Amedeo de Souza Cardoso. Kirchner. Die Brücke. Blaue Reiter

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Robert Delaunay, Amedeo de Souza Cardoso, Kirchner, Severini, le futurisme, Die Brücke, vues depuis 2003


Zurich 17 septembre 2018

Zurich Kunsthaus: Robert Delaunay et Paris jusqu’au 18 novembre. On peut se demander pourquoi le Kunsthaus de Zurich présente une exposition sur Robert Delaunay et Paris, j’ignore les raisons qui motivent ce choix, à priori un peu étrange, mais je lui trouve volontiers un sens, car en se fixant sur le thème de la ville où vivait l’artiste, l’exposition montre bien comment Robert Delaunay (1885 – 1941) se trouve aux confluents de la figuration, de l’abstraction et de la décoration et l’on voit ainsi se déployer une carrière intégrée au déploiement d’une ville. Environ 80 toiles et dessins, mais aussi des photographies et des extraits de films retracent cette relation. On parcourt l’exposition avec intérêt et plaisir. En 2008, le musée des beaux-arts de Bâle avait présenté une exposition dossier à l’occasion de la restauration de la toile Hommage à Blériot qui figure dans sa collection, sinon il semble bien que l’oeuvre de cet artiste soit rarement présenté en Suisse.


Berne 8 décembre 2017: Collection Gurlitt. Etat des lieux « l’art dégénéré » – confisqué et vendu jusqu’au 4 mars.

Le musée des beaux-arts de Berne présente une partie du legs Gurlitt avec une abondante documentation qui relate l’ampleur du renversement des valeurs et des saisies conduites par l’état nazi. Les oeuvres présentées sont des travaux sur papier, gravures sur bois, lithographies et dessins qui proviennent pour la majorité  de musées dans lesquels elles ont été saisies, puis vendues. Elles sont de grande qualité et il y a beaucoup d’émotion dans cette présentation qui permet d’appréhender jusqu’où est allée la rage de détruire, fouillant chaque dépôt, éliminant chaque oeuvre, même modeste, d’artistes célébrés, puis soudain définis comme dégénérés.

Zurich Kunsthaus:  Kirchner les années berlinoises du 10 février – 7 mai 2017 prolongée jusqu’au 21 mai. Le Kunsthaus de Zurich évoque les années berlinoises de Kirchner entre la rumeur de la grande ville et l’idylle dans la nature. La nature ce sont des séjours sur l’île de Fehmarn, la ville ce sont les places, le mouvement, la vie nocturne et la prostitution qui inspirent les toiles de l’artiste. L’exposition évoque le passage de Dresde à Berlin, l’effet désastreux de la guerre sur l’artiste, avant son installation définitive à Davos en 1917. En 1980, le Kunsthaus avait consacré une importante rétrospective à Kirchner, qui fit date au moment où apparaissait le néo-expressionisme. Cette exposition approfondit la période 1911 – 1917, elle présente des toiles, mais aussi des gravures et des dessins, elle n’a pourtant pas la même résonance historique.

Riehen, Fondation BeyelerKandinsky, Marc et le Blaue Reiter jusqu’au 22 janvier 2017 (les artistes présents dans cette exposition Klee, Marc, Macke, Kandinsky ont été présentés au centre Paul Klee et sont évoqués sur la page consacrée à cet artiste : http://wp.me/p5k6Rq-c4)


Amedeo de Souza Cardoso (1887 – 1918), Grand Palais, Paris jusqu’au 18 juillet 2016

La rétrospective de l’artiste portugais Amedeo de Souza Cardoso permet de découvrir une personnalité remarquable et inventive qui n’a pas obtenu la même célébrité que certains de ses collègues décédés très jeunes comme Modigliani, Schiele ou encore Franz Marc. C’est sans doute avec ce dernier que l’on pourrait trouver le plus de points communs. D’abord pour l’intérêt qu’il marque pour la représentation des animaux, mais aussi pour un caractère assez mystique mis en évidence dans la section consacrée aux illustrations pour la Légende de Saint Julien L’hospitalier.

Ami de Modigliani, proches des Delaunay qui viendront se réfugier au Portugal pendant la première guerre mondiale, Amedeo possède de nombreux points communs avec les artistes contemporains. Ainsi lorsqu’il retourne au Portugal en 1914, il se passionne pour l’art populaire et certaines oeuvres font penser aux avant-gardres russes, certaines têtes en gros plans font aussi penser à Jawlensky. Toujours il révèle une grande originalité, de plus les oeuvres présentées ont une réelle fraîcheur de conservation, sans doute parce qu’elles sont peu connues et rarement montrées. L’exposition est divisée en treize sections qui donnent un aperçu complet de ce créateur.


Zurich, Kunsthaus, De Matisse au Blaue Reiter jusqu’au 11 mai 2014 (ensuite Los Angeles).

Mon site comprend de nombreuses pages et lors d’expositions collectives, je suis parfois perplexe pour décider sur laquelle je vais parler d’une nouvelle présentation. L’exposition actuellement proposée au Kunsthaus de Zurich me met particulièrement dans l’embarras. En effet, j’ai une page consacrée à Matisse et une autre à Kirchner, sur cette dernière j’ai rendu compte d’une exposition consacrée à Die Brücke vue à Madrid en 2005. Et puis il y a une troisième page, où j’ai parlé d’une exposition de la Fondation Beyeler en 2003, intitulée Expressiv. Pour la réactiver, c’est ici que j’ai mis l’exposition Matisse et les Fauves, vue à Vienne, il y a peu. Eh bien je n’aurai pas dû ! En effet, l’exposition du Kunsthaus veut précisément montrer la simultanéité des émergences et des intérêts des groupes intitulés, Fauves à Paris et die Brücke, à Dresde et Berlin, et leur enracinement commun autour de la vie artistique parisienne, à travers l’activité de galeries, de collectionneurs et de revues. Ce n’est que vers 1911, que l’on commence à parler d’expressionnisme, en le considérant comme allemand, avec une exacerbation au moment de la guerre. Le Blaue Reiter apparaît en 1913, centré sur Munich et ouvre d’autres perspectives, brutalement interrompues en 1914. Tout cela paraît un peu compliqué ? et bien, c’est aussi l’impression que donne l’exposition du Kunsthaus. Ceci dit, il est sans doute bon de montrer que les choses sont compliquées et n’entrent pas dans des catégories ressassées pendant des décennies ! L’exposition s’appuie sur les collections Merzbacher, Bührle et celles de l’institution, avec également des prêts; à côté des peintures, elle montre des dessins, des gravures et des livres. Pour évoquer Paris, on trouve Cézanne, Van Gogh, mais aussi Luce et Signac, un peu plus loin Gauguin, les bois de Vallotton. De très belles toiles de Kirchner, Jawlenski ont été retenues, par contre pour d’autres artistes, les choix sont moins heureux et n’ont qu’une fonction illustrative. Le projet est ambitieux, mais sans doute difficile à réaliser et le propos s’effiloche à la fin avec le Blaue Reiter, surtout que l’on veut encore montrer l’influence du cubisme et du primitivisme avec quelques Douanier Rousseau.

Patrick Schaefer, L’art en jeu 16 février 2014.


Gino Severini jusqu’au 25 juillet 2011 -Musée de l’Orangerie Paris: Rétrospective Gino Severini (1883 – 1966).

Severini est un artiste italien qui passa une grande partie de sa vie à Paris. L’exposition retrace les étapes de son activité artistique. Comme Segantini il a une période divisionniste, puis sous l’influence de Boccioni, il passe au futurisme. Severini était très attiré par la réflexion théorique et les mathématiques. Cette approche théorique explique sans doute la facilité avec laquelle il passe d’un style à l’autre, mais aussi une certaine sécheresse idéologique dans ses oeuvres. A la mort de Boccioni en 1916, il se tourne vers le cubisme de Juan Gris et presque aussitôt revient à la figuration comme Picasso et Derain. L’accumulation des expériences donne à ses oeuvres figuratives, en particulier les portraits, une grande qualité. La religion catholique, les techniques anciennes: mosaïque et fresque l’intéressent et dès lors il va consacrer une grande partie de son temps à la décoration d’églises notamment en Suisse : Semsales, Tavannes, Lausanne. Il y a de très belles oeuvres dans la production de Severini, mais pourtant l’exposition fait ressortir une certaine froideur, une approche systématique dans ses créations. Jusqu’au 25 juillet. L’exposition sera présentée au musée d’art moderne de Rovereto et Trento du 10 septembre 2011 au 8 janvier 2012. Patrick Schaefer, l’art en jeu 19 mai 2011


Expressionnisme et futurisme -Sous le titre Rivoluzione, un peu différent du titre plus technique de la version londonienne de l’exposition qui était Radical Light, le Kunsthaus de Zurich nous fait entrer dans l’art italien entre 1885 et 1910 jusqu’au 11 janvier 2009.

L’exposition réserve de nombreuses découvertes autour d’artistes qui ont travaillé entre symbolisme, divisionnisme et engagement social; la seconde génération de ces peintres a formé le groupe futuriste et l’exposition s’achève sur une petite section consacrée à ce mouvement. C’est aussi une manière de situer le contexte de Giovanni Segantini un artiste très présent dans les collections de cette institution dont une dizaine de toiles sont présentées ici.

On pourrait également mettre l’exposition en relation avec la rétrospective Steinlen de Lausanne, car elle couvre la même période et l’on retrouve des thèmes identiques. Le centenaire du manifeste futuriste (publié le 20 février 1909) suscite plusieurs grands événements entièrement consacrés à ce mouvement pour certains, alors que d’autres lui laissent une certaine place. Le Centre Pompidou ouvre le 15 octobre : Le futurisme à Paris. Une avant-garde explosive jusqu’au 16 janvier 2009. Le Museo de arte Thyssen Bornemisza et la Fundacion Caja Madrid présentent une grande exposition commune intitulée 1914! The Avant-garde and the Great War avec 200 oeuvres réalisées entre 1913 et 1919 dans toute l’Europe jusqu’au 11 janvier 2009. Quant à l’exposition du Kunsthaus de Zurich intitulée: Rivoluzione! Les modernes italiens de Segantini à Balla jusqu’au 11 janvier 2009; elle débute avec le pointillisme et s’achève sur les futuristes.


Le Musée des Beaux-Arts de Berne propose: Expressionism from the Mountains: Kirchner, Bauknecht, Wiegers and the group « Rot / Blau » 27 avril – 19 août 2007. 160 oeuvres, peintures, dessins et sculptures de Ernst Ludwig Kirchner (1880 – 1938) et de Philipp Bauknecht (1884 – 1933), Jan Wiegers (1893 – 1959), Albert Müller (1897 – 1926), Hermann Scherer (1893 – 1927), Paul Camenisch (1893 – 1970). Il s’agit d’une vaste présentation les oeuvres étant regroupées autour de sept thèmes: la vie alpestre, les paysages de Davos, autoportraits et portraits d’artistes, les nus, les figures dans des intérieurs et à l’extérieur, la danse et enfin la région du Mendrisiooto peinte par les artistes du groupe Rot-Blau. L’exposition met en évidence des personnalités artistiques attirées et profondément influencées par Kirchner. En plus de la peinture une large place est faite aux gravures sur bois et à la sculpture. En 1933 déjà, le musée de Berne fit l’acquisition d’une toile monumentale, Alpsonntag, 1923 – 1925 de Kirchner réalisée à Davos. L’exposition sera présentée à Coire du 16 février au 25 mai 2008.


Le centième anniversaire du mouvement Die Brücke -Le centième anniversaire du mouvement Die Brücke est fêté cette année. En effet c’est en juin 1905 que des artistes étudiants en architecture se sont regroupés sous ce nom à Dresde. Le Museo Thyssen-Bornemisza et la Fundacion Caja Madrid présentent l’exposition Brücke, la naissance de l’expressionnisme allemand jusqu’au 15 mai 2005. Elle va ensuite à Barcelone du 7 juin au 4 septembre, au Museo Nacional d’art de Catalunya. L’exposition sera visible à Berlin, au Musée Die Brücke et à la Berlinische Galerie du 2 octobre 2005 au 15 janvier 2006.

Ernst-Ludwig Kirchner, Erich Heckel, Karl Schmidt-Rottluff et Fritz Bleyl ont fondé le groupe en 1905; ils furent rejoints par Emil Nolde, Max Pechstein et Otto Mueller. En 1911, ils déménagèrent à Berlin et le groupe se dissout en 1913. Organisée par thèmes l’exposition rassemble près de 200 oeuvres, des travaux graphiques, des sculptures et des peintures, elle met en évidence la communauté d’inspiration de ces artistes, l’exaltation colorée de leurs peintures. Elle souligne en particulier l’importance de la figure humaine et du nu dans leurs travaux. Les sections explorent pour commencer les débuts du mouvement, l’influence du japonisme et du néo-impressionnisme, puis l’importance du nu comme signe de libération avec des oeuvres de Munch et de Hodler confrontées à celles des artistes allemands. Ces artistes découvrirent l’oeuvre de Van Gogh dans une exposition à Dresde, elle devait laisser une trace considérable. La recherche de l’expression immédiate inspire leur utilisation du dessin et de la gravure. Un large ensemble de paysages est présenté. Puis l’on passe aux sections consacrées à la figure humaine: les portraits mutuels des artistes, l’influence du primitivisme, l’intérêt porté au cirque et aux spectacles de variété, les nus dans un paysage, les intérieurs avec un modèle et enfin après le déménagement à Berlin, l’abandon d’une quête de l’idylle pour une vision pleine de tension de l’homme dans la ville.

De nombreux musées allemands consacrent des expositions à cet événement en puisant dans leurs collections ou en se tournant vers des collections privées: La Kunsthalle de Brême du 8 avril au 12 juin 2005, on peut encore citer Francfort, Essen, Münster, Bielefeld.


 Ernst Ludwig Kirchner, la vie à la montagne, les premières années à Davos 1917 – 1926, jusqu’au 4 janvier 2004 -Le musée de Bâle évoque la première période du séjour de Kirchner à Davos. Une exposition passionnante qui soulève bien des questions autour d’un événement majeur pour le monde artistique suisse de l’époque. Cette exposition fait ressortir l’ampleur du déploiement artistique d’Ernst Ludwig Kirchner (1880 – 1938) pendant une période limitée dans un lieu retiré. Il développe une approche tellurique de la montagne, les toiles sont marquées par un rythme unique qui imprègne tous les éléments représentés, sommets, arbres, troupeaux, habitants. Beaucoup de questions viennent à l’esprit en visitant cette présentation. L’exposition est présentée dans huit salles. Elle confronte, peintures, dessins, sculptures, gravures et photographies de l’artiste dressant un portrait très complet de son activité. L’installation dans une région alpestre isolée ne conduit pas l’artiste à abandonner ses activités antérieures ou à se concentrer sur le seul thème du paysage. Bien que ce dernier fixé à toute heure du jour et de la nuit soit un sujet essentiel. Il explore aussi les intérieurs, son propre portrait et la vie des gens de la montagne. Ces montagnes sont habitées de personnages et de troupeaux. Par ailleurs il impose ses activités de graveur, sculpteur, fait des cartons de tapisserie, attire de jeunes artistes. La rétrospective du centenaire de la naissance de l’artiste en 1980 avait déjà donné une place importante à cette période. Cette manifestation coïncidait avec le développement des néos expressionnistes et avait eu un vaste écho. Depuis quelque temps on constate que plusieurs expositions ont été consacrées à divers aspects de l’activité de Kirchner.

La Royal Academy à Londres et Washington ont évoqué les activités de Kirchner à Dresde et à Berlin. Alors que le musée de Davos a présenté son activité de sculpteur sur bois.

Il faut rappeler que l’importance du séjour de Kirchner à Davos est soulignée par l’existence d’un musée, ouvert en 1992 dans cette station, réalisé par les architectes Annette Gigon et Mark Guyer. http://www.kirchnermuseum.ch/

A signaler que le musée des beaux-arts de Sion propose une exposition intitulée d’Edmond Bille à Kirchner jusqu’au 4 janvier.  octobre 2003.