Au-delà des étoiles. Traces du Sacré

Je rassemble sur cette page les compte-rendus d’exposition qui tournent autour du mysticisme dans la peinture.

Paris: Musée d’Orsay, Au-delà des étoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky jusqu’au 25 juin 2017. L’exposition commence en fanfare avec 4 cathédrales, 2 meules de foin et 2 peupliers de Monet, ils introduisent une première section intitulée Contemplation. Conçue au Canada, où elle a été montrée auparavant à la Art Gallery of Ontario, l’exposition incarne un point de vue défini par l’étude d’une école de peinture de paysage de ce pays, dit le Groupe des Sept. Après la présentation des artistes français, dans la deuxième et la troisième partie intitulées Bois sacrés et le divin dans la nature avec Gauguin, Maurice Denis, Emile Bernard ou Giovanni Segantini. On arrive aux peintres canadiens dans la quatrième salle, intitulée L’idée du Nord, section dominée par une toile Lawren S. Harris de 1930. Ils sont associés  à un certain nombre d’ artistes européens, belges, suédois, norvégien, pas d’allemands, et un seul Hodler. Trois sections évoquent la nuit chez les peintres entre 1880 et 1930, puis une salle est consacrée aux paysages montrant la nature dévastée par la guerre de 1914 – 1918, enfin l’exposition s’achève avec l’évocation du cosmos et des toiles d’ Augusto Giacometti, Hima af Klint, Wenzel Hablik, Georgia O’Keeffe par exemple.


Après le Städel de Francfort, le Musée d’Orsay présente L’ange du bizarre. Le romantisme noir de Füssli à Max Ernst 5 mars  au 9 juin 2013.

L’ange du bizarre évoque trois moments de l’histoire de l’art au cours desquels on s’intéresse au fantastique, de l’époque néogothique et romantique au symbolisme pour terminer avec les surréalistes. Ces derniers ont d’ailleurs été les premiers à faire cette histoire. Twixt de Coppola suit aussi cette voie en narrant les mésaventures d’un écrivain spécialisé dans les histoires de sorcière dans une ville où résida Edgar Poe! Plusieurs films sont d’ailleurs présentés dans l’exposition.

On débute avec Füssli, Blake, John Martin, Goya et ses Caprices, on évoque Delacroix et Dante, Friedrich, avant de passer à Böcklin, Redon, Ensor, Munch, une oeuvre de Carlos Schwabe, La Mort et le Fossoyeur, 1900 fait l’affiche de l’exposition qui s’achève avec une sélection limitée d’oeuvres proches du surréalisme, Klee, Dali, Masson et Max Ernst. L’exposition ne suit pas un cheminement strictement chronologique et mélange les époques autour de certains thèmes: paysages de vertige et de mort, la femme fatale, le vampire, le martyr, la Méduse, la danse des morts permettent de retracer ce cheminement de l’imaginaire fantastique. Patrick Schaefer 15 mars 2013


Berne Centre Paul Klee, l‘Europe des esprits. La magie de l’insaisissable du romantisme au modernisme. Jusqu’au 15 juillet 2012. Le centre Paul Klee reprend une exposition préparée sous une forme un peu différente par les musées de Strasbourg où elle fut proposée en 2011 jusqu’au 12 février 2012. Aucune trace de Klee dans cette exposition, par contre elle peut être mise en relation avec la sélection d’oeuvres de cet artiste proposée dans les salles de l’étage principal et sélectionnées autour du thème: Sorcières, fantômes et démons chez Paul Klee jusqu’au 20 mai 2012.

Des oeuvres, peintures, gravures, dessins, photos, sculptures, créées par des artistes isssus de toutes les régions d’Europe du XVIIIe siècle au début du XXe siècle sont réunies autour de huit chapitres. Le premier évoque le romantisme avec notamment Johann Heinrich Füssli et une suite d’estampes de Goya. Le deuxième est consacré à divers aspects du symbolisme en particulier dans les pays baltes. On passe ensuite au spiritisme, à la théosophie, aux Rose-Croix, aux utopies architecturales. Enfin les deux dernières sections évoquent la naissance de l’abstraction et le surréalisme. Un riche panorama des relations entre recherches spirituelles et art, en mettant en évidence l’aspect fantastique et visionnaire. Cette exposition rejoint certaines préoccupations de l’exposition Traces du sacré montrée à Beaubourg en 2008, évoquée plus bas sur cette page. L’art en jeu. Patrick Schaefer 2 avril 2012


Paris. A Beaubourg Traces du sacré est une vaste présentation autour de la préoccupation du sacré chez les artistes du 19ème siècle à aujourd’hui visible jusqu’au 11 août 2008.

On retrouve un peu les mêmes protagonistes que dans les expositions sur la musique et sur la naissance de l’abstraction, présentées il y a quelques années. Après une brève évocation du romantisme allemand, on passe à toutes les formes du symbolisme et les évolutions avant-gardistes de la guerre de 1914. Pour accueillir le visiteur un grand moulin à prières tourne dans le hall d’entrée du Centre et dans le couloir qui précède la salle d’exposition on entend un texte de Valère Novarina sur différentes définitions de Dieu.

Le propos est exposé dans 24 chapitres qui évoquent les moments de l’histoire de l’art de la fin du 19ème siècle à aujourd’hui en privilégiant la confrontation de travaux actuels avec des xuvres anciennes. Une petite gravure de Goya et un néon fait sur le mode de la publicité par Bruce Nauman accueillent le visiteur. Cette première section intitulée traces des dieux enfuis est très sombre avec par exemple un Concetto spaziale noir et un diptyque formé de mouches mortes par Damien Hirst; le tout dominé par un Portrait de Nietzsche par Munch et un paysage marin d’August Strindberg. Dans la deuxième section intitulée Nostalgie de l’infini on trouve Hodler et Morandi, puis un film de Pierre Huyghe. Puis viennent les symbolistes comme Ranson, mais aussi Mondrian et Kandinsky sous le titre les grands initiés. La section 7 intitulée Elévation est consacrée aux utopies architecturales avec des oeuvres de Taut, Scharoun, Schwitters. Sous le numéro 15 on trouve quelques exemples d’offenses avec Max Ernst, Serrano, Garouste. Sous le titre Homo homini lupus on découvre une toile de Bacon et la projection d’un film sur une pièce de Grotowsky. Une section intéressante est consacrée à la production d’un art sacré commandé par les églises avec les travaux de Matisse, Lurçat, Beuys ou encore Léger. On trouve également une installation de Bill Viola.

Plusieurs parties sont consacrées aux recherches des années 1960 et l’on passe de Robert Smithson à Henri Michaux ou Allen Grinsberg, Bruce Conner et Kenneth Anger. L’expo s’achève sous le titre L’ombre de Dieu avec une projection au sol de Paul Chan et une oeuvre de Jonathan Monk qui cite la spirale de Nauman, mais sans texte.

Patrick Schaefer 29 mai 2008