Archives de catégorie : théâtre

Max Bill

Max Bill

Berne 24 octobre 2021

Centre Paul Klee: Max Bill Global jusqu’au 9 janvier 2022

On pourrait s’étonner de voir le centre Paul Klee consacrer une exposition à Max Bill. C’est oublier qu’il a étudié au Bauhaus sous la direction de ce dernier et produit de premiers travaux très marqués par son maître. L’exposition insiste sur les tissus de relations construits par Max Bill au cours de son existence et présente les oeuvres de nombreux artistes qui furent proches de lui. Il faut comprendre le titre comme Max Bill, artiste globalisé, (Allemagne, Brésil, Argentine en particulier) et engagé.

Le haus konstruktiv à Zurich fête son quart de siècle et présente deux expositions pour marquer l’événement: Mai Thu Perret et Die Fantastischen Vier jusqu’au 23 octobre 2011.

Par ailleurs l’institution publie pour la première fois un catalogue de sa collection qui recense actuellement plus de 700 oeuvres, estampes, multiples, peintures et sculptures.

L’exposition die Fantastischen Vier rend hommage aux quatre figures majeures de l’art concret zurichois: Max Bill (1908 – 1994) , Camille Graeser (1892 – 1980), Verena Löwensberger (1912 – 1986) et Richard Paul Lohse (1902 – 1988). Les toiles sélectionnées appartiennent à des périodes différentes et proviennent des fondations ou des fonds d’ateliers laissés par les artistes respectifs. Elles offrent une vue plutôt impressionnante de la qualité du travail de chaque artiste. Dans l’esprit des expositions réalisées au cours des dernières années ces oeuvres sont mises en relation avec des travaux d’artistes contemporains qui appartiennent à des univers très différents, mais avec lesquels on peut trouver certaines résonances pour mettre en évidence l’actualité incontestable de la peinture des artistes concrets.

Six artistes contemporains offrent un regard sur différentes approches de l’art actuel. Il s’agit de travaux à base photographique de Daniele Buetti et Shirana Shabazi, d’installations de Jonathan Monk, Saâdane Afif et Killian Rüthemann et de papiers de Bruno Jakob. Deux artistes abstraits d’une génération plus ancienne, Fritz Glarner et Hans Hinterreiter sont également évoqués. Le propos est assez complexe, avec ces sauts chronologiques constants, mais le résultat est intéressant.

Patrick Schaefer L’art en jeu 26 août 2011.

A signaler que la société Wohnbedarf fête son 80ème anniversaire et réédite les meubles de Max Bill en 2011.

Max Bill 100 Haus kontruktiv Zurich jusqu’au 22 mars 2009

A son tour le Haus konstrukiv dédié à l’art concret célèbre le centenaire de la naissance de Max Bill par une importante exposition jusqu’au 22 mars. Il est fascinant de constater que cet artiste peut susciter des expositions aussi différentes que celle proposée à Winterthour au début de l’année et celle du Haus konstruktiv. Cette dernière offre divers regards et points de vue sur l’oeuvre du créateur zurichois. Au rez-de-chaussée sont réunies six grandes toiles, alors que dans une très grande salle utilisée pour la première fois sont présentées onze sculptures mises en scène par l’artiste allemand Olaf Nicolai (cette salle ne sera visible que jusqu’au 1er février). Un étage plus haut, on découvre des travaux du début de la carrière de Max Bill réalisés de 1924 à 1931 qui précèdent sa première oeuvre concrète qu’il a lui-même datée de 1931.

Plus haut on a reconstitué la première rétrospective de Bill présentée à Sao Paolo en 1951; il la considérait comme son exposition la plus importante. Celle-ci fut montée selon les directives écrites et dessinées de Max Bill, car trop occupé par son travail à Ulm il ne pouvait faire le voyage. C’est une réalisation remarquable. Une autre salle propose précisément ces instructions qui ont été conservées. La conception d’expositions fut l’une des activités de Max Bill et c’est une excellente manière de l’évoquer. A signaler également qu’un parcours didactique basé sur des panneaux d’information est proposé dans la ville.

Patrick Schaefer L’art en jeu 6 décembre 2008

Une présentation de Cold War Modern, Londres 22 10 08 au Victoria & Albert Museum dans laquelle Bill occupe une place importante, une exposition qui permet de saisir le contexte politique de son activité.

Le site du haus konstruktiv

Kunstmuseum Winterthour et Kunstgewerbemuseum

Max Bill centième anniversaire 20 janvier – 12 mai 2008

Pour marquer le centième anniversaire de Max Bill (1908 – 1994), Winterthour ville natale de cet artiste propose deux expositions, l’une au musée des arts décoratifs et l’autre au musée des beaux-arts. Il n’en faut pas moins pour rendre compte du foisonnement créatif et de l’énergie exceptionnelle de cette personnalité. A noter d’ailleurs qu’il s’est toujours considéré comme architecte avant tout. Bien que l’architecture ne forme qu’une part limitée de ses activités. Les deux expositions reposent en grande partie sur le fond d’atelier mis à disposition par le fils de l’artiste.

L’exposition du musée des arts décoratifs documente sur une surface de 240m2 la diversité des activités de Max Bill. Graphiste, concepteur de livres, d’affiches, dessinateur d’objets quotidiens pour la cuisine, pendules, tables, chaises. Il a aussi été concepteur d’expositions et architecte. L’école des arts décoratifs d’Ulm réalisée entre 1950 et 1955 et une section de l’exposition nationale de 1964 à Lausanne sont les deux réalisations principales dans ces domaines. On sait que le théâtre deVidy est le témoignage qui demeure de cette activité à Lausanne.

Au musée des beaux-arts la présentation se concentre sur les sculptures et les peintures de l’artiste. Elle montre à la fois la constance dans ses recherches et la diversité déconcertante de ses peintures. On comprend ainsi à quel point il ne s’agit pas d’une oeuvre tournée sur le moi, sur l’expression de l’individu, mais de recherches et d’expériences toujours renouvelées avec une énergie impressionnante. La première salle présente surtout des sculptures, car elles sont révélatrices des recherches plastiques de Bill et d’une ambition d’expression publique. La fascination pour le ruban sans fin débute en 1935 et sera poursuivie jusque dans les années 1990. Le retrait dans l’atelier semble correspondre aux années de guerre et aussi au rejet que son approche suscite. Toute la démarche est basée sur des variations, des jeux avec l’espace, la géométrie et l’exploratoion méthodique de variables multiples. Une salle est consacrée aux carrés posés sur leur pointe. Les premiers reprennent Mondrian, puis l’on voit comment, au cours des décennies, différentes propositions sont développées.

Le catalogue rend compte des deux expositions les contributions de 14 auteurs permettent de cerner la diversité de la personnalité de Max Bill. Par ailleurs un recueil de textes théoriques (articles, conférences) est également publié.

Une autre exposition est proposée en Allemagne à Herford au MARTa

Max Bill: ohne Anfang ohne Ende 2 février – 30 mars 2008

A signaler également deux liens: 

la Fondation Max Bill

et le Haus Max Bill.

Patrick Schaefer, L’art en jeu, 20 janvier 2008

Christian Boltanski

Christian Boltanski ( 1944 – 2021) représente la France à la Biennale de Venise 2011 sous le titre Chance.
Monumenta 2010 a invité Christian Boltanski au Grand Palais à Paris du 13 janvier au 21 février 2010.
Des travaux de l’artiste sont également présentés au Musée d’art contemporain du val de Marne Macval.fr jusqu’au 23 mars 2010.

Vaduz Kunstmuseum Lichtenstein Christian Boltanski, la vie possible jusqu’au 6 septembre 2009
Le musée des beaux-arts de Vaduz consacre une importante rétrospective à Christian Boltanski (1944 – 2021). Elle présente un peu plus de 20 installations réparties dans 4 grandes salles, depuis les années 1980 jusqu’à des travaux récents réalisés pour l’exposition. L’oeuvre de Christian Boltanski tourne autour de la mémoire et surtout de l’invocation des morts en utilisant la photographie, le film, la lumière, la sculpture, le son. Il réunit ses installations sous le titre La vie possible, reprenant le titre d’un livre d’entretiens avec Catherine Grenier.
L’exposition débute avec différentes pièces de la série des Monuments qui associe la lumière d’ampoules à des photographies, puis viennent le Théâtre d’ombres et les Réserves. Les Suisses morts, 1990 au centre d’une pièce dont les murs sont entièrement couverts par les photos d’Humain, 1994. Plus loin on découvre les marcheurs de Prendre la parole, 2005, ensuite les Monuments noirs, 2009 confrontés aux plaques de zinc accrochées aux murs de Mes morts, 2002. L’exposition s’achève dans une grande salle qui associe les miroirs de l’oeuvre Les images noires, 1996, les écrans intitulés Les portants, l’ampoule Le coeur, 2005 et Entre temps, 2003.
Une exposition comme celle-ci est certainement un événement important, pourtant elle laisse un sentiment mitigé. Bien que la plupart des oeuvres soient postérieures à 1993, elle paraît très semblable, par l’impression laissée au spectateur, à l’exposition proposée au musée des beaux-arts de Lausanne en 1993. D’autre part Christian Boltanski a certainement exercé une influence sur des artistes plus jeunes, je pense par exemple à Douglas Gordon, mais ce dernier en s’inscrivant dans la tradition « gothique » anglaise introduit un humour dans ses installations qui leur donne une dimension très différente. Il y a quelque chose de paradoxal chez Boltanski, car il semble être un artiste matérialiste, non religieux tout en se consacrant à l’invocation des morts, au passage de la vie, de manière très sérieuse, c’est peut-être là sa qualité, sa marque spécifique.

Patrick Schaefer, L’art en jeu 29 juillet 2009

Sophie Taeuber-Arp, Jean Arp, Kurt Schwitters

Aarau Kunsthaus 2014

Sophie Taeuber Arp. Heute ist Morgen jusqu’au 16 novembre 2015. Le Kunsthaus d’Aarau consacre une vaste rétrospective à l’oeuvre de Sophie Taeuber Arp (1889 – 1943), qui place les oeuvres appliquées et les productions artistiques sur le même pied. Ainsi, en entrant dans la première salle on découvre tout de suite un bureau conçu par l’artiste. On rencontre encore d’autres pièces de mobilier au fil des salles, des projets de tissus, d’aménagements intérieurs et des oeuvres autonomes. L’approche croisée de cette exposition qui rassemble environ 300 pièces rend justice à l’ensemble de la personnalité de Sophie Taeuber Arp. On perçoit parfaitement comment l’artiste recherchait une synthèse des formes d’expression artistique, en refusant les distinctions traditionnelles. On voit qu’elle explore intensivement l’impact des formes, des couleurs, de la ligne dans l’espace, quel que soit le domaine dans lequel elle s’exprime. Si elle a plutôt privilégié l’activité d’architecte d’intérieur que la production d’oeuvres autonomes, on mesure avec tous les carnets de dessins présentés, avec quelle rigueur elle procédait, l’intensité du travail sur lequel reposait ses réalisations. Elle fut aussi enseignante textile à l’école des arts décoratifs de Zurich. Elle réalisa des costumes, un théâtre de marionnettes devenu très célèbre.

Deux films sont projetés au sous-sol, ils apportent un précieux complément d’information.

Patrick Schaefer l’art en jeu 25 septembre 2014

Le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg présente une vaste rétrospective Jean Arp, Art is Arp jusqu’au 15 février 2009 (possibilité de visiter également l’Aubette). 

A signaler que le Centre Pompidou à Paris consacre une exposition au mouvement Dada jusqu’au 9 janvier 2006.

Kurt Schwitters Merz une vision totale du monde, Tinguely Museum Basel

Trop souvent les expositions monographiques isolent artificiellement le cheminement d’un artiste sans tenir compte du contexte dans lequel il a travaillé et des stimulations qu’il a reçues d’autres créateurs. Il faut se réjouir de l’entreprise développée cette année par les musées d’art bâlois qui essaient de mettre en scène la collaboration entre différents artistes. C’est un pari difficile, mais il mérite d’être tenté, car il permet de dépasser la notion traditionnelle d’influence pour mieux appréhender la réalité des rapports entre artistes. Le musée Tinguely est prédestiné à ce genre de démarche, puisque l’un des moteurs de l’activité de Tinguely était justement la collaboration avec d’autres artistes, le refus du culte de l’artiste individuel. Une vision qui a trouvé d’innombrables échos aujourd’hui avec notamment la notion de l' »artiste curateur ».

Le musée Tinguely présente environ 150 œuvres de Kurt Schwitters (1887 – 1948) autour de la reconstitution du Merzbau. Ce dernier est une construction fantastique que Schwitters avait développée progressivement dès 1923 dans sa maison de Hanovre et qui fut détruite en 1943 lors d’un bombardement. Harald Szeemann fit reconstruire d’après des photographies un exemplaire au début des années 1980 pour l’exposition du Kunsthaus de Zurich Der Hang zum Gesamtkunstwerk. Il existe deux versions de cette reconstitution, l’une se trouve en permanence à Hanovre et l’autre est présentée dans des expositions temporaires. L’exposition est organisée thématiquement et le visteur est invité à circuler dans et autour de cellules blanches où les œuvres sont accrochées. Cette présentation intimiste qui évoque le Merzbau lui-même convient bien aux collages de Schwitters qui sont souvent de dimensions modestes. Les oeuvres sont réunies autour de divers thèmes: Le Merzbau, le collage, la machine, la distinction entre Merz et Dada, le hasard.

Le lien avec le musée est assuré par la présentation d’un film qui montre le Cyclope de Milly-la-Forêt. Dans les salles du 1er étage sont accrochés divers projets réalisés ou non, conçus par Jean Tinguely et ses amis autour de l’idée de station culturelle. Idée récurrente au cours de sa carrière et qu’il disait directement inspirée par le Merzbau de Schwitters.

Le catalogue de l’exposition propose notamment les réactions de nombreux artistes au travail de Schwitters.

Schwitters-Arp Öffentliche Kunstsammlung Basel

L’exposition du musée des beaux-arts de Bâle propose 80 oeuvres de Jean Arp et 70 oeuvres de Kurt Schwitters pour tenter de mettre en évidence le dialogue et les stimulations mutuelles provoquées par la rencontre et l’amitié entre le deux artistes. Une manière intéressante de tenter d’entrer dans le fonctionnement créatif de l’un et l’autre artiste. La première salle, splendide, est entièrement consacrée aux sculptures et aux reliefs de Jean Arp (1886 – 1966), la deuxième présente des collages de Kurt Schwitters. Puis l’on assiste au développement du dialogue entre les deux artistes au point qu’il faut parfois lire les cartels pour s’assurer de l’attribution d’une oeuvre à l’un ou à l’autre. Enfin on retrouve les développements séparés de chacun dans les deux dernières salles.

C’est Arp qui fait découvrir la notion de collage à Schwitters et celle-ci s’avèrera très stimulante pour ce dernier qui avait une formation académique traditionnelle. Il ne se laissa pas tenté par l’expresionnisme et poursuivit tout au long de sa vie une activité de peintre de paysage marqué par l’impressionnisme. Par ailleurs, il devient une figure importante de l’avant-garde dans les années 1920 en associant les valeurs du constructivisme au collage. Collages rigoureusement structurés, mais qui ne sont pas des formes pures puisqu’ils sont constitués de documents, papiers, journaux, publicités, inscriptions qui ont une autre valeur, une autre signification, un pouvoir d’évocation propre. Cette synthèse entre le quotidien, l’imaginaire et le constructivisme s’exprime dans le Merzbau.

Öffentliche Kunstsammlung 

Schwitters – Arp jusqu’au 22 août 2004

Musée Tinguely 

Kurt Schwitters Merz – ein Gesamtweltbild jusqu’au 22 août 2004

A signaler que le Palais des Beaux-arts à Bruxelles présente une rétrospective Jean Arp, l’invention de la forme jusqu’au 6 juin 2004.

Le site du musée Arp à Bahnhof Rolandseck (Remagen) qui a inauguré un nouveau bâtiment de Richard Meier en septembre 2007.

A signaler que sous le titre « Anna Blume et moi ». Dessins de Kurt Schwitters jusqu’au 8 janvier 2012, le musée des beaux-arts de Berne propose une importante présentation de l’oeuvre dessiné de Kurt Schwitters qui est formé de collages, de recherches abstraites, mais aussi de vues figuratives prises sur le motif.

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Patrick Schaefer, L’art en jeu, 1er mai 2004

Klimt – Vienne 1900

Cette page parle des expositions Klimt -Hoffmann; Vienne 1900; La magie des images; Ornement et abstraction.

Lausanne le 12 juin 2020

Le musée des beaux-arts de Lausanne propose quatre expositions dans ses nouveaux locaux. A fleur de peau, Vienne 1900 de Klimt à Schiele et Kokoschka  jusqu’au 23 août. En cinq sections, l’exposition entre dans la manière dont le corps a été traité par les artistes de la Sécession viennoise avec des affiches, des dessins et des peintures, curieusement la totalité de la grande salle du haut est consacrée au mobilier produit par les Wiener Werkstätte.


Vienne galerie du Belvedere

Gustav Klimt – Josef Hoffmann, pionniers de la modernité jusqu’au 4 mars 2012.

La galerie du Belvédère met en contexte les tableaux de Klimt en étudiant les relations entre le peintre et l’architecte dans plusieurs villas et sites d’expositions: la Sécession bien sûr avec la frise Beethoven et l’exposition qui accompagna cette réalisation, le Palais Stocklet à Bruxelles et différentes villas viennoises, une tentative difficile, mais passionnante. Les circonstances des commandes sont étudiées et les relations étroites entre le peintre et le sculpteur, mises en évidence. Des maquettes et des reconstitutions permettent de voir certains tableaux dans leur contexte original, leur encadrement conçu par Hoffmann, ce qui les met bien en valeur.


Fondation Beyeler Vienne 1900 Klimt, Schiele et leur temps 26 septembre – 16 janvier 2011 prolongée jusqu’au 6 février

Alors qu’une part importante de la collection Beyeler occupe les cimaises du musée Leopold à Vienne jusqu’au 17 janvier, la Fondation présente un panorama de l’art à Vienne vers 1900 avec près de 300 oeuvres et objets d’art. Continuer la lecture

Sons et lumières

Je réunis sur cette page les comptes-rendus d’expositions qui traitent des relations entre l’image et le son. Un thème de plus en plus souvent abordé.

Bâle / Riehen 6 octobre 2019

Fondation Beyeler: Resonating Spaces: Leonor Antunes, Silvia Bächli, Toba Khedoori, Susan Philipsz et Rachel Whiteread jusqu’au 26 janvier. En parallèle sont présentées les oeuvres de la collection Staechelin et de la collection Beyeler jusqu’au 19 mai 2020.

La Fondation Beyeler invite cinq artistes qui explorent l’espace par le son, l’installation, le moulage et le trait. Le paradoxe de sculptures immatérielles est développé par Susan Philipsz,  alors que deux artistes, Silvia Bächli, Toba Khedoori, s’expriment par le dessin, les deux autres déclinent des formes très différentes d’expression dans l’espace: Leonor Antunes sature une grand espace de cordages, miroirs qui renvoient à des archives personnelles. Rachel Whiteread qui s’est fait connaître par un mode de travail moulant le vide réagit à une toile de Balthus en dépôt à la Fondation par une série de moulages reprenant des éléments architecturaux de la toile. Elle utilise du papier mâché coloré, plaçant sur le mur opposé à la toile ces blocs qui reprennent les volumes des fenêtres du bâtiment peint par Balthus. Par ailleurs un volume noir est installé dans l’espace créant un premier plan lorsque l’on regarde le tableau. Toba Khedoori réalise d’immenses dessins sur des papiers préparés avec de la cire, elle répète des éléments comme les fenêtres d’une façade, les grillages d’une clôture ou les chaises d’une salle de spectacle. Silvia Bächli trace des lignes au pinceau souvent aux limites de la feuille faisant le centre vide et suggérant d’autres espaces. Toutes ces oeuvres sont en relation avec les sons de l’installation de Susan Philipsz que l’on entend partout!

A signaler que le musée Tinguely présente l’oeuvre de l’artiste néozélandais Len Lye (1901 – 1980) qui fut un précurseur de l’usage du son dans les oeuvres du 23 octobre au 26 janvier 2020.


Paris. Musée de l’Orangerie: Debussy, la musique et les arts jusqu’au 11 juin 2012 évoque l’univers  visuel du compositeur et par la même occasion, le milieu social dans lequel il évoluait, les goûts de ses proches. Elle met en valeur les collections du musée d’Orsay tout en étant complétée par des prêts. Les oeuvres choisies sont très belles et vont de Renoir à Henri Edmond Cross, Burne Jones, Maurice Denis, Vuillard pour terminer avec Kandinsky et Kupka. Une large place est faite aux arts décoratifs et aux collaborations du compositeur pour son opéra et les ballets qu’il créa. Continuer la lecture

Ombres de la Renaissance à nos jours

Cette page rassemble trois articles consacrés à des expositions thématiques

Lausanne 27 juin 2019

Fondation de l’Hermitage Ombres de la Renaissance à nos jours jusqu’au 27 octobre.

L’ombre a été donnée comme origine de la peinture, comme invocation, évocation. Avec ce thème, l’exposition de la Fondation de l’Hermitage propose un passionnant parcours de l’histoire de l’art qui montre les artistes surgissant de l’ombre, ceux qui travaillent le clair-obscur sous l’influence du Caravage, la mode des silhouettes, l’impressionnisme et le post-impressionnisme qui introduit de nouvelles couleurs pour représenter l’ombre, la photographie et de nombreuses interprétations contemporaines chez Warhol, Christian Boltanski ou Markus Raetz notamment.

Déployée sur les 4 étages de la Fondation, divisée en 16 chapitres, l’exposition propose de nombreux points de vue. Elle repose sur l’érudition de Victor Stoichita, professeur à l’université de Fribourg, qui a publié un ouvrage sur ce thème et réalisé une exposition à Madrid il y a une dizaine d’années.


Lausanne 3 mars 2013

L’exposition Fenêtres de la Renaissance à nos jours jusqu’au 20 mai à la Fondation de l’Hermitage a l’ambition d’explorer avec une forme d’exhaustivité l’iconographie de la fenêtre comme source de lumière sur les natures mortes, comme scène de genre avec la relation intérieur- extérieur, comme objet au XXe siècle, grille pour percevoir et représenter le monde. On va du livre didactique de Dürer,  à la photographie et à l’écran, d’ailleurs l’exposition s’achève sur une projection d’Anri Sala. Les oeuvres retenues sont bien choisies et de qualité.

Au rez-de-chaussée, des livres et des gravures évoquent la diffusion de la perspective voulue par Alberti dans laquelle la fenêtre joue un rôle central. Des oeuvres hollandaises du XVIIe siècle et surtout des travaux romantiques du XIXe évoquent cette fenêtre sur le monde. Un étage plus haut on est au XIXe siècle avec Vilhelm Hammershoi et au début du XXe siècle avec Bonnard, Marquet, Matisse, Vuillard, Vallotton et Balthus. Au dernier étage, on se concentre sur le surréalisme avec le magnifique Oedipus Rex de Max Ernst , des travaux de Magritte, Delvaux et de Chirico.

Le sous-sol est consacré à l’art du XXe siècle et aux oeuvres contemporaines. Mentionnons Ellsworth Kelly, qui a débuté sa carrière autour de la fenêtre, Sean Scully, fasciné par les parois, les portes, des stills de Robin Rhode autour d’une fenêtre ou d’Alexander Birchler et Teresa Hubbard.

Les expositions thématiques apparaissent de plus en plus comme une alternative aux expositions monographiques et à celles qui sont consacrées à un courant artistique, à une période spécifique de l’histoire de l’art. Les bases de données, qui sont souvent devenues presque exhaustives, du moins pour les musées d’art facilitent largement l’organisation de ce type d’expositions. Dès l’apparition des premiers fichiers informatisés, on a réalisé le potentiel de développement pour une approche par thèmes, par sujets. Il y a des expositions thématiques très larges et dont l’intérêt est relatif, ainsi par exemple, l’exposition sur l’hiver proposée par le Kunsthaus de Zurich en 2012. Il y a des expositions thématiques qui permettent d’aborder une question centrale dans  la production artistique, alors cela devient passionnant. Assurément, c’est le cas de l’exposition réalisée par la fondation de l’Hermitage et le musée des beaux-arts de Lugano.

Souvent ces expositions thématiques sont plus intéressantes lorsqu’elles traitent une problématique abordée dans l’art contemporain, car elles permettent d’appréhender diverses approches autour d’une même question.


Lausanne 8 février 2007

Lausanne Musée cantonal des beaux-arts:

Visions du déluge 2 février – 29 avril 2007

L’exposition du musée des beaux-arts de Lausanne intitulée Visions du déluge offre un large panorama artistique de la Renaissance à l’art contemporain. Elle part des illustrations du texte de la Genèse pour montrer l’évolution d’un thème et de sa représentation au cours de cinq siècles. L’exposition se signale en mettant l’accent sur certains points forts sans tomber dans l’énumération, comme c’est trop souvent le cas des expositions thématiques. Elle propose des approfondissements bienvenus autour de certaines oeuvres de la collection du musée tout en élargissant la perspective pour offrir l’occasion d’admirer des peintures, des dessins et des gravures provenant du musée du Louvre et d’autres institutions en France et en Europe.

Les trois premières salles sont consacrées à des propositions contemporaines. Dans la première on trouve un montage de films catastrophes évoquant le déluge. Dans la deuxième une installation vidéo de Bill Viola, The Raft, 2004 (le radeau inspirée du Radeau de la Méduse). Un groupe d’hommes et de femmes est en attente comme s’ils étaient dans un abri bus. Ils sont 12 pour commencer, d’autres personnes évoluant en extrême lenteur les rejoignent, au moment où l’eau les assaille de gauche et de droite ils sont 19. Après la catastrophe on les voit tenter de reprendre leurs esprits ou se rassurer mutuellement. L’eau occupe une place centrale dans les travaux de Bill Viola. La vidéo de Paul Pfeiffer d’une durée de 20′ que l’on découvre dans la salle suivante évoque Le matin après le déluge, 2003 et montre l’évolution du ciel sur l’horizon une atmosphère paisible toute différente. Bien que ces travaux contemporains puissent former une exposition autonome, ils s’articulent bien avec le propos de l’exposition qui évoque aussi trois moments: l’avant, le moment crucial et l’après.

Dans la salle suivante le texte de la Genèse évoquant le Déluge est présenté avec des bibles illustrées évoquant cet épisode. Aux murs sont accrochées des tapisseries qui illustrent le récit du Déluge. Les salles suivantes sont centrées autour d’une toile principale complétée par d’autres peintures, dessins ou gravures. On commence avec Antonio Caracci et Aessandro Turchi. Plus loin c’est l’évocation de l’humanité avant le déluge qui est montrée avec notamment une toile de Cornelisz Cornelisz de 1615 évoquant les plaisirs qui conduisent à la punition de la catastrophe. Un épisode central dans l’iconographie du déluge est proposé par une toile de Nicolas Poussin L’Hiver ou Le Déluge, entre 1660 et 1664, absente cette toile est remplacée par des copies et d’autres oeuvres dont elle est la source. Après la Renaissance, le maniérisme, le 17e siècle on passe au 18e siècle.

C’est l’occasion d’évoquer d’une part un changement iconographique avec la concentration sur le drame personnel d’un couple ou d’une famille et le rappel concret d’événements vécus: les tremblements de terre, suite aux catastrophes de Lisbonne et de Messine qui ont beaucoup frappé les esprits de l’époque. Avec Le Tremblement de terre, 1806 de Jean-Pierre Saint-Ours et des aquarelles de Ducros, le musée des beaux-arts possède des oeuvres clefs illustrant cette problématique. On trouve également Johann Heinrich Fuessli, La Vision du déluge, vers 1800. L’exposition s’achève en mettant en perspective une oeuvre de Charles Gleyre intitulée Le Déluge, 1856 qui montre la terre après la catastrophe survolée par deux anges, on la découvre ici avec une toile de Turner (1805) et des travaux de Francis Danby ( vers 1828 et 1840), John Martin (1828, 1840) notamment.

En 1999 le Kunsthaus de Zurich accordait une large place au Déluge et aux tremblements de terre dans son exposition Weltuntergang & Prinzip Hoffnung, il s’agissait alors d’évoquer les peurs millénaristes à l’occasion du changement de siècle. Il est intéressant de constater que le point de vue devient très concret aujourd’hui et se réfère non pas à des craintes, mais à des expériences récentes vécues (11 septembre, tsunami, inondations) pour les mettre dans une perspective historique!

On peut aussi rappeler la réflexion sur L’accident développée par Paul Virilio dans une exposition intitulée Ce qui arrive à la Fondation Cartier à Paris à la fin 2002. Paul Virilio qui réfléchit au phénomène de l’accident naturel, industriel ou terroriste dans notre société depuis longtemps.

William Kentridge

Bâle 26 juin 2019

William Kentridge, A Poem That Is not Our Own jusqu’au 13 octobre 2019

L’exposition du musée d’art contemporain de Bâle est centrée sur les films de William Kentridge dont le processus de réalisation est étroitement lié aux autres techniques graphiques qu’il emploie, en particulier le dessin, le découpage et la gravure. On voit que Kentridge est fasciné par les cortèges, les triomphes de la Renaissance, la danse des morts, auxquels il confère une nouvelle vie dans de grandes processions où surgissent aussi bien des figures du passé que des êtres actuels. Un nombre impressionnant de travaux et de films sont présentés. Continuer la lecture

Thomas Hirschhorn

Bienne

Exposition suisse de sculpture: Robert Walser Sculpture #Thomas Hirschhorn 15 juin – 8 septembre 2019

26 juin 2019 Thomas Hirschhorn.

« Faire place nette » est une expression courante que certains emploient volontiers. La démarche développée par Thomas Hirschhorn est à l’opposé. Invité à assumer la traditionnelle exposition de sculptures en plein air de Bienne. La douzième édition eut lieu en 2014 sous le titre The City Performed et la précédente en 2009 s’intitulait Utopics, peut-être que la sculpture Robert Walser rejoint ce thème et devient une utopie réelle. Thomas Hirschhorn renonce à jouer le rôle de commissaire qui aurait invité d’autres artistes et choisit de donner une nouvelle version de la notion de Monument qu’il développe depuis au moins 20 ans. Pour rendre hommage à Robert Walser, l’écrivain biennois, il crée de petites cellules de vie culturelle ou conviviale autour de la notion de Monument. Continuer la lecture

Extase/ sous influence

Berne 1er mai 2019

Le Centre Paul Klee propose

Extase jusqu’au 4 août 2019. Au sous-sol, divisée en 7 chapitres, cette exposition illustre différentes formes de l’extase: l’ivresse, la religion, le sexe, la danse avec des oeuvres qui vont du XIXe siècle à aujourd’hui. Quelques artistes présentés ici: Andy Warhol, Marina Abramovic, Nan Goldin, Aernout Mik, Marlene Dumas, Martin Disler, Isadora Duncan, Ferdinand Hodler, Henri Michaux, Meret Oppenheim, Pawel Althamer, John Latham, Wolfgang Tillmans.

Il se trouve que je lis en ce moment un recueil d’essais de Milan Kundera, Les testaments trahis, qui réfléchit et vagabonde dans les domaines les plus divers. Continuer la lecture

Jean-Luc Godard

Jean-Luc Godard est décédé le 13 septembre 2022 (1930 – 2022)

Lausanne, 26 novembre 2018

Du 16 au 30 novembre 2018, le Théâtre de Vidy présente Le livre d’image de Jean-Luc de Godard à la Passerelle, dans une mise en scène de Godard par laquelle il recrée son salon, un fauteuil, des tapis, un écran tv, un tourne-disque, un miroir. 1h.30 d’images et de poésie. Une réflexion sur l’intensité du mouvement de la narration cinématographique, la brutalité du document, l’immobilité de l’image, ces transformations et la permanence de la cruauté du monde, sans oublier le son, la voix, la musique qui voyagent dans l’espace.


Le festival de Cannes 2010 (15 – 23 mai) présente le nouveau film de Jean-Luc Godard intitué Film Socialisme 1h 41. On trouve des trailers sur youtube (en fait une version accélérée de tout le film).

Il a aussi mis en ligne un hommage sur Rohmer en 2010 3’26.

Centre Pompidou Beaubourg: Voyages en utopie Jean-Luc Godard 1946 – 2006, à la recherche d’un théorème perdu jusqu’au 14 août 2006.

Le centre Pompidou a donné Carte blanche à Jean-Luc Godard sous le titre Voyage(s) en utopie, 1946-2006, à la recherche d’un théorème perdu. Les organisateurs nous précisent d’emblée qu’il ne s’agit pas d’une exposition sur Godard, mais d’une exposition de Godard. Un autre avertissement nous informe que l’exposition n’a pu avoir lieu sous la forme voulue. On en est quitte pour découvrir les maquettes d’une exposition souhaitée et des écrans qui évoquent la typologie et les grands moments de l’histoire du cinéma, une situation de mise en abyme qui ressemble beaucoup à celle que l’on rencontre dans ses films!. Continuer la lecture