants, elle explore différents thème développés par les artistes depuis 50 ans en se concentrant sur le déploiement du son dans l’espace et la performance. Il y a bien sûr des commandes spécifiques pour la biennale, mais aussi des oeuvres importantes qui viennent du centre Pompidou, du musée d’art contemporain de Lyon et de FRACS.

Deux sites présentent les oeuvres d’artistes que l’on retrouve parfois d’un lieu à l’autre avec des sous-titres communs: Archipel de la sensation; expanded poetry;  océan of sound; corps électrique ; cosmos intérieur; circulation / infini.

A la Sucrière, c’est une double installation de Hans Haacke qui occupe la surface au sol du centre, elle exprime les notions de suspension et de fluide. Dans deux salles au fond on trouve une installation de Doug Aitken qui revisite le thème de la fontaine ( Sonic Fountain II) et une autre de Thomas Saraceno (Hyperweb of the Présent, 2017), vue récemment au Haus konstruktiv à Zurich  avec une araignée qui tisse sa toile.

Le troisième étage est essentiellement consacré à la musique et à des formes de performances

Melik Ohanian propose la mise en scène d’une discussion de marginaux sur un toit à New York Borderland – I Walker a far Piece, 2017.  Quatre  écrans montrent la même scène et l’on voit les caméras qui bougent pour filmer les acteurs.

Au musée d’art contemporain l’exposition se déploie également sur trois étages avec de beaux rapprochements comme cette mise en scène d’une installation en tissu d’Ernesto Neto avec des sculptures de Jean Arp et une oeuvre de Calder.

Pour marquer la présence de la biennale au centre ville on découvre un dôme de Richard Buchminster Fuller qui abrite un bassin sur lequel naviguent des récipients en céramique blanche qui créent une musique aléatoire à l’instigation de Céleste Boursier – Mougenot. A la fois limitée et pointue, la Biennale de Lyon offre un bel ensemble d’oeuvres contemporaines associées autour du thème choisi.

13e biennale de Lyon jusqu’au 3 janvier 2016.

Le sous-titre de la biennale est la vie moderne. Le commissaire invité cette année est Ralf Rugoff, qui a dirigé la Hayward Gallery à Londres. L’exposition nous introduit à divers regards d’artistes sur cette vie moderne, il ne s’agit pas d’une interprétation stylistique de cette expression. Lorsque l’on débute la visite à la Sucrière on est frappé de découvrir avant tout des déchets, pneus lacérés présentés par Mike Nelson, câbles de communication abandonnés, Nina Carell, baskets et ordinateurs réemployés comme bacs à fleurs, Michel Blazy, ou ces stores repris par Haegue Yang comme des sculptures minimalistes, suspendues dans l’espace central du rez-de-chaussée. Certains font des inventaires, Julien Prévieux rassemble des objets de triche dans le sport. Kader Attia réunit des témoignages vidéos sur les maladies psychiques dans le monde. Continuer la lecture

NOT VITAL

Coire 13 septembre 2017.

Musée des beaux-arts: NOT VITAL. Univers privat, 9 Septembre – 19 Novembre 2017. Le deuxième sous-sol du nouvel édifice du musée des beaux-arts de Coire présente un regard rétrospectif sur l’oeuvre de Not Vital, né en 1948, qui va de 1964 à aujourd’hui. Les travaux appartiennent à plusieurs périodes, mais leur sélection insiste sur la continuité, la permanence d’une démarche.

Ainsi, c’est une gouttière, peinte en blanc, Chanala da tet, sorte de ready made, réalisé à 16 ans qui a été retenue comme affiche de l’exposition. L’appropriation est assurément l’une des caractéristiques qui revient constamment dans l’oeuvre de Not Vital. C’est aussi l’occasion pour lui d’établir un dialogue avec des savoirs artisanaux. Ici par exemple on retrouve un espace occupé par les 700 boules de neige, réalisées à Murano. D’autres traits de l’artiste ressortent, ainsi, la fascination du blanc et surtout du blanc sur blanc, le refus d’occuper l’espace massivement, la fragilité. Les sculptures sont autant de totems chancelants, comme les Sei sorelle de 1988; la référence aux animaux et au corps humain fragmenté de façon parfois cruelle. On retrouve aussi des travaux dans d’autres salles du musée. Continuer la lecture

Sandrine Pelletier

Sandrine Pelletier, Restes, 2017, céramique, salle baroque du château de Gruyères

Le château de Gruyères et ses expositions artistiques. Sandrine Pelletier: Foreign Accent jusqu’au 22 octobre 2017.

Gruyères est connu comme village historique, touristique, entièrement dédié aux restaurants et au commerce. Mais ce bourg possède aussi un musée et un café Giger, un musée tibétain et bien sûr le château qui a été soigneusement restauré.

Depuis quelques années des artistes contemporains sont invités à dévoiler leurs créations les plus récentes au château. Deux salles du rez-de-chaussée sont dédiées aux expositions temporaires, la terrasse offre un site idéal pour la mise en espace de sculptures. Enfin les créateurs peuvent aussi présenter en contrepoint leurs travaux dans les salles historiques.

Sandrine Pelletier (née en 1976) empoigne les techniques les plus diverses avec ardeur. Lavis, carton, bois brûlé ou peint, céramique et verre lui suggèrent des recherches sur les paroxysmes auxquels il est possible d’exacerber les matières, les limites entre expression et disparition, un peu comme un lavis Continuer la lecture

Art en Suisse

Les tentatives de faire le point sur une époque ou une tendance de l’art en Suisse sont assez rares. Je rassemble sur cette page quelques cas, à l’occasion de l’exposition Swiss Pop Art au Kunsthaus d’Aarau.

Aarau 26 juillet 2017

Le Kunsthaus d’Aarau fait le point sur la Suisse et le Pop Art jusqu’au 1er octobre. Une réflexion historique, mais une présentation légère et joyeuse qui a su faire ressortir l’esprit d’artistes jeunes  dont beaucoup sont devenus très connus, (Peter Stämpfli, Urs Lüthi, Markus Raetz, par exemple), en approfondissant certains aspects de leur première expression tonitruante. On sent bien qu’il s’agissait pour tous de casser le cadre, Continuer la lecture

David Hockney

David Hockney, Centre Pompidou jusqu’au 23 octobre 2017.

Après Londres et avant  New York, Paris présente la rétrospective des 80 ans de David Hockney. Le centre Pompidou avait proposé de grands paysages récents en 1999. Maintenant, c’est une rétrospective très complète que le visiteur découvre, conçue par un artiste qui insiste sur sa versatilité et qui est parvenu à créer des images qui sont devenues autant de symboles de plusieurs périodes, en particulier les années 1960 et 1970, mais loin de se satisfaire de ses réalisations, Hockney démontre qu’il poursuit ses explorations aujourd’hui à travers les modes d’expression les plus variés.

L’exposition débute avec un autoportrait de 1954, à 17 ans, réalisé par collage de bandes colorées sur du papier journal, tout à fait étonnant. Avec Démonstration de versatilité, 1961, il affirme sa disponibilité dans  quatre toiles, quatre styles.

Tout en invitant à la contemplation, en aspirant en quelque sorte le spectateur dans la toile comme dans A Bigger Splash, 1967, il exprime conscience et distance critique. La fascination pour le bleu va se renouveler dans Papier pool 11, 1978 où six feuilles de papier évoquent une piscine.

Auparavant il a réalisé les Double portrait dès 1968, le plus connu appartient à la Tate Britain 1970-71 Mr and Mrs Clark.

Il utilise le Polaroïd pour structurer des paysages qu’il divise en petits carrés, le panorama en 1990-1993 .

Il choisit des thèmes comme le Grand canyon et le Yorkshire dans une  toile de douze mètres.

En fait, l’exposition se déroule dans une suite de salles qui sont autant d’en apothéoses: les piscines, les doubles portraits, les paysages enveloppant des années 80-90, ou les quatre saisons dans le Yorkshire; puisque cette rétrospective David Hockney s’achève par une projection du même paysage, un chemin dans la forêt filmée aux quatre saisons, sur un écran divisé en 9 rectangles.
La rétrospective suit ainsi les chemins de vie d’un artiste, d’un homme heureux qui peint sur iPad et vit en geek à 80 ans.

Derain – Balthus

Paris 7 novembre 2017: Centre Pompidou avec André Derain 1904 – 1914, la décennie radicale jusqu’au 29 janvier.

Concentrée sur les débuts de la carrière de l’artiste, elle montre la vigueur caricaturale des ses premiers travaux surtout dans le dessin. On découvre le dialogue avec Matisse et l’impact successif, à bref intervalle de l’oeuvre de Gauguin, puis des baigneuses de Cézanne. Enfin l’évolution vers un réalisme magique et la cassure de la guerre qui entraîne une interruption de son activité.

Paris, Musée d’art moderne de la ville : Derain, Balthus, Giacometti jusqu’au 29 octobre 2017

Le musée d’art moderne de la ville de Paris évoque les amitiés artistiques entre Derain et Balthus et ce dernier et Giacometti. Il s’agit d’une présentation exceptionnelle par son ampleur et sa pertinence. Les liens et les connivences entre ces trois artistes rarement associés sont multiples, ils relient des artistes appartenant à des générations différentes qui ont travaillé autour de la figure dans une période où l’abstraction s’affirmait. Continuer la lecture

Biennales de Venise

Je n’ai pas visité toutes les biennales de Venise depuis 2001, depuis que mon site existe, mais je réunis les compte-rendus des six éditions que j’ai vues.  La dernière (57 ème) Viva Arte Viva, dirigée par Christine Macel, du centre Pompidou, ouvre du 13 mai au 26 novembre 2017 (un mois plus tôt que les autres années).

Biennale: Viva Arte Viva jusqu’au 26 novembre 2017

Le pavillon central de la Biennale aux Giardini commence bien avec des photos de Mladen Stilinovic montrant l’artiste endormi sur un banc, affirmant le droit à l’otium par opposition au negotium. Ne rien faire comme signe de la liberté artistique, on trouve encore cet esprit dans quelques pièces de Franz West qui invitent au loisir. Mais le propos ne se poursuit pas vraiment et disparaît vite dans le thème du livre créé par divers artistes, sans qu’une œuvre forte surgisse. On retrouve par contre l’artiste endormi dans la belle exposition Philip Guston et les poètes (en fait, surtout Philip Guston et l’Italie) à l’Academia. Elle fait partie de la biennale, puisque le billet de celle-ci permet d’y accéder, il ne faut pas la manquer. Continuer la lecture

Documenta 11, 12, 13,

Le directeur désigné pour la Documenta 14 est Adam Szymczyk, ancien directeur de la Kunsthalle de Bâle, elle se déroulera du 10 juin au 17 septembre 2017.

La Documenta 13 a eu lieu à Kassel du 9 juin au 16 septembre 2012. Le nombre de visiteurs s’est élevé à 860’000 personnes. Le nom de la directrice artistique a été annoncé le 3 décembre 2008 il s’agit de Carolyn Christov-Bakargiev, actuellement responsable du Castello di Rivoli à Turin.

Documenta 13 jusqu’au 16 septembre 2012

Après avoir visité la Documenta pendant un jour et demi, je tente d’en définir les caractéristiques principales. La première chose qui frappe, c’est l’éparpillement des sites d’expositions. J’en ai compté 32 dans la ville, auxquelles il faut ajouter au moins une trentaine de pavillons dans le Karlsauepark. Continuer la lecture

Teresa Hubbard / Alexander Birchler

Le pavillon suisse à la Biennale de Venise 2017, présente des travaux de Teresa Hubbard et Alexander Birchler sur le thème Femmes de Venise. Je transfers un article sur ces artistes sur la nouvelle version du site.

Flora 2017

Dans le pavillon suisse sous le titre Femmes de Venise, on nous raconte aussi une histoire. Partant du constat qu’Alberto Giacometti n’a jamais exposé dans ce bâtiment pourtant construit par son frère Bruno, on découvre une double exposition. Dans la cour les sculptures de Carol Bove, dans la salle un film de Teresa Hubbard et Alexander Birchler,

Le couple joue sur la dramatisation et l’on ne sait ce qui est vrai ou imaginé. L’histoire de Flora Mayo qui aurait été l’amie d’Alberto pendant quelques années est racontée par son fils David. Il n’y a qu’une bande sonore, mais deux films, il faut prévoir une heure pour voir les deux versants. D’un coté, une reconstitution de la vie de Flora par une actrice et de l’autre David faisant son récit aux Etats-Unis, puis en Suisse. Si l’on écoute bien, on déduit qu’il serait le fils d’Alberto ?


Teresa Hubbard / Alexander Birchler No Room to Answer

Le Kunsthaus d’Aarau consacre une rétrospective à Teresa Hubbard (1965) & Alexander Birchler (1962), jusqu’au 8 novembre 2009. Continuer la lecture

Jardins, mythe de la fleur

Collection d’arrosoirs dans l’exposition Jardins, Paris mars 2017

Paris Grand Palais Jardins jusqu’au 24 juillet 2017. Sous ce titre, on nous propose une vaste présentation qui associe art contemporain et ancien dans une approche thématique. Tout en affirmant vouloir dresser une histoire du jardin, elle rassemble en effet des pièces rarement vues comme des plans de jardin, l’exposition s’appuie en grande partie sur des oeuvres qui appartiennent à l’histoire de la peinture, notamment l’art contemporain. L’exposition s’ouvre par une confrontation entre Giuseppe Penone et Albrecht Dürer. La seconde pièce sous le titre Humus, montre des toiles de Jean Dubuffet. Avec les espaces suivants intitulés Botanique et Arboretum, on découvre des herbiers, des livres illustrés de gravures, une xylothèque, mais aussi des photos de Jeff Wall, Rodney Graham, ou les travaux de Herman de Vries. Plus loin ce sont des bijoux inspirés par la nature. Dans une section intitulée « Jardiniers », on découvre une vaste collection d’arrosoirs et d’outils. Au rez, dans les sections Allée et Bosquet, on évoque les jardins à la française, leurs plans et de grandes peintures montrant des châteaux, avec bien sûr également le film de Peter Greenaway, Meurtre dans un jardin anglais. Tout d’un coup, on découvre une salle entière consacrée aux photographies de Wolfgang Tillmans. Continuer la lecture