Archives de catégorie : théâtre

Jean-Luc Godard

Lausanne, 26 novembre 2018

Du 16 au 30 novembre 2018, le Théâtre de Vidy présente Le livre d’image de Jean-Luc de Godard à la Passerelle, dans une mise en scène de Godard par laquelle il recrée son salon, un fauteuil, des tapis, un écran tv, un tourne-disque, un miroir. 1h.30 d’images et de poésie. Une réflexion sur l’intensité du mouvement de la narration cinématographique, la brutalité du document, l’immobilité de l’image, ces transformations et la permanence de la cruauté du monde, sans oublier le son, la voix, la musique qui voyagent dans l’espace.


Le festival de Cannes 2010 (15 – 23 mai) présente le nouveau film de Jean-Luc Godard intitué Film Socialisme 1h 41. On trouve des trailers sur youtube (en fait une version accélérée de tout le film).

Il a aussi mis en ligne un hommage sur Rohmer en 2010 3’26.

Centre Pompidou Beaubourg: Voyages en utopie Jean-Luc Godard 1946 – 2006, à la recherche d’un théorème perdu jusqu’au 14 août 2006.

Le centre Pompidou a donné Carte blanche à Jean-Luc Godard sous le titre Voyage(s) en utopie, 1946-2006, à la recherche d’un théorème perdu. Les organisateurs nous précisent d’emblée qu’il ne s’agit pas d’une exposition sur Godard, mais d’une exposition de Godard. Un autre avertissement nous informe que l’exposition n’a pu avoir lieu sous la forme voulue. On en est quitte pour découvrir les maquettes d’une exposition souhaitée et des écrans qui évoquent la typologie et les grands moments de l’histoire du cinéma, une situation de mise en abyme qui ressemble beaucoup à celle que l’on rencontre dans ses films!. Continuer la lecture

Robin Rhode

Robin Rhode est présenté au Haut konstruktiv à Zurich du 25 octobre au 13 janvier 2019

Robin Rhode expose au musée des beaux-arts de Lucerne jusqu’au 1er juin 2014

Robin Rhode met en scène les tableaux d’une exposition de Moussorgsky avec Leif Ove Andsnes au piano sous le titre Pictures Reframed. Le concert aura lieu au Théâtre des Champs-Elysées à Paris le 11 décembre 2009.

Hayward Gallery

Robin Rhode: Who’s who jusqu’au 7 décembre 2008

La craie et la performance sont au centre de la démarche créative de l’artiste sud-africain Robin Rhode. Il est né à Cape Town en 1976, il a étudié l’art et le cinéma à Johannesburg. Depuis 2002, il vit à Berlin. Inspiré par la tradition du cinéma muet comme par celle des performeurs de rue d’aujourd’hui, la culture hip hop, Robin Rhode propose un univers d’une poésie et d’un humour absolument convainquant. Les instruments qu’il utilise sont très simples: la craie, moyen d’expression éphémère qui s’efface tout seul, son corps, les murs ou le sol, le plus souvent il oppose le blanc et le noir. Il dessine un élément de réalité un objet désirable, comme un vélo par exemple et réagit par rapport à celui-ci, la performance est filmée, photographiée. Il s’intéresse à l’éphémère, ainsi a-t-il placé sur le toit de la Hayward Gallery le moulage d’un vélo en savon qui disparaîtra au cours de l’exposition.

Son travail a également été présenté au Haus der Kunst à Munich. Des exemples du travail de Robin Rhode sont visibles sur youtube.

Derain – Balthus

Lausanne Site du nouveau musée des beaux-arts  Bob Wilson: Balthus unfinished 31 août – 9 septembre

Lausanne 4 septembre 2018

Le musée des beaux-arts de Lausanne présente dans les catacombes de ses futurs espaces de la gare Balthus unfinished jusqu’au 9 septembre, mis en scène par Bob Wilson, gratuit, sur inscription sur le site du musée. Une expérience à vivre et dont on ne veut parler pour ne pas gâcher les surprises que réserve la visite! Dans trois salles du sous-sol qui sera sans doute consacré aux réserves plus tard, la présentation nous propose en somme une typologie de différentes manières de montrer un artiste. Dans le premier espace on découvre des toiles préparées mises au carreau et des oeuvres inachevées ou grattées par Balthus parce qu’il était insatisfait. Dans la seconde  des dessins qui ne sont pas tous des esquisses pour une toile et qui évoquent un aspect important de son activité. Enfin la troisième présente l’approche la plus nouvelle avec une animation sur une reproduction du Passage du commerce Saint André montrée à la fondation Beyeler. Une sorte de visite commentée qui donne la parole à chaque personnage en l’éclairant, il est vrai que la toile pourrait être une scène de théâtre ou un plan dans un film. Une musique baigne tous les espaces qui sont dans la pénombre avec juste quelques néons qui rappellent les mises en scène de Bob Wilson.

Fondation Beyeler: Balthus 2 septembre – 1 er janvier 2019

Bâle, Riehen 1er septembre 2018

La Fondation Beyeler propose une rétrospective de l’oeuvre peint de Balthus (1908 – 2001) avec une quarantaine de toiles provenant des Etats-Unis et d’Europe jusqu’au 1er janvier (on pourra la découvrir plus tard au musée Thyssen-Bornemisza à Madrid). Elle est motivée par le dépôt depuis quelques années à la Fondation Beyeler de l’une des toiles les plus monumentales de Balthus: Le Passage du Commerce Saint-André, 1952-1954. La sélection met bien en évidence des moments clefs dans le développement artistique et la vie privée de l’artiste. S’il a peint quelques paysages urbains et deux grandes scènes de rue, il privilégie clairement les compositions dans des intérieurs et des portraits. Les citations de grands moments de l’histoire de l’art, qu’il s’agisse des fresques du 15ème ou de Courbet notamment, relèvent d’une véritable imprégnation ou, comme l’a très bien exprimé la veuve de l’artiste à propos d’Alberto Giacometti lors de la conférence de presse, d’une conversation intérieure permanente. Chaque oeuvre marque un temps, un moment spécifique, une rencontre entre l’artiste, la toile ses modèles à l’écoute des mystères de la lumière. L’exposition insiste sur l’intimité de l’artiste dans son activité picturale, plus que sur ses activités extérieures, ses décors de théâtre par exemple ou son activité de dessinateur et de photographe.

Paris 7 novembre 2017: Centre Pompidou avec André Derain 1904 – 1914, la décennie radicale jusqu’au 29 janvier.

Concentrée sur les débuts de la carrière de l’artiste, elle montre la vigueur caricaturale des ses premiers travaux surtout dans le dessin. On découvre le dialogue avec Matisse et l’impact successif, à bref intervalle de l’oeuvre de Gauguin, puis des baigneuses de Cézanne. Enfin l’évolution vers un réalisme magique et la cassure de la guerre qui entraîne une interruption de son activité.

Paris, Musée d’art moderne de la ville : Derain, Balthus, Giacometti jusqu’au 29 octobre 2017

Le musée d’art moderne de la ville de Paris évoque les amitiés artistiques entre Derain et Balthus et ce dernier et Giacometti. Il s’agit d’une présentation exceptionnelle par son ampleur et sa pertinence. Les liens et les connivences entre ces trois artistes rarement associés sont multiples, ils relient des artistes appartenant à des générations différentes qui ont travaillé autour de la figure dans une période où l’abstraction s’affirmait. Continuer la lecture

Gerda Steiner / Jörg Lenzlinger, Musée Tinguely, Bâle

Gerda Steiner / Jörg Lenzlinger

Musée Tinguely, Bâle: Gerda Steiner / Jörg Lenzlinger, Too early to Panic jusqu’au 23 septembre 2018.

Les deux artistes ont choisi de réagir face à l’identité de la ville qui les reçoit et en plus au mécène du musée qui les abrite. Ils évoquent la chimie, la médecine, la santé, les plantes sous les formes les plus diverses. Si leurs installations relèvent toujours d’un laboratoire où l’on voit croître des objets et des plantes improbables, ici le laboratoire est animé par des personnages en blouse blanche! Continuer la lecture

Ulla von Brandenburg

Musée Jenisch Vevey 17 mars 2018 : Ulla von Brandenburg. A Color Notation jusqu’au 21 mai 2018

Depuis 2006, j’ai rencontré à plusieurs reprises les travaux d’Ulla von Brandenburg (née à Karlsruhe en 1974) : à la Kunsthalle de Zurich en 2006, on découvrait deux films et de grandes aquarelles. En 2011, elle frappait les visiteurs de la Biennale de Lyon en installant cinq grands rideaux de couleurs différentes que le spectateur devait traverser avant d’accéder au « théâtre » de l’exposition.

Elle a réalisé une grande peinture multicolore pour la réouverture du palais de Tokyo à Paris en 2012. On a également pu visionner certains de ses films au Mamco à Genève en 2014.

A la Sécesson à Vienne en septembre 2013, l’espace principal était occupé par une grande installation théâtrale d’Ulla von Brandenburg. Elle projetait un film en noir et blanc, intitulé Die Strasse qui montre un personnage traversant une rue imaginaire et rencontrant des gens de tout âge qui se livrent à des activités qu’il ne comprend pas. La bande son est chantée. L’artiste explique qu’elle s’inspire des traditions du carnaval dans la forêt noire. Pour voir ce film on traverse l’arrière d’une scène fermée par un grand rideau rouge, on gravit, puis l’on descend des gradins en bois très raides. Le film et les gradins font penser au théâtre antique.

Ulla von Brandenburg est une artiste qui s’exprime par tous les moyens d’expression le théâtre, le cinéma, l’installation en renouvelant la relation entre eux. Installée à Paris, elle affirme ses origines allemandes de la Forêt noire en montrant un vif intérêt pour les traditions populaires. Le chant, le récit parlé forment un élément essentiel dans ses réalisations filmées, monumentales.

On peut en ce moment la découvrir au musée Jenisch à Vevey. Elle a construit un récit et une vaste scénographie colorée en hommage à la mécène, à laquelle le musée doit son nom. Les murs des salles sont vides, ils sont couverts de grands tissus de six couleurs différentes sur lesquels on devine les traces de tableaux qui auraient été enlevés. Les œuvres sont au sol, de grandes aquarelles posées sur des estrades, on retrouve Fanny Jenisch et divers personnages qui ont marqué sa vie ou d’autres sans aucun rapport. Dans le corridor un film évoque la propriété des Jenisch à Hambourg, alors qu’à l’étage un autre film présente des tissus somptueux, élément récurrent dans les expositions de l’artiste.

 

Bex & Arts

Nicole Dufour, Dieu est une couturière, 2017

Bex & Arts 4 juin – 15 octobre 2017  13e triennale de sculpture contemporaine: L’énergie

Tous les trois ans, les amateurs de sculptures en plein-air retrouvent la propriété de Szilassi, à Bex pour une balade riche en surprises. Cette année 33 artistes ont été invités, un chiffre nettement inférieur aux éditions précédentes, ce qui favorise la mise en valeur des arbres et des espaces de la campagne. Toutes les générations sont représentées et le parcours permet de découvrir des propositions diverses par rapport aux matériaux employés, aux techniques et à la prise de position dans l’espace, de la stèle traditionnelle à l’horizontalité ou même au souterrain. Continuer la lecture

Tino Seghal

Zurich 16 juillet 2017

A son tour, le Kunsthaus de Zurich tente faire une place à la performance au musée. Sous le titre Action!, jusqu’au 30 juillet, l’exposition retient des réalisations engagées politiquement, mais aussi les exemples actuels tournés vers le dialogue et l’interactivité. A signaler que Rimini Protokoll réalise une visite commentée du Kunsthaus par groupe de 6 sur inscription préalable en ligne. L’exposition s’achève avec une pièce de Tino Seghal. L’oeuvre majeure présentée ici est sans doute celle de Francis Alÿs autour du détroit de Gibraltar, Don’t cross the Bridge before you get to the River, 2005 – 2009, une réflexion sur la migration d’une grande actualité. Dans les oeuvres actuelles on trouve les Guérillas Girls, Nina Baier ou encore Boris Charmatz et Aernout Mic, une vidéo Daytime Mouvements, 2016, sans oublier Tino Seghal.

Paris 6 décembre 2016: Au Palais de Tokyo à Paris, Carte blanche à Tino Seghal jusqu’au 18 décembre 2016.

Il ne reste que quelques jours pour vivre les performances orchestrées par Tino Seghal. Certaines sont nouvelles, d’autres ont déjà été présentées à divers endroits depuis une dizaine d’années. ( Il faut signaler que cette carte blanche a été précédée par la présentation d’une chorégraphie de Tino Seghal à l’opéra Garnier, fin septembre, sans titre, 2016, 15′, complétée 4 performances dans les espaces de circulation de l’opéra, ce qui fait qu’il a monté, si ce n’est une rétrospective complète de son travail, du moins une présentation très approfondie).

En entrant dans le Palais de Tokyo trois acteurs vous accueillent et vous demandent Quelle est l’énigme ? Avant d’esquisser une pirouette. Continuer la lecture

William Kentridge

Kunsthalle Karlsruhe: Double Vision: Albrecht Dürer / William Kentridge jusqu’au 8 janvier 2017.

William Kentridge (1955) est un artiste que l’on rencontre depuis longtemps dans les grandes expositions internationales Documenta (2002, 2012), Biennale de Venise (1993, 1999, 2005), Festival d’Avignon (2011), mais il est rare de découvrir une exposition consacrée à cet artiste, qui tourne dans le monde entier, en Europe. En Suisse, seul le Haus Konstruktiv  à Zurich a présenté, en 2015, les travaux du créateur sud-africain autour de la mise en scène du Nez de Shostakovitch qu’il a conçue pour le Metropolitan Opera à New York. Le cabinet des estampes de Berlin et la Kunsthalle de Karlsruhe se sont associés pour réaliser une exposition exceptionnelle qui met en relation l’oeuvre gravé considérable de Kentridge avec une large sélection d’estampes de Dürer. L’idée est de montrer comment les deux artistes se rejoignent dans leur passion commune du noir et blanc. Continuer la lecture

Festival d’Avignon dès 2001

Avignon juillet 2017

Avignon du 18 au 21 juillet. Vu quatre spectacles du in et trois du off, plus une lecture: le ventre de l’Atlantique de Fatou Diome, adaptation d’un roman du Sénégal, et une installation de Katie Mitchell, autour d’Ophélie dans Hamlet, à la maison Jean Vilar.

Les spectacles vus ne correspondent pas toujours à un premier choix, on doit s’accommoder des disponibilités. Ainsi cette année, je me suis retrouvé avec trois billets pour des présentations chorégraphiques et un seul pour une production théâtrale. Comme c’est la tradition le français n’est guère présent et deux spectacles étaient en néerlandais, mais d’autres étaient en allemand, en italien ou en portugais.

Commençons par le théâtre Ibsen Huis mis en scène par Simon Stone et une troupe d’Amsterdam, Toneelgroep, cette troupe présentait également les Bonnes de Jean Genet dans une mise en scène de Katie Mitchel (pas vu)l. Un travail de trois heures qui retient des éléments de plusieurs pièces d’Ibsen, en particulier Solness le constructeur. Disons qu’en ne gardant que le côté réaliste d’Ibsen et en laissant tomber la partie symboliste, fantastique de l’auteur norvégien, Simon Stone nomme ce qui n’est que suggéré. Cette interprétation lui donne une actualité singulière, elle en fait une parole plus militante que littéraire. Le metteur en scène a frappé un grand coup en plaçant une maison design moderne au centre de la cour du lycée Saint-Joseph, l’effet est étonnant. Les acteurs évoluent à l’intérieur de cette maison vitrée et n’ont pas de contact direct avec les spectateurs.

Ayant assisté à une discussion avec les acteurs, ces rencontres avec les acteurs sont très utiles, on a appris qu’ils ont travaillé au fur et à mesure, le metteur en scène n’avait pas texte prêt à l’avance, il s’est construit avec les répétitions.

Borderline, Guy Cassiers et Maude Le Pladec, est basé sur un texte de Elfriede Jelinek, les Suppliants, consacré aux réfugiés.

The Great Tamer, un metteur en scène Grec, Dimitris Papaioannou, qui a fait la cérémonie des jo d’Athènes en 2004. Travail de mime, tableaux vivants, référence aux métamorphoses d’Ovide. Musique de valse pas très originale. On pense un peu aux Mummenschanz.

Kalakuta Republik, chorégraphie de Serge Aimé Coulibaly, Burkina Faso, cloître des Célestins. Musique enregistrée.

A la maison Jean Vilar présentation de vidéos de Katie Mitchell montrant l’interprétation de différentes versions de la mort d’Ophélie dans Hamlet.

Exposition à l’église des Célestins du peintre Ronan Barrot né en 1973 dont les figures sur fond rouge illustrent l’affiche et tous les documents du festival, il expose à la galerie Claude Bernard.

Dans le off : Mouawad, les assoiffés.

Mikhail Boulgakov biographie de Molière (le in proposait au début du festival une interprétation de Frank Castorf de cette pièce en 6h.

Shakespeare Romeo & Juliette.

Avignon juillet 2016

Retour à Avignon pour les derniers jours du festival in, qui s’achève le 24 juillet 2016 . Par contre le off dure encore une semaine. J’ai ainsi pu voir tranquillement trois pièces lundi et mardi matin, car il y a tout de suite moins de monde. Concernant le off, il me semble que les tractages étaient moins nombreux, peut-être pour des raisons de sécurité, par contre les spectacles sont toujours très nombreux.

J’ai vu six spectacles du in : Le premier vendredi 22 à 18h à l’Opéra d’Avignon  Espaece, d’après Espèce d’espace de Perec, un spectacle d’1h d’Aurélien Bory, sans paroles, à la croisée de l’installation artistique, de l’acrobatie et du mime, qui m’a paru excellent. Ensuite, c’est le gros morceau à 21h 30 à la carrière de Boulbon Karamazov, fantastique récit de 5h30 dans une mise en scène par Jean Bellorini, des mouvements sur rails, les acteurs regroupés dans de petits espaces, aucun ennui. Continuer la lecture