Bex & Arts

Nicole Dufour, Dieu est une couturière, 2017

Bex & Arts 4 juin – 15 octobre 2017  13e triennale de sculpture contemporaine: L’énergie

Tous les trois ans, les amateurs de sculptures en plein-air retrouvent la propriété de Szilassi, à Bex pour une balade riche en surprises. Cette année 33 artistes ont été invités, un chiffre nettement inférieur aux éditions précédentes, ce qui favorise la mise en valeur des arbres et des espaces de la campagne. Toutes les générations sont représentées et le parcours permet de découvrir des propositions diverses par rapport aux matériaux employés, aux techniques et à la prise de position dans l’espace, de la stèle traditionnelle à l’horizontalité ou même au souterrain.

Si le thème officiel de l’exposition est l’énergie, on pourrait aussi l’intituler l’aiguille et la botte de foin! En effet le visiteur découvre en entrant une immense aiguille plantée dans le terre, Dieu est une couturière, 2017 de Nicole Dufour, alors que de l’autre côté de la colline une grande meule de foin de Heinrich Gartentor, Die Triste, 2017 complète la relation. Si les interventions sont relativement discrètes, elles ne sont pas cachées! Plutôt que de lutter contre le site, cette édition cherche à s’y nicher en mettant en évidence la diversité des cheminements artistiques dans la sculpture suisse.

Un pavillon provisoire, facile à monter, a été édifié, il abrite des catalogues d’exposition, les maquettes des oeuvres exposées et un fabLab (fabrique/laboratoire) qui permet de s’initier aux machines numériques, notamment à l’impression 3d. Une technique très prometteuse pour toutes les formes d’expression qui travaillent sur le volume et l’espace. Ainsi la manifestation nichée dans un site intouché depuis le début du XIXe siècle s’affirme résolument ouverte sur l’avenir.

Le site bexarts.ch informe sur les animations prévues autour de la triennale.

Laurent de Pury, Sans titre, 2017


Bex Arts 1er juin – 5 octobre 2014 Emergences

Emergences, le titre de cette douzième édition de Bex & Arts a bien inspiré une grande variété de surgissements, possibles ou improbables, de l’éclair à d’étranges bestioles, paon, singe, buffle, fantômes entre l’homme et l’animal ou encore à l’évocation très concrète de ces hangars, bâtisses utilitaires, séchoir à tabac, container de chantier, projet abandonné, avorté, qui surgissent soudain lorsque l’on se promène dans la campagne. Les passages entre des situations réalistes et l’imaginaire sont mis en évidence, en créant des situations nouvelles, détournées. La Klangskulptur d’Yves Netzhammer est caractéristique. Cet artiste reproduit une tondeuse à gazon, l’enfer des jardins, qui tire une construction de barres métalliques qui carillonnent délicatement au rythme du vent.  Olivier Estoppey, un des habitués du site que l’on retrouve cette année, alors qu’une bonne partie des autres participants, apparaissent pour la première fois ici, a installé un immense filet de mailles métalliques autour duquel défilent cinq paons, il nous transpose dans une volière inattendue. Karsten Födinger joue avec la pente d’un talus très abrupt pour retenir une masse de béton peinte qui souligne les tensions du terrain et l’émergence d’une menace potentielle géométrique et colorée! Le sol, les arbres, les petites constructions existantes ont été utilisés. Alexandre Joly crée un petit temple hindou dans l’une d’elles. Alors que d’autres introduisent de petits édifices comme ce séchoir à tabac construit par Michael Meier & Christoph Franz. La gamme des matériaux utilisés est très vaste. Une cinquantaine d’artistes sont engagés dans 43 projets qui donnent une vie nouvelle, entre réalisme et fantastique au parc de Szilassy à Bex. Oeuvres retenues: Markus Kummer, Runup, 2014 1er plan et Pascal Häusermann, Correspondances/Connexions, 2014; Karsten Födinger, Laisse béton!, 2014; Guillaume Pilet, Zoo Manners (Totem), 2014; Yves Netzhammer, Sculpture sonore, 2014; Lutz & Guggisberg, Le Producteur, 2014; Beat Lippert, Ma première et dernière pièce, 2014 et Michael Meier & Christoph Franz, Joyfull Newes out of the New-Found Worlde, 2014; Patrick Schaefer, l’art en jeu


Bex Arts, Sculptures dans le parc de Szilassy, Triennale 11ème édition 2011: Territoires jusqu’au 25 septembre 2011 Voici revenu le temps de Bex Arts avec une nouvelle équipe de trois commissaires: Noémie Enz, Pascal Häusermann et Jessica Schupbach, chapeautée par un conseil de fondation dans lequel l’ancien responsable Nicolas Raboud joue le rôle de conseiller. L’édition qui se concentre sur la mise en valeur du magnifique site de Szilassy s’avère féconde autour d’un thème Territoires. L’artiste Dunja Herzog avec Ruler a cadastré toute la propriété avec un géomètre et placé des piquets comme si l’on allait bientôt construire, on la retrouve partout. Jean Scheurer surenchérit en annonçant une promotion immobilière. D’autres fixent des espaces particuliers comme ces parasols de Delphine Reist qui tournicotent, Rudy Decelière a installé 656 poteaux de métal surmontés d’un petit baut-parleur qui créent un effet sonore magnifique au milieu des hautes herbes. Simon Depierraz renvoie le paysage avec un immense miroir. L’édition est par ailleurs surtout marquée par l’idée de cadrer ou d’inviter à la promenade en suivant des inscriptions de Meike Dölp & Isabelle Krieg. Une sélection éclectique et fine qui rend compte des diverses manières d’intervenir dans l’espace aujourd’hui avec une place laissée à la poésie, à l’humour ou à des démarches plus radicales. Les Barricades mystérieuses du Gentil Garçon sont à cet éard révélatrices barricades certes, mais aussi évocation d’une toile de Magritte. L’exposition prend bien en compte les nécessités d’un tel site par rapport à l’échelle des projets. Jérôme Leuba a engagé des chômeurs qui déambuleront dans le parc, San Keller a tracé un parcours pour vélo. Une semaine d’événements est annoncée dans Bex et dans le parc du 27 juin au 3 juillet. Consulter le site de l’exposition pour plus de détails. Le catalogue paru aux éditions art & fiction est conçu comme un guide avec de superbes photos des réalisations. Oeuvres retenues: Les Frères Chapuisat, Concrétion; Stefan Burger, Sel de cuisine, dans le fond Claudia Comte; Meike Dölp & Isabelle Krieg, Going for a Thought; Delphine Reist, Parasol; Rudy Decelière, Sea Level; Simon Deppierraz, Point de vue.


L’exposition Bex & Arts sous le titre Lasciami (87 artistes) jusqu’au 28 septembre 2008 propose une découverte de différents états de la sculpture avec 82 oeuvres dans l’espace limité de la propriété de Szylassy. Il faut tout de même compter plus d’une heure pour faire le tour. La diversité n’est pas toujours heureuse dans ses associations et ce qui me frappe c’est que les artistes qui utilisent, soit le bois matériau traditionnel, soit des matières inhabituelles le plastique, la résine s’en sortent mieux que ceux qui recourent aux différentes formes du métal ou de la pierre. En regardant les bennes de chantiers en plastique bleu et jaune de Reto Emch, Colonne sans fin, il me semble qu’une exposition entièrement consacrée au plastique ferait beaucoup d’effet ou alors les résines de Chantal Carrel, Come Piume al vento qui ressortent magnifiquement . Par contre les travaux en pierre sont parfois affligeants. Malgré ces réserves, l’ampleur de la manifestation impressionne et il y a beaucoup de travaux intéressants comme Isabelle Krieg qui couvre le sol de touffes d’aiguilles à tricoter Blumenwiese, alle sorten (geschützt), une nouvelle « chaise » de Daniel Berset, Dos à dos et la petite cabane de Pierre Alain Zuber, L’inconstance du jardinier. Olivier Estoppey est toujours inspiré par le site dans une veine narrative, fantastique et monumentale, il introduit ici une meute de loups! Le site de Bex & Art vous permet de voir chaque oeuvre. Oeuvres retenues: Reto Emch, Colonne sans fin; Gilles Porret, Gratte-ciel, palettes couleurs; Chantal Carrel, Come Piume al vento; Olivier Estoppey, Des loups qui traversent la nuit.