Oskar Kokoschka

Zurich 7 janvier 2019

Kunsthaus Rétrospective Oskar Kokoschka jusqu’au 10 mars 2019. Le Kunsthaus présente une vaste rétrospective de l’artiste Oskar Kokoschka (1886 – 1980), organisée autour des neuf lieux où il résida. L’exposition sera visible au musée Léopold à Vienne par la suite.

L’ensemble qui comprend aussi les oeuvres politiques antinazies et antifascistes de l’artiste fait ressortir l’ampleur de la personnalité d’un humaniste européen qui resta attaché à la figuration et à l’évocation des mythes antiques dans les oeuvres monumentales qu’il réalisa après la Seconde guerre mondiale.

Les principaux moments de l’exposition: 1905-1912, le milieu viennois; 1912 -1918 Alma Mahler ( la mariée du vent du musée de Bâle n’est pas présente, mais d’autres travaux évoquent cette relation; 1916 – 1923 Kokoschka enseigne à Dresde; 1923 – 1930 voyages; exil,  Londres et Prague;il s’est installé à Villeneuve en Suisse dès 1951. L’exposition présente des oeuvres de provenance très diverses, mais s’appuie aussi les toiles de la Fondation Kokoschka à Vevey dont on mesure ici à quelle point elles sont représentatives des diverses périodes de l’artiste.


Vienne, Albertina: Oskar Kokoschka. Exil und neue Heimat 1934 – 1980 jusqu’au 13 juillet 2008.

Kokoschka et la musique Vevey, musée Jenisch jusqu’au 9 septembre 2007

Pour marquer le vingtième anniversaire de la création de la Fondation Kokoschka, le musée Jenisch à Vevey, où les oeuvres de cette Fondation sont déposées, consacre une exposition au thème Kokoschka et la musique. Une problématique essentielle pour cet artiste qu’il a traitée de façon passionnante, il apparaît surtout fasciné par le pouvoir de la musique sur les auditeurs et surtout les auditrices. La manière dont la musique modifie les traits du visage des personnes qu’il observe. Une approche psychologique qui l’a préoccupé au cours de toute sa vie et qu’il a traduite de façons très diverses. On y sent la proximité du milieu viennois dans lequel il a évolué. Il ne cherche pas à traduire l’espace musical par un espace pictural comme le font la plupart des artistes qui s’intéressent à cette relation. C’est l’effet psychologique de la musique et plus largement le rôle de cele-ci dans les relations entre les gens qui l’intéressent.

Matin et soir, le pouvoir de la musique est le titre d’une toile retenue d’ailleurs comme affiche de l’exposition. Cette version au Kunsthaus de Zurich date de 1966 – 1976; une autre version est beaucoup plus ancienne 1918 -1920. Elle n’est pas exposée ici, par contre on découvre une suite de lithographies presque contemporaines Le concert, 1921 qui fixent l’évolution de la physionomie d’une femme, Kamilla Swoboda au cours d’un concert. Une variation d’observation vraiment extraordinaire. Tout près se trouve un magnifique portrait dessiné d’Alma Mahler. Cette dernière inspira également à l’artiste 11 lithographies de 1916-1917 à partir d’une cantate de Bach.

La sensibilité de Kokoschka (1886 – 1980) pour la musique l’amena à développer des amitiés avec plusieurs musiciens, on découvre deux portraits peints de Pablo Casals, trois dessins représentant Sjatoslav Richter en 1965. Le peintre collabora avec des metteurs en scène et ses écrits furent mis en musique. Ainsi la pièce Assassin espoir des femmes de 1907, qui fut reprise par Paul Hindemith. Kokoschka écrivit un Orphée et Eurydice qui devint le livret d’un opéra composé par Ernst Krenek. Par ailleurs on trouve aussi dans l’exposition une suite de dessins pour la mise en scène du Bal masqué de Verdi à Florence en 1963. Une salle est consacrée à la présentation de 10 toiles et 2 tapisseries appartenant à la Fondation, mais sans lien direct avec la musique.

En parcourant cette exposition et surtout la première salle à droite, je pensais à plusieurs artistes contemporains, en particulier David Hockney et surtout Lucian Freud qui s’attache aussi à l’évolution des traits de ses modèles.

Vevey, Musée Jenisch Kokoschka et la musique 7 juillet – 9 septembre 2007.