Archives de catégorie : peinture

Valérie Favre

Le musée d’art et d’histoire de Neuchâtel donne carte blanche à Valérie Favre (1959) pour une très longue période jusqu’au 12 août 2018.

Une exposition qui occupe la plus grande partie des salles des beaux-arts, seules deux salles sont encore consacrées à la collection. Les toiles présentées ici  renvoient à la peinture, alors que dans l’exposition de 2009 mentionnée plus bas, elle évoquait plutôt le cinéma. La première salle propose un hommage à Pontormo. Dans la deuxième salle, le spectateur, surélevé par un échafaudage Continuer la lecture

Paul Gauguin

8 novembre 2017: Paris Grand Palais. Paul Gauguin l’alchimiste jusqu’au 22 janvier 2018

Le sous-titre de cette vaste rétrospective Gauguin souligne qu’elle se concentre sur le processus créatif suivi par Gauguin. Elle veut montrer comment il s’attaque aux matériaux: la céramique, le bois pour en faire des gravures ou des sculptures et enfin bien sûr les peintures. Le parcours est complété par de petits films qui expliquent les divers aspects du travail de l’artiste.

Suite à la visite de cette rétrospective j’ai lu Le Paradis – un peu loin de Mario Vargas Llosa, une biographie romancée, croisée de Flora Tristan et de Paul Gauguin, elle forme une évocation passionnante Continuer la lecture

Biennales de Lyon

Je réunis sur cette pages les compte-rendus de quatre éditions de la biennale de Lyon, visitées depuis 2001.

Lyon 13 octobre 2017

La quatorzième biennale de Lyon se déroule jusqu’au 7 janvier. Sous le titre Mondes flottants, elle explore différents thème développés par les artistes depuis 50 ans en se concentrant sur le déploiement du son dans l’espace et la performance. Il y a bien sûr des commandes spécifiques pour la biennale, mais aussi des oeuvres importantes qui viennent du centre Pompidou, du musée d’art contemporain de Lyon et de FRACS.

Deux sites présentent les oeuvres d’artistes que l’on retrouve parfois d’un lieu à l’autre avec des sous-titres communs: Archipel de la sensation; expanded poetry;  océan of sound; corps électrique ; cosmos intérieur; circulation / infini.

A la Sucrière, c’est une double installation de Hans Haacke qui occupe la surface au sol du centre, elle exprime les notions de suspension et de fluide. Dans deux salles au fond on trouve une installation de Doug Aitken qui revisite le thème de la fontaine ( Sonic Fountain II) et une autre de Thomas Saraceno (Hyperweb of the Présent, 2017), vue récemment au Haus konstruktiv à Zurich  avec une araignée qui tisse sa toile.

Le troisième étage est essentiellement consacré à la musique et à des formes de performances

Melik Ohanian propose la mise en scène d’une discussion de marginaux sur un toit à New York Borderland – I Walker a far Piece, 2017.  Quatre  écrans montrent la même scène et l’on voit les caméras qui bougent pour filmer les acteurs.

Au musée d’art contemporain l’exposition se déploie également sur trois étages avec de beaux rapprochements comme cette mise en scène d’une installation en tissu d’Ernesto Neto avec des sculptures de Jean Arp et une oeuvre de Calder.

Pour marquer la présence de la biennale au centre ville on découvre un dôme de Richard Buchminster Fuller qui abrite un bassin sur lequel naviguent des récipients en céramique blanche qui créent une musique aléatoire à l’instigation de Céleste Boursier – Mougenot. A la fois limitée et pointue, la Biennale de Lyon offre un bel ensemble d’oeuvres contemporaines associées autour du thème choisi.

13e biennale de Lyon jusqu’au 3 janvier 2016.

Le sous-titre de la biennale est la vie moderne. Le commissaire invité cette année est Ralf Rugoff, qui a dirigé la Hayward Gallery à Londres. L’exposition nous introduit à divers regards d’artistes sur cette vie moderne, il ne s’agit pas d’une interprétation stylistique de cette expression. Lorsque l’on débute la visite à la Sucrière on est frappé de découvrir avant tout des déchets, pneus lacérés présentés par Mike Nelson, câbles de communication abandonnés, Nina Carell, baskets et ordinateurs réemployés comme bacs à fleurs, Michel Blazy, ou ces stores repris par Haegue Yang comme des sculptures minimalistes, suspendues dans l’espace central du rez-de-chaussée. Certains font des inventaires, Julien Prévieux rassemble des objets de triche dans le sport. Kader Attia réunit des témoignages vidéos sur les maladies psychiques dans le monde. Continuer la lecture

NOT VITAL

Coire 13 septembre 2017.

Musée des beaux-arts: NOT VITAL. Univers privat, 9 Septembre – 19 Novembre 2017. Le deuxième sous-sol du nouvel édifice du musée des beaux-arts de Coire présente un regard rétrospectif sur l’oeuvre de Not Vital, né en 1948, qui va de 1964 à aujourd’hui. Les travaux appartiennent à plusieurs périodes, mais leur sélection insiste sur la continuité, la permanence d’une démarche.

Ainsi, c’est une gouttière, peinte en blanc, Chanala da tet, sorte de ready made, réalisé à 16 ans qui a été retenue comme affiche de l’exposition. L’appropriation est assurément l’une des caractéristiques qui revient constamment dans l’oeuvre de Not Vital. C’est aussi l’occasion pour lui d’établir un dialogue avec des savoirs artisanaux. Ici par exemple on retrouve un espace occupé par les 700 boules de neige, réalisées à Murano. D’autres traits de l’artiste ressortent, ainsi, la fascination du blanc et surtout du blanc sur blanc, le refus d’occuper l’espace massivement, la fragilité. Les sculptures sont autant de totems chancelants, comme les Sei sorelle de 1988; la référence aux animaux et au corps humain fragmenté de façon parfois cruelle. On retrouve aussi des travaux dans d’autres salles du musée. Continuer la lecture

Sandrine Pelletier

Sandrine Pelletier, Restes, 2017, céramique, salle baroque du château de Gruyères

Le château de Gruyères et ses expositions artistiques. Sandrine Pelletier: Foreign Accent jusqu’au 22 octobre 2017.

Gruyères est connu comme village historique, touristique, entièrement dédié aux restaurants et au commerce. Mais ce bourg possède aussi un musée et un café Giger, un musée tibétain et bien sûr le château qui a été soigneusement restauré.

Depuis quelques années des artistes contemporains sont invités à dévoiler leurs créations les plus récentes au château. Deux salles du rez-de-chaussée sont dédiées aux expositions temporaires, la terrasse offre un site idéal pour la mise en espace de sculptures. Enfin les créateurs peuvent aussi présenter en contrepoint leurs travaux dans les salles historiques.

Sandrine Pelletier (née en 1976) empoigne les techniques les plus diverses avec ardeur. Lavis, carton, bois brûlé ou peint, céramique et verre lui suggèrent des recherches sur les paroxysmes auxquels il est possible d’exacerber les matières, les limites entre expression et disparition, un peu comme un lavis Continuer la lecture

Art en Suisse

Les tentatives de faire le point sur une époque ou une tendance de l’art en Suisse sont assez rares. Je rassemble sur cette page quelques cas, à l’occasion de l’exposition Swiss Pop Art au Kunsthaus d’Aarau.

Aarau 26 juillet 2017

Le Kunsthaus d’Aarau fait le point sur la Suisse et le Pop Art jusqu’au 1er octobre. Une réflexion historique, mais une présentation légère et joyeuse qui a su faire ressortir l’esprit d’artistes jeunes  dont beaucoup sont devenus très connus, (Peter Stämpfli, Urs Lüthi, Markus Raetz, par exemple), en approfondissant certains aspects de leur première expression tonitruante. On sent bien qu’il s’agissait pour tous de casser le cadre, Continuer la lecture

David Hockney

David Hockney, Centre Pompidou jusqu’au 23 octobre 2017.

Après Londres et avant  New York, Paris présente la rétrospective des 80 ans de David Hockney. Le centre Pompidou avait proposé de grands paysages récents en 1999. Maintenant, c’est une rétrospective très complète que le visiteur découvre, conçue par un artiste qui insiste sur sa versatilité et qui est parvenu à créer des images qui sont devenues autant de symboles de plusieurs périodes, en particulier les années 1960 et 1970, mais loin de se satisfaire de ses réalisations, Hockney démontre qu’il poursuit ses explorations aujourd’hui à travers les modes d’expression les plus variés.

L’exposition débute avec un autoportrait de 1954, à 17 ans, réalisé par collage de bandes colorées sur du papier journal, tout à fait étonnant. Avec Démonstration de versatilité, 1961, il affirme sa disponibilité dans  quatre toiles, quatre styles.

Tout en invitant à la contemplation, en aspirant en quelque sorte le spectateur dans la toile comme dans A Bigger Splash, 1967, il exprime conscience et distance critique. La fascination pour le bleu va se renouveler dans Papier pool 11, 1978 où six feuilles de papier évoquent une piscine.

Auparavant il a réalisé les Double portrait dès 1968, le plus connu appartient à la Tate Britain 1970-71 Mr and Mrs Clark.

Il utilise le Polaroïd pour structurer des paysages qu’il divise en petits carrés, le panorama en 1990-1993 .

Il choisit des thèmes comme le Grand canyon et le Yorkshire dans une  toile de douze mètres.

En fait, l’exposition se déroule dans une suite de salles qui sont autant d’en apothéoses: les piscines, les doubles portraits, les paysages enveloppant des années 80-90, ou les quatre saisons dans le Yorkshire; puisque cette rétrospective David Hockney s’achève par une projection du même paysage, un chemin dans la forêt filmée aux quatre saisons, sur un écran divisé en 9 rectangles.
La rétrospective suit ainsi les chemins de vie d’un artiste, d’un homme heureux qui peint sur iPad et vit en geek à 80 ans.

Derain – Balthus

Paris 7 novembre 2017: Centre Pompidou avec André Derain 1904 – 1914, la décennie radicale jusqu’au 29 janvier.

Concentrée sur les débuts de la carrière de l’artiste, elle montre la vigueur caricaturale des ses premiers travaux surtout dans le dessin. On découvre le dialogue avec Matisse et l’impact successif, à bref intervalle de l’oeuvre de Gauguin, puis des baigneuses de Cézanne. Enfin l’évolution vers un réalisme magique et la cassure de la guerre qui entraîne une interruption de son activité.

Paris, Musée d’art moderne de la ville : Derain, Balthus, Giacometti jusqu’au 29 octobre 2017

Le musée d’art moderne de la ville de Paris évoque les amitiés artistiques entre Derain et Balthus et ce dernier et Giacometti. Il s’agit d’une présentation exceptionnelle par son ampleur et sa pertinence. Les liens et les connivences entre ces trois artistes rarement associés sont multiples, ils relient des artistes appartenant à des générations différentes qui ont travaillé autour de la figure dans une période où l’abstraction s’affirmait. Continuer la lecture

Mireille Gros

Bâle 16 juin 2017

Musée des beaux-arts, Depuis l’ouverture de son nouvel édifice, l’offre des expositions du musée est extrêmement riche; On retrouve dans les deux alcôves réservées aux arts graphiques Mireille Gros , Archives intimes, dessins et cahiers de croquis 11 avril – 9 juillet 2017.


Mireille Gros. émergence
Le cabinet cantonal des estampes au musée Jenisch à Vevey présente jusqu’au 7 avril 2002 les travaux sur papier, dessins et gravures de Mireille Gros (1954).

Les travaux de Mireille Gros on fait l’objet d’une importante présentation au musée des beau-arts de Berne l’été dernier. En plus du dessin, on découvrait que l’artiste pratiquait d’autres techniques comme la peinture, la photographie et la vidéo. Continuer la lecture